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Après Austen et Boelo, Météo France dévoile ce qui attend la France de novembre à janvier, et le pourcentage intrigue

Publié par Elsa Fanjul le 03 Nov 2026 à 7:03
Côte atlantique sous un ciel d'orage menaçant

Les tempêtes Austen et Boelo viennent à peine de secouer la fin octobre. Et la suite ressemble à un feuilleton météo : basses pressions, pluie au nord, thermomètre bien au-dessus de ses habitudes.

Météo France a dévoilé ses tendances à trois mois ce jeudi 29 octobre 2026. Un chiffre en particulier change la lecture de l’hiver, mais il ne raconte pas toute l’histoire.

Après Austen et Boelo, un trimestre sous les basses pressions ?

Deux tempêtes en quelques jours, ça marque. Alors la question tombe naturellement : d’autres vont-elles suivre ? Selon les tendances publiées par Météo France, c’est bien possible.

Pour novembre, décembre 2026 et janvier 2027, l’organisme table sur « des basses pressions sur le proche Atlantique ». Traduction : un ciel plus souvent chahuté, avec des perturbations qui arrivent de l’ouest les unes après les autres.

Un défilé de dépressions, donc ? Le service national de la météorologie et de la climatologie parle d’« un scénario qui bénéficie d’une bonne confiance ». Ce n’est pas une promesse, mais ce n’est pas non plus un simple pari.

Côté pluie, le contraste avec les derniers mois est frappant. Après une sécheresse record, le scénario privilégié est celui d’un trimestre « plus humide que la normale sur la moitié nord de l’Hexagone », en lien avec un temps plus fréquemment agité.

Au sud, en revanche, aucun scénario n’est privilégié. Pas de tendance claire, donc pas de certitude pour les habitants de cette moitié du pays.

Ce contexte rappelle un débat qui agite déjà les prévisionnistes : un hiver doux annoncé par tous avec El Niño, que Météo-France se garde pourtant de promettre. Alors, qu’est-ce qui verrouille encore le ciel en ce moment ?

Cet anticyclone bloqué qui retient la pluie jusqu’au 6 ou 7 novembre

Si vous avez eu froid cette semaine, il y a une raison précise. Sur actu.fr, le météorologue et océanographe Yann Amice explique que le trimestre s’ouvre sous un anticyclone puissant, bloqué sur les îles Britanniques.

Ce bloc de hautes pressions maintient « un flux d’est à nord-est sec et frais sur la Manche et le nord du pays ». C’est lui qui explique la baisse sensible du mercure en ce début de novembre.

La suite devrait se jouer en plusieurs temps. D’après Yann Amice, la transition vers un régime plus humide se fera « par étapes », avec un « déverrouillage » attendu vers le 6 ou 7 novembre, au vu des modèles météo.

Le retour des pluies pourrait alors passer d’abord par la façade sud-ouest. Le reste du mois s’inscrirait ensuite dans le sens de la tendance trimestrielle, c’est-à-dire plus de perturbations.

Ce blocage, d’ailleurs, n’est pas une surprise : un blocage anticyclonique doit d’abord tout suspendre avant que la circulation atlantique ne se réajuste.

Et les températures, dans tout ça ? Le froid de cette semaine ne devrait pas durer. Pour l’ensemble de la France hexagonale et la Corse, le scénario plus chaud que la normale est le plus probable, « avec une probabilité élevée ».

Le chiffre est tombé : 70 %. C’est la probabilité avancée par Météo France pour un trimestre plus chaud que la normale. Reste à savoir ce que ce 70 % veut vraiment dire.

Rue pavée mouillée parsemée de feuilles d'automne

El Niño, océans chauds et un 70 % à lire avec prudence

Pour comprendre cette douceur, il faut regarder bien plus loin que la Manche. Ce phénomène climatique se renforce encore dans le Pacifique et pourrait atteindre une intensité exceptionnelle d’ici la fin de 2026.

Des inondations et des sécheresses touchent déjà plusieurs régions du monde. Selon Yann Amice, ce phénomène cyclique naturel « provoque des aléas climatiques en cascade ».

Son influence naît à des milliers de kilomètres, mais elle peut se propager jusqu’à l’Atlantique et à l’Europe. En moyenne, les épisodes El Niño s’accompagnent en Europe occidentale de conditions un peu plus humides et plus douces. Les tendances à trois mois le confirment.

Attention pourtant : le lien de causalité direct n’existe pas à nos latitudes. Les effets d’El Niño transitent par des mécanismes atmosphériques complexes et non linéaires. En revanche, le contexte thermique global, lui, est bien réel.

Le mécanisme est assez simple à retenir. Avec des masses d’eau océaniques plus chaudes que la normale, l’atmosphère dispose d’un réservoir d’humidité plus important. Les perturbations transportent donc davantage d’eau.

L’inertie thermique des océans devrait maintenir ce contexte tout au long du trimestre. S’y ajoute la tendance de fond liée au changement climatique, qui pèse aussi dans le scénario plus chaud.

Voilà le fond du 70 %. Mais il vient avec un mode d’emploi, et c’est peut-être le détail le plus important du bulletin.

Météo France précise que des épisodes ponctuellement plus frais que la normale peuvent survenir. Et que ce bulletin ne permet pas de prévoir le temps jour par jour, ni même semaine par semaine. Il décrit une moyenne sur trois mois, rien d’autre.

Ce que ces prévisions changent vraiment (et ce qu’elles ne disent pas)

Concrètement, une douceur moyenne n’interdit pas une vague de fraîcheur. L’organisme insiste : un événement particulier, qui dure entre quelques jours et quelques semaines, ne peut être anticipé que quelques jours à l’avance, par la prévision classique.

Autrement dit, ne rangez pas encore les écharpes. Un trimestre plus chaud que la normale peut très bien contenir des matins givrés.

Pour les tempêtes, la logique est la même. Les basses pressions sur l’Atlantique rendent le scénario d’un temps agité plus probable. Mais le bulletin ne dit ni quand elles arriveront, ni à quelle force. Le souvenir de la tempête Austen et ses rafales à 140 km/h montre pourtant à quelle vitesse un week-end peut basculer.

Au nord, la pluie pourrait enfin revenir après des mois de sécheresse record. Au sud, le suspense reste entier, faute de scénario privilégié.

Quant à la neige de fin d’année, la question revient chaque automne. Ces tendances n’y répondent pas, et mieux vaut lire ce que le phénomène ne garantit pas pour Noël avant de rêver de flocons.

Le prochain rendez-vous à surveiller est donc fixé : le 6 ou 7 novembre, date estimée du déverrouillage de l’anticyclone. Si les modèles se confirment, la bascule vers un régime plus humide s’amorcera par le sud-ouest.

À partir de là, chaque nouvelle prévision à quelques jours dira si le scénario trimestriel prend forme. C’est cette météo de court terme, et non le bulletin à trois mois, qui tranchera.

Un hiver doux, humide et agité, avec quelques coups de frais : voilà le scénario le plus probable, pas une certitude. Et si ce temps remuant vous donne des idées de préparation, les créneaux où le réseau électrique est le plus tendu cet hiver méritent un coup d’œil.

Côté jardin, le trou mal creusé qui condamne un arbre fruitier avant son premier hiver pourrait bien vous faire changer de pelle.

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