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Après trois canicules, une quatrième va s’abattre sur la France dès le 29 juillet

Publié par Elsa Fanjul le 26 Juil 2026 à 6:30
Sol de terre craquelée sous un soleil intense

Trois canicules ont déjà écrasé la France depuis fin mai 2026, laissant des sols asséchés et des organismes épuisés. Les modèles météo s’accordent désormais sur un quatrième épisode, encore plus tendu, à partir du mercredi 29 juillet. Un météorologue détaille l’ampleur du réservoir de chaleur qui menace de remonter du sud de la Méditerranée — et la date à laquelle, pour l’instant, aucun répit n’est identifiable.

Un été qui enchaîne les records sans jamais souffler

Thermomètre affichant une chaleur extrême au coucher du soleil

La France vit un début d’été hors norme. Après les épisodes de fin mai, fin juin et début juillet, le pays s’apprête à affronter un quatrième épisode caniculaire alors même que les organismes n’ont eu quasiment aucun répit pour récupérer. Le 24 juin 2026 reste gravé comme la journée la plus chaude jamais enregistrée depuis 1947, avec un indicateur thermique national de 30°C, à égalité avec le lendemain.

Ces trois journées de fin juin ont dépassé le record absolu de 29,4°C établi le 25 juillet 2019 et le 5 août 2003. Un contexte qui a d’ailleurs coïncidé avec de violents orages post-canicule et une multiplication des restrictions liées à la gestion de l’eau dans plusieurs départements.

Cette semaine, le nord du pays a retrouvé des températures plus proches des normales de saison. Mais le sud reste bloqué dans la fournaise, et un épisode d’orages potentiellement très violents est attendu entre vendredi et dimanche avant que la chaleur ne reprenne le dessus.

Ce que révèlent les modèles météo pour la fin juillet

Le météorologue et océanographe Yann Amice ne mâche pas ses mots sur actu.fr : « L’indicateur thermique national va encore décoller », prévient-il. Le modèle américain GFS anticipe même un ITN de 30°C dès le jeudi 30 juillet, un scénario jugé alarmiste mais confirmé par d’autres modèles convergents.

Le mécanisme est désormais identifié : un bas géopotentiel va se positionner au sud-ouest de l’Irlande et va pomper vers le nord une masse d’air brûlant stationnée sur le sud de la Méditerranée. Cette semaine, l’arrière-pays algérien et tunisien a déjà atteint 48°C à 49°C en maximales, un réservoir thermique qui va en partie remonter vers le pourtour méditerranéen français.

Résultat : le seuil de la canicule à l’échelle nationale devrait être franchi dès le mercredi 29 juillet, avec un plateau caniculaire qui se confirme du 30 juillet au 2 août. « Sans signal de rupture identifiable avant le 6 août », précise Yann Amice, dans un contexte qui rappelle les épisodes évoqués par les prévisions plus larges de Météo-France pour la mi-août, et les alertes répétées sur les records de chaleur nocturnes et diurnes dans le sud du pays.

Des sols asséchés comme jamais et un bilan humain qui s’alourdit

Le plus inquiétant ne se lit pas seulement dans le thermomètre. Au 22 juillet, l’humidité des sols a atteint un niveau extrêmement bas pour la saison, dépassant les niveaux de 1976, 2022 et 2025 à la même date. Du sud-ouest au nord-est, en passant par l’Île-de-France et la Normandie, les sols sont exceptionnellement secs, un phénomène documenté par les suivis récents des nappes phréatiques françaises.

« Des sols très secs, des températures de surface de la mer très chaudes, l’emballement est depuis en place », résume Yann Amice. Les orages attendus ce week-end dans le sud n’offriront qu’un répit bref et localisé, incapable d’inverser durablement la tendance, un scénario qui rejoint les analyses sur les blocages atmosphériques observés tout au long de l’été.

Le bilan humain de la vague de chaleur du 17 juin au 2 juillet donne la mesure du danger : 5 764 décès excédentaires, une surmortalité record depuis 2003, dont la moitié concentrée sur seulement trois jours, du 25 au 27 juin, selon Santé publique France. Deux tiers des victimes étaient des personnes âgées, mais des jeunes ont aussi été touchés. Le gouvernement s’efforce d’écarter toute comparaison avec la canicule de 2003, qui avait fait 15 000 morts, dont un grand nombre en Ehpad, tandis que l’exposition répétée à ces épisodes fragilise durablement les organismes.

Trois canicules, un été qui grignote tout, et déjà une quatrième qui pointe : le mercure français semble avoir perdu la notion de pause. Reste à savoir si le répit annoncé après le 6 août tiendra ses promesses, ou si l’été 2026 réserve encore d’autres surprises.

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