Adieu l’automne : la France s’apprête à revivre un pic à 35°C, à peine après l’équinoxe

Le calendrier a beau afficher l’automne depuis le 23 septembre, votre thermomètre semble ne pas avoir reçu le mémo. Depuis la mi-septembre, la France enchaîne les montagnes russes thermiques, entre chute brutale du mercure et rebonds estivaux surprenants.
Alors que l’équinoxe vient tout juste de sonner le début officiel de la nouvelle saison, une question s’impose : la chaleur va-t-elle vraiment plier bagage cette fois, ou compte-t-elle encore s’inviter chez nous quelques jours de plus ?
Un été 2026 qui refuse de tirer sa révérence
Tout a commencé par un vrai coup de chaud. Le 15 septembre, les deux tiers du pays ont dépassé les 30 °C, avec des pointes annoncées entre 35 et 37 °C dans le sud. Un pic franchement estival, dans la continuité d’un été 2026 qualifié d’exceptionnel par les météorologues.
La fête a pourtant été de courte durée. Dès le lendemain, l’anticyclone atlantique s’est affaissé, laissant place à un flux plus frais venu du nord-ouest. Résultat : une perte de 8 à 12 °C en seulement 24 heures sur la majorité du territoire.
La chaleur s’est alors repliée vers la Méditerranée, tandis que le reste du pays retrouvait des couleurs plus automnales, entre averses et températures nettement plus sages. Un scénario qui rappelle que même une configuration météo installée peut basculer en un temps record.
Un nouveau pic de chaleur se profile dès le 23 septembre
Le répit n’aura été que temporaire. Les hautes pressions ont fait leur retour en fin de semaine, installant un flux plus chaud venu du sud-ouest, avec de l’air remontant directement du nord-ouest de l’Afrique et de la péninsule ibérique. Le regain de chaleur s’est confirmé dès le week-end, en particulier dans le sud du pays, avec des valeurs de 25 à 28 °C, voire jusqu’à 30 °C près du golfe du Lion.
Symboliquement, l’automne a officiellement démarré dans la nuit du 22 au 23 septembre, à 2 h 05 heure de Paris. Un basculement purement astronomique, sans lien direct avec la météo réelle.
Et c’est bien là toute l’ironie : alors que le calendrier tourne la page de l’été, plusieurs scénarios envisagent une nouvelle poussée chaude autour du 23 et du 24 septembre, portée par un flux de sud à sud-ouest en altitude lié à un thalweg vers les Açores.
Certains modèles, comme l’ECMWF, évoquent un nouveau franchissement des 30 °C sur une partie du pays, avec des pointes pouvant approcher, voire dépasser, 35 °C dans le sud.
Le nord ne serait pas totalement épargné, avec des valeurs qui pourraient aussi frôler les 30 °C par endroits, même si l’ampleur exacte de cet épisode reste incertaine.

Le piège du chiffre affiché en journée
Avant de ressortir shorts et lunettes de soleil, il y a une nuance de taille à connaître. Une masse d’air capable de produire 35 à 38 °C en plein été ne provoque plus les mêmes températures au sol fin septembre.
La raison est purement astronomique : à Paris, la durée du jour est passée d’environ 13 h 20 début septembre à seulement 11 h 35 début octobre, et la hauteur du soleil à midi a chuté d’environ 50° à moins de 40° sur la même période.
Résultat : l’atmosphère a moins de temps et moins d’énergie pour se réchauffer en journée. Les nuits, elles, s’allongent et permettent un refroidissement nocturne plus marqué, ce qui change concrètement le ressenti même si les valeurs diurnes restent élevées.
Attention donc à ne pas se fier uniquement au chiffre affiché l’après-midi : les écarts de température entre le jour et la nuit peuvent être bien plus importants qu’en plein été, avec des matinées fraîches suivies d’après-midis encore chaudes.
Un phénomène qui rappelle, à plus petite échelle, les épisodes de deux saisons vécues le même jour, déjà observés ce printemps.
Entre le pic du 15 septembre, la chute spectaculaire qui a suivi et ce nouveau regain attendu autour du 23-24 septembre, la France vit un automne météorologique en dents de scie, à l’image de la canicule hors norme de mai dernier. La moitié sud reste la plus concernée par ces valeurs anormalement hautes, tandis que le nord oscille entre douceur et fraîcheur.
Le calendrier a beau annoncer l’automne, le thermomètre, lui, n’a visiblement pas encore reçu le message. Reste à savoir combien de temps cette chaleur hors saison tiendra avant de céder définitivement la place aux frimas. Et vous, avez-vous déjà rangé les manteaux ou préférez-vous prudemment garder les tee-shirts à portée de main ?