Ce grimpant qu’on croise partout cache en réalité plus de 100 variétés insoupçonnées

Il y a des plantes qu’on croise sans vraiment les connaître. Le chèvrefeuille en fait partie : on l’admire sur un mur, on respire son parfum en été, et on repart sans savoir qu’il cache des dizaines de variétés insoupçonnées. À Thourie, en Ille-et-Vilaine, un homme y a consacré 35 ans de sa vie. Sa collection réserve quelques surprises que même les jardiniers aguerris ne connaissent pas.
Une passion née il y a 35 ans dans un petit coin d’Ille-et-Vilaine
Didier Château n’est pas un jardinier ordinaire. Depuis 35 ans, il fait tourner la pépinière de la Grée, à Thourie, un village d’Ille-et-Vilaine où les chèvrefeuilles ont pris toute la place. Sa collection est impressionnante : une cinquantaine d’arbustifs, une dizaine cultivés pour leurs fruits, et une cinquantaine de grimpants.
Le nom même de la plante raconte une histoire. Il vient du latin capra (la chèvre) et folium (la feuille) : littéralement, une feuille qui grimpe comme une chèvre escalade un rocher. L’image fait sourire, mais elle dit une vérité toute simple. Ces plantes s’accrochent partout, sans effort, et colonisent l’espace avec une facilité déconcertante.
Au fil du temps, la botanique a rebaptisé le genre Lonicera. Un nom plus scientifique, moins poétique, mais qui recouvre exactement la même famille : les chèvrefeuilles grimpants et parfumés qui embellissent tant de clôtures et de pergolas françaises. Ce genre appartient à la famille des Caprifoliacées, un nom qui, lui aussi, rend hommage à cette capacité d’escalade légendaire.
Ce qui frappe en visitant la pépinière, c’est la diversité. On imagine souvent le chèvrefeuille comme une seule plante, alors qu’il en existe des dizaines de formes, de couleurs et de parfums différents. De quoi transformer n’importe quel jardin en véritable jungle parfumée, à condition de bien choisir sa variété.
Les arbustifs, ces cousins méconnus qui débordent de fleurs au printemps
Quand on pense chèvrefeuille, on imagine presque toujours la version grimpante, celle qui s’enroule autour d’un treillage. Pourtant, les chèvrefeuilles arbustifs existent aussi, et ils méritent largement leur place au jardin. Moins connus, ils n’en sont pas moins spectaculaires au moment de la floraison printanière.
Ces arbustifs sont particulièrement florifères entre mars et mai selon les variétés. Ils forment des massifs denses, généreux, souvent parfumés, qui attirent les pollinisateurs dès les premiers beaux jours. Didier Château en cultive une cinquantaine dans sa pépinière, preuve que cette famille est loin d’être un simple à-côté du grimpant vedette.
La particularité de ces arbustifs, c’est leur origine. Ils sont à l’origine de nombreuses variétés horticoles qu’on retrouve aujourd’hui dans les jardins privés et les parcs publics. Certains ont été sélectionnés pour leur floraison précoce, d’autres pour leur résistance au froid ou leur port compact, idéal pour les petits espaces.
Cette diversité fait toute la richesse du genre Lonicera. Entre les grimpants qui escaladent les murs et les arbustifs qui structurent les massifs, il existe une variété pour presque chaque configuration de jardin.
Une bonne nouvelle pour ceux qui cherchent à diversifier leurs plantations sans multiplier les espèces, un peu comme on choisirait la bonne rivière pour installer un jardin en bord d’eau. Reste une question : comment reconnaître la bonne variété avant de l’installer, et surtout, comment éviter les erreurs les plus fréquentes ?

Le secret que peu de jardiniers connaissent avant de planter
Avant d’acheter le premier chèvrefeuille venu en jardinerie, il existe une distinction essentielle que beaucoup de jardiniers amateurs ignorent complètement. Toutes les variétés ne se comportent pas de la même façon selon l’exposition, le sol et l’usage recherché : certaines grimpent à toute vitesse, d’autres restent sages et compactes.
C’est précisément là que l’expertise d’un spécialiste comme Didier Château fait la différence. En 35 ans, il a appris à distinguer les variétés vigoureuses, capables de recouvrir un mur entier en quelques saisons, des plus discrètes, plus adaptées à un petit balcon ou une jardinière. Un détail qui change tout au moment du choix.
Le parfum joue aussi un rôle déterminant. Certains chèvrefeuilles embaument le jardin dès la tombée de la nuit, un atout précieux pour profiter des soirées d’été. D’autres, en revanche, restent quasiment inodores malgré une floraison abondante. Le spécialiste breton conseille toujours de sentir la plante avant l’achat, un geste simple mais souvent négligé.
Autre point capital : la rusticité. Toutes les variétés ne supportent pas les mêmes conditions climatiques, et certaines craignent particulièrement le gel tardif. Avant de planter, mieux vaut donc se renseigner sur l’origine exacte de la variété choisie, surtout dans les régions où les vagues de chaleur et les épisodes de froid alternent de façon imprévisible d’une année à l’autre.
Ce niveau de connaissance, accumulé pendant plus de trois décennies, c’est justement ce que la pépinière de la Grée met à disposition des visiteurs. Un savoir-faire rare, qui transforme une simple visite en véritable cours de botanique appliquée.
Le chèvrefeuille n’est décidément pas la plante banale qu’on croise sans y prêter attention. Derrière son parfum discret se cache une famille foisonnante, pleine de surprises pour qui prend le temps de la découvrir. Et vous, quelle variété tenteriez-vous d’installer chez vous cette année ?