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Coup de théâtre : Laeticia Hallyday perd l’héritage le plus précieux de Johnny

Publié par Hannah le 09 Oct 2026 à 9:59
La suite après cette vidéo

Elle a eu l’idée la première. Elle a choisi le premier acteur, ouvert ses souvenirs, lu le scénario. Sur le papier, le futur film sur Johnny Hallyday devrait porter sa signature à chaque plan.

Sauf que voilà. Depuis des mois, une question tourne en boucle dans les coulisses de ce biopic à 40 millions d’euros : qui tient vraiment le stylo ? Laeticia Hallyday, la veuve du Taulier ? Ou les hommes qui tournent le film ?

Entre un acteur qui claque la porte, une confidence amère relayée par Closer, des avocats qu’on aurait appelés et un chroniqueur télé qui jure que tout va bien, le feuilleton a de quoi donner le tournis. Et le producteur vient de lâcher une phrase qui règle la question. Net.

Vous pensez connaître la réponse ? Attendez. Pour mesurer le poids de ces quelques mots, il faut remonter le fil depuis le début. Depuis un vol long-courrier, un soir de décembre.

Un film regardé dans un avion, et tout s’emballe

En décembre 2023, Laeticia Hallyday rentre en France pour inaugurer l’exposition consacrée à Johnny. Dans l’avion, elle lance un film : Yannick, de Quentin Dupieux. À l’affiche, un acteur au phrasé unique, Raphaël Quenard, et c’est Paris Match qui racontera la scène quelques mois plus tard.

Le choc est immédiat. « J’ai été scotchée par son jeu, ses regards, sa façon d’occuper l’espace, de parler, sa spontanéité, son charisme presque animal… », confiera-t-elle au magazine. Et d’ajouter : « Je me suis dit que si un acteur pouvait incarner Johnny au cinéma, c’était lui. »

À peine arrivée à Paris, elle parle de son coup de cœur à un homme : Hugo Sélignac, le patron de Chi-Fou-Mi Productions. Le producteur le confirmera lui-même bien plus tard : c’est elle qui l’a sollicité, dès ce mois de décembre 2023, pour produire un biopic sur son mari. Retenez bien cette date. Elle reviendra.

Sur le coup, Sélignac hésite. « Cela me semblait tellement énorme », a-t-il reconnu dans Paris Match. On le comprend : raconter Johnny, c’est s’attaquer à 57 ans de carrière et à 110 millions de disques vendus. Une montagne.

C’est lui qui souffle le nom du réalisateur : Cédric Jimenez, l’homme de Bac Nord. Et là, Laeticia a un déclic. Elle se souvient, toujours dans Paris Match, « de la fascination de Johnny pour Cédric lors de leur rencontre un soir de réveillon chez nous à Gstaad ».

Gstaad, justement. C’est dans cette station suisse que le couple a vécu une grande partie de l’année pendant des années, avant de se fixer à Los Angeles. Loin, très loin des plateaux parisiens. Et c’est là, un soir de fête, que se serait nouée la première étincelle entre le rockeur et le futur réalisateur de son biopic.

Un simple souvenir de réveillon, et voilà le casting des débuts bouclé. L’actrice principale de cette histoire n’est pas à l’écran, mais en coulisses. Elle a l’idée, l’acteur, le réalisateur. Du moins, c’est ce que tout le monde croit à ce moment-là.

« Le biopic officiel » : trois mots qui vont peser lourd

Laura Smet en deuil lors des obsèques de Johnny Hallyday, le regard pensif

Le 24 juin 2024, Laeticia Hallyday officialise tout dans une longue interview à Paris Match. Elle promet « un film à la hauteur du rockeur et de l’homme que j’ai follement aimé, parfois dans la douleur, pendant vingt-trois ans ». Puis elle ajoute, en pesant chaque mot : « Le biopic officiel, oui, vous pouvez le présenter ainsi. »

Officiel. Le mot n’est pas choisi au hasard. Car au même moment, un autre film sur Johnny se prépare : Que je t’aime, réalisé par Jalil Lespert, avec l’acteur belge Matthias Schoenaerts dans le rôle du chanteur. Le projet a été annoncé au Festival de Cannes par Universal Pictures International France.

Jalil Lespert, ce n’est pas n’importe qui. C’est le réalisateur du biopic Yves Saint Laurent avec Pierre Niney. Et surtout, c’est l’ex-compagnon de Laeticia : leur relation, officialisée le 15 décembre 2020, s’est achevée à l’été 2023. Quelques mois avant le fameux vol de décembre.

Le plus savoureux, c’est que d’après le site Johnny Legend, qui s’appuie sur le scénario consulté par BFMTV, le film de Lespert débute en 1995, lors de la rencontre entre Johnny et Laeticia à Miami. Centré sur leur histoire d’amour, il montre donc un couple filmé par l’ex de madame. Gardez ce détail en tête.

Face à ce projet concurrent, Laeticia joue la grandeur d’âme dans Paris Match : « Jalil a suivi son envie et son travail autour de ce film. Il est normal qu’un destin suscite des vocations. » Le ton est élégant, presque détaché. Puis vient la phrase qui fait sourciller.

« Je pourrais interdire certaines choses, mais je n’en ai pas l’intention. » Ce verbe, interdire, dit tout du pouvoir qu’elle pense détenir sur la mémoire de Johnny. Reste à savoir si ce pouvoir s’étend aussi au film qu’elle a elle-même lancé. Car on peut tenir les clés d’une maison sans tenir celles de toutes les pièces.

Celle qui avait l’œil sur tout

Pour comprendre pourquoi cette question brûle autant, il faut se souvenir de qui est Laeticia Hallyday dans la galaxie Johnny. Née Laetitia Boudou le 18 mars 1975 à Béziers, elle rencontre le chanteur le 25 mars 1995 à Miami, dans un restaurant japonais. Elle dîne avec son père, un ami fait les présentations. La suite appartient à la légende people.

Un an jour pour jour plus tard, le 25 mars 1996, elle l’épouse à Neuilly-sur-Seine devant le maire de la ville, un certain Nicolas Sarkozy. Elle a 21 ans, lui 52. Leur union durera près de 23 ans, la plus longue de la vie du rockeur, qui avait déjà épousé Sylvie Vartan, Babeth Étienne et Adeline Blondieau.

Le vrai tournant arrive en novembre 2009. Johnny, installé en Californie, est hospitalisé d’urgence puis placé à deux reprises en coma artificiel. À sa sortie, l’équilibre du couple a changé. Selon d’anciens proches, Laeticia n’hésite plus à faire « le ménage dans l’entourage » du chanteur.

Le fidèle producteur Jean-Claude Camus, les attachés de presse, le photographe Daniel Angeli : écartés. À leur place, des musiciens plus jeunes comme Matthieu Chedid, Yarol Poupaud ou Maxime Nucci. Elle devient la « manageuse de l’ombre » de son époux.

Son terrain de jeu favori, c’est l’image. Pour couper l’herbe sous le pied des paparazzis, elle publie elle-même des morceaux de leur vie privée. Elle sélectionne les photos des albums et transforme en quelques années l’image professionnelle de son mari pour la moderniser. Rien ne sort sans passer par elle.

L’Express dressera d’elle un portrait saisissant. Laeticia serait « tout à la fois le manager de Johnny, sa styliste, sa directrice artistique, sa productrice, sa négociatrice ». Le magazine conclut : « Elle a l’œil sur tout, un avis, une idée, un pouvoir de dire non. »

Le même portrait la décrit aussi comme « une jeune femme intelligente, très proche de sa famille et peu portée sur les discussions d’argent ». Mais également « fort dépensière, fascinée par sa propre image et capable de spectaculaires bouderies ». Retenez ce dernier trait. Il pourrait bien éclairer la suite.

Directrice artistique, pouvoir de dire non : du vivant de Johnny, ces mots décrivaient une réalité. La question, désormais, c’est de savoir s’ils valent encore quelque chose face à une équipe de cinéma. Spoiler : la réponse ne va pas plaire à tout le monde.

Une guerre d’héritage et un trésor nommé « droit moral »

« Il ne boit pas et il a l'air complètement bourré » : la ruse de Johnny Hallyday face à Laeticia

Et puis il y a l’héritage. Ce mot qui, depuis 2017, colle à la peau de la famille Hallyday. Johnny s’éteint le 5 décembre 2017 à Marnes-la-Coquette. Son testament lègue son patrimoine à un trust dont les trois bénéficiaires sont Laeticia, Jade et Joy.

C’est elle qui annonce la nouvelle à l’AFP, le 6 décembre, dans un communiqué bouleversant. « Johnny était un homme hors du commun. Il le restera grâce à vous. Surtout, ne l’oubliez pas. »

Un appel à la mémoire collective, lancé par celle qui va en devenir la gardienne. Près de neuf ans plus tard, cette mémoire va passer par un écran de cinéma.

Le 12 février 2018, les deux aînés, Laura Smet et David Hallyday, annoncent qu’ils vont contester le testament en justice. Parmi leurs revendications, un détail qui résonne étrangement aujourd’hui : ils réclament un droit de regard sur le dernier album, présenté comme posthume. Un droit de regard. Déjà.

La bataille est féroce. Sylvie Vartan, la mère de David, doute même publiquement que ce testament traduise la volonté de son ex-mari. Dans l’opinion, Laeticia est régulièrement accusée d’avoir exercé une emprise excessive sur le chanteur. L’ambiance est glaciale, et chaque apparition publique de la famille est scrutée comme un bulletin de guerre.

Il faut attendre le 3 juillet 2020, après plus de deux ans de procédure, pour que la guerre s’arrête. Laura Smet accepte l’accord proposé par Laeticia, David se désiste. Laura récupère 1,5 million d’euros, les droits de la chanson « Laura » et une guitare de son père. Laeticia, elle, prend à sa charge des dettes fiscales estimées à 34 millions d’euros.

Mais la vraie clé de voûte de cet accord, c’est autre chose. Le droit moral sur l’œuvre de Johnny Hallyday, c’est-à-dire l’utilisation de sa musique et de son image, revient à Laeticia. Autrement dit, c’est elle la gardienne officielle de la légende.

De quoi imaginer qu’elle aurait le dernier mot sur n’importe quel film consacré à son mari, non ? C’est précisément là que l’histoire devient intéressante. Car entre la gardienne de la légende et le cinéaste qui la raconte, le partage des rôles est loin d’être aussi simple.

Le 22 janvier, la première fissure

Pendant un an et demi, tout semble rouler. Raphaël Quenard, auréolé du César de la meilleure révélation masculine, promet de s’y « consacrer corps et âme ». Cédric Jimenez lui fixe le cap dans Paris Match : il faut qu’il « mange, bois et pense Johnny ». « Il ne doit pas jouer, il doit être Johnny à l’arrivée », insiste le réalisateur.

Le cinéaste détaille même sa méthode : « C’est un grand voyage. Il va s’acquitter seul de 85 % du chemin. Je l’aiderai pour les 15 % restants. » Un an de préparation intensive était alors évoqué, au point de renoncer à d’autres projets, un détail qui va compter.

Et puis, le 22 janvier 2026, coup de tonnerre sur Instagram. « C’est avec regrets que je vous informe aujourd’hui que je n’incarnerai pas Johnny dans son biopic », écrit Raphaël Quenard dans une story. L’acteur adoubé par Laeticia elle-même jette l’éponge.

Sa raison ? Le calendrier. Il évoque « les exigences liées à la production du film Mystik, que je co-réalise actuellement, ainsi que la promotion du film Le rêve américain qui sort le 18 février ». Impossible, selon lui, de se préparer comme il faut dans les délais.

Le 9 février, sur le plateau de Quotidien, il dédramatise avec sa gouaille habituelle : « Ça arrive souvent qu’il y ait des acteurs qui commencent un truc, et après qui ne peuvent pas, parce qu’avec le planning c’est chargé […] Ce n’est pas un truc de ouf, en vrai ! » Circulez, il n’y a rien à voir.

Hugo Sélignac confirme, d’après Le Gossip, une décision prise « d’un commun accord ». Mais pour celle qui avait eu le coup de foudre dans un avion, le coup est rude. Son acteur fétiche s’en va. Et la suite va lui échapper encore davantage.

Le départ fait aussi des frustrés ailleurs. Selon Le Gossip, Gérémy Crédeville n’a même pas été convié au casting, malgré sa ressemblance frappante avec le Taulier, ce qui a alimenté sa frustration. Preuve que le rôle attise toutes les convoitises. Et que la production entend choisir seule.

Un nouveau visage, et une absence qui intrigue

Montage montrant David Hallyday souriant en combinaison de pilote et Johnny Hallyday en smoking, illustrant leur lien père-fils au cœur du spectacle « Requiem pour un fou ».

Pour remplacer Quenard, la production choisit Benjamin Voisin. Le nom ne dit peut-être rien au grand public, mais le cinéma français le connaît bien. Révélé dans Été 85 de François Ozon, il a décroché le César du meilleur espoir masculin pour Illusions perdues, où il incarnait Lucien de Rubempré.

Début 2025, il donnait la réplique à Vincent Lindon dans Jouer avec le feu. Une trajectoire de jeune premier exigeant, loin du profil gouailleur de son prédécesseur. Le défi qui l’attend : incarner le rockeur de ses 18 à ses 50 ans.

Entre-temps, il s’est même frotté seul en scène au texte Guerre de Louis-Ferdinand Céline, à l’automne 2023, avant de tenir la tête d’affiche de la comédie L’Esprit Coubertin en 2024. À 29 ans, il hérite du rôle le plus scruté du cinéma français. Pas vraiment une partie de plaisir.

Le 12 février 2026, Closer lâche une info qui fait l’effet d’une petite bombe. D’après le magazine, « il n’est pas prévu que le personnage de Laeticia apparaisse dans le film, qui retracera la vie de Johnny avant leur rencontre en 1995 ». La femme à l’origine du projet n’y figurerait donc pas.

Le même Closer affirme alors que Lily-Rose Depp jouerait Sylvie Vartan. Les rumeurs qui l’envoyaient dans le rôle de Laeticia seront démenties, selon Demotivateur. Et c’est finalement Noée Abita qui héritera de Sylvie Vartan.

Ironie supplémentaire : Laeticia a déjà fait l’actrice. En 2017, elle jouait son propre rôle dans Rock’N’Roll, de Guillaume Canet. Neuf ans plus tard, si l’on en croit Closer, rien n’est prévu pour la faire exister dans le film qui raconte son mari. L’écart a de quoi piquer.

Le contraste devient cruel : le film de son ex commence en 1995, l’année où elle entre dans la vie de Johnny, tandis que celui qu’elle a lancé s’arrête juste avant. Une ironie du calendrier dont la presse people ne va pas tarder à s’emparer. Et ce n’est que le début.

Mai 2026 : un casting qui remue des fantômes

Le 6 mai 2026, Paris Match dévoile enfin la distribution. Le film, sobrement baptisé Johnny, couvrira trois périodes : les années 1960, 1970 et 1980. Il s’achèvera en 1993, au concert du Parc des Princes donné pour les 50 ans du chanteur.

Noée Abita, 27 ans, confirmée en Sylvie Vartan, ouvre le bal. Marie Colomb sera Nanette Workman, la compagne de l’époque du Johnny Circus. William Lebghil prêtera ses traits à Michel Berger. José Garcia, Sami Outalbali et Fred Testot complètent l’affiche.

Chaque décennie aura son grand amour. Sylvie Vartan d’abord, rencontrée en 1961 alors qu’elle assurait la première partie de Vince Taylor à l’Olympia, selon Purepeople, et épousée le 12 avril 1965 à Loconville, dans une cohue digne d’une émeute. Puis les années 1980, que Demotivateur décrit comme celles de la renaissance artistique aux côtés de Michel Berger et de l’idylle avec Nathalie Baye.

Et pour jouer Nathalie Baye, la production a choisi Nina Meurisse, César de la meilleure actrice dans un second rôle en 2025. Un choix qui prend une résonance particulière. Car Nathalie Baye est décédée quelques semaines plus tôt, le 18 avril 2026, à 77 ans.

Parmi les proches qui ont confirmé le décès, il y a sa fille, Laura Smet, née en 1983 de son union avec Johnny. Moins de trois semaines plus tard, le nom de Laura apparaît pourtant au générique du biopic. Dans un rôle que personne n’avait vu venir, et qui va faire couler beaucoup d’encre.

Imaginez la scène côté public : sur le même plateau, une actrice incarnera la mère de Laura, tout juste disparue. Et Laura, elle, sera là aussi, mais sous les traits d’une autre femme de la famille. Une femme qu’elle n’a jamais connue. Difficile de faire plus romanesque, même pour un scénariste.

Car le rôle que Laura Smet a obtenu, c’est celui d’une figure clé de l’enfance de Johnny. Une femme dont l’histoire explique beaucoup de ses blessures. Et c’est elle, Laura, qui l’a réclamé. Pas la production, pas un agent : elle.

Laura Smet, le rôle que personne n’aurait osé lui proposer

Laura Smet jouera Huguette Clerc, la mère de Johnny Hallyday. Autrement dit, sa propre grand-mère. Une ancienne employée de crèmerie devenue mannequin de cabine, abandonnée par le père de l’enfant, l’artiste belge Léon Smet, quand le petit Jean-Philippe n’avait que huit mois.

Celui qui deviendra Johnny grandit dans les coulisses, au gré des tournées de ses cousines danseuses. C’est le compagnon de l’une d’elles, l’Américain Lee Halliday, qui lui donne son surnom et lui inspirera son nom de scène. Dans la France d’après-guerre, l’enfant se fait traiter de « fils de Boche » ou de « bâtard ». Des blessures que le film promet justement d’explorer.

Huguette, accaparée par son métier, avait confié son fils à sa belle-sœur Hélène Mar. Selon Purepeople, Johnny ne la voyait qu’à de rares occasions. Ce n’est qu’à partir de 1999 qu’il a voulu la rapprocher de lui : elle s’est installée à Marnes-la-Coquette, a pu assister à ses concerts. Elle est morte en 2007.

Marnes-la-Coquette. La commune où Johnny lui-même s’éteindra dix ans plus tard. Et aujourd’hui, c’est sa petite-fille qui va la faire revivre, une grand-mère qu’elle n’a « pas connue et à laquelle elle ressemble étrangement », selon Paris Match.

L’idée vient d’elle seule. « Je ne me serais jamais permis de le lui proposer », a expliqué Cédric Jimenez, qui dit avoir accepté immédiatement. Pour le réalisateur, ce choix possède une force particulière. La fille du héros jouant la mère du héros : le symbole se passe de commentaire.

Le 7 mai, sur le plateau de C à Vous, Benjamin Locoge, rédacteur en chef culture de Paris Match, enfonce le clou : « Elle ne l’a pas connue et c’est elle qui a demandé à Jimenez de jouer dans le film. » Jusque-là, rien de polémique. Puis il lâche une phrase qui va faire grincer des dents.

Selon lui, le scénario a été « en quelque sorte adoubé par Laeticia Hallyday ». Et autour de la table, on assure que « tout le monde a lu, tout le monde a validé et tout le monde est d’accord ».

Adoubé, validé : des mots qui supposent un pouvoir, presque un sceau royal. Une semaine plus tard pourtant, la version change du tout au tout.

« Un terrible manque d’élégance »

Grande foule de spectateurs debout devant une scène lumineuse en intérieur, bras levés sous un faisceau de projecteurs.

Mi-mai 2026, Closer publie des révélations qui font l’effet d’une douche froide. Selon le magazine, Laeticia Hallyday aurait le sentiment d’avoir été progressivement mise de côté d’un projet qu’elle a pourtant fait naître. Le récit lisse de la grande famille réconciliée prend soudain l’eau.

Toujours selon Closer, elle ne s’était pas contentée de donner l’idée. Elle aurait partagé des souvenirs intimes, ouvert ses archives personnelles, permis l’utilisation d’une partie de la discographie de Johnny. Elle aurait même participé aux premières réflexions sur le casting. Pas une simple spectatrice, donc : une co-architecte.

Le point de rupture ? Le remplacement de Raphaël Quenard par Benjamin Voisin. D’après les sources de Closer, cette décision se serait prise sans qu’elle soit consultée. Un proche de Laeticia confie au magazine : « Elle sentait que le contrôle lui échappait peu à peu. »

Le même proche, toujours dans Closer, rapporte le jugement de la veuve sur ces méthodes. Une formule qui claque comme une gifle. Elle y verrait « un terrible manque d’élégance ». Et elle se sentirait aujourd’hui « complètement écartée du projet ».

Mesurez le chemin parcouru. En juin 2024, elle parlait du « biopic officiel » et du pouvoir d’« interdire certaines choses ». Deux ans plus tard, ses proches décrivent une femme qui ne serait même plus prévenue des décisions clés. Le contraste est vertigineux.

Puis vient l’information qui change la nature du feuilleton : selon Closer, Laeticia se serait rapprochée de ses avocats pour évaluer les options à sa disposition. Le Gossip va plus loin et évoque d’éventuelles poursuites. Aucune procédure n’aurait toutefois été engagée. Mais le simple fait d’en parler suffit à faire trembler le projet.

La question est posée, crûment : celle qui a apporté l’idée, les souvenirs et la musique peut-elle peser sur le film ? Ou a-t-elle offert tout cela sans garantie ? La réponse officielle se fera attendre. En attendant, quelqu’un décide de prendre sa défense à la télé.

Le contre-feu allumé à la télé

Sur W9, dans l’émission TBT9, le chroniqueur Fabien Lecoeuvre dément fermement toute mise à l’écart forcée. Pour lui, l’absence de concertation s’explique simplement par la structure du film, selon Le Gossip. Pas de complot, pas d’humiliation : une question de chronologie.

L’argument tient en deux dates : le récit s’arrête en 1993, Laeticia entre dans la vie de Johnny en 1995. Deux ans d’écart, et un scénario centré sur la jeunesse de la star, de Sylvie Vartan à Nathalie Baye. « Elle ne va pas empiéter sur cette partie du récit », résume Lecoeuvre.

Vu sous cet angle, la logique se tient. Comment conseiller un film sur une époque qu’on n’a pas vécue aux côtés du héros ? Mais elle laisse un goût étrange. Car selon Closer, sa présence ne serait envisagée que dans un éventuel deuxième volet, dont rien ne garantit qu’il verra le jour.

Côté public, les deux lectures cohabitent. Il y a ceux qui y voient une veuve blessée, dépossédée de l’histoire de sa vie. Et ceux qui rappellent qu’un biopic sur Johnny jeune ne peut pas tourner autour d’une femme qui n’était pas encore née quand il a débuté. Les deux camps ont leurs arguments.

Le paradoxe est total. La gardienne de la légende détient le droit moral sur la musique et l’image de Johnny. Elle a lancé le film. Et elle se retrouverait spectatrice d’une histoire qui se termine avant la sienne.

Pendant ce temps, Le Gossip la décrit comme ayant un « rôle de consultante ». Consultante, adoubeuse, écartée : trois mots, trois versions, et il faudra un démenti au plus haut niveau pour y voir clair. Mais d’abord, les caméras tournent. Et elles n’attendent personne.

Clap de début, et silence radio

Cabine d'avion plongée dans la nuit, évoquant le vol long-courrier où l'idée du biopic est née

Le 1er juin 2026, le tournage démarre. Il doit s’étaler sur 80 jours, entre Paris, la province, Londres, Venise et l’Espagne. Le budget atteint 40 millions d’euros. Une production hors norme pour le cinéma français, qui va promener la caméra sur les traces d’un artiste qui a toujours vu grand.

Le 15 juin, jour où Johnny aurait fêté ses 83 ans, une nouvelle tombe. D’après Le Parisien, relayé par Le Gossip, Jean-Baptiste Guégan, célèbre pour sa ressemblance vocale avec le Taulier, rejoint l’aventure. « Il collabore au projet », confirme Hugo Sélignac. La bande originale comptera vingt-cinq chansons.

Détail technique qui a son importance : la voix finale résultera d’une combinaison de plusieurs techniques, sans lien avec l’intelligence artificielle, assure la production. En 2024, Sélignac évoquait pourtant la possibilité de mixer la voix de l’acteur avec celle de Johnny grâce à l’IA.

Et Laeticia dans tout ça ? C’est le silence : très active sur les réseaux sociaux, la compagne du milliardaire Serge Varsano ne fait aucune mention du film, d’après Le Gossip. Elle préfère multiplier les hommages à Johnny pour son anniversaire. Le mari, oui, le film, pas un mot.

Jean-Baptiste Guégan, lui, ne se cache pas. Le jour de l’anniversaire, il publie sur Instagram un message depuis le studio, rapporte Le Gossip. Il y explique en substance qu’il lui était impossible de ne pas penser à Johnny en enregistrant. Le contraste entre les deux attitudes saute aux yeux.

Un silence qui en dit long, ou qui ne dit rien du tout ? Chacun y lit ce qu’il veut. Une chose est sûre : sur le plateau, c’est un autre homme qui tient désormais la barre. Et il va bientôt parler, longuement.

Jimenez abat ses cartes

En septembre, Cédric Jimenez ouvre les coulisses du tournage au Parisien. Et il prévient d’emblée : « Je ne veux pas faire un documentaire ni un film Wikipédia. » Avec le scénariste Olivier Demangel, il veut raconter la légende, mais aussi Jean-Philippe Smet, l’homme derrière la star.

Le cinéaste entend explorer « son intimité, ses fragilités ». La dualité entre la puissance de la bête de scène et les blessures privées. Benjamin Voisin, lui, refuse l’imitation : il veut « approcher une vérité de l’homme qu’il était » et essayer « d’être traversé par lui ».

Les surprises continuent. Selon People au quotidien, Jean-Jacques Goldman, qui ne devait être qu’évoqué, apparaîtra finalement à l’écran sous les traits de Jérémy Lewin, dans une séquence finale face à Johnny. Un clin d’œil à l’album Gang, sorti en décembre 1986.

Aux commandes, un cinéaste qui sait ce que tourner gros veut dire : Le Gossip rappelle qu’on lui doit Bac Nord ou Chien 51. Son film s’appellera tout simplement Johnny, et couvrira la période 1961-1993. Trente-deux ans de vie, de la fureur des débuts jusqu’au triomphe des 50 ans : un pari énorme.

Et la date bouge. Initialement prévu pour le 8 décembre 2027, le film sortira finalement le 30 juin 2027, cinq mois plus tôt. Un choix assumé pour profiter de la Fête du cinéma, programmée du 27 au 30 juin 2027. Les fans n’auront plus à patienter jusqu’au dixième anniversaire de sa mort.

Tout avance, donc, sauf une question, toujours en suspens depuis les confidences de Closer : quelle place reste-t-il à Laeticia ? C’est Hugo Sélignac, l’homme qu’elle avait appelé en décembre 2023, qui va y répondre. Sans détour. Et sans prendre de gants.

La phrase du producteur qui remet chacun à sa place

Hugo Sélignac commence par rendre à César ce qui lui revient. Oui, c’est bien Laeticia Hallyday qui l’a sollicité dès décembre 2023 pour produire ce biopic. Sans elle, la machine n’aurait sans doute jamais démarré. Le producteur ne le cache pas, il le rappelle même volontiers.

Oui, elle a pu lire le scénario. Mais elle n’est pas la seule : Sylvie Vartan, Laura Smet et David Hallyday l’ont lu aussi. La veuve, l’ex-épouse et les deux aînés, autrefois en guerre ouverte avec elle, logés à la même enseigne. Tout un symbole, quand on se souvient des années de procès.

Et puis tombe la phrase. Celle que tout le monde attendait depuis les révélations de Closer. Le producteur l’affirme sans la moindre ambiguïté : « ni Laeticia ni personne d’autre n’a de droit artistique sur le film ».

Voilà qui a le mérite de la clarté : lire le scénario ne donne aucun pouvoir d’imposer des modifications, ni de valider les choix du réalisateur. La création reste entre les mains de l’équipe du film. Laeticia peut accompagner, témoigner, découvrir, mais pas trancher. La nuance est capitale.

Relisez L’Express : « directrice artistique », « pouvoir de dire non ». Du vivant de Johnny, Laeticia avait tout cela. Sur ce film-là, elle n’a ni l’un ni l’autre. Celle qui détient le droit moral sur l’œuvre du chanteur ne détient aucun droit artistique sur son biopic.

La version qui arrivera en salles sera celle de Cédric Jimenez et de ses producteurs. Un choix destiné à garantir au réalisateur l’indépendance nécessaire pour proposer sa propre lecture de l’icône et de l’homme. Reste à savoir si la loi lui donne raison.

Ce que dit vraiment la loi, et ce qui attend le film

Bureau de production cinématographique avec scénario et clap, symbole des coulisses du biopic

Sur son site, le cabinet de l’avocat Hassan Kohen a décortiqué la déclaration du producteur. Sa conclusion : elle correspond au droit français. Après la mort, la vie privée et l’image d’une personne ne sont plus protégées pour elle-même. Et, résume le cabinet, un film appartient à ceux qui le font.

La Cour de cassation l’a jugé dès 1999, à propos du livre Le Grand Secret : le droit d’agir pour la vie privée s’éteint au décès. Les proches ne peuvent agir qu’en leur nom propre, en prouvant un préjudice personnel. Un portrait jugé infidèle ne suffit pas, à lui seul, à ouvrir une action en responsabilité.

Les droits sur la musique et les enregistrements restent toutefois, nuance l’analyse, un levier réel pour les héritiers. Mais à la date de cette analyse, fin septembre, aucune action en justice visant le film n’avait été rendue publique. Les avocats évoqués par Closer au printemps n’avaient alors débouché sur aucune procédure connue. Le feuilleton judiciaire redouté n’avait, à ce stade, rien de public.

Cédric Jimenez assure vouloir respecter Johnny « avec tout notre cœur », après avoir recueilli de nombreux témoignages de ceux qui l’ont connu. Hugo Sélignac, lui, promet « un très grand film, très généreux, très ambitieux ». Trois adjectifs pour une seule promesse : être à la hauteur du mythe.

Le paradoxe restera comme l’un des plus savoureux de la saga Hallyday. Sans Laeticia, ce film n’existerait pas. Avec elle, il n’aurait peut-être jamais pu être tout à fait libre. Le producteur a tranché : l’idée venait d’elle, le film appartient à ceux qui le font.

Sur grand écran, c’est donc Laura Smet qui portera le nom de la famille, dans la peau d’une grand-mère disparue. Laeticia, elle, regardera une histoire qui s’arrête deux ans avant leur rencontre. À moins qu’un deuxième volet ne voie le jour, comme l’évoquait Closer.

Verdict le 30 juin 2027, en pleine Fête du cinéma. Ce jour-là, la France découvrira le Johnny de Cédric Jimenez. Et le film qu’une femme a fait naître arrivera sur les écrans sans qu’elle ait eu le pouvoir d’en changer une ligne.

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