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Le TGV de 1981 : Paris-Lyon en 2h40 pour 167 francs, face au trajet de 2026

Publié par Elsa Fanjul le 08 Oct 2026 à 18:01

Septembre 1981 : un train orange file vers Lyon, et François Mitterrand s’apprête à l’inaugurer. À bord, personne ne sent vraiment la vitesse, ce qui surprend les journalistes présents.

Quarante-cinq ans plus tard, la même ligne existe toujours, mais presque tout le reste a changé. Durée, prix, confort, concurrents : le contraste est plus étonnant qu’on ne le croit.

Le jour où la France a changé de rythme

Le reportage de la télévision régionale est diffusé le 21 septembre 1981, veille de l’inauguration officielle par le président de la République. La ligne ouvre au public le dimanche 27 septembre. Le trajet de centre à centre est annoncé en 2h40.

La vitesse commerciale est alors de 260 km/h. Pourtant, le TGV avait déjà atteint 380 km/h le 21 février de la même année : la machine en avait donc largement sous le capot.

Voyageurs devant un TGV orange en 1981

À l’époque, l’itinéraire Paris-Lyon est choisi pour une raison très concrète. C’est le plus fréquenté par les vols intérieurs, et le train doit donc aller chercher les passagers de l’avion.

Et ce n’est que le début : la ligne n’était même pas terminée le jour du lancement.

Une ligne inachevée et des billets en francs

En septembre 1981, 115 kilomètres de la nouvelle ligne ne sont pas encore achevés. Le tronçon entre Combs-la-Ville et Saint-Florentin n’ouvrira qu’en septembre 1983. Il fera gagner 40 minutes aux voyageurs.

Côté portefeuille, le billet simple coûte 167 francs en seconde classe et 247 francs en première, hors heures de pointe. Les journalistes y voient déjà un argument face à l’avion, avec la sécurité en prime.

Le confort fait aussi partie du pari. Avant le TGV, les voyageurs s’entassaient souvent dans des compartiments de huit personnes, sur des sièges à angle droit.

Mais le succès, lui, a dépassé toutes les attentes.

Dix millions de passagers en dix-huit mois

Dès son lancement, le TGV connaît un succès fulgurant. Après dix-huit mois de circulation, la SNCF accueille son dix millionième passager. Le fruit de treize ans de recherche technologique trouve très vite son public.

La vitesse grimpe ensuite : 300 km/h huit ans après les débuts, puis un record du monde à 574,8 km/h en 2007. Aujourd’hui, la ligne sud-est circule à environ 300 km/h en moyenne.

Passager dans une voiture TGV des années 1980

Le matériel d’origine, la rame Sud-Est, a assuré le service de 1981 à 2020. Sur 111 rames construites, 4 seulement sont préservées, et 107 ont été ferraillées.

Alors, que verrait un voyageur de 1981 en montant dans un train de 2026 ?

Le même trajet en 2026 : ce qui frappe d’abord

Aujourd’hui, Lyon-Paris se fait en 1h54 à 1h56 selon les trains. Le voyage dure donc près de 45 minutes de moins qu’à l’ouverture, et la montée à bord est possible jusqu’à deux minutes avant le départ.

Le prix, lui, joue sur une échelle bien plus large. Les billets démarrent autour de 19 euros, et un TGV inOui direct peut afficher 127 euros selon l’horaire.

Les options se sont aussi multipliées : prise électrique, espace calme, siège XL. Un confort qu’aucun voyageur de 1981 n’aurait pu imaginer à bord.

Reste une question : pourquoi un tel écart, alors que la voie, elle, n’a presque pas bougé ?

Ce qui a vraiment tout fait basculer

La réponse tient en trois mots : concurrence, technologie, habitudes. Le TGV a d’abord pris des parts à l’avion sur son terrain, puis il a rendu possible quelque chose de nouveau.

On peut désormais passer un week-end à Lyon sans qu’une demi-journée de transport soit nécessaire. La distance, elle, n’a pas changé : c’est la façon de la vivre qui s’est transformée.

Même logique pour les billets, désormais vendus par plusieurs opérateurs. La concurrence, ici, a fait baisser le prix d’entrée.

Autre grand bouleversement du quotidien : le téléphone fixe d’avant, que les passagers de 1981 utilisaient pour prévenir leurs proches de leur arrivée.

Un voyage dans le temps en trois détails

Si tu veux mesurer l’écart, prends trois repères. En 1981, 2h40 de trajet ; en 2026, moins de deux heures. En 1981, 260 km/h ; aujourd’hui, environ 300 km/h en moyenne.

Et côté enfants, la même époque rimait avec les jouets que les Français ont connus, bien loin des tablettes qu’on glisse aujourd’hui dans les sacs de voyage.

Même les grandes attractions ont suivi ce rythme. Rappelle-toi que le ticket d’entrée de Disney World en 1971 faisait déjà sourire, comparé aux tarifs actuels.

Et dans trente ans ?

Les voyageurs de 1981 trouvaient déjà le TGV extraordinaire. Ceux de 2056 riront peut-être de nos 1h55 et de nos sièges avec prise USB, comme nous sourions des compartiments à huit.

Si tu aimes ces plongées dans le passé, reste dans l’ambiance avec le premier Carrefour de 1963, qui avait effrayé la France. Et pour un tout autre décor après ce voyage, découvre ce village perché de la Côte d’Azur élu parmi les plus photogéniques du pays.

1 commentaire

  • M
    Milea
    08/10/2026 à 18:50
    Le TGV m'a permis en 1984 de m'inscrire à l'université Lyon Claude Bernard 1 alors que j habitais en région parisienne car je savais que je pourrais rentrer facilement tous les week-ends ! En étant encore à 17h30 à la Doua, je pouvais être à 20h30 chez mes parents (ils habitaient sur la ligne À du RER qui passe Gare de Lyon). Un confort qui m'a permis de m'inscrire et de connaître la ville de Lyon où je viens de me réinstaller pour ma retraite ! J'ai aussi utilisé le TGV Lille Paris pendant 10 ans car la localisation principale de mon travail était à Paris (et j habitais Lille). Le TGV a donc eu une très grosses influence sur ma vie tant professionnelle qu'estudiantine... Et je suis loin d être la seule !

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