Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Jardinage

Un seul voisin taille la haie mitoyenne depuis 10 ans : c’est pourtant l’autre qui reçoit un courrier de la mairie

Publié par Elodie le 22 Sep 2026 à 15:48
Haie mitoyenne moitié taillée moitié envahie de branches

Une haie coupée en deux, littéralement. D’un côté, une ligne nette et carrée, entretenue avec sérieux chaque automne. De l’autre, des branches qui partent dans tous les sens depuis dix ans, sans qu’aucune cisaille n’y soit jamais passée.

Le décor semble figé, jusqu’à ce qu’un courrier arrive un matin de mi-octobre. Et il ne va pas chez celui qu’on imagine.

Une haie, deux jardins, un déséquilibre qui dure depuis dix ans

Quand une haie est plantée exactement sur la limite séparative de deux terrains, elle appartient aux deux propriétaires. C’est elle qui fait alors office de frontière, en l’absence de clôture ou de bornage officiel.

Ce cas de figure est loin d’être rare dans les lotissements pavillonnaires. Un voisin sort son taille-haie chaque automne, comme beaucoup de paysagistes le recommandent à cette période, tandis que l’autre laisse pousser sans jamais intervenir.

Résultat : une haie mi-sculptée, mi-sauvage, qui ressemble à un patchwork végétal après dix ans de ce régime. Certains propriétaires profitent aussi de cette saison pour installer un système sur leur gouttière, preuve que l’automne reste la période clé pour tous les travaux de jardin.

Mais l’article 667 du Code civil est clair sur un point précis : la clôture mitoyenne, haie comprise, doit être entretenue à frais et efforts communs. Laisser l’autre tailler seul pendant une décennie revient donc à ne pas remplir sa part, même sans papier signé entre les deux voisins.

Pourquoi la mairie s’est mêlée de cette haie oubliée

Le côté négligé ne reste jamais sans conséquence pour le voisin appliqué. Les branches qui s’épaississent année après année finissent par capter la lumière, assombrissant potager et massifs du terrain voisin.

Sous terre, le phénomène est tout aussi réel. Des racines qui se développent sans taille régulière peuvent progressivement soulever une bordure ou déformer une allée, un peu à la façon des règles strictes du débroussaillement obligatoire qui encadrent aussi la végétation en périphérie des propriétés.

C’est précisément ce déséquilibre qui a poussé, dans ce cas précis, le voisin appliqué à signaler la situation aux services municipaux. La mairie a alors adressé un courrier officiel au propriétaire négligent, en plein cœur de l’automne, période classique où les haies sont censées être rabattues avant l’hiver.

Sollicitée sur ce type de dossier, la mairie rappelle une règle simple : la haie mitoyenne implique un entretien partagé, jamais une charge reposant sur un seul voisin de bonne volonté. Elle précise aussi que les distances et hauteurs fixées par défaut peuvent être modifiées localement, un peu comme certaines restrictions municipales varient d’une commune à l’autre selon le règlement en vigueur.

Sécateur de jardin posé près d'un courrier officiel

Racines et branches : la règle que tout le monde ignore avant de sortir la scie

Avant de vendre ou de transformer quoi que ce soit chez soi, mieux vaut connaître les règles précises qui s’appliquent, comme le rappellent les litiges fréquents autour des combles non déclarés lors d’une vente immobilière. Pour la haie, la loi distingue nettement ce qui pousse sous terre de ce qui grandit en hauteur.

Quelle que soit l’ancienneté de la plantation, un voisin peut librement couper lui-même les racines qui empiètent sur son terrain. La coupe doit s’arrêter exactement à la limite de propriété, et ce droit s’exerce sans permission ni délai d’attente.

Les branches obéissent à une logique totalement différente. Un voisin n’a absolument pas le droit de tailler la haie de l’autre sans autorisation si elle déborde chez lui, sous peine de sanctions pénales pour atteinte à la propriété d’autrui, un peu comme certaines règles méconnues du quotidien réservent des surprises à ceux qui pensaient bien faire.

La seule option légale reste de demander, jamais d’agir seul. Avant tout courrier officiel, la voie amiable demeure la première étape recommandée : une simple discussion ou un mot dans la boîte aux lettres suffit parfois à débloquer une situation figée depuis des années.

Si rien ne bouge, il faut adresser une lettre recommandée avec accusé de réception et patienter un mois avant de la considérer sans réponse. En dernier recours, un juge peut constater un trouble anormal du voisinage et imposer la taille aux frais du propriétaire récalcitrant.

Dix ans de patience ont fini par trouver leur limite dans une simple enveloppe. La leçon vaut pour tous les jardins mitoyens du pays : mieux vaut fixer les règles d’entretien dès la plantation, plutôt que de laisser une haie grandir en silence jusqu’à ce qu’un facteur y mette un point final.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *