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Retraités, ils vivent dans un camping-car de 7 mètres et boostent leur pension modeste chaque mois

Publié par Claire le 08 Sep 2026 à 7:20
Vieux camping-car garé sur une route côtière espagnole

Beaucoup de retraités redoutent la fin de mois où la pension s’épuise avant le salaire suivant. Fernando et Ana, eux, ont connu ce cauchemar pendant des années dans leur maison en briques. Ce qu’ils ont changé pour retrouver de l’argent en fin de mois tient en un mot : tout quitter pour sept mètres de liberté.

Une vie de factures qu’ils ont décidé de fuir

Fernando est arrivé en Espagne depuis Buenos Aires en 1970. Il raconte avoir fini par se sentir prisonnier d’un engrenage sans fin : la maison, la voiture, le crédit immobilier, les enfants. Ana, originaire du Venezuela, partageait ce besoin urgent de reprendre la main sur leur temps et leur argent.

Ensemble, ils ont choisi de rompre avec ce rythme imposé. « Nous avons dit à la vie de s’arrêter », explique Fernando, « et nous avons commencé à la façonner à notre guise ». Une décision qui rappelle que le rapport à l’argent se construit aussi dans les choix de vie, pas seulement dans les chiffres d’une fiche de paie.

Pour Ana, ce virage répondait à une envie plus intime : profiter enfin des années qui restent après une existence consacrée au travail. « Le peu de vie qu’il nous reste, déjà à plus de la moitié, nous allons nous la consacrer », confie-t-elle. Direction les routes d’Espagne, sans domicile fixe, sans habitudes figées.

Un vieux Fiat Ducato devenu leur seul foyer

Leur nouvelle maison s’appelle « La Vaca ». Il s’agit d’un Fiat Ducato Maxi âgé de 27 ans, dont le couple est le troisième propriétaire. Le véhicule, bien entretenu, dispose de tout le nécessaire pour devenir un logement permanent.

L’ancienneté du camping-car n’est pas un problème à leurs yeux, bien au contraire. Fernando apprécie la solidité des meubles en bois massif, qu’il juge plus résistants que les matériaux légers des aménagements récents, « qui se détériorent plus facilement ». Cette solidité leur évite bien des frais de réparation imprévus.

Une réparation importante leur a tout de même demandé cinq mois de travail. « Nous avons constaté un défaut sur toute la longueur de ce mur et avons décidé de le réparer nous-mêmes », explique Fernando. Résultat : 1 631 euros dépensés au total, peinture extérieure comprise, contre plus de 3 000 euros rien que pour la peinture chez un professionnel. Leur autonomie technique fait toute la différence sur leur budget.

Mains comptant des pièces sur une table de camping-car

La pension modeste qui suffit enfin à la fin du mois

C’est là que se joue le vrai bénéfice de leur choix. En quittant leur maison, Fernando et Ana ont supprimé les factures d’eau et d’électricité, les frais de copropriété, le garage et l’abonnement internet. « Nous avons fait de grosses économies », résume Ana.

Avant, leur pension modeste ne suffisait presque jamais. « Quand nous vivions dans notre maison en briques, dès le 15 ou le 17 du mois, nous étions déjà à court d’argent et nous attendions avec impatience le 24 pour toucher notre pension », se souvient Fernando. Aujourd’hui, la situation s’est inversée : « il reste de l’argent à la fin du mois ».

Leur budget varie surtout selon les kilomètres parcourus, le carburant restant leur principale dépense variable. « Plus on voyage, plus on dépense », admet Ana. Mais le couple peut ralentir, rester plus longtemps dans une région, et ajuster ses dépenses au jour le jour. Ils tiennent aussi à rappeler qu’ils ne vivent pas aux crochets des communes traversées : « Nous devons faire nos courses, acheter du butane, acheter de la nourriture, et cet argent reste sur place. »

Cette vie plus sobre les a poussés à revoir leur rapport aux objets. « Moins, c’est plus », résume Ana. Dans sept mètres carrés, impossible d’accumuler sans réfléchir : chaque objet doit servir. Fernando conclut avec philosophie : « Aujourd’hui, c’est aujourd’hui, on ne sait pas ce que demain nous réserve. Alors profitons d’aujourd’hui et on verra bien demain. »

Sept mètres de camping-car, zéro facture fixe, et une pension qui tient enfin le mois entier : voilà le calcul discret de deux retraités qui ont osé tout recommencer. Et si le vrai luxe de la retraite n’était pas la maison, mais la liberté de ne plus en avoir ?

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