Depardieu réclame l’annulation de son procès pour viol devant la cour d’appel de Paris
Huit ans de procédure, une plainte classée puis relancée, une mise en examen retentissante. L’affaire qui oppose Gérard Depardieu à l’actrice Charlotte Arnould entre ce jeudi dans une phase décisive. Devant la cour d’appel de Paris, les avocats de l’acteur tentent un coup de poker judiciaire : faire annuler purement et simplement son renvoi devant la cour criminelle. Reste à savoir si les juges suivront cette ligne de défense.

Une audience à huis clos qui rouvre huit ans de procédure
L’acteur de 77 ans conteste depuis le début les accusations de viols présumés qui pèsent sur lui. Les faits reprochés remonteraient à l’été 2018, au domicile de la plaignante, alors âgée de 22 ans. Selon des sources judiciaires citées par l’AFP, la défense de Depardieu réclame aujourd’hui un non-lieu pur et simple.
Ses avocats estiment qu’« aucune charge » sérieuse ne peut être retenue contre lui. Cette affaire s’ajoute à un contexte judiciaire déjà chargé pour l’acteur, dont le nom revient régulièrement dans l’actualité judiciaire française.
Le parquet général, lui, défend une position inverse : il demande la confirmation du renvoi devant la cour criminelle, conformément à la décision initiale des juges d’instruction. Un bras de fer juridique qui rappelle que même les figures les plus médiatiques ne sont jamais à l’abri d’une actualité brûlante qui rattrape leur parcours.
La stratégie de la défense face aux preuves du dossier
Concrètement, la stratégie choisie par les avocats de Depardieu repose sur la contestation directe de la version donnée par Charlotte Arnould. Une audience à huis clos doit permettre à la défense de développer ses arguments devant la cour d’appel.
Mais l’ordonnance de mise en accusation, elle, pointe des éléments matériels précis. Selon cette ordonnance, la juge d’instruction a estimé que les déclarations de la plaignante étaient corroborées par des images de vidéosurveillance. À l’inverse, les explications données par l’acteur auraient, selon le même document, varié au fil de la procédure.
Face à cette bataille de versions, l’avocate de Charlotte Arnould, Me Carine Durrieu Diebolt, dénonce une stratégie de « dénigrement de la victime ». Elle affirme que plusieurs éléments du dossier viennent étayer les accusations de sa cliente, une position qui s’oppose frontalement à celle défendue par l’acteur, dont l’affaire a déjà fait couler beaucoup d’encre médiatique.

Un délibéré attendu, et un autre procès déjà programmé en novembre
Me Durrieu Diebolt a livré une déclaration marquante à l’AFP : « Nous faisons confiance à la justice » pour « avoir enfin un procès », rappelant qu’il s’agit du terme de « huit ans de procédure ». Un mot qui résume à lui seul la longueur inédite de cette bataille judiciaire.
La décision de la cour d’appel de Paris sera mise en délibéré et rendue ultérieurement. Ce jugement déterminera si Gérard Depardieu sera bel et bien jugé devant la cour criminelle départementale, ou si sa défense obtient l’annulation espérée.
Mais ce dossier n’est pas isolé. Gérard Depardieu doit aussi être jugé en appel du 16 au 20 novembre, après sa condamnation en mai 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur deux femmes. Une condamnation que l’acteur conteste également, et qui s’ajoute à un calendrier judiciaire déjà particulièrement chargé pour la star, à l’image d’autres figures publiques rattrapées par des rebondissements judiciaires imprévus.
Entre non-lieu espéré et procès à venir en novembre, l’année judiciaire de Gérard Depardieu s’annonce décisive. Le rappel de Me Durrieu Diebolt résonne comme un symbole : après huit ans, la justice doit enfin trancher. Cette affaire vous semble-t-elle enfin proche d’un verdict clair ?