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« Qui a le droit de monter à l’échelle ? » : la réponse de la mairie sur les branches du voisin

Publié par Ambre Détoit le 16 Sep 2026 à 12:30
Échelle en bois appuyée contre une clôture de jardin

« Les branches du voisin passent au-dessus du jardin de ma mère depuis des années » : cette phrase, beaucoup de propriétaires pourraient la prononcer mot pour mot. Face à ce genre de situation, on hésite entre sortir le sécateur soi-même ou attendre que l’autre bouge. Une lectrice a posé la question directement à sa mairie, et la réponse a surpris tout le monde, y compris elle.

Un litige de voisinage vieux comme les jardins

Les branches qui débordent, tout le monde connaît. Un arbre planté il y a vingt ans, jamais taillé, et voilà que ses rameaux envahissent le jardin d’à côté. C’est exactement ce qui est arrivé à la mère de notre lectrice, exaspérée de voir cette végétation grignoter son espace année après année.

Avant de sortir l’échelle, elle a eu le bon réflexe : se renseigner en mairie. Une démarche loin d’être anodine, un peu comme lorsqu’on cherche à comprendre la valeur d’un bien avant de s’engager. Ici, il s’agissait de comprendre ses droits avant tout geste irréversible.

La réponse de l’agent municipal a été limpide : personne ne peut grimper chez l’autre sans autorisation. Un point que beaucoup ignorent, tout comme certaines règles méconnues autour de l’entretien du jardin en période de forte chaleur, où les mauvais réflexes se multiplient.

Ce que dit vraiment le Code civil

Tout tient dans l’article 673 du Code civil. Si les branches d’un arbre, arbuste ou arbrisseau dépassent chez le voisin, celui-ci peut exiger qu’elles soient coupées. Mais il ne peut pas le faire lui-même. C’est là que beaucoup se trompent.

Concrètement, la mère de notre lectrice peut réclamer la taille des branches débordantes. Elle ne peut pas, en revanche, prendre les devants et couper à sa guise. Le texte donne un droit de contrainte, pas un droit d’action directe, un peu comme certaines règles fiscales où l’on peut réclamer un droit sans pouvoir se l’octroyer soi-même.

Symétrie parfaite de l’autre côté : le propriétaire de l’arbre n’a pas non plus le droit d’entrer chez le voisin pour élaguer sans son accord. Sans autorisation, il s’expose à un litige pour intrusion, un peu comme n’importe quelle situation où l’on outrepasse une propriété privée sans y être invité, à l’image de certaines pratiques ancestrales de jardinage qui, elles aussi, respectaient des frontières précises entre voisins.

Sécateur coupant des racines à la limite du terrain

Le détail qui change tout : racines contre branches

Autre découverte pour notre lectrice, cette fois côté village-justice.com : les racines, ronces et brindilles ne suivent pas la même règle. Contrairement aux branches en hauteur, elles peuvent être coupées directement par la personne gênée, sans attendre une quelconque autorisation, à condition de rester sur sa propre limite de terrain.

La logique est simple : ce qui pousse en hauteur nécessite d’empiéter chez le voisin pour être coupé, donc contrainte obligatoire. Ce qui rampe au sol peut être traité sans jamais franchir la frontière. Petit bonus au passage, révélé par neozone.org : les fruits qui tombent naturellement appartiennent à celui qui reçoit l’ombre, même si l’arbre appartient à l’autre.

Autre point crucial : la jurisprudence confirme que l’élagage reste toujours possible, quel que soit l’âge de l’arbre, mais l’arrachage ne peut être exigé qu’en cas de non-respect avéré et non prescrit. Un arbre planté depuis des décennies ne pourra donc jamais être condamné à disparaître, seulement à être taillé.

La mairie, elle, n’a pas de pouvoir de contrainte sur ce type de conflit privé, mais elle joue souvent un rôle de médiateur précieux. Un accord écrit entre voisins reste la solution la plus rapide : il prime sur le Code civil et peut fixer, par exemple, une date annuelle d’accès au jardin pour élaguer en toute légalité.

Un sécateur mal utilisé peut coûter bien plus cher qu’un simple coup de fil à la mairie. La prochaine fois que des branches vous chatouillent la tête par-dessus la clôture, quelle solution choisiriez-vous : le dialogue ou la perche télescopique ?

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