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« Bougnoule », « bicot »… : à Carcassonne, la caméra restée allumée qui a piégé un policier municipal proche du RN

Publié par Cassandre le 09 Sep 2026 à 10:03
Caméra-piéton de police avec voyant rouge allumé

À Carcassonne, une patrouille de police municipale a viré au cauchemar médiatique. Pendant plusieurs heures, un brigadier-chef pensait sa caméra-piéton éteinte. Elle ne l’était pas. Ce que l’appareil a enregistré à son insu dévoile un tout autre visage de l’agent, et la suite de l’affaire réserve encore d’autres révélations.

Une patrouille nocturne, une caméra oubliée allumée

Tout commence en novembre 2025, lors d’une patrouille banale dans le centre-ville de Carcassonne. Un brigadier-chef de la police municipale porte, comme ses collègues, une caméra-piéton censée filmer les interventions. Ce soir-là, l’appareil ne s’éteint pas.

Pendant plusieurs heures, il enregistre tout, sans que le policier s’en aperçoive. La ville, récemment marquée par la fermeture de plusieurs squats annoncée par le maire Christophe Barthès, se retrouve au cœur d’un tout autre scandale.

Les images, initialement destinées à un usage interne, ont fini par circuler. Elles ont ensuite atterri sur le réseau social X, relayées par le député insoumis Thomas Portes. La cité médiévale, où certaines tenues sont désormais interdites pour préserver son image touristique, se retrouve exposée pour une raison bien plus embarrassante.

Racisme, sexisme, complotisme : ce que révèle l’enregistrement

Comme l’a révélé Midi Libre, l’enregistrement contient une succession de propos particulièrement virulents. Le brigadier-chef tient notamment des insultes racistes visant des personnes croisées dans la rue.

Il développe aussi une théorie sur une prétendue transformation religieuse de la France, affirmant : « On est devenus chrétiens sous Clovis, on va devenir musulman sous Macron ». D’autres passages ciblent directement la classe politique, qu’il désigne par des insultes.

Les dérapages ne s’arrêtent pas là. Le fonctionnaire tient également des propos misogynes, évoquant une vision caricaturale du patriarcat et de la place des femmes dans les sociétés préhistoriques. Une affaire qui rappelle un autre dossier de dérive policière, celui d’un policier mis en examen dans le Gers pour de faux procès-verbaux.

Policier municipal de nuit dans une ruelle médiévale

Plainte, enquête et service d’ordre pour Bardella : l’affaire vire au politique

Comme dans le dossier Adriana Karembeu où plusieurs plaintes ont été déposées, l’affaire de Carcassonne ne s’arrête pas à la diffusion des images. Le brigadier-chef s’est lui-même rendu chez les gendarmes pour porter plainte, estimant que sa vie privée avait été violée.

Cette démarche a conduit le parquet de Carcassonne à ouvrir une enquête préliminaire. Le policier, placé en arrêt maladie dès janvier après la circulation des images en interne, aurait pourtant repris du service au lendemain de l’élection municipale, selon Midi Libre.

Entre-temps, il aurait participé au service d’ordre lors de la venue de Jordan Bardella à Carcassonne, alors en soutien de la campagne de Christophe Barthès, finalement élu maire. Plusieurs collègues auraient depuis déposé plainte contre lui, l’un pour menaces, l’autre pour harcèlement, comme dans l’affaire Sonia Bellina, où un suspect a été mis en examen après des mois d’enquête.

Une caméra qu’on croyait éteinte a suffi à faire tomber le masque. À Carcassonne, l’enquête préliminaire vient à peine de commencer, et les plaintes s’accumulent des deux côtés du dossier. Reste à savoir combien d’autres agents, ailleurs, tiennent les mêmes propos loin des micros allumés.

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