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30 000 : le nombre de cadavres qui reposent sous le métro de Londres — et personne ne descend à cet arrêt par hasard

Publié par Ambre Détoit le 24 Juin 2026 à 8:01

Chaque jour, près de 5 millions de passagers empruntent le métro londonien sans se douter de ce qui se trouve sous leurs pieds. Sous certaines stations, des milliers de corps reposent dans des fosses communes jamais déplacées. Le chiffre exact dépasse l’imagination — et l’histoire qui l’accompagne remonte à une époque où Londres enterrait ses morts n’importe où.

Ce que les tunneliers ont découvert en creusant

Quand les ingénieurs victoriens ont commencé à creuser le premier métro du monde en 1863, ils ne s’attendaient pas à tomber sur des os humains par milliers. Londres avait enterré ses morts pendant des siècles dans des cimetières paroissiaux minuscules, souvent en plein centre-ville. Certains de ces cimetières empilaient les cercueils sur plus de six mètres de profondeur.

Ouvriers victoriens découvrant des ossements humains en creusant le métro de Londres

Le problème, c’est que personne n’avait tenu de registre fiable avant le XIXe siècle. Des fosses communes datant de la Grande Peste de 1665 ont été percées par les foreuses sans que quiconque sache exactement combien de corps s’y trouvaient. On estime aujourd’hui qu’au moins 30 000 dépouilles reposent encore directement sous les lignes et les stations du réseau.

Certaines stations ont d’ailleurs été construites par-dessus d’anciens cimetières, sans même déplacer les restes. La raison est simple : à l’époque victorienne, le coût et le temps nécessaires pour exhumer des milliers de corps auraient rendu le projet impossible. Les ingénieurs ont donc littéralement construit autour des morts.

La station que les Londoniens évitent sans le savoir

Aldgate, dans l’est de Londres, est probablement la station la plus macabre du réseau. Elle a été bâtie directement au-dessus d’une fosse commune qui contient à elle seule plus de 1 000 victimes de la Grande Peste. En 1665, cette épidémie avait tué environ 100 000 Londoniens en moins de 18 mois.

Station Aldgate du métro de Londres vide et inquiétante la nuit

Les employés du métro rapportent depuis des décennies des phénomènes étranges dans cette station. Courants d’air inexpliqués, bruits sourds, sensations de malaise. La direction de Transport for London n’a jamais commenté officiellement ces témoignages, mais les archives confirment la présence des corps sous le quai.

Aldgate n’est pas un cas isolé. La station Liverpool Street repose elle aussi sur un ancien cimetière — celui de l’hôpital de Bedlam, le plus célèbre asile psychiatrique d’Angleterre. Lors de travaux d’extension en 2015, les archéologues ont exhumé plus de 3 000 squelettes sous cette seule station. Et ce chiffre ne représente qu’une fraction de ce qui dort encore en dessous.

Pourquoi Londres a empilé ses morts sous la ville

Pour comprendre ce chiffre de 30 000, il faut remonter au Moyen Âge. Londres n’avait pas de grands cimetières périphériques comme Paris avec ses catacombes. Chaque paroisse enterrait ses fidèles dans un petit terrain attenant à l’église, souvent en plein quartier résidentiel.

Au XVIIe siècle, ces cimetières débordaient littéralement. Les fossoyeurs empilaient les corps les uns sur les autres, parfois à quelques centimètres de la surface. L’odeur était si forte dans certains quartiers que les habitants ne buvaient que de l’alcool pour masquer le goût de l’eau contaminée par les infiltrations.

Quand la peste a frappé en 1665, la situation est devenue incontrôlable. Les autorités ont creusé des fosses communes à la hâte, sans les cartographier précisément. Certaines pouvaient contenir jusqu’à 1 500 corps empilés sur plusieurs couches. Deux siècles plus tard, personne ne savait plus exactement où elles se trouvaient — jusqu’à ce que les tunneliers tombent dessus.

30 000 corps, et ce n’est que le métro

Le chiffre de 30 000 ne concerne que les restes humains situés directement sous les infrastructures du Underground. Si on élargit au sous-sol londonien dans son ensemble, les estimations explosent. Certains historiens avancent le chiffre de plusieurs millions de corps enterrés sous la capitale britannique au fil des siècles.

Pour donner une comparaison, les catacombes de Paris — pourtant célèbres dans le monde entier — abritent environ 6 millions de squelettes. La différence majeure : à Paris, les ossements ont été volontairement déplacés et organisés au XVIIIe siècle. À Londres, les corps sont restés exactement là où ils ont été enterrés, parfois depuis 500 ans.

Le réseau du métro londonien s’étend sur 402 km de voies et dessert 272 stations. Statistiquement, un passager qui fait un trajet moyen passe au-dessus de plusieurs anciens sites funéraires sans le savoir. Les vibrations des rames traversent chaque jour des couches de sol où des milliers de Londoniens dorment depuis la Renaissance.

Des découvertes qui continuent encore aujourd’hui

En 2013, lors de la construction de la ligne Crossrail (aujourd’hui Elizabeth Line), les ouvriers ont mis au jour plus de 3 500 squelettes sous Charterhouse Square. Les analyses ADN ont confirmé que certains étaient des victimes de la Peste noire de 1348 — soit près de 700 ans plus tôt.

Ce qui a stupéfié les chercheurs, c’est que la bactérie Yersinia pestis était encore identifiable dans la pulpe dentaire de ces squelettes médiévaux. Des cadavres vieux de sept siècles portaient encore la signature génétique de la maladie qui les avait tués. Cette découverte a permis de retracer l’évolution de la peste à travers les âges.

Les archéologues estiment qu’au rythme actuel des travaux souterrains à Londres, de nouvelles fosses communes seront découvertes pendant encore plusieurs décennies. Chaque nouveau projet de construction implique désormais une évaluation archéologique obligatoire — une précaution qui n’existait pas à l’époque victorienne, quand on construisait d’abord et on posait les questions ensuite.

Les 7 stations fantômes ajoutent au mystère

Comme si les cimetières ne suffisaient pas, le métro de Londres compte aussi une quarantaine de stations abandonnées. Certaines ont fermé pendant la Seconde Guerre mondiale et n’ont jamais rouvert. D’autres ont été condamnées quand les lignes ont été modifiées. Elles restent là, dans le noir, parfois à quelques mètres des quais actifs.

La plus célèbre, Aldwych, a fermé en 1994. Elle sert aujourd’hui de décor pour des tournages de films — plusieurs scènes de James Bond y ont été filmées. Mais d’autres stations fantômes sont totalement inaccessibles, scellées depuis des décennies, avec leurs carrelages d’époque et leurs affiches publicitaires figées dans le temps.

Entre les fosses communes médiévales, les victimes de la peste, les stations abandonnées et les récits étranges des employés de nuit, le métro londonien est sans doute le réseau de transport le plus hanté de la planète. La prochaine fois que tu prends le Tube à Londres, regarde le sol sous tes pieds. Il y a de bonnes chances que quelqu’un y dorme depuis 1665. 🪦

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