Départ du nid : les 5 pays de l’UE les plus tardifs, 31,5 ans en Croatie contre 23,8 en France
À quel âge as-tu fait tes cartons pour de bon ? En Europe, la réponse varie de dix ans d’un pays à l’autre. Les chiffres Eurostat 2025 dessinent un classement très net entre le sud et le nord.
Voici le top 5 des pays de l’UE où l’on s’accroche le plus longtemps au foyer familial. Il y a une vraie surprise, et elle ne se trouve pas là où on l’attend.
Le chiffre qui sert de repère avant de décompter
Commençons par la moyenne. Selon Eurostat, les jeunes de l’UE quittent le domicile familial à 26,2 ans en 2024. La France fait mieux : 23,8 ans, soit la 6e place des pays où l’on part le plus jeune.
Ce chiffre est quasi stable depuis 2016 chez nous. Autrement dit, ce n’est pas une crise récente qui nous place là. Voyons maintenant ceux qui restent le plus longtemps.

N°5 et n°4 : l’Italie et l’Espagne, ex æquo à 30,2 ans
Les deux voisines du sud ferment le top 5 avec le même score : 30,2 ans en moyenne pour quitter le foyer parental. Soit plus de six ans et demi après les Français.
Ces deux pays sont cités parmi ceux où plus de 80 % des jeunes de 16 à 29 ans vivent chez leurs parents ou dépendent de leurs revenus, avec l’Irlande et la Grèce. Le logement y pèse lourd dans la balance.
Et pourtant, ces deux pays ne montent même pas sur le podium. Qui fait pire ?
N°3 : deux pays à égalité, et l’un d’eux vous a déjà croisés en vacances
La Slovaquie et la Grèce partagent la 2e marche avec 30,9 ans chacune. Elles sont donc à presque sept ans de la France, et à plus de quatre ans et demi de la moyenne européenne.
La Grèce est aussi l’un des pays qui reviennent dans les études sur les jeunes encore dépendants de leur famille. Rien d’étonnant : la situation économique pèse sur l’indépendance.
Mais le podium cache un détail : le n°1 écrase tout le monde. Et son écart avec le dernier du classement est vertigineux.

N°1 : le pays où l’on fête ses 31 ans sous le toit des parents
La Croatie arrive en tête avec 31,5 ans. Un jeune Croate quitte donc le foyer familial presque huit ans après un Français.
Et ce n’est qu’une moyenne. En 2022, les hommes croates partaient à presque 35 ans, selon Euronews. Chez les femmes, la Croatie est le seul pays où elles partent au-delà de 30 ans.
Ces données de 2022 diffèrent un peu de celles de 2025, mais elles montrent un fossé entre les sexes. Partout dans l’UE, les hommes restent plus longtemps que les femmes : en moyenne près de 27 ans et demi contre 25 ans et demi, d’après la même source.
Le grand perdant du classement : 21,3 ans
À l’autre bout, la Finlande ferme la marche des départs tardifs : c’est le pays le plus précoce, avec 21,3 ans. Le Danemark suit à 21,8 ans, puis l’Estonie et la Lituanie à 22,7 ans.
Dix ans séparent donc Finlandais et Croates. En 2022, les Finlandaises partaient à un peu plus de 20 ans, soit les plus précoces d’Europe.
Comment expliquer un tel gouffre ? La réponse n’est pas qu’une question de portefeuille.
Pourquoi la culture compte plus que le salaire
Selon Marie Hyland, chercheuse à l’institut européen Eurofound, cette différence est avant tout une affaire culturelle. Dans le Nord, partir tôt est une norme. Dans le Sud, la famille reste le cocon.
Mais le logement joue aussi. Entre 2010 et début 2023, les loyers ont augmenté de 20 % dans l’UE, ce qui freine les départs.
Autre facteur : le marché locatif. Dans des pays de l’Est comme la Roumanie, 95 % des logements sont occupés par leur propriétaire, et il y a donc très peu de locations disponibles pour un jeune.
Et à Lisbonne, c’est encore pire
Le loyer d’un deux-pièces en centre-ville dépassait en 2025 le salaire moyen local, à 116 %, d’après le Taurillon. Difficile de se lancer dans ces conditions.
Face à cela, les jeunes optent pour la colocation, s’éloignent des centres-villes ou restent chez leurs parents. En 2024, 26,5 % des jeunes de 15 à 29 ans de l’UE vivaient dans un logement surpeuplé.
Si la question du logement t’intéresse, les départements où l’on déménage le plus racontent l’autre versant de l’histoire : ceux qui sont partis, et où ils vont.
Ce que ça dit de la France
Avec 23,8 ans, la France est dans le peloton de tête des départs précoces, juste devant l’Allemagne (24,1) et l’Autriche (25,2). Ce n’est pas le modèle nordique, mais c’est bien loin de l’Italie ou de la Croatie.
Beaucoup de Français vont plus loin encore : certains partent jusqu’au Portugal. Cette retraitée de 62 ans installée à Madère a trouvé de quoi vivre mieux qu’en France avec 1 100 €.
Et ceux qui rêvent de coût de la vie plus doux peuvent aussi rester dans l’Hexagone : les retraités qui se tournent vers la ville la moins chère de France ont trouvé leur réponse.
Le vrai test : le prix de l’indépendance
Se loger a un coût, mais pas seulement. Les achats du quotidien pèsent aussi, et on s’étonne parfois de ce qu’on paie vraiment. Un jean brut à 300 € qui revient à moins de 15 € en tissu en est un bon exemple.
Même au supermarché, on se fait piéger : cette odeur diffusée chez Lidl pousse à acheter plus de viennoiseries.
Et toi, tu étais dans quel camp ?
Le bilan est simple : plus on descend vers le sud et l’est, plus on part tard. La Croatie, à 31,5 ans, et la Finlande, à 21,3 ans, sont les deux extrêmes d’un continent pas si uni.
La France est dans le haut du classement des départs précoces, avec 23,8 ans. Alors, à quel âge as-tu quitté le nid ? Dis-le-nous en commentaire.
Pour changer d’air après ce classement, découvre cette plage bretonne élue plus belle du monde. Ou ce qui s’est passé quand la Gare du Nord a été sacrée 2e meilleure gare du monde.