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Un retraité anglais cherche le marteau perdu d’un fermier dans un champ en 1992 : il déterre 14 865 pièces romaines, aujourd’hui au British Museum

Publié par Ambre Détoit le 28 Oct 2026 à 19:21

Il a reçu un détecteur de métaux pour son départ à la retraite. Il n’imaginait pas que cet appareil allait le mener, un jour de novembre, à l’une des plus grosses trouvailles archéologiques de l’histoire britannique.

Tout commence par un simple coup de main entre amis. Un marteau égaré dans un champ, et quelqu’un pour le retrouver.

Mais le plus fou, ce n’est pas la découverte. C’est ce qu’Eric Lawes a fait juste après.

Un cadeau de retraite, un champ et un marteau introuvable

Eric Lawes vit à Hoxne, un village du Suffolk, dans l’est de l’Angleterre. Il a travaillé pour un service public local avant de prendre sa retraite. Ses collègues lui ont offert un détecteur de métaux pour l’occasion.

Le 16 novembre 1992, un ami lui demande un service. Peter Whatling, fermier, a perdu un marteau quelque part dans l’un de ses champs. Eric embarque son détecteur et part l’aider.

Un marteau, c’est du métal. L’appareil devrait le repérer sans difficulté. Sauf que le signal qui retentit ne vient pas d’un outil de ferme.

Ce que le détecteur a fini par signaler sous la terre

Eric creuse. Sous ses pelletées, il sort des cuillères en argent et des pièces d’or. Elles n’ont rien de moderne. Elles viennent d’une autre époque, enfouie à quelques dizaines de centimètres seulement.

Plutôt que de continuer à fouiller à la pelle, il fait quelque chose que beaucoup n’auraient pas fait. Il s’arrête net. Il voit bien que ce n’est pas une simple poignée de monnaie.

Et la suite de son geste va changer la façon dont on regarde les chercheurs de trésor en Angleterre.

Le geste qui a fait de lui une exception

Eric Lawes prévient les autorités locales. Dès le lendemain, des archéologues du Suffolk Archaeological Unit arrivent sur place et prennent le contrôle du site.

Retraité anglais détectant des pièces anciennes dans un champ

Les fouilles sont menées avec méthode. L’équipe retire de gros blocs de terre d’un seul tenant, pour les examiner plus tard dans de bonnes conditions. Résultat : on sait exactement où se trouvait chaque objet.

On a même pu reconstituer le coffre en chêne qui contenait le trésor, et la façon dont les pièces y étaient rangées. C’est rarissime pour une découverte faite avec un détecteur de métaux.

À l’époque, les archéologues regardaient souvent ces amateurs de travers. Certains pillaient les sites avant que quiconque puisse les étudier. Eric Lawes a prouvé qu’on pouvait faire autrement.

Les chiffres qui donnent le vertige

Quand le décompte est terminé, personne n’en revient. Le trésor de Hoxne contient 14 865 pièces romaines en or, en argent et en bronze. À cela s’ajoutent environ 200 objets : vaisselle en argent et bijoux en or.

C’est le plus grand trésor d’argent et d’or de la fin de l’époque romaine jamais trouvé en Grande-Bretagne. C’est aussi la plus grande collection de pièces d’or et d’argent des IVe et Ve siècles découverte dans tout l’ancien Empire romain.

Les pièces les plus récentes datent d’après l’an 407. Cela coïncide avec la fin de la Grande-Bretagne comme province romaine. Quelqu’un a enterré sa fortune à ce moment-là, et n’est jamais revenu la chercher.

Qui a bien pu cacher tout ça, et pourquoi ?

Le coffre en chêne était soigneusement rangé. Les objets étaient triés par type, certains dans de petites boîtes en bois, d’autres dans des sacs ou enveloppés dans du tissu. Rien n’a été jeté en vrac.

Les spécialistes pensent que le contenu correspond à ce qu’aurait pu posséder une seule famille très riche. Mais on ne connaît ni son nom, ni la raison de cet enfouissement.

Il manque d’ailleurs de grands plats de service et certains bijoux très courants. Le trésor ne serait donc qu’une partie de la fortune de son propriétaire. Le reste, lui, a disparu avec ses secrets.

Archéologues fouillant un bloc de terre dans un champ du Suffolk

1,75 million de livres, et un partage entre amis

En 1993, le Treasure Valuation Committee estime l’ensemble à 1,75 million de livres. Selon la source de la bibliothèque Linda Hall, la récompense a été attribuée à Eric Lawes pour sa conduite exemplaire. Il l’a partagée avec le fermier, Peter Whatling, propriétaire du champ.

Pour mesurer l’ampleur, cette somme équivaudrait à environ 3,77 millions de livres aujourd’hui. Pas mal pour une recherche de marteau.

Cette histoire a aussi laissé une trace plus durable que l’argent. Elle a amélioré les relations entre détectoristes et archéologues, et elle a contribué à faire évoluer la loi anglaise sur les trouvailles de trésors.

Où voir le trésor aujourd’hui

Le trésor de Hoxne est conservé au British Museum, à Londres. Les pièces les plus importantes, ainsi qu’une sélection du reste, sont exposées en permanence dans la salle 49.

On peut y admirer des pièces exceptionnelles, comme une chaîne de corps en or et des poivrières en argent doré. L’une d’elles représente une impératrice, et c’est l’un des objets les plus célèbres de la collection.

Visiteurs devant les pièces romaines du trésor de Hoxne au musée

Si les histoires de trésors sortis de terre vous passionnent, jetez un œil à celle de ce fermier et de son seau usé, ou demandez-vous à qui appartient vraiment un trésor trouvé dans un jardin. Vous allez vous surprendre à lever les yeux vers votre propre pelouse.

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