« T’es pas cap ? » : Manuel Ferrara raconte comment un simple pari a fait de lui une star mondiale du X
Invité du podcast Fracture, l’acteur français le plus connu de l’industrie adulte revient sur un parcours improbable : une cité de Seine-Saint-Denis, des études pour devenir prof de sport, puis un casting à Levallois-Perret qui a tout changé.
Rien ne prédestinait Manuel Ferrara à devenir l’un des noms les plus célèbres du cinéma pour adultes. Ce gamin de Gagny, élevé par une mère originaire d’un petit village espagnol, suivait un cursus STAPS pour devenir professeur d’EPS. Tout bascule en 1997, à cause d’une carte d’anniversaire bricolée avec un ami à partir d’un magazine pour adultes. Dans les pages, une annonce de casting pour une série baptisée « Pourquoi pas vous ? ». Son ami le met au défi. « Comment ça, je suis pas cap ? », se souvient-il en riant.
Un casting surréaliste à Levallois
Persuadé de ne jamais recevoir de réponse, il envoie une lettre et une photo. La production finit par l’appeler… sur le téléphone fixe de sa mère. Sur des milliers de courriers, une quarantaine d’hommes sont convoqués dans un bureau de Levallois-Perret. Cinq seront retenus, lui en premier. Détail qu’il ignorait : le tournage commençait directement après. « S’ils m’avaient dit “rendez-vous la semaine prochaine”, je n’y serais sûrement pas retourné », confie celui qui se décrit comme très timide et pudique à l’époque. Sur les cinq candidats sélectionnés, il est le seul à parvenir à tourner.
Rocco Siffredi, Prague puis Los Angeles
Le vrai tournant arrive par l’intermédiaire de Gabriel, un cousin de Rocco Siffredi installé à Montreuil. Impressionné par une scène, il lui lance qu’il n’est « pas fait pour être prof ». Quelques semaines plus tard, Ferrara s’envole pour Prague tourner avec la légende italienne, qu’il compare à Bruce Lee. Suivront près de trois ans de collaboration.
En 2002, John Stagliano, patron du distributeur américain Evil Angel, lui propose un second rôle aux États-Unis. Problème : son anglais est « très approximatif ». Il apprend ses répliques phonétiquement et juge aujourd’hui sa prestation « d’une nullité absolue ». Cela ne l’empêche pas de décrocher le prix du meilleur nouvel acteur aux AVN Awards, les « César » du X à Las Vegas. La carrière américaine est lancée.
Une vie « presque chiante »
Installé à Los Angeles, où se concentre selon lui 90 % de la production mondiale, il assure mener une vie très rangée. Il ne fréquente quasiment pas le milieu en dehors des tournages et pratique le jiu-jitsu brésilien, après des années de judo en compétition. Sa mère n’aurait été rassurée qu’en lui rendant visite aux États-Unis et en découvrant cette vie ordinaire.
À 50 ans, il reconnaît approcher de la fin. Il ne fera pas d’annonce : « Rocco a annoncé 200 fois qu’il s’arrêtait », plaisante-t-il. Lui préfère « disparaître » discrètement et se consacrer à sa société de production.