Ce triplex de 165 m2 sur la Côte d’Azur épouse désormais les courbes de la mer

Il fait partie de ces lieux que les habitués de la Côte d’Azur reconnaissent entre mille. La résidence de Port La Galère, à Théoule-sur-Mer, avec ses façades ondulantes qui semblent avoir été sculptées par les vagues. Un appartement de 165 m2, longtemps habité par les parents du propriétaire, vient d’y subir une transformation totale. Résultat : un intérieur qui ne ressemble plus à rien de ce qu’il était, tout en respectant l’âme du bâtiment.
Un immeuble culte qui ondule face à la Méditerranée
Pour comprendre l’enjeu de cette rénovation, il faut d’abord parler du décor. Port La Galère n’est pas une résidence comme les autres : elle compte 400 logements répartis sur un ensemble aux lignes courbes, presque organiques, qui épousent le relief rocheux de la baie. Un complexe pensé pour dialoguer avec la mer plutôt que lui tourner le dos.
Cette identité architecturale forte impose des règles du jeu particulières à qui veut rénover l’un de ses appartements. Impossible de plaquer un style générique sur des courbes aussi singulières. C’est tout l’inverse d’une rénovation standardisée : ici, chaque courbe intérieure doit répondre à celle du bâti extérieur.
Le propriétaire, Giacomo Giardini, avait hérité de ces 165 m2 sur deux niveaux, occupés auparavant par ses parents. Un lieu chargé d’histoire familiale, mais qui avait besoin d’un vrai coup de jeune. Le genre de projet où l’on ne veut ni trahir le passé, ni rester figé dans une décoration d’un autre temps, à l’image de ces lieux qui ont muté sans perdre leur âme.
Une équipe de spécialistes pour réinventer l’espace
Pour piloter cette métamorphose, Giacomo Giardini a fait appel à la designer d’intérieur Francesca Bassi. Elle a travaillé main dans la main avec Fabienne Tabard, de l’agence Carte Blanche à Cannes, pour concevoir des agencements entièrement sur mesure. Rien n’a été laissé au hasard, pas même les moindres recoins de l’appartement.
La sélection des œuvres d’art et de certains meubles a été confiée à un autre professionnel, l’architecte et designer Bruno Tarsia. Un travail d’orfèvre qui rappelle que la décoration, comme bien d’autres domaines liés au patrimoine français, repose souvent sur des choix minutieux, presque invisibles au premier regard.
La palette retenue s’inspire directement de la nature environnante : terre cuite, tons minéraux, sable, galet, blanc crayeux et bleu méditerranéen se mêlent sur les murs. Les revêtements, choisis avec des finitions raffinées, habillent les parois de textures qui captent la lumière différemment selon l’heure de la journée, un peu comme certains végétaux méditerranéens réagissent au climat.

Le détail qui change tout : la lumière comme matériau
Ce qui distingue vraiment cette rénovation d’un simple relookage, c’est la manière dont la lumière naturelle a été traitée. Elle n’a pas été considérée comme un simple éclairage d’appoint, mais comme un véritable élément conceptuel du projet. L’idée : révéler les textures, sublimer les matières, et surtout rattraper les zones de l’appartement qui manquaient d’exposition auparavant.
Ce travail sur la lumière permet aussi de créer une continuité visuelle entre les différents volumes du logement. Chaque pièce dialogue avec la suivante, dans une fluidité qui rappelle les courbes organiques imposées par l’architecture d’origine. Les meubles eux-mêmes suivent ces sinuosités plutôt que de les contredire.
La vue sur la mer, elle, est sublimée par ce jeu d’ouvertures et de matières. Dans l’une des salles de bains, un carrelage optique et graphique a été installé, apportant une touche de fraîcheur inattendue tout en restant cohérent avec l’esprit maritime du reste de l’appartement.
Un détail qui résume bien la philosophie du projet : oser la modernité sans jamais trahir le lieu, à la manière de certaines infrastructures emblématiques qui se réinventent sans perdre leur identité.
Ce chantier illustre une idée simple mais puissante : rénover un lieu iconique, ce n’est pas effacer son passé, c’est le faire parler autrement. À Port La Galère, la mer continue d’inspirer chaque courbe, chaque teinte, chaque reflet de lumière. Et si votre prochain projet déco s’inspirait, lui aussi, du paysage qui l’entoure ?