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Bouée, crabes crus et urine : le récit glaçant d’un touriste perdu 7 jours en pleine mer de Chine

Publié par Gabrielle Nourry le 13 Juin 2026 à 12:03
touriste crabe

Tomber d’une falaise en pleine nuit, dériver seul pendant sept jours sans savoir nager, manger des crabes crus gros comme un petit doigt pour ne pas mourir. C’est l’épreuve qu’a traversée Qin Jianping, un touriste chinois de 39 ans. Son récit de survie, rapporté par plusieurs médias d’État chinois, donne des frissons du début à la fin.

Une chute dans le noir à 23 h : comment Qin Jianping s’est retrouvé à la dérive

Le mercredi 27 mai 2026, Qin Jianping se promène le long d’une falaise dans la province de Hainan, dans le sud de la Chine. Il est environ 23 h. Selon le China Daily, l’homme aurait glissé sur une peau de fruit avant de basculer dans le vide et de plonger dans les eaux sombres du détroit de Qiongzhou.

Pas de gilet de sauvetage. Pas de téléphone. Et surtout, aucune expérience en natation. En quelques minutes, les courants l’emportent loin du rivage. Un scénario qui rappelle ces courants invisibles capables d’aspirer n’importe qui en quelques secondes.

Par chance, il repère une bouée maritime flottant à proximité et s’y accroche de toutes ses forces. Elle deviendra son unique radeau pendant sept jours. Des ferries passent non loin de lui, mais personne ne le voit. Il tente à plusieurs reprises de nager vers la côte. Les vagues le rejettent systématiquement.

« Pour chaque mètre que je nageais vers la terre, les vagues me repoussaient de trois ou quatre mètres en arrière », a-t-il raconté au média China Xinhua News. Le détroit, ce n’est pas une piscine. Et quand la nature décide de ne rien lâcher, l’homme ne fait pas le poids.

80 crabes crus, de l’eau de mer et sa propre urine : la mécanique de survie

Les premiers jours, Qin Jianping ne mange rien. Il s’épuise, s’affaiblit, mais tient la bouée. Ce n’est qu’au cinquième jour qu’il commence à attraper de minuscules crabes accrochés à la bouée. Des bestioles pas plus grandes qu’un auriculaire.

« J’en attrapais deux ou trois à la fois, je les rinçais dans l’eau de mer et je les jetais directement dans ma bouche. » Au total, il estime avoir englouti environ 80 crabes crus. Un apport calorique dérisoire, mais suffisant pour que son corps tienne quelques jours de plus.

Pour l’hydratation, la situation est encore plus brutale. Sans eau douce, il boit de petites quantités d’eau de mer et — surtout — sa propre urine. « L’urine est un flot de chaleur », confie-t-il, expliquant que la nuit, la température chutait et que chaque source de chaleur comptait.

Recroquevillé sur sa bouée, il lutte contre l’hypothermie nocturne, les coups de soleil diurnes et une solitude absolue. À dix kilomètres des côtes, il est invisible. Après plusieurs jours, son esprit commence à lâcher aussi. Et c’est là que l’histoire bascule dans quelque chose de plus sombre encore.

Les hallucinations arrivent. Il croit voir ses proches autour de lui. Son cerveau, privé de sommeil et de nourriture, fabrique ses propres images pour tenir.

Homme épuisé et brûlé par le soleil sur un lit d'hôpital

Le sauvetage au 7ᵉ jour : « il était à peine conscient »

Le mardi 2 juin, dans la matinée, deux pêcheurs repèrent enfin la silhouette accrochée à la bouée. Selon l’un d’eux, Qin Jianping se trouvait à environ 10 kilomètres de la côte et était à peine conscient quand ils l’ont hissé à bord.

Transporté à l’hôpital, le bilan médical est lourd. Les professionnels de santé cités par le Global Times décrivent de graves coups de soleil, des lésions cutanées, des infections multiples et des troubles métaboliques. Il a perdu environ 10 kilogrammes en sept jours.

Malgré un rythme cardiaque élevé et un organisme profondément affaibli, son état s’améliore rapidement. Les médecins prévoient une hospitalisation supplémentaire d’une semaine. Qin Jianping, lui, n’a qu’une idée en tête : retrouver les deux pêcheurs qui lui ont sauvé la vie et les remercier en personne.

Sept jours sans savoir nager, accroché à une bouée en pleine mer, nourri de crabes minuscules et de sa propre urine. L’histoire de Qin Jianping rappelle que la frontière entre la vie et la mort tient parfois à un objet flottant et à une volonté de fer. Et vous, combien de temps pensez-vous pouvoir tenir accroché à une bouée ?

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