Les 8 prénoms les plus donnés en France en 2025 : le n°1 chez les filles n’était même pas dans le top 10 il y a cinq ans
Chaque année, l’INSEE publie le classement des prénoms les plus attribués aux nouveau-nés en France. Et chaque année, les résultats bousculent les certitudes. Pour 2025, les données révèlent des ascensions fulgurantes, des chutes brutales et un numéro 1 féminin que personne n’aurait parié il y a encore cinq ans. Côté garçons, un prénom court et ancien reprend du galon face à des valeurs sûres qu’on croyait indétrônables. Voici le décompte, de la 8ᵉ à la 1ʳᵉ place — et le podium pourrait bien te faire réagir.

Deux outsiders qui grimpent sans prévenir
8ᵉ place – Alba (filles) : ce prénom d’origine latine signifiant « aube » était encore au-delà de la 30ᵉ place en 2019. Il a bondi grâce à une tendance de fond : les parents français plébiscitent les prénoms courts, lumineux, à consonance méditerranéenne. Selon les chiffres de l’INSEE, Alba a gagné plus de 20 places en six ans. En Occitanie et en PACA, il figure déjà dans le top 5 local.
7ᵉ place – Maël (garçons) : prénom breton qui s’est diffusé bien au-delà de la Bretagne. Maël séduit par sa douceur phonétique et sa rareté relative dans les générations précédentes. Il devance désormais des classiques comme Louis ou Jules, ce qui aurait semblé impensable il y a dix ans. Les départements où les habitants déménagent le plus sont aussi ceux où Maël progresse le plus vite — signe que les jeunes familles mobiles importent ce prénom partout en France.
Mais ces deux-là ne sont que l’apéritif. En remontant le classement, on tombe sur des prénoms qu’on pensait en déclin… et qui prouvent le contraire.
Le ventre mou qui n’a rien de mou
6ᵉ place – Ambre (filles) : présente dans le top 10 depuis 2018, Ambre refuse de lâcher sa place. Ce prénom évoquant la pierre semi-précieuse plaît aux parents qui cherchent un compromis entre originalité et classicisme. En 2025, environ 3 200 petites Ambre sont nées sur le territoire, selon les estimations de l’INSEE. C’est 4 % de plus qu’en 2024.

5ᵉ place – Gabriel (garçons) : l’ancien roi du classement. Gabriel a trusté la première place masculine entre 2016 et 2022 avant de glisser lentement. À la 5ᵉ position, il reste un poids lourd avec environ 3 500 naissances. Mais la concurrence est rude : les prénoms courts à deux syllabes lui grignotent du terrain chaque année.
4ᵉ place – Emma (filles) : elle a dominé le classement féminin pendant près de dix ans (2005-2014), puis a cédé du terrain à Louise et Jade. En 2025, Emma remonte discrètement. Les démographes y voient un cycle classique : les parents qui ont grandi avec des Emma autour d’eux choisissent d’autres prénoms, mais la génération suivante redécouvre sa simplicité. Résultat : environ 3 400 Emma cette année, un rebond de 6 % par rapport à 2023.
Le podium, lui, réserve les vraies secousses — à commencer par un prénom masculin qu’on n’attendait plus si haut.
Un podium qui redistribue les cartes
3ᵉ place – Raphaël (garçons) : stable, solide, presque ennuyeux tellement il est régulier. Raphaël occupe le top 5 masculin depuis 2010 sans jamais exploser ni s’effondrer. En 2025, il totalise environ 3 700 naissances. Son secret ? Un équilibre rare entre sonorité internationale et ancrage biblique. Il fonctionne aussi bien à Lille qu’à Marseille, ce qui en fait le prénom le plus « transversal » du classement. Dans les départements où les habitants vivent le plus seuls, Raphaël figure pourtant parmi les prénoms les plus donnés — preuve que la natalité ne suit pas toujours la densité sociale.
2ᵉ place – Léo (garçons) : trois lettres, deux syllabes, une ascension éclair. Léo était 15ᵉ en 2017. Il a franchi chaque palier sans ralentir pour atteindre la 2ᵉ marche en 2025 avec près de 3 900 naissances. La tendance aux prénoms ultracoups — Mia, Léa, Tom — lui profite directement. Certains linguistes notent aussi l’influence des séries internationales, où les personnages aux prénoms courts dominent les castings.
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Reste la première place. Chez les garçons, un prénom tient bon depuis trois ans. Mais chez les filles, c’est un véritable coup de théâtre.
Le numéro 1 masculin ne surprend plus — celui des filles, si
N°1 garçons – Adam : pour la troisième année consécutive, Adam domine le classement masculin avec environ 4 100 naissances en 2025. Court, universel, porté dans toutes les cultures et toutes les régions, il coche toutes les cases des prénoms « pangénérationnels ». L’INSEE note qu’Adam est le seul prénom masculin présent dans le top 3 de chaque grande région métropolitaine sans exception — une performance qu’aucun autre prénom n’a réalisée depuis Jean dans les années 1950.
N°1 filles – Alma : voilà la surprise. Alma n’existait quasiment pas dans les statistiques françaises avant 2018. Cette année-là, il pointait au-delà de la 50ᵉ place. En sept ans, il a grimpé de plus de 45 positions pour s’installer au sommet avec environ 3 800 naissances estimées. D’origine latine (« âme » ou « nourricière »), porté en Espagne, en Italie et en Scandinavie, Alma incarne la tendance dominante de 2025 : un prénom féminin de quatre lettres, doux, sans diminutif évident, qui sonne aussi bien en français qu’en anglais ou en arabe.
Cette ascension rappelle celle de certains prénoms poétiques en vogue ces dernières années. Mais aucun n’avait grimpé aussi vite vers la première place.
Ce que ce classement dit de la France de 2025
Plusieurs tendances structurelles se dégagent. D’abord, la domination des prénoms courts : six des huit prénoms du classement comptent quatre ou cinq lettres maximum. Les prénoms longs et composés (Jean-Baptiste, Marie-Charlotte) ont quasiment disparu des maternités.
Ensuite, l’effacement des frontières culturelles. Adam, Alma, Alba, Maël : ces prénoms traversent les origines géographiques et religieuses sans effort. Les démographes de l’INED y voient le signe d’une « convergence prénomiale » inédite, où les parents cherchent des prénoms acceptés partout — y compris à l’international, dans un monde où les familles sont de plus en plus mobiles entre les pays.
Enfin, le retour en grâce des prénoms « rétro modernisés ». Emma, Gabriel, Raphaël : ces classiques ne meurent jamais vraiment. Ils oscillent entre la 1ʳᵉ et la 10ᵉ place sur des cycles de 10 à 15 ans, portés par une nostalgie douce que chaque nouvelle génération de parents réactive à sa manière.
Alors, tu aurais deviné Alma en numéro 1 ? Dans les villes où les salaires sont les plus élevés, c’est pourtant le prénom féminin qui a le plus progressé en 2025 — comme quoi, la tendance n’a rien de marginal.