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Alizée, rongée par le stress, fait une confidence intime : ce qui l’accompagne depuis ses 14 ans

Publié par Hannah Maline le 25 Oct 2026 à 11:00
La suite après cette vidéo

Le 4 octobre 2026, Alizée a refermé sa tournée anniversaire sur la scène du Zénith de Paris. Six jours plus tard, elle prenait tout le monde de court. Pas avec un nouveau tube, ni avec l’annonce d’un album. Avec une confidence.

Dans une vidéo accordée au média Simone, relayée par Purepeople le 10 octobre, la chanteuse de 42 ans parle de sa santé mentale. Sans langue de bois. Et au détour d’une phrase, elle lâche un détail sur ses 14 ans qui éclaire d’un jour nouveau tout ce que vous croyez savoir d’elle.

Vous pensez la connaître, l’ado de Moi… Lolita, la gagnante de Danse avec les stars, la Corse qui a tourné le dos à Paris ? Attendez. Derrière les tubes et les sourires, il y a une femme qui se décrit elle-même comme quelqu’un qui stresse énormément. Et qui a trouvé, très tôt, une parade dont elle n’avait jamais parlé aussi franchement.

Ce stress, elle l’a d’ailleurs payé cash il y a quelques semaines à peine, devant les siens. Pour comprendre ce qu’elle vient d’avouer, il faut revenir à ce soir de septembre où tout s’est effondré à quinze minutes du lever de rideau.

Quinze minutes avant le rideau, le rêve d’une vie s’écroule

Samedi 5 septembre 2026, Ajaccio. Au théâtre de l’Empire, Alizée doit donner le coup d’envoi de sa tournée « 25 ans déjà ! ». Pas n’importe où : dans sa ville natale. Pour la première fois de sa carrière, elle s’apprête à chanter chez elle.

Sauf que rien ne se passe comme prévu. Selon le communiqué qu’elle relaie en story Instagram, cité par Purepeople, c’est « à la suite d’un accident technique survenu sur le site lors des répétitions » que les autorités annulent tout. Comme TDN l’a raconté à l’époque, c’est un plafond endommagé qui fait basculer la soirée, quinze minutes seulement avant le début.

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Devant le théâtre, des centaines de spectateurs patientent déjà, certains venus de loin. Et là, une scène rare : Alizée sort à leur rencontre. En larmes, accompagnée de son mari, le danseur Grégoire Lyonnet. Elle se dit « vraiment désolée ».

Elle tient aussi à mettre les choses au clair, tout de suite : l’annulation ne vient pas d’elle. Ce sont les impératifs de sécurité qui ont tranché, pas un caprice d’artiste. Puis elle reste, discute, pose pour des photos malgré la déception. Elle assume au lieu de fuir.

Le lendemain, dimanche 6 septembre, elle publie un message sous une photo de ses danseurs et de ses techniciens. Premiers mots : « J’ai encore du mal à réaliser ». Elle confie qu’elle se faisait une joie de se produire « pour la première fois de ma carrière dans ma ville à Ajaccio ».

Elle s’excuse aussi auprès de ceux qui ne pourront pas revenir, notamment des fans venus du Mexique, des États-Unis, de Pologne, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne ou de Suisse. Vingt-cinq ans après ses débuts, son public traverse encore des océans pour elle. Ce soir-là, il est reparti sans l’entendre chanter.

Mais une phrase, au milieu de ce texte, fait tiquer. Une phrase qui, avec le recul, en dit bien plus long qu’un simple regret de tournée : « Je n’ai jamais été aussi stressée que ces derniers jours, je voulais que tout soit parfait, je voulais faire honneur à mes proches, aux Ajacciens, aux Corses et aux fans qui me suivent depuis le début. »

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Ce stress, en réalité, elle l’avait laissé entrevoir. Deux mois plus tôt, Alizée était l’invitée de « Bonjour ! La Matinale » sur TF1, une séquence relayée le 13 juillet 2026 par TF1Info. On attendait une promo tranquille, des souvenirs, des sourires. On a eu un aveu.

« J’avais vraiment mis la musique de côté, je ne suis pas quelqu’un qui a confiance », lâche-t-elle. Puis elle enfonce le clou : « Ce n’est pas parce que j’ai eu la carrière que j’ai eue que j’ai confiance en moi, bien au contraire ». Venant d’une artiste qui a vendu six millions de disques entre 2000 et 2004, ça surprend.

Elle va même plus loin, sans chercher à se protéger. « Je ne sais pas si ce que je fais est bien et surtout, je ne savais pas si les gens allaient être au rendez-vous parce que ça faisait un moment que j’avais laissé la musique. » Le doute, intact, un quart de siècle après le premier tube.

Sur le papier, il y avait de quoi hésiter. Son dernier album studio, comme le rappelle M Radio, remonte à 2014. Plus de dix ans sans disque, dans un métier où l’on peut vous oublier en une saison : une éternité.

Ce qui l’a rassurée ? Le public, tout simplement. Ses deux concerts anniversaire à l’Olympia, en septembre 2025, se sont arrachés en quelques minutes. C’est ce raz-de-marée qui l’a convaincue de voir plus grand et de repartir sur les routes de France et de Belgique.

Selon Bénin Web TV, qui a repris l’interview, elle aurait même détaillé une préparation physique étonnante : chanter sur un tapis de course, une méthode partagée par Mylène Farmer, pour pouvoir « courir, danser, aller à droite à gauche et tenir la voix ». Rien n’est laissé au hasard. Et c’est peut-être bien là que se niche tout le problème.

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Avant les projecteurs, une petite danseuse corse au destin déjà étrange

Pour comprendre d’où vient cette exigence qui la ronge, il faut remonter à l’enfance. Alizée Jacotey naît le 21 août 1984 à Ajaccio, d’une mère maroquinière et d’un père informaticien. Elle passe toute son enfance en Corse. Et la scène, elle la découvre tôt, très tôt.

À quatre ans, elle entre à l’école de danse de Monique Mufraggi. Galas de fin d’année, spectacles, répétitions : la routine d’une petite fille qui aime la lumière. En 1995, elle décroche même le rôle principal d’un spectacle consacré à Pocahontas.

La même année, une anecdote que peu de fans connaissent. Elle remporte le concours « Dessine-moi un avion », parrainé par Chantal Goya, et son dessin est reproduit sur un MD 83 de la compagnie AOM. Une gamine d’Ajaccio dont le dessin s’envole au-dessus des nuages : le destin a parfois le sens du symbole.

À partir de 1997, elle ajoute des cours de chant et de comédie à la danse. En 1999, elle s’inscrit à « Graines de star », sur M6. Le 25 février 2000, elle y interprète « Ma prière » d’Axelle Red, et le public la plébiscite. Qualifiée pour l’émission suivante, elle semble lancée.

Et puis, plus rien : elle ne donne plus de nouvelles à la production. Mais dans l’ombre, deux personnes ont repéré la jeune fille. Mylène Farmer et Laurent Boutonnat cherchent justement une jeune interprète à produire ensemble. La suite va aller à une vitesse folle.

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Retenez bien cette période, d’ailleurs. Une adolescente corse, entre deux cours de danse, à l’aube de la célébrité. C’est précisément à cet âge-là, avant même la sortie de son premier disque, qu’a commencé dans sa vie quelque chose dont elle n’a parlé ouvertement que cet automne. Gardez ça en tête.

Seize ans, un million et demi de singles… et une étiquette qui colle à la peau

4 juillet 2000. Moins de trois mois après sa dernière apparition à « Graines de star », son premier single débarque : Moi… Lolita. Texte de Mylène Farmer, musique et clip de Laurent Boutonnat. Double sens à chaque ligne, nappes de synthé omniprésentes : la patte du duo est partout.

Le résultat dépasse tout. Le titre reste plus de sept mois dans le Top 10 des ventes en France. Il lance en Europe une vraie mode « Lolita » chez les adolescentes, dans le sillage de Britney Spears et Christina Aguilera. Dans les mois qui suivent, d’autres jeunes chanteuses surgissent, comme Lorie ou Priscilla.

Le 28 novembre 2000, elle publie son premier album, Gourmandises, avec déjà plus d’un million et demi de singles vendus à seize ans. Le deuxième extrait, L’Alizé, se classe numéro un et s’écoule à 700 000 exemplaires. Pendant deux semaines, elle occupe le Top 3 avec deux titres à la fois.

L’album atteint 1 300 000 exemplaires en France. Les trophées pleuvent : un M6 Award fin 2000, puis le NRJ Music Award de la Révélation francophone début 2001. Aux Victoires de la musique, elle est nommée, mais c’est Isabelle Boulay qui l’emporte. La même année, la voilà invitée chez les Enfoirés.

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Mais cette gloire a un revers. Dès ses débuts, elle affiche une image à la fois innocente et sexy, avec des tenues courtes souvent dessinées par Mylène Farmer elle-même. À l’époque, ce côté sexy déclenche de vives polémiques, à cause de son jeune âge. Le mot « Lolita » va lui coller à la peau pendant des années.

Vingt-cinq ans plus tard, devenue mère, elle porte un regard lucide sur cette époque. Interrogée par Paris Match après l’Olympia, elle a eu cette phrase, rapportée par Purecharts : « l’époque et les mentalités ont changé, donc je ne suis pas sûre qu’une chanson comme « Moi… Lolita » passerait aujourd’hui si une jeune fille de 16 ans débarquait avec ».

De Top of the Pops à Taïwan : l’adolescente que la planète s’arrache

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Fin 2001, coup de théâtre : elle disparaît presque totalement des écrans français. Seule exception, sa deuxième participation aux Enfoirés. La raison ? Moi… Lolita part à la conquête du monde, et elle part avec.

Amsterdam, la Russie, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, puis le Royaume-Uni, où elle chante dans la mythique émission « Top of the Pops ». Le titre se hisse en tête des ventes en Italie, en Espagne, en Israël ou en Chine. Début 2002, elle reçoit le World Music Award de la meilleure exportatrice française, avec plus de 4 millions de disques dans le monde pour un seul album.

Début 2003, elle a 18 ans et veut tourner la page de la lolita. Look plus féminin, sonorités plus rock. Le single J’en ai marre ! arrive avec une chorégraphie qui marque les esprits, au point d’inspirer les créateurs du jeu World of Warcraft pour la danse de l’Elfe de la nuit. Oui, vraiment.

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Au Japon, elle devient l’égérie des biscuits Elise, sur fond de J’en ai marre ! rebaptisé Mon bain de mousse. Le titre grimpe en tête des classements en Corée du Sud et à Taïwan. L’album Mes courants électriques…, sorti en mars 2003 et entièrement écrit par Mylène Farmer, se vend à environ 400 000 exemplaires en France.

Puis vient la scène. Une semaine à guichets fermés à l’Olympia à partir du 26 août 2003, puis une tournée en France, en Belgique et en Suisse. Elle s’achève le 17 janvier 2004 au Zénith de Paris.

Fin 2004, un album et un DVD live sortent sans aucune promotion. Le DVD se classe pourtant numéro un dès sa sortie. Mais c’est la fin d’une ère : il marque sa dernière collaboration avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. La jeune femme va devoir avancer seule.

Las Vegas, un bébé à vingt ans et un silence total

Retour en arrière. Le 25 mars 2003, à l’Eurobest de Cannes, elle croise la route du chanteur Jérémy Chatelain, alors en promo du titre Paris Latino avec la troupe de la Star Academy 2. L’histoire va vite, très vite. Le 6 novembre 2003, ils se marient à Las Vegas.

L’ironie est savoureuse. Cette année-là, elle chante J’ai pas vingt ans !, deuxième extrait de son album. Et c’est justement à vingt ans qu’elle va devenir mère : le 28 avril 2005, elle met au monde une petite fille, Annily.

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Pendant sa grossesse, elle disparaît totalement des médias et met sa carrière entre parenthèses. La presse people parle pourtant d’elle, pour une raison inattendue : son nom surgit, avec d’autres, dans les faux listings de l’affaire Clearstream. Un épisode aussi absurde qu’involontaire.

Aujourd’hui, Annily a 21 ans. Et quand Alizée la regarde, le constat est vertigineux. Dans l’interview « Émotions » du magazine Elle, relayée par Purepeople fin septembre 2026, elle l’a dit sans fard : « Quand je regarde ma fille de 21 ans, je me dis que j’étais vraiment, vraiment jeune pour être maman. »

Pas de regrets pour autant, bien au contraire. « Je me dis que je ne regrette pas du tout parce que justement, on a cette insouciance quand on a 20 ans et on se pose moins de questions », a-t-elle poursuivi. Une maternité précoce qu’elle résume d’une formule : « Quand je la vois, je me dis que j’ai eu de la chance d’être maman très jeune ».

Mais l’insouciance d’une jeune mère n’efface pas tout. Star à quinze ans, mariée à dix-neuf, mère à vingt : la jeune femme a brûlé les étapes. Et la suite va mettre ses nerfs à rude épreuve.

Seule aux commandes : le pari audacieux que la France boude

Après plusieurs rumeurs de retour, dont une collaboration annoncée avec Indochine, elle quitte Universal pour signer chez RCA, en août 2007. Entre-temps, un phénomène inattendu se produit au Mexique, où son album En concert grimpe au sommet des classements. En France, Moi… Lolita revit grâce à la reprise de Julien Doré.

pascal obispo @afp

Le 3 décembre 2007 sort Psychédélices. Cette fois, c’est elle qui produit. Autour d’elle : Jean Fauque, Jérémy Chatelain, mais aussi Oxmo Puccino, Daniel Darc ou Bertrand Burgalat. Un casting pointu, loin de l’ombre de ses mentors.

Le verdict français est sévère : 50 000 exemplaires, un demi-succès. Au Mexique, en revanche, l’album est certifié disque d’or et elle y donne en 2008 une série de concerts à guichets fermés. En octobre 2008, elle y remporte même un Luna’s Award de meilleure artiste pop internationale, devant Gwen Stefani et Avril Lavigne.

Elle persiste dans sa transformation. En janvier 2010, elle pose en couverture de Technikart grimée en Madonna, l’artiste qu’elle a toujours citée comme sa référence. Le 29 mars 2010 sort Une enfant du siècle, un album-concept électro inspiré des muses d’Andy Warhol, et surtout d’Edie Sedgwick, morte à 28 ans d’une surdose médicamenteuse.

Elle explique vouloir enfin faire une musique qui lui ressemble. Le public, lui, ne suit pas : le disque est un échec commercial. La même année, elle se fait tatouer le bras droit et le dos de motifs colorés : une rupture d’image totale. Et une autre rupture, bien plus intime, se prépare.

« Le plus gros échec de ma vie » : les larmes que la France n’avait jamais vues

Alizee Jeunesse

En 2011, Alizée et Jérémy Chatelain se séparent. Côté géographie, elle avait déjà changé de cap. Dans Libération, en septembre 2026, elle a raconté être rentrée en Corse pour sa fille : « Quand elle a eu 5 ans, je suis rentrée à Ajaccio pour sa scolarité et pour échapper à Paris, où je ne me suis jamais sentie chez moi ».

pascal obispo @son instagram officiel

Le 25 mars 2013 sort son cinquième album, 5, retour à une pop teintée de sons sixties à la France Gall. Derrière les mélodies sucrées, des textes sombres. Elle le reconnaîtra plus tard auprès de Purecharts : elle y parlait de ses déceptions, avec une vision de la vie et de l’amour qu’elle décrit elle-même comme pessimiste.

À l’automne 2013, elle accepte un défi inattendu : la quatrième saison de Danse avec les stars sur TF1, au bras du danseur Grégoire Lyonnet. Le 28 septembre, son cha-cha du premier prime impressionne. La danseuse de quatre ans n’a rien oublié.

Mais la semaine suivante, le programme prévoit une danse racontant un événement marquant de sa vie. Elle choisit sa séparation avec le père de sa fille. Et à l’entraînement, elle craque.

« C’est une histoire qui m’a marquée. Ça va être plus dur évidemment », commence-t-elle, dans les images relayées par Purepeople le 3 octobre 2013. Puis elle poursuit : « J’ai choisi de parler de cette période qui a marqué ma vie, la séparation d’avec le papa de ma fille, parce que c’est le plus gros échec de ma vie, le plus gros… »

Elle finit en larmes dans les bras de son partenaire. Le grand public découvre une Alizée sans armure. Et cette phrase, qui résonne encore : « Je n’ai pas réussi ma famille, je me suis formé une carapace par rapport à ça, pour avancer, pour élever ma fille, pour tout ça… »

Les démons, les araignées et la paix enfin signée

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Le 23 novembre 2013, elle remporte la compétition. Et ce n’est pas qu’un trophée qu’elle y gagne : depuis la fin 2013, elle est en couple avec Grégoire Lyonnet, son partenaire de piste. L’émission qui l’a fait pleurer lui a aussi offert un nouveau départ.

En juillet 2014, face à Purecharts, elle met des mots sur ce qui s’est joué pendant ces semaines de prime. « Participer à « Danse avec les stars » a été une thérapie, j’ai fait la paix avec moi-même, j’ai chassé mes démons et mes araignées au-dessus de ma tête. » Des démons, des araignées : le vocabulaire en dit long.

Elle révèle aussi qu’elle a passé des années à se cacher. « Je suis interprète donc je me cachais derrière des auteurs et compositeurs, je ne parlais pas de moi », confie-t-elle. L’émission l’a obligée à faire l’inverse : être vraie, ne pas jouer.

Et le public l’a vue telle qu’elle est. « Ils ont vu que je pleurais, que j’étais sincère, parfois trop franche, que j’allais avoir 30 ans, que j’avais une fille », résume-t-elle. Une mise à nu télévisée qu’elle vit comme une libération.

Dans la même interview, elle glisse une phrase qui, relue aujourd’hui, prend une autre dimension : « cette année 2013, j’ai fait plein de choses et réglé plein de problèmes dans ma tête ». Elle n’en dit pas plus. Douze ans plus tard, elle lèvera un coin du voile sur ce qui l’aide à tenir depuis l’adolescence.

En attendant, elle prolonge l’aventure en 2014 avec La Tournée de Danse avec les stars, dans les Zéniths de France et de Belgique et à Bercy. Elle remporte 16 shows sur les 21 dates. Sur scène, la gagnante est intouchable. En studio, c’est une autre histoire.

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Blonde : le flop qui pousse la star à tout lâcher

Fin décembre 2013, elle entre en studio avec Pascal Obispo, Lionel Florence et Zazie. Le single Blonde est dévoilé en mars 2014, l’album suit le 23 juin. Elle se fait même teindre en blonde, avec cette explication auprès de Purecharts : « J’ai vécu tellement de choses dans ma vie que je me suis dit que j’étais pas à une coupe de cheveux près. »

Son exigence, elle l’assume, et elle sait d’où elle vient. « Mylène m’a éduquée avec les mots, la meilleure école, et j’ai gardé cette forme d’exigence », dit-elle alors. Une exigence qui ne la quittera plus.

Mais la douche est glacée. Critiques très partagées, singles Blonde et Alcaline loin du succès espéré, et la tournée prévue est annulée, faute de réservations. Pour une artiste qui doute déjà d’elle-même, le message est violent.

Ironie du sort, en 2015 elle prête sa voix à la fée Nyx dans Clochette et la créature légendaire, aux côtés de Lorie Pester. Lorie, l’une de ces jeunes chanteuses apparues dans le sillage de la vague « Lolita » quinze ans plus tôt. Les deux icônes des années 2000, réunies dans un dessin animé.

Le 18 juin 2016, elle épouse Grégoire Lyonnet à la chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde, à Villanova, en Corse. En 2017, le couple ouvre une école de danse à Ajaccio. En octobre de la même année, elle annonce mettre en pause sa carrière musicale pour revenir à son premier amour : la danse.

Pascal Obispo, fragile, l'année 2025 démarre mal !

Fin août 2018, elle annonce bien trois dates, en Pologne et au Mexique, mais elles sont finalement annulées. Sur les papiers de l’école de sa cadette, elle inscrit désormais « prof de danse » comme profession, a-t-elle raconté à Libération. La lolita a changé de vie.

Fière de son île, elle s’en amuse encore : « Des journalistes me demandaient si on avait des voitures, je répondais : « Oui, on ne va pas à dos d’âne ». Les Corses étaient heureux que je les représente, ça changeait du FLNC ». Elle a même été invitée à chanter lors de la venue du pape. Mais la scène, la vraie, l’attend toujours.

Le retour, les insultes et l’ombre bienveillante de Mylène

Façade d'un théâtre ajaccien à la tombée de la nuit, portes closes après l'annulation du concert

Elle ne disparaît jamais complètement. En septembre 2021, elle chante au YOYO Club du palais de Tokyo, à Paris. En 2022, elle se cache sous le costume du Singe dans la saison 4 de Mask Singer. En 2024, elle enchaîne les festivals d’été, de Madrid à Toulouse, et la tournée I Gotta Feeling.

C’est là que la violence d’Internet la rattrape. Le 9 février 2025, une vidéo d’un de ses concerts à Toulouse, lors de la Kermesse Festival, refait surface sur TikTok. Selon Purecharts, qui cite Terrafemina, les commentaires grossophobes et sexistes pleuvent, du genre « Je m’appelle Loligras ».

D’autres internautes prennent sa défense, dénonçant la méchanceté gratuite et rappelant qu’on ne garde pas la silhouette de ses 16 ans toute sa vie. Elle, d’après Purecharts, ne réagit pas publiquement. Silence total. Encaisser sans un mot, c’est aussi une manière de se protéger.

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Sept mois plus tard, la revanche. Les 7 et 8 septembre 2025, elle remplit l’Olympia deux soirs de suite, devant plus de 5 000 spectateurs au total. Au Parisien, cité par Purecharts, elle se dit « très heureuse, un petit peu soulagée aussi ». Soulagée : le mot n’est pas anodin.

À Paris Match, toujours selon Purecharts, elle reconnaît s’être mis la pression : « Je me suis quand même beaucoup mis la pression pour proposer un show dont je suis fière et je suis vraiment émue de tous les messages reçus ». La pression, encore et toujours.

Le deuxième soir, une spectatrice discrète est repérée dans un recoin du balcon : Mylène Farmer. Sur scène, Alizée lance un « Merci à Mylène qui était là ce soir ». Et à Paris Match, elle rapporte les mots de sa mentor : « Elle était super fière de moi et elle était très émue de me retrouver sur la scène « qui me va si bien ». Voilà ses mots ».

Les deux femmes ne se sont jamais vraiment quittées. « Je dois communiquer avec Mylène une fois par semaine », confie-t-elle au Parisien. « Je lui envoie des photos d’animaux, des blagues, des choses banales du quotidien, parfois… On a une relation vraiment forte ». Une confiance absolue : « Elle ne me poussera jamais à faire quelque chose que je n’ai pas envie de faire ».

Le Mexique, une valise envolée et un public qui ne lâche rien

Si vous croyez que son plus gros fan club est au Japon, perdu. « Mais là où j’ai le plus de fans, c’est au Mexique », a-t-elle tranché dans Libération, selon Purepeople. Un pays où, en 2008 déjà, elle enchaînait les concerts à guichets fermés.

Pascal Obispo, fragile, l'année 2025 démarre mal !

Elle y est retournée en mai 2026, et elle s’en amuse encore : « Les garçons se font ma robe de « J’en ai marre ! » avec le poisson sur les fesses ». Avant de glisser : « Mon public gay est le plus fidèle. Je ne connais pas la raison… ».

Pourtant, même ce voyage a commencé par une sueur froide. Selon M Radio, après plus de dix heures de vol, accueillie à l’aéroport par des dizaines de fans, elle attend sa valise au carrousel. Elle n’arrive jamais, alors que le concert approche.

Branle-bas de combat chez Air France. Finalement, plus de peur que de mal : « Valise retrouvée ! Merci à Maxime et à Air France pour leur professionnalisme », écrit-elle en story. Une anecdote, au fond. Mais une de plus dans une année où les nerfs de la chanteuse sont mis à rude épreuve.

Le doute de juillet, la pression avant chaque date, les larmes d’Ajaccio en septembre : tout converge. Comment tient-elle, cette femme qui avoue ne pas avoir confiance en elle ? La réponse, elle l’a donnée elle-même. Et elle remonte à bien avant Moi… Lolita.

Face caméra, elle ouvre enfin la porte de sa tête

Scène de concert vide avec un micro et des projecteurs, avant le lever de rideau

Retour à la vidéo tournée pour Simone. D’abord, Alizée parle de ses remparts visibles. « Pour gérer la santé mentale, déjà mon cadre de vie, mon lieu de vie, il fait beaucoup parce que j’habite en Corse », explique-t-elle. « Vivre là où j’ai toujours vécu, vivre au soleil, effectivement, pour notre santé mentale, c’est que du positif. »

Quand Pascal Obispo sauve la vie d'un homme

Ensuite, son cercle. « Et surtout, je communique beaucoup avec mon mari, avec ma famille, et je ne m’entoure que de personnes positives. » Puis les animaux, qui comptent tant chez elle : « Je trouve que les animaux apaisent beaucoup, et on est tous un peu dans ce cas-là, dans la famille ».

Jusque-là, rien de très surprenant. Le soleil, l’amour, les bêtes : le portrait d’une femme apaisée. Mais elle n’a pas fini. Et ce qui suit éclaire tout ce que vous venez de lire.

« Oui, moi, je sais que je suis très cérébrale. Je suis quelqu’un qui réfléchit beaucoup, qui stresse beaucoup », reconnaît-elle. Le stress d’Ajaccio, le manque de confiance de juillet, la pression de l’Olympia : le mot est enfin posé, par elle.

Et voici l’aveu. « Moi, je n’ai pas hésité à aller me faire aider, à parler avec quelqu’un. Donc, moi, je suis suivie depuis que j’ai 14 ans, avec un psy. Je trouve que c’est normal. » Quatorze ans : un suivi entamé il y a vingt-huit ans, avant même son premier disque.

Elle explique pourquoi, simplement : « Un humain a besoin de parler avec quelqu’un, avec quelqu’un de neutre. » Et elle révèle qui l’a poussée à franchir le pas : « Je sais que moi, ma mère m’a beaucoup accompagnée sur ça. Je sais que j’en avais besoin, et donc, du coup, je l’ai fait. »

Sa mère a joué un rôle clé. « Moi, je sais que j’avais ma maman avec qui je pouvais en parler. C’était ma confidente », raconte-t-elle. « Mais en même temps, j’avais quelqu’un de neutre à côté, avec qui je pouvais tout dire […] j’en ai vu plusieurs, et ça m’a vraiment aidée. »

« Tout le monde a des problèmes » : le message qu’elle veut faire passer

Sur le chemin parcouru, elle ne prétend pas être arrivée. « J’ai fait une évolution qui est énorme, et j’ai encore du chemin à faire, comme tout le monde. Mais c’est vrai que par rapport à ma santé mentale, ça a été très, très important d’aller voir quelqu’un. »

Relisez maintenant son parcours avec cette clé en main. L’adolescente de Moi… Lolita, la jeune mariée de Las Vegas, la femme en larmes de Danse avec les stars, l’artiste soulagée de l’Olympia : chaque fois, elle était accompagnée. La « carapace » de 2013 et les « problèmes » réglés « dans sa tête » prennent un tout autre relief.

Et elle refuse d’en faire un tabou. « Et j’encourage tout le monde à le faire, même si on se dit qu’on n’a pas forcément des problèmes », lance-t-elle. « Tout le monde a des problèmes, et tout le monde devrait en parler. Il faut que les gens comprennent que c’est normal, et la santé mentale, c’est très important. »

Faites le calcul : née le 21 août 1984, elle a fêté ses 14 ans à l’été 1998. C’est en 1999 qu’elle s’inscrit à « Graines de star ». Autrement dit, quand la France la découvre, elle a déjà quelqu’un à qui tout dire, en dehors des plateaux et de sa famille.

Côté scène, Ajaccio aura sa revanche sur le papier : la date annulée a été reprogrammée au 20 septembre 2026 au théâtre de l’Empire, selon l’agenda officiel de son producteur. Le reste de la tournée était programmé à Liège, Lille ou Strasbourg, jusqu’au Zénith de Paris le 4 octobre.

Vingt-six ans après Moi… Lolita, la star qui stresse « beaucoup » continue donc de monter sur scène. Pas parce que la peur a disparu. Parce qu’elle a appris, dès ses 14 ans, à ne pas la porter seule.

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