Les 8 départements français où les habitants dépensent le plus en bricolage : le n°1 dépasse 1 800 € par an
Perceuse, peinture, lames de terrasse… Le bricolage est devenu le loisir préféré de millions de Français, surtout depuis la pandémie. Mais tous les territoires ne consomment pas de la même manière. Certains départements explosent littéralement leur budget quincaillerie, et le grand gagnant n’est pas du tout celui qu’on imagine.
Voici le classement des 8 départements où les habitants dépensent le plus en bricolage et aménagement de la maison, d’après les données de l’INSEE sur la consommation des ménages et les chiffres de la Fédération des magasins de bricolage (FMB). Spoiler : la première place n’est ni en Île-de-France, ni dans le Sud.

Du 8e au 6e : trois départements que personne n’attendait
En 8e position, on retrouve les Bouches-du-Rhône, avec une dépense moyenne estimée à 1 320 € par ménage et par an. Le climat méditerranéen pousse les habitants à investir massivement dans l’aménagement extérieur : terrasses, pergolas, piscines hors-sol. Les enseignes de bricolage y enregistrent un pic de ventes entre avril et juin.
La 7e place revient à la Loire-Atlantique, à environ 1 380 € par an. Le dynamisme immobilier autour de Nantes génère un flux constant de propriétaires en phase de rénovation. Près de 62 % des ménages du département sont propriétaires, un taux supérieur à la moyenne nationale.
En 6e position, la Haute-Garonne affiche 1 410 € de dépenses annuelles moyennes. Toulouse attire chaque année des milliers de nouveaux résidents, et avec eux, des chantiers d’aménagement intérieur. Le département compte plus de 45 grandes surfaces de bricolage, soit l’une des densités les plus fortes de France. Mais ces trois départements sont encore loin du podium.
5e et 4e : quand la maison individuelle fait grimper la note
Le Morbihan se classe 5e avec une moyenne de 1 460 € par ménage et par an. C’est l’un des départements où le taux de maisons individuelles est le plus élevé : plus de 72 %. Qui dit maison dit entretien du toit, ravalement, clôtures — autant de postes qui gonflent la facture.

Les résidences secondaires pèsent aussi dans la balance. Le Morbihan en compte parmi les plus nombreuses de Bretagne, et leurs propriétaires investissent régulièrement pour maintenir leur bien en état.
En 4e position, le Finistère atteint 1 510 € par an. L’exposition aux intempéries atlantiques impose des travaux récurrents : traitement des façades, remplacement de menuiseries, isolation renforcée. Selon la FMB, les ventes de produits d’étanchéité y sont 30 % supérieures à la moyenne nationale.
Le climat n’est pas le seul facteur. Le Finistère affiche aussi un taux de propriétaires de 68 %, et le prix de l’immobilier encore accessible pousse les ménages à rénover plutôt qu’à déménager. Deux départements bretons dans le top 5, et ce n’est pas fini.
Le podium : trois départements qui cassent les idées reçues
La 3e marche revient à la Vendée, avec 1 580 € de dépenses annuelles par ménage. Ce département détient l’un des records de France en construction de maisons neuves par habitant. Chaque maison neuve génère en moyenne 3 200 € de dépenses complémentaires en bricolage dans les deux ans suivant la livraison.
La Vendée est aussi le fief historique de plusieurs enseignes régionales de bricolage, ce qui facilite l’accès aux matériaux à prix compétitifs. Résultat : les habitants bricolent plus souvent, et dépensent davantage au cumul. Ceux qui pensaient que le coût de la vie bas dans ces zones freinait la consommation se trompent lourdement.
En 2e position, les Côtes-d’Armor atteignent 1 680 € par an. Troisième département breton du classement. Le parc immobilier ancien y est considérable : plus de 40 % des logements ont été construits avant 1970. Ces bâtisses nécessitent des travaux réguliers de mise aux normes, notamment en isolation et en plomberie.
L’aide MaPrimeRénov’ a amplifié le phénomène. En 2024, les Côtes-d’Armor figuraient parmi les 10 départements ayant déposé le plus de dossiers par habitant. Chaque chantier de rénovation énergétique entraîne des achats complémentaires en magasin de bricolage. Mais le numéro 1 est encore au-dessus.
Le n°1 : un département rural qui écrase tout le monde
La première place revient au Cantal, avec une dépense moyenne qui dépasse 1 830 € par ménage et par an. Oui, le Cantal. Un département de 145 000 habitants, sans métropole, sans grande surface de bricolage à chaque coin de rue.
Comment expliquer ce chiffre ? D’abord, le taux de propriétaires y est l’un des plus élevés de France : 73 %. Ensuite, le parc immobilier est ancien — plus de la moitié des logements datent d’avant 1950. Des maisons en pierre, des granges à retaper, des toitures à refaire régulièrement face aux hivers rigoureux du Massif central.
Autre facteur décisif : l’éloignement des artisans. Dans un département aussi peu dense, faire appel à un professionnel coûte cher et prend du temps. Les habitants font donc eux-mêmes. Selon une enquête de la FMB, 81 % des ménages cantaliens déclarent réaliser « la majorité de leurs travaux sans artisan », contre 54 % en moyenne nationale.
Le poste le plus important ? Le chauffage et l’isolation. Les dépenses de chauffage dans les départements ruraux poussent les propriétaires à investir dans des solutions durables : poêles à bois, isolation par l’extérieur, double vitrage. Autant de chantiers réalisés en grande partie par les habitants eux-mêmes.
Ce que ce classement révèle sur la France qui bricole
Trois enseignements ressortent de ce top 8. Premier constat : la Bretagne domine avec trois départements dans le classement. Le climat humide, le parc immobilier vieillissant et le fort taux de propriétaires créent un cocktail parfait pour le bricolage intensif.
Deuxième leçon : ce ne sont pas les départements les plus riches qui dépensent le plus. Le Cantal, la Vendée ou les Côtes-d’Armor ne figurent pas parmi les territoires aux salaires les plus élevés. Mais la propriété et l’autonomie y sont des valeurs fortes, qui se traduisent directement dans le budget quincaillerie.
Troisième point : la rénovation énergétique redistribue les cartes. Les aides de l’État ciblent prioritairement les logements anciens et les ménages modestes, exactement le profil des départements en tête de ce classement. Entre 2023 et 2025, les ventes en magasin de bricolage ont progressé de 12 % dans les zones rurales, contre seulement 4 % en zone urbaine dense.
Alors, tu aurais parié sur le Cantal en numéro 1 ? Ce petit département du Massif central prouve qu’en France, ceux qui bricolent le plus ne sont pas toujours ceux qu’on croit.