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« On le traitait de sale bougnoule » : Joris, 21 ans, se suicide après une fête de village en Isère

Publié par Cassandre le 20 Juil 2026 à 5:54
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Un t-shirt floqué « DZ Pagu ». Des insultes répétées depuis l’adolescence. Et puis, un soir de fête de village, une humiliation de trop.

Joris avait 21 ans. Il travaillait comme cariste, économisait pour s’acheter une maison, et vivait à Châtonnay, un petit village d’Isère. Mi-juillet, il a mis fin à ses jours au sommet d’une colline, avec l’arme de son père.

Sa famille, elle, ne veut pas en rester là. Elle est convaincue que ce geste est la conséquence directe d’un harcèlement raciste qui durait depuis des années.

Un jeune homme « sérieux » rattrapé par des surnoms qui blessent

Selon son oncle, qui a témoigné sous couvert d’anonymat auprès de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Joris était « très sérieux, très gentil ». Un jeune homme discret, qui bossait dans la même entreprise que son père.

« On le traitait de sale bougnoule, de sale Arabe », raconte cet oncle. Joris, dont la peau mate venait de sa mère, d’origine algérienne, aurait fini par se sentir mal dans sa propre couleur de peau.

« Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu’il regrettait sa peau mate », poursuit son oncle. Un rejet progressif, qui aurait fini par ronger sa confiance en lui.

Mais quand est-ce que ce harcèlement a réellement commencé ? La réponse remonte à ses 18 ans, lors d’une tradition bien ancrée dans la région.

La fête des conscrits, point de départ d’un calvaire

C’est lors de la fête des conscrits, une coutume locale qui célèbre les jeunes atteignant la majorité, que tout aurait basculé. Joris y retrouve d’anciens camarades de collège.

Rapidement, il devient leur cible. « Leur bouffon de service », selon les mots de son oncle. Les blagues, d’abord anodines, se transforment peu à peu en humiliations répétées.

Le symbole de cette dérive : un t-shirt offert par le groupe, floqué « DZ Pagu », signifiant « l’Algérien campagnard ». Un vêtement censé faire rire, qui a en réalité brisé quelque chose chez le jeune homme.

« Joris en a été très affecté, il a commencé à perdre confiance en lui. Il se sentait rejeté », se souvient son oncle. Ce sentiment d’exclusion ne le quittera plus vraiment, jusqu’à cette soirée de fin juin qui changera tout.

Une vogue de village qui tourne à l’humiliation publique

Le 30 juin, Joris se rend à la vogue de Saint-Jean-de-Bournay, une fête traditionnelle du secteur, en compagnie de sa copine. C’est là que tout dérape à nouveau, et de manière bien plus violente.

Selon les premiers témoignages recueillis par la famille, le jeune homme aurait de nouveau essuyé une avalanche d’insultes racistes. Cette fois, les faits ne se seraient pas arrêtés aux mots.

Joris aurait ensuite été agressé physiquement par le même groupe. Un des témoignages, rapporté par l’avocate de la famille, va plus loin encore : il évoque un jeune homme « mis tout nu et humilié publiquement » ce soir-là.

Deux semaines plus tard, à peine, son corps était retrouvé sans vie sur une colline près de chez lui. Sa famille, elle, a désormais une certitude qu’elle veut faire reconnaître par la justice.

La famille dépose plainte et redoute un enquête verrouillée

Convaincus du lien direct entre ce harcèlement et le suicide de Joris, ses proches ont déposé plainte auprès du parquet de Vienne. L’annonce a été faite par leur avocate, Me Elise Rey-Jacquot.

Mais la famille va plus loin : elle a également demandé le transfert de l’enquête vers une autre brigade de gendarmerie. La raison invoquée est délicate, mais assumée publiquement.

Les proches craignent en effet que la notoriété locale des auteurs présumés, décrits comme des sportifs connus dans la région, ne vienne compliquer le bon déroulement des investigations.

Place de village vide après la fête, ambiance nocturne

Un appel à témoins a donc été lancé sur les réseaux sociaux pour tenter de reconstituer précisément le fil des événements de cette soirée du 30 juin. La famille espère que d’autres personnes présentes ce soir-là accepteront de parler.

Ce drame n’est malheureusement pas isolé. D’autres jeunes, comme Nicolo Fraticelli, se sont donné la mort après des années de harcèlement, rappelant à quel point ces violences répétées peuvent broyer des existences entières, parfois en silence.

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13 commentaires

  • F
    Frimousse
    20/07/2026 à 18:49
    BjrA l'école on me traitait de négresse...Un papa noir une maman blanche....J'ai souffert en silence...En grandissant....Je suis fière de mes Origines...Mon père m'a appris à être une belle personne....Le racisme existe toujours...Entre département....Lamentable...
  • P
    PAT38
    20/07/2026 à 17:19
    bonjour a tous c est vraiment horrible pour joris qui etait tres gentil car vue plusieur fois sur chatonnay je comprend pas que personne a reagie a tout sa avant pour chopper ses mec et les punir aussi j espere que la justice va faire sont travail repose en paix joris et il y a quand meme pas mal aussi de personne qui on bien vue quelque chose ce soir la condoleance a toute la famille et j espere que il vont voir tout ses commentaires merci
  • T
    Thorun
    20/07/2026 à 14:55
    Mon fils est mat de peau, nous sommes des purs provençaux mais personne ne lui a fait la moindre réflexion.une de mes petites filles a un père corse et au collège on lui a demandé si elle mangeait du porc. Elle a envoyé promené l'employée et ça c'est arrêté là sinon nous serions intervenus

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