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Anne-Claire Coudray sans soutien-gorge : « J’en suis vraiment désolée », son moment « oups » en plein JT

Publié par Hannah Maline le 02 Nov 2026 à 18:49
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Elle a 49 ans, plus de dix ans de journaux du week-end derrière elle, et une réputation de femme que rien ne fait vaciller. Fin mai 2026, Anne-Claire Coudray s’installe au micro de RTL et parle comme rarement. De sa carrière, de son salaire, de la peur du jour où tout s’arrêtera.

Anne-Claire Coudray sans soutien-gorge : « J'en suis vraiment désolée », la séquence du JT qui la poursuit encore

Le public découvre une présentatrice lucide, drôle, presque désarmante. Une femme qui maîtrise chaque mot, chaque silence, chaque image. Sauf qu’à la télé, il y a une chose qu’on ne maîtrise jamais vraiment : les archives.

Car quelque part dans les tiroirs du direct dort une séquence. Quelques minutes d’antenne, une tenue, et un emballement que personne n’avait vu venir. Une histoire qui a obligé l’une des journalistes les plus sérieuses du PAF à faire quelque chose de très rare chez elle : s’excuser publiquement.

Vous pensez la connaître, la dame du 20 heures du week-end ? Attendez. Pour comprendre pourquoi cette vieille affaire colle encore à la peau de la star de TF1, il faut remonter le fil. Et il commence là où on l’attend le moins.

Sur RTL, elle a tout raconté… ou presque

Samedi 30 mai 2026. L’émission s’appelle On refait la télé, l’intervieweur Éric Dussart. Face à lui, celle qui tient le journal de TF1 les vendredis, samedis et dimanches depuis plus de dix ans. Le genre d’invitée qu’on imagine verrouillée à double tour.

Raté. La journaliste se livre sans filet. Elle revendique d’abord ce que les années lui ont apporté : « J’ai acquis une sorte de maturité journalistique à mon poste, puisque je suis aussi rédactrice en chef. J’ai une vision beaucoup plus globale de l’actualité. »

Rédactrice en chef. Le mot n’est pas anodin. Derrière le visage qu’on voit à l’écran, il y a une femme qui décide, qui hiérarchise, qui tranche. Pas une simple lectrice de prompteur, et elle tient à ce que ça se sache.

Puis vient l’argent, ce sujet que les stars du petit écran évitent comme la peste. Wikipédia rapporte qu’en 2019, elle touchait entre 30 000 et 45 000 euros par mois. Sur RTL, elle s’en amuse elle-même, et sa pirouette fait mouche.

« Vous avez un énorme salaire ! », lance-t-elle, avant d’éclater de rire, selon Puremédias qui a retranscrit l’échange. « Non non, je plaisante, parce que je suis vraiment prête à gagner moins. » Éric Dussart lui rétorque, hilare, de ne pas dire ça au mois de juin.

Son CV la met à l’abri des mauvaises langues. C’est elle qui a tenu les éditions spéciales de TF1 après les attentats du 13 novembre 2015, elle encore qui a animé avec Gilles Bouleau le débat du 20 mars 2017 entre cinq candidats à la présidentielle. La même année, elle reçoit le prix Roland-Dorgelès.

L’ambiance est légère, complice. Mais sous les rires, une question bien plus grave est en train de s’installer dans le studio. Et la réponse de la journaliste va jeter un froid.

« Quand on ne veut plus de vous » : la phrase qui glace

Éric Dussart ose la question qui fâche : la perspective de l’après-JT l’angoisse-t-elle ? Elle ne botte pas en touche. « Ce qui m’angoisse, c’est de mal le vivre, c’est que ce soit humiliant », répond-elle, d’après les propos rapportés par Puremédias.

Et elle va plus loin, beaucoup plus loin que ce qu’on attend d’une présentatrice en poste. « Quand on est présentatrice, on l’est pour ses compétences mais aussi pour son physique, pour ce qu’on dégage, pour sa personnalité. Et quand on ne veut plus de vous, on ne veut plus de vous dans votre entièreté. »

Relisez bien. Pour son physique. Dans la bouche d’une journaliste qui a passé sa vie à défendre le sérieux de l’info, l’aveu est saisissant. Son allure et sa silhouette font partie du contrat, qu’elle le veuille ou non.

Ce lien entre l’image et la légitimité, elle le connaît mieux que personne. Elle l’a appris à ses dépens, bien avant d’être la patronne du week-end. Nous y reviendrons, et vous allez comprendre pourquoi cette phrase résonne autant.

Pour l’instant, elle préfère voir le verre à moitié plein. Le terrain, elle l’adore toujours, assure-t-elle, et elle tente d’y retourner de temps en temps. « Retourner sur le terrain, ça m’irait très très bien ! En plus, je pense que j’y retournerais bien meilleure qu’avant d’avoir présenté le journal. »

Une sérénité de façade ? Peut-être pas. Mais pour mesurer ce que ce fauteuil a coûté, il faut revenir au jour où on le lui a confié. Un jour qui n’avait rien d’une fête.

Septembre 2015 : le fauteuil le plus exposé de France

coudray-anne-claire

Septembre 2015, coup de tonnerre dans le paysage audiovisuel. Claire Chazal, l’icône des week-ends de TF1, est débarquée. Le site Nouveautés Télé rappelle qu’elle tenait ces journaux depuis 24 ans, et que son JT était à la peine face à Laurent Delahousse sur France 2.

Les coulisses de la décision sont glaciales. D’après Le Figaro, cité par Purepeople, le président du groupe TF1, Nonce Paolini, a reçu la présentatrice la semaine précédente pour lui signifier son éviction. Après 24 ans d’antenne, l’affaire se règle en un entretien.

Le choc est immense chez les fidèles. Sur Twitter, un hashtag #ChazalGate circule, et une pétition se monte pour la garder à l’antenne. Patrick Poivre d’Arvor lui-même réagit publiquement : « En pensées avec Claire Chazal. Décidément ! Je connais ses qualités. »

Ses adieux ont lieu le dimanche 13 septembre 2015, vers 20h35, raconte Purepeople. Pas de larmes, pas de règlement de comptes. Claire Chazal reste « tout en contrôle et en professionnalisme », jusqu’à la dernière seconde.

Ses mots, pourtant, laissent passer la blessure. « Je ressens aujourd’hui une immense tristesse de devoir ne plus assurer la mission que m’avait confiée Francis Bouygues », déclare-t-elle à l’antenne. Le journal s’achève sous les applaudissements de toute la rédaction.

« Éviter l’humiliation » : l’écho troublant

Comment Claire Chazal a-t-elle vécu ce départ forcé ? Selon Voici, qui a interrogé des proches, cité par Purepeople, elle l’aurait très mal vécu. « Elle voulait à tout prix éviter l’humiliation de PPDA », confie l’un d’eux au magazine, en référence au départ de Patrick Poivre d’Arvor du 20 heures.

L’humiliation. Retenez ce mot. Onze ans plus tard, sur RTL, celle qui a hérité du fauteuil confiait exactement la même peur : que la fin soit « humiliante ». Comme si le siège du week-end transmettait, avec ses projecteurs, la même angoisse d’une titulaire à l’autre.

Cinq jours plus tard, le vendredi 18 septembre, une autre femme s’assoit dans le fauteuil. Celle qui était sa remplaçante attitrée depuis juillet 2012, son « joker », comme on dit dans le jargon maison.

Imaginez la pression. Succéder à une légende éjectée contre son gré, sous le regard de téléspectateurs qui pétitionnent pour la garder. Chaque faux pas, chaque hésitation, chaque tenue serait comparée à celle de l’idole déchue.

Elle-même n’a jamais fait semblant d’avoir hésité. « Je n’ai pas hésité à prendre la place de Claire. Je la remplaçais déjà depuis trois ans lors de ses congés », a-t-elle confié à TV Magazine, selon Purepeople. Trois ans de répétition générale.

Le premier soir vire au camouflet

Pour TF1, le pari est risqué. Purepeople le souligne dès l’annonce : pendant l’été, avec Audrey Crespo-Mara aux commandes, l’écart avec France 2 n’a été que de 100 000 téléspectateurs certains soirs. Et selon l’analyse du site sur six mois, les écarts restent les mêmes quels que soient les présentateurs.

Vendredi 18 septembre 2015, 20 heures. Le premier journal de la nouvelle titulaire est lancé. Le lendemain matin, les chiffres tombent, et ils font mal.

Selon Purepeople, Laurent Delahousse rassemble 5 028 000 téléspectateurs sur France 2, contre 4 940 000 pour TF1. Un dixième de point de part d’audience les sépare. Mais pour la première fois depuis trois ans, la Une s’incline face au journal de la Deux.

Le pire, c’est le contexte. TF1 était largement en tête juste avant le JT, et elle enchaînait juste après avec le lancement de la Coupe du monde de rugby. Leader avant le JT, leader après, mais pas pendant : le site résume la situation sans pitié.

Alors, les téléspectateurs ont-ils voulu faire payer à la chaîne l’éviction de Claire Chazal ? Purepeople pose la question. Le quotidien belge L’Avenir va dans le même sens : selon lui, le public a boudé ce premier JT, et nombreux sont ceux qui regrettent la présentatrice historique.

Le samedi, la nouvelle venue redresse la barre. Portée par le premier match du XV de France diffusé dans la foulée, elle réunit 5 millions de téléspectateurs, soit 26,4 % de part de marché, d’après Purepeople. Le round 2 est pour elle.

Mais ce que le public ignorait, c’est dans quel état elle a abordé ces premiers soirs. Ni triomphante, ni sereine. Selon Purepeople, elle n’était tout simplement pas bien dans sa peau.

Dix kilos, une poussette et une horde de photographes

Quelques semaines plus tôt, elle était en congé maternité. Elle venait tout juste d’accoucher quand TF1 lui a confié les clés du week-end. Le timing le plus vertigineux qui soit pour une jeune mère.

« Accessoirement, j’avais 10 kg de trop. Quand vous arrivez dans un fauteuil où l’image est primordiale, c’est compliqué, surtout pour la journaliste de terrain que j’étais », a-t-elle raconté à TV Magazine, propos repris par Purepeople. Le mot est lâché : l’image, encore et toujours.

Pendant qu’elle se sentait mal dans sa peau, la presse people, elle, regardait sa ligne. Le 20 septembre 2015, Purepeople salue sa « formidable silhouette » huit semaines seulement après son accouchement. Le site note qu’elle a affiché, sur les plans en pied, une ligne superbe.

Purepeople résume alors sa rentrée comme un « double challenge ». Il lui faut assumer son nouveau rôle de mère tout en présentant le JT et en dirigeant la rédaction des journaux du week-end. Sans oublier la mission impossible : redresser les audiences.

Le contraste est saisissant. D’un côté, une femme qui confiera s’être sentie trop ronde. De l’autre, des commentaires qui détaillent ses plans en pied au lendemain de sa prise de fonction. Encore et toujours, le corps passe avant le journal.

« Je me retrouve démunie »

Elle avoue aussi une angoisse plus profonde. « Je venais d’accoucher, donc je n’aurais pas été la reporter de terrain disponible à 100 %. J’étais très angoissée à l’idée de devoir dire non à des missions. » Le fauteuil était donc aussi une porte de sortie.

Et puis il y a cette scène, racontée sur RTL en mai 2026, qu’on croirait sortie d’un film. « Je sors acheter mon pain avec ma poussette. Et là, une horde de photographes. » Du jour au lendemain, la reporter anonyme devient une proie.

Sa réaction dit tout de son désarroi. « J’ai appelé TF1 en leur disant « Mais prévenez-moi de ce que je dois dire, parce que je me retrouve démunie ». » Démunie. Le mot surprend chez une femme rompue aux terrains les plus hostiles.

Le paradoxe est savoureux. Une journaliste dont le métier consiste à poser les questions se retrouve, en allant acheter son pain, à ne plus savoir quoi répondre. Elle qui interroge les puissants appelle sa chaîne pour qu’on lui souffle ses mots.

Car elle n’en était pas à son premier contact avec la meute. Deux ans plus tôt, la loupe des internautes s’était déjà braquée sur elle. Pas pour sa nomination. Pour tout autre chose.

La rivale fantôme

Anne-Claire Coudray souriante en plateau TV, robe bleue, tenant des feuilles, fond de décor ciel et lettrage.

Avant d’y venir, un détour s’impose par une rumeur tenace. Pendant son congé maternité de l’été 2015, c’est Audrey Crespo-Mara, journaliste de LCI, qui l’a remplacée. Et le jour même de sa nomination, TF1 a désigné cette dernière comme son joker officiel.

La joker de la joker, résume AlloCiné. De quoi nourrir tous les fantasmes de jalousie dans les couloirs de la Une. Le siège du 20 heures est si convoité qu’on imagine forcément les couteaux tirés.

Dans un entretien accordé à Gala, relayé par AlloCiné, elle balaie tout d’un revers de main : « L’idée qu’il y aurait une rivalité est un fantasme extérieur, d’autant que ce n’est pas Audrey qui peut décider de prendre ma place et ce n’est pas moi qui peux choisir un autre joker. » Fermez le ban.

Sa démonstration est d’un pragmatisme redoutable. « C’est plus simple qu’on ne l’imagine : on ne travaille jamais ensemble, car elle est là quand je suis en vacances, donc on ne se croise pas vraiment. » Difficile de se déchirer avec quelqu’un qu’on ne voit jamais.

Avec Claire Chazal non plus, pas de guerre affichée. En juin 2017, Purepeople rapporte que les deux femmes se sont retrouvées lors d’une conférence de presse pour la Flamme Marie Claire, une opération caritative en faveur de la scolarisation des petites filles. L’ancienne et la nouvelle, réunies pour la même cause.

Une femme qui démonte les rumeurs avec méthode, sans s’énerver. C’est sa marque de fabrique. Sauf qu’une fois, une seule, la machine à rumeurs l’a prise de vitesse. Et cette fois-là, elle n’avait aucune parade.

Avant le fauteuil, la poussière du terrain

Pour comprendre le choc de ce qui va suivre, il faut savoir d’où elle vient. Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille en 2000, elle entre au service « news » de TF1 dès le mois de mai. D’abord au bureau de Lille, avant de rejoindre Paris en 2004.

Purepeople le rappelait en 2014 : elle a débuté chez TF1 comme stagiaire à la rédaction. Une fidèle de la maison, qui a grimpé tous les échelons. Pas une « fille de », une bosseuse.

Très vite, la chaîne lui confie aussi l’antenne. À partir de juin 2009, elle présente le magazine TMC Reportages, puis remplace l’été les présentateurs des journaux de LCI. En 2010, elle anime LCI Soir aux côtés de Damien Givelet. Le plateau, elle l’apprivoise bien avant TF1.

Les reportages s’enchaînent. Les Jeux olympiques de Pékin et la présidentielle américaine en 2008. La crise ivoirienne entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara fin 2010. L’affaire Dominique Strauss-Kahn en mai 2011.

Gao, l’adresse qu’elle n’a jamais oubliée

Et en février 2013, elle part au Mali couvrir l’opération Serval, à Gao. Une opération militaire, un terrain où le danger est bien réel. Retenez bien cette date, février 2013. Elle va prendre tout son sel dans quelques paragraphes.

Gao, elle y retournera. Puremédias raconte qu’à la fin de l’année 2020, devenue présentatrice titulaire, elle repart au Mali avec une équipe de TF1 à la rencontre des soldats de l’opération Barkhane. La base principale de Gao, puis le poste avancé de Menaka, dans la zone des trois frontières.

Sur Europe 1, elle explique alors ce qu’elle était venue chercher. « On avait vraiment envie de savoir le sens de leur engagement à titre personnel, à hauteur d’hommes », confie-t-elle, selon Puremédias. Le terrain, toujours le terrain, même une fois installée dans le fauteuil.

Mais revenons en arrière. En juillet 2012, un communiqué du groupe TF1 annonce sa nomination comme remplaçante de Claire Chazal le week-end, rapporte Terrafemina. Laurence Ferrari vient de partir, Gilles Bouleau a pris le 20 heures de semaine : la chaîne boucle son mercato pour contrer la progression de France 2.

Entre deux missions, elle est déjà la remplaçante de Claire Chazal au 13 heures et au 20 heures du week-end. Une double vie : les terrains de crise d’un côté, le plateau du week-end de l’autre. Peu de journalistes réussissent ce grand écart.

Dans ce métier, tout semble lui sourire. Sa crédibilité est intacte, la chaîne mise sur elle. Rien, absolument rien, ne laisse présager le buzz qui l’attend à la fin de cette même année.

Une jeune femme qui ne voulait pas jouer de son image

À l’époque, elle cultive la discrétion. D’après Les Crieurs du Web, elle avait confié à Paris Match préférer les tenues classiques, jean et petits hauts passe-partout, à l’inverse de Claire Chazal. Une façon de ne jamais se tromper, de ne jamais faire parler.

Sa vie privée, elle la protège aussi farouchement. Mais en 2013, elle se laisse aller à une confidence dans Paris Match sur l’homme idéal, citée par Purepeople : « Pour me plaire, un homme doit me laisser ma part de liberté. » Le portrait d’une femme indépendante, qui ne doit rien à personne.

Un an plus tard, au magazine TV Grandes Chaînes, elle ose une confession plus intime encore. « Oui, j’ai 37 ans et pas encore d’enfant, alors que je le souhaite. La vie n’a pas été dans ce sens… jusque-là ! » Une femme qui ne joue pas la carte du glamour, mais celle de la sincérité.

Le contraste est total avec ce qui va se produire. Car c’est précisément cette journaliste-là, celle qui fuit la séduction à l’antenne, qui va se retrouver au cœur d’un buzz… sur sa poitrine. L’ironie est presque cruelle.

Nous sommes en décembre 2013. Dix mois après Gao. Les fêtes approchent, l’actualité ronronne avec ses marronniers de fin d’année. Et TF1 a besoin de sa joker pour tenir l’antenne avant Noël.

Vendredi 20 décembre 2013 : une robe rouge entre en scène

Ce vendredi-là, elle remplace Claire Chazal aux commandes du journal de TF1. Et elle porte une tenue qui tranche avec ses habitudes : une robe en cuir rouge, signée du couturier Jean-Claude Jitrois. Ultra-moulante.

Purepeople, dans un article publié le 28 décembre 2013, décrit la scène sans prendre de gants. La matière tendue dessine parfaitement certains détails de son anatomie. La présentatrice, écrit le site, ne s’était « apparemment pas encombrée d’un soutien-gorge ».

Elle déroule les titres comme à son habitude, raconte AlloCiné. Elle ne se doute visiblement pas que sa tenue va faire énormément parler. Et que sur les réseaux, ça commence déjà à chauffer.

Le jour même, le compte Twitter FiniLaPub.tv publie une capture assortie d’un commentaire graveleux. Pour lui, avec cette robe de cuir rouge, « c’est Noël et Jour de l’An avant l’heure ». Le ton est donné, et il ne va pas s’améliorer.

Le 20 décembre 2013, sans le savoir, la journaliste vient de basculer dans une autre catégorie. Celle des présentatrices dont on commente le corps plutôt que le travail. Pour une reporter qui couvrait une guerre quelques mois plus tôt, la chute symbolique est vertigineuse.

Mais l’histoire ne s’arrête pas à ce vendredi. Car deux jours plus tard, elle revient à l’antenne. Et ce qu’elle porte ce jour-là va transformer un buzz en véritable polémique.

Dimanche 22 décembre : elle remet le cuir

Plateau vide d'un journal télévisé avec vue sur Paris, décor emblématique du 20 heures

Dimanche 22 décembre 2013, nouvelle édition, nouvelle robe. Toujours du cuir, toujours Jean-Claude Jitrois, mais en noir cette fois. Purepeople la décrit « pleine de charme dans son cuir noir ».

Et le même phénomène se reproduit. Les deux tenues sont « très moulantes », note le site. Deux robes en trois jours, deux fois le même constat de la part de ceux qui scrutent l’écran.

Pour Purepeople, il est alors « impossible de ne pas remarquer » ce que la matière laisse deviner. Le site va jusqu’à comparer la journaliste à Shy’m et à sa robe bustier signée Franck Sorbier aux NRJ Music Awards 2012. Une présentatrice du journal comparée à une pop star sur tapis rouge.

Les réactions ne sont pas toutes amusées. Certains jugent même les deux tenues inappropriées, rapporte Purepeople. Le débat dépasse la blague potache : il touche à la crédibilité même de la présentatrice.

Le timing ajoute au malaise. On est à quelques jours de Noël, le JT déroule ses marronniers de fin d’année, et c’est sa silhouette qui fait l’actualité. Pour une journaliste qui couvrait une opération militaire au Mali quelques mois plus tôt, c’est le monde à l’envers.

Et l’affaire ne fait que commencer. Car sur les réseaux, certains vont bientôt tirer de ces deux robes une conclusion stupéfiante. Elle concerne une tout autre présentatrice.

Quand le web réclamait déjà la retraite de Claire Chazal

La polémique ne retombe pas avec les fêtes. Le 26 décembre 2013, des internautes partagent encore sur Twitter des captures de ses journaux, assorties de commentaires à double sens. La séquence vit sa propre vie.

Le 2 janvier 2014, Terrafemina titre carrément sur « la remplaçante sexy de Claire Chazal ». Le site écrit que la journaliste de 36 ans a dévoilé ses tétons « bien malgré elle ». Et il rapporte un détail sidérant sur la réaction du web.

Selon Terrafemina, les internautes se sont tellement enflammés qu’ils sont allés jusqu’à réclamer le départ en retraite de Claire Chazal. Rien que ça. Une robe trop moulante, et voilà la reine des week-ends priée de laisser la place.

Relisez cette phrase avec ce que vous savez maintenant. Moins de deux ans plus tard, en septembre 2015, Claire Chazal est bel et bien poussée vers la sortie. Et c’est sa joker qui hérite du fauteuil.

Aucun lien entre les deux, évidemment : au moment de l’éviction, c’est la bataille d’audience face à France 2 qui est mise en avant. Mais l’ironie du sort donne le vertige. Ce que des internautes goguenards réclamaient fin 2013 a fini par arriver.

Reste une question que personne ne pose alors : pourquoi la matière a-t-elle trahi la présentatrice à ce point ? Pour comprendre, il faut se pencher sur l’homme qui a dessiné ces robes. Et sa version a de quoi surprendre.

Le couturier qui « dirige » tout

Jean-Claude Jitrois, de son vrai nom Jean-Claude Coste, est né en 1944 à Narbonne. Son parcours est tout sauf banal : avant la mode, il a enseigné la psychomotricité et signé un « Que sais-je ? » sur le sujet. Sa première boutique ouvre à Nice en 1976.

Sa grande affaire, c’est le cuir qui épouse le corps. D’après sa fiche Wikipédia, il crée en 1995 ses premières pièces en cuir stretch, un matériau développé avec la compagnie Dupont de Nemours. Kate Moss, Naomi Campbell ou Beyoncé ont porté ses créations.

Autrement dit, une robe Jitrois est pensée pour coller à la peau. C’est sa signature, sa raison d’être. Sur un tapis rouge, c’est un atout. Sous les projecteurs d’un journal télévisé, c’est une autre histoire.

Selon Les Crieurs du Web, le couturier serait revenu sur l’épisode dans l’émission L’Instant de Luxe. Il n’aurait pas imaginé que sa création laisserait ainsi entrevoir la poitrine de la journaliste.

Toujours selon ce site, il aurait surtout assuré qu’elle n’avait formulé aucune demande particulière. Et pour cause : il revendique une méthode sans compromis. « C’est moi qui dirige ! Si ça ne plaît pas, elles ne le mettent pas (…) Je suis directif », aurait-il conclu.

Une déclaration qui change la perspective. Si le créateur impose sa coupe, la présentatrice n’a fait que porter une robe telle qu’elle a été conçue. Rien d’une stratégie de séduction, donc, à en croire ce récit.

Mais dans l’emballement de décembre 2013, personne ne s’embarrasse de ces nuances. La séquence circule, les commentaires pleuvent. Et la principale intéressée, elle, se tait.

Un silence qui en dit long

Replaçons-nous dans le contexte. Elle n’est pas encore la titulaire du week-end, seulement la remplaçante. Son avenir à l’antenne dépend de la confiance de la chaîne et de l’image qu’elle renvoie aux téléspectateurs.

Et son agenda 2014 est chargé, souligne Purepeople fin janvier. Une émission spéciale consacrée aux Restos du cœur aux côtés de Harry Roselmack en mars, les commémorations de 1914 avec un temps fort le 14 juillet, la Coupe du monde au Brésil. Pas le moment de traîner une casserole.

Pendant qu’elle se tait, les autres parlent pour elle. Purepeople, Terrafemina, les comptes Twitter goguenards : chacun y va de son commentaire sur sa poitrine. La principale intéressée, elle, n’a encore rien dit.

Fallait-il répondre ? Se justifier, c’est donner de l’importance à l’affaire. Se taire, c’est laisser les autres écrire l’histoire à sa place. Un dilemme que connaissent bien des femmes exposées dont on commente la tenue.

Ce silence va durer. Des jours, puis des semaines. Pendant ce temps, la rumeur fait son œuvre et une question obsède les curieux : va-t-elle s’expliquer, ou laisser couler ?

La journaliste finira par choisir. Fin janvier 2014, plus d’un mois après les faits, elle accepte d’en parler. Et les mots qu’elle va employer provoqueront, bien des années plus tard, la colère d’une consœur.

Car cette affaire de robe a une particularité : elle ne meurt jamais vraiment. Elle ressurgit, encore et encore. Et en 2023, elle refait surface avec une violence inattendue.

Dix ans plus tard, une consœur explose

Mai 2023. Près de dix ans ont passé. La remplaçante de 2013 est devenue l’incontournable présentatrice du week-end, et ce même mois de mai, elle est nommée marraine de la Patrouille de France, deuxième femme à recevoir ce titre. Tout semble loin.

Sauf que certains médias, raconte Purebreak, remettent alors sur le devant de la scène les vieux commentaires de la journaliste sur ce lointain buzz. Le site, lui, ne mâche pas ses mots : il a suffi que ses tétons soient discrètement apparents pour réveiller, écrit-il, « les esprits les plus mal placés ».

Un article évoquant la fameuse tenue de décembre 2013 se met à circuler sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, raconte AlloCiné. Les commentaires repartent de plus belle. Et une journaliste n’en peut plus.

Elle s’appelle Virginie Sainsily. Journaliste sportive, visage de L’Équipe TV et de Prime Video Sport. Le 11 mai 2023, elle publie sur Twitter un message qui fait l’effet d’une bombe.

Ce n’est pas une inconnue qui parle. Née à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, elle a été reporter de terrain pour BFM TV. Selon sa fiche Wikipédia, elle y a couvert l’attentat contre Charlie Hebdo et les attentats du 13 novembre 2015.

Lors du crash du vol Germanwings, elle a même été la première journaliste à atteindre le lieu du drame, après une heure et demie de marche en haute montagne. Une reporter de terrain, elle aussi. Le parallèle avec la présentatrice de TF1 saute aux yeux.

« Si un téton qui pointe vous dérange… »

Salle d'archives télévisuelles avec cassettes et vieux moniteur, symbole des séquences du direct qui ressurgissent

« Je ne porte jamais de soutien-gorge parce qu’en plus de trouver ça désagréable et oppressant je n’en vois pas l’utilité », écrit-elle. « C’est un choix personnel propre à chacune d’entre nous. »

Puis elle enfonce le clou. « Si un téton qui pointe vous dérange, ça en dit beaucoup plus sur vous et votre mentalité. Il est temps d’arrêter de nous sexualiser. » Purebreak salue une journaliste qui tacle le sexisme du PAF sans mâcher ses mots.

Les internautes la soutiennent largement, selon AlloCiné. « Il y a vraiment eu un débat là-dessus ? », s’étonne l’un. « Ferions-nous un article si un homme ne portait pas de sous-vêtement ? non ! », renchérit un autre.

D’autres balaient carrément la controverse. « Chacun fait ce qu’il veut ! », tranche un internaute cité par AlloCiné. « Quel débat absurde. Il y en a qui ont vraiment du temps à perdre », soupire un autre.

Mais une phrase du message de Virginie Sainsily retient particulièrement l’attention. Elle vise, en creux, la réaction de la présentatrice de TF1 elle-même, dix ans plus tôt. « Nous ne devrions aucunement en être gênées. Et certainement pas nous en excuser. »

Les mots qu’elle avait choisis

S’excuser. C’est bien ce que la journaliste avait fait, fin janvier 2014. Le 30 janvier, Purepeople publie les extraits d’une interview accordée au Buzz TV Orange-TV Magazine. Après des semaines de silence, elle prend enfin la parole.

Elle commence par écarter toute idée de calcul. « Ce n’était surtout pas un coup de « com » mais plutôt un mauvais choix de vêtement. » Pas une provocation, pas une stratégie pour faire parler d’elle. Une erreur de garde-robe, point.

Puis elle pose sa ligne de conduite, celle qui ne la quittera plus. « Je pars du principe que la séduction n’a rien à faire sur un plateau de télévision quand on présente le journal. » Une phrase qui résume toute sa philosophie du métier.

Et vient enfin l’aveu, celui que tout le monde retiendra. « C’était une question de matière de robe et j’en suis vraiment désolée, espérant que les gens n’ont pas été choqués. » L’une des journalistes les plus maîtrisées de TF1 présente ses excuses pour une robe trop révélatrice.

Elle tente aussi de relativiser. « Au vu des retours des téléspectateurs, ce n’est pas là-dessus que les gens s’arrêtent », assure-t-elle. Dans une version rapportée par AlloCiné, elle ajoute que faire attention à ce qu’on porte sur un plateau est « une marque de respect ».

Voilà donc ces fameuses excuses, celles que Virginie Sainsily jugera inutiles près de dix ans plus tard. Deux visions du même épisode s’affrontent. L’une parle de respect du téléspectateur, l’autre refuse que le corps des femmes devienne un sujet.

Six mois plus tard, la vraie version

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais en juillet 2014, dans Télé Poche, la journaliste apporte une précision de taille, relayée par Closer et Purepeople. « Entre nous, c’était une histoire de couture sur ma robe et pas du tout une histoire de soutien-gorge oublié. »

Et elle ajoute, non sans paradoxe : « Je me suis bien gardée de me justifier parce qu’il ne fallait pas entrer dans ce jeu-là. Mais oui, je ferai attention à l’avenir. » Celle qui s’était dite « vraiment désolée » assure donc n’avoir jamais voulu se justifier.

Elle en tire une leçon qui annonce ses confidences de 2026. « On vit désormais dans un monde où tout est relayé, amplifié. J’ai réalisé qu’il fallait que je reste vigilante à ce que rien ne puisse détourner l’attention des téléspectateurs de l’actualité du jour, surtout pas mes vêtements ! »

Près de douze ans plus tard, sur RTL, elle a expliqué qu’une présentatrice est choisie aussi « pour son physique ». La robe rouge de décembre 2013 lui avait appris cette leçon avant tout le monde. Et l’archive, elle, continue de tourner.

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