Les 8 villes françaises où les habitants possèdent le plus de piscines : la n°1 n’est pas dans le Sud
La France compte plus de 3,4 millions de piscines privées, un record en Europe. Si l’on imagine spontanément la Côte d’Azur ou la Provence en tête du palmarès, les chiffres racontent une tout autre histoire. Le classement des villes où les habitants possèdent le plus de bassins par foyer réserve au moins une surprise de taille.
Entre ensoleillement, pouvoir d’achat et surface des terrains, les raisons qui poussent les Français à investir dans un bassin ne sont pas toujours celles qu’on croit. Voici le décompte, de la 8e à la 1re place, données à l’appui.

Positions 8 à 6 : trois villes du grand Sud ouvrent le bal
En 8e position, on retrouve Perpignan. La préfecture des Pyrénées-Orientales affiche un taux d’équipement d’environ 18 % des maisons individuelles dotées d’un bassin. Avec plus de 300 jours de soleil par an, le résultat ne surprend personne.
La 7e place revient à Nîmes. Le Gard est l’un des départements où les habitants dépensent le plus en loisirs, et la piscine en fait clairement partie. Le taux grimpe ici à 19 % environ des pavillons équipés.
En 6e position, Aix-en-Provence confirme sa réputation. Près de 21 % des maisons avec jardin disposent d’un bassin. Les quartiers résidentiels sud de la ville concentrent une densité de piscines parmi les plus élevées de la région PACA.
Jusque-là, le classement suit la logique climatique. Mais dès la 5e place, les choses commencent à se corser sérieusement.
Positions 5 et 4 : le Sud-Ouest entre dans la danse
Montauban, en 5e position, affiche un taux de 22 % de maisons individuelles équipées. Le Tarn-et-Garonne bénéficie d’étés longs et chauds, mais surtout de prix immobiliers qui permettent d’acheter des terrains bien plus grands qu’ailleurs.

Un pavillon avec 800 m² de jardin coûte ici en moyenne 30 à 40 % moins cher qu’à Aix ou Nice. Résultat : les propriétaires investissent dans un bassin plutôt que dans les mètres carrés habitables. C’est un schéma qu’on retrouve dans les villes où le coût de la vie est le plus bas.
En 4e place, Toulouse crée la première vraie surprise. La Ville rose compte environ 23 % de pavillons avec piscine dans ses couronnes périurbaines. Les communes comme Balma, L’Union ou Castanet-Tolosan affichent des taux encore supérieurs, dépassant parfois les 30 %.
L’explication tient en deux facteurs : une croissance démographique forte qui a fait exploser les constructions neuves depuis 2010, et des constructeurs locaux qui intègrent systématiquement l’option piscine dans leurs programmes. Mais le podium va bousculer encore plus les certitudes.
Le bronze revient à une ville que peu auraient placée là
En 3e position, Bordeaux et sa métropole s’imposent avec un taux d’environ 24 % des maisons individuelles équipées. La Gironde est devenue en dix ans l’un des départements qui installent le plus de piscines chaque année, avec près de 8 000 nouveaux bassins par an.
Le phénomène s’explique par la combinaison d’un climat devenu nettement plus chaud — les épisodes au-dessus de 35 °C ont doublé en vingt ans — et d’un dynamisme immobilier qui pousse les familles vers les pavillons de banlieue.
Les piscinistes bordelais confirment : depuis les canicules de 2022 et 2023, les carnets de commandes sont pleins dès le mois de février. Un bassin enterré de 8 × 4 m se négocie entre 25 000 et 40 000 € dans la région, soit 15 % de moins qu’en PACA.
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Si Bordeaux surprend déjà, la 2e place va faire encore plus réagir.
La médaille d’argent défie la géographie
Limoges décroche la 2e place du classement avec un taux estimé à 25 % des maisons individuelles disposant d’un bassin. Oui, Limoges, en Haute-Vienne, à 400 km de la Méditerranée.
Comment l’expliquer ? D’abord, le prix du foncier. À Limoges, le mètre carré de terrain constructible coûte en moyenne 45 €, contre 250 € à Nice. Les jardins sont immenses, souvent supérieurs à 1 000 m². Installer une piscine y représente un investissement proportionnellement modeste par rapport à la valeur du bien.
Ensuite, la ville attire depuis plusieurs années des retraités et des télétravailleurs qui quittent les grandes métropoles pour s’offrir un cadre de vie spacieux. Et le premier réflexe, une fois le pavillon acheté, c’est souvent de faire creuser un bassin.
Les étés limougeauds ont beau être plus courts, les températures dépassent régulièrement les 30 °C de juin à août. Largement suffisant pour justifier quatre mois d’utilisation annuelle. Mais alors, quelle ville peut bien coiffer Limoges au poteau ?
La n°1 va faire tomber plus d’un préjugé
En tête du classement, Agen s’impose avec un taux record d’environ 27 % des maisons individuelles équipées d’une piscine. Plus d’un pavillon sur quatre possède son propre bassin dans la préfecture du Lot-et-Garonne.
Agen coche toutes les cases du cocktail parfait. Des terrains parmi les moins chers du pays — autour de 35 € le m² en moyenne. Un ensoleillement comparable à Montpellier, avec plus de 2 100 heures de soleil par an. Et une tradition locale du pavillon avec grand jardin, héritée de décennies d’urbanisme peu dense.
Le département du Lot-et-Garonne affiche d’ailleurs l’un des taux de maisons individuelles les plus élevés de France : plus de 72 % du parc immobilier. Quand presque tout le monde vit en maison avec jardin et que le terrain ne coûte presque rien, la piscine devient un équipement quasi standard.
Les installateurs locaux le confirment. Certaines rues résidentielles d’Agen comptent un bassin dans chaque jardin, un spectacle visible sur les images satellites. Le phénomène s’est encore accéléré avec la crise sanitaire, quand les confinements ont poussé les propriétaires à investir massivement dans leur extérieur.
Ce que révèle ce classement sur les Français
La surprise majeure, c’est que le soleil seul ne suffit pas. Nice, Marseille et Cannes, pourtant ultra-ensoleillées, n’apparaissent pas dans le top 8. La raison est simple : les terrains y sont trop petits et trop chers pour accueillir un bassin.
Le vrai moteur de la piscine privée en France, c’est la combinaison espace + prix du foncier + chaleur estivale. Les villes moyennes du Sud-Ouest et du centre cumulent ces trois critères. Selon la Fédération des professionnels de la piscine, c’est d’ailleurs dans ces zones que la croissance du marché est la plus forte depuis cinq ans.
Avec le réchauffement climatique qui pousse les températures estivales toujours plus haut, même dans des villes qu’on n’associe pas à la canicule, la carte des piscines françaises risque de continuer à surprendre. Et toi, tu aurais deviné qu’Agen était la capitale française de la piscine privée ?