Retraite : les 5 pays où l’on arrête de travailler le plus tôt, la France juste derrière
On parle sans cesse de l’âge légal de la retraite. Mais l’âge auquel on quitte réellement son emploi, lui, raconte une tout autre histoire.
L’OCDE vient de publier ses chiffres 2024 : voici les 5 pays où l’on range les outils le plus tôt. Et il y a une surprise dans le classement, car l’écart entre la loi et la réalité est parfois énorme.
Ce chiffre que la loi ne montre pas
Premier point à comprendre : l’âge « effectif » de sortie du marché du travail n’est pas l’âge légal. L’OCDE le calcule comme l’âge moyen auquel les personnes de 40 ans et plus quittent le marché du travail.
Dans l’Union européenne, il atteint 63,7 ans pour les hommes et 62,8 ans pour les femmes en 2024. Pour les hommes, la moyenne de l’ensemble des pays de l’OCDE est de 64,7 ans.
Pour les femmes, elle est de 63,6 ans. Ce sont ces moyennes qui servent de repère pour la suite du décompte.
Reste à savoir qui passe sous la barre. Et la France, où se place-t-elle ? Réponse à la fin du décompte.
5e place : la France, plus tôt que vous ne le pensez
Chez nous, les hommes quittent le marché du travail à 61,9 ans en moyenne, les femmes à 62,4 ans. C’est sous la moyenne européenne dans les deux cas.
L’OCDE note que, pour les hommes, la France fait partie des pays où l’âge de sortie passe sous les 62 ans. Elle partage cette particularité avec le Luxembourg.
Autre détail qui surprend : selon le Conseil d’orientation des retraites, l’âge moyen auquel on liquide ses droits est supérieur à l’âge de sortie du marché du travail. Entre les deux, beaucoup de Français ne travaillent déjà plus.
La DREES, elle, chiffre à 62 ans et 8 mois l’âge moyen conjoncturel de départ à la retraite en 2024. Trois indicateurs, trois âges différents, mais une même réalité.
Le pays où la loi dit 49 ans, et où l’on s’arrête pourtant à 61

4e place : la Türkiye, qui ne fait pas partie de l’Union européenne mais figure dans les données de l’OCDE. L’âge moyen de sortie y est de 61 ans ou moins pour les hommes.
Le contraste est saisissant avec l’âge normal de retraite : 49 ans pour les femmes et 52 ans pour les hommes. Le plus bas de tout l’OCDE, et de très loin.
Pourtant, dans les faits, on continue de travailler plus longtemps que la loi ne l’autorise. L’OCDE relève aussi que moins de la moitié des 55-64 ans y ont un emploi.
Attention toutefois : ici, le chiffre porte sur les hommes seulement. Il n’est pas strictement comparable avec les moyennes hommes-femmes du podium qui suit.
Et sur ce podium, un petit pays d’Europe de l’Ouest arrive tout près de la France. Lequel ?
Le podium des départs précoces
3e place : la Belgique, avec 61,5 ans en 2024, hommes et femmes confondus, selon l’OCDE. Un détail qui compte : moins d’une personne sur dix y travaille encore entre 65 et 69 ans.
2e place : le Luxembourg, à 60,2 ans. C’est le pays où, chez les hommes, l’âge de sortie passe sous les 61 ans, avec la Slovénie et la Türkiye.
Là aussi, moins de la moitié des 55-64 ans occupent un emploi. L’âge normal de retraite pour un homme y est de 62 ans, l’un des plus bas de l’OCDE.
Le Grand-Duché est pourtant connu pour ses salaires élevés. Preuve qu’un bon niveau de vie ne pousse pas toujours à travailler plus longtemps.
Reste le n°1. Et son âge légal de départ est sensiblement plus haut que ce que sa place laisse supposer.
N°1 : la Slovénie, championne du départ anticipé
Avec 60,15 ans en moyenne (hommes et femmes), la Slovénie décroche la première place. C’est le pays où l’on quitte le plus tôt le marché du travail parmi ceux de l’étude.
Chez les hommes, l’âge moyen est de 60,8 ans. Chez les femmes, il tombe à 59,5 ans, donc sous la barre des 60 ans.
Là encore, la loi tente de rattraper la réalité. La Slovénie a décidé de relever l’âge légal de 65 à 67 ans, à atteindre en 2035.
L’écart se voit aussi sur l’emploi des seniors : moins d’un habitant sur dix y travaille entre 65 et 69 ans. Dans les pays les plus actifs, comme l’Islande, le Japon ou la Corée du Sud, c’est environ un sur deux.
L’autre bout du classement
À l’opposé, certains travaillent bien plus longtemps. Les hommes sud-coréens quittent le marché à 67,4 ans en moyenne, les femmes à 69,6 ans, soit plus de deux ans de plus que dans tout autre pays de l’OCDE.
La raison tient en partie à des retraites très faibles : beaucoup continuent de travailler pour compléter leurs revenus. Un modèle bien différent du nôtre.
Et si l’herbe était plus verte ailleurs pour les retraités français ? Certains font déjà leurs valises, comme ces retraités tentés par Limoges, ou ceux qui se tournent vers la Suisse, où la demande de main-d’œuvre explose.
Quand on s’arrête tôt, on change souvent de décor : voilà pourquoi les départements où l’on déménage le plus intéressent aussi les futurs retraités.
Ce que ce classement dit vraiment de nous

La leçon est simple : l’âge légal ne fait pas tout. Le marché de l’emploi des seniors, la santé et le niveau des pensions décident bien plus du moment où l’on arrête.
La France, avec ses 61,9 ans pour les hommes, se situe juste derrière ce petit groupe de pays qui s’arrêtent tôt. Pas si loin du podium qu’on l’imagine.
Alors, tu aurais deviné le n°1 ? Et surtout, à quel âge pensais-tu que les Français quittaient vraiment leur emploi ?
Si l’idée d’un départ sous le soleil te trotte dans la tête, regarde cette retraitée de 62 ans qui vit à Madère avec 1 100 €. Ou découvre le coin du Maroc où des retraités doublent leur pouvoir d’achat.
Note de méthode : les données viennent du rapport OCDE « Pensions at a Glance 2025 » (année 2024). Les chiffres de la Türkiye ne concernent que les hommes, ceux de la Slovénie, du Luxembourg et de la Belgique les deux sexes, et ceux de la France les hommes et les femmes séparément.