Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Jardinage

Elle range sa piscine tubulaire pour l’hiver : sous le tapis, la pelouse a jauni et pourri par manque d’air

Publié par Elodie le 21 Sep 2026 à 9:34
Rond d'herbe jaunie sous une piscine tubulaire démontée

Chaque automne, le même rituel : on vide la piscine tubulaire, on plie la bâche, on range le tapis de sol. Sauf que cette année, en le roulant, un détail a fait tiquer plus d’un propriétaire de jardin. Là où l’herbe était verte en juin, il ne reste qu’un rond blanchâtre, écrasé, presque mort. Ce qui se cache réellement sous une piscine tubulaire après trois mois d’installation dépasse le simple jaunissement passager.

Un rond parfait qui n’a plus rien d’un gazon

Le diamètre est exact, calqué sur celui du bassin. L’herbe y est couchée à plat, comme écrasée par un poids invisible pendant des semaines. La terre en dessous forme une légère cuvette, plus sombre et plus meuble que le reste du jardin. Entre le tapis et le sol, une pellicule tiède et humide s’était installée sans que personne ne la remarque.

Privée de lumière tout l’été, l’herbe arrête sa photosynthèse et perd sa chlorophylle. C’est ce mécanisme, précisément, qui explique le jaunissement découvert au démontage. Le phénomène rappelle d’autres situations où la nature réagit à un poids ou une contrainte invisible, un peu comme ces plantes de jardin qui subissent en silence les excès de chaleur.

Le poids de l’eau, lui, écrase littéralement le sol. Selon l’Union Nationale des Entreprises du Paysage, une piscine remplie d’un mètre d’eau exerce environ une tonne de pression par mètre carré. Comprimées, les racines manquent d’oxygène : c’est l’asphyxie racinaire, un phénomène similaire à celui observé chez certains jardins mal entretenus au printemps.

Une pellicule d’humidité qui attire une petite faune indésirable

Le tapis de sol est vendu comme un geste de précaution, censé protéger le liner de la piscine. Mais cette même protection empêche toute lumière et toute ventilation d’atteindre le sol pendant toute la saison. Résultat : la chaleur du jour reste emprisonnée la nuit, et l’humidité qui remonte du sol ne s’évapore plus, elle stagne contre la face intérieure du tapis.

Ce mélange de chaleur et d’humidité constante crée un habitat idéal pour tout ce qui fuit la lumière. Cloportes, vers de terre et limaces s’y regroupent volontiers, profitant d’un sol qui ne sèche jamais. Certains propriétaires découvrent aussi des colonies entières qui ont creusé leurs galeries à l’abri du tapis, un peu à l’image de cette fourmi envahissante qui colonise les jardins français sans se faire repérer.

Beaucoup de propriétaires remontent leur piscine hors-sol au même endroit chaque printemps. La raison est presque toujours la même : cet emplacement est plat, et le tuyau d’arrosage y arrive facilement.

Sur un forum de jardinage, un utilisateur confronté à une pelouse pourrie sous sa piscine explique renoncer à changer de place, quitte à multiplier le problème chaque année. Résultat : le même trou, un peu plus profond, comme ces erreurs répétées au potager qui aggravent tout sans qu’on s’en rende compte.

Personne surprise en observant sa pelouse abîmée

L’odeur qui ne trompe pas, et le geste à faire dès l’automne

Dans certains cas, la décomposition de l’herbe écrasée dégage une odeur nettement perceptible au démontage. Un jardinier confronté au problème raconte que ce qui l’a le plus dérangé, ce sont des odeurs pestilentielles persistantes, même cinq jours après. Une odeur qui ne s’estompe pas seule signale généralement une terre saturée d’eau, un signal à prendre aussi au sérieux que ces gestes ancestraux du jardin que les anciens ne faisaient jamais au hasard.

La marque de gazon Barenbrug conseille aux jardiniers de scarifier, aérer et fertiliser leur pelouse dès l’automne. Ces trois gestes redonnent de l’air à une terre restée compactée tout l’été. Décaler l’installation de quelques dizaines de centimètres chaque année évite aussi de retomber exactement sur la même cicatrice.

Sous les pieds de la structure, des plots en plastique ou des dalles de terrasse évitent l’enfoncement inégal. Un lit de sable stabilisé, épais de 5 à 10 cm, offre une base plane sur toute la surface. Le tapis de sol garde son utilité, à condition de ne pas être le seul rempart entre la piscine et la terre, un peu comme on protégerait un système d’arrosage installé avant l’automne.

Le diagnostic reste simple : si la zone est juste jaunie sans trou ni odeur, l’herbe repoussera d’elle-même en quelques semaines. Si la terre est spongieuse ou nauséabonde, il faudra la retourner avant de ressemer.

Un rond de pelouse morte n’est jamais une fatalité, juste la preuve qu’un jardin, comme le reste, a besoin de respirer. La prochaine fois, un simple décalage de trente centimètres suffira peut-être à sauver l’été prochain.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *