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Chantal Goya, 84 ans, ruinée par 2 millions d’euros de dettes : ce que le couple a mis en gage

Publié par Hannah Maline le 16 Oct 2026 à 10:46
La suite après cette vidéo

Il n’a pas de visage humain, et pourtant toute la France le reconnaîtrait les yeux fermés. Fin avril 2025, à l’occasion d’un spectacle donné en Alsace, près de Mulhouse, la tête du costume de Pandi Panda s’est volatilisée.

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Plainte déposée, appels lancés, recherches tous azimuts : rien n’y a fait. « Ils sont allés voir partout, mais ils ne trouveront jamais », lâche aujourd’hui Chantal Goya, invitée du Buzz TV.

Un costume de panda qui disparaît, ça pourrait faire sourire. Sauf que ce vol ressemble à une métaphore un peu trop parfaite. Car à 84 ans, la fée des cours de récré traîne derrière elle une ombre autrement plus lourde qu’un costume : une dette dont le montant global évoqué atteint deux millions d’euros.

Vous pensez connaître l’histoire ? Les châteaux, les spectacles grandioses, les dépenses folles d’un couple qui a fait rêver plusieurs générations… On vous l’a souvent racontée comme ça. Mais ce que Chantal Goya et son mari ont mis en gage pour s’en sortir change complètement la donne.

Et la vraie origine du trou, celle qui a fait vaciller tout le royaume de carton-pâte, se trouve ailleurs que sur scène. Pour la comprendre, il faut remonter très loin. Jusqu’à une plantation d’hévéas, à l’autre bout du monde. Accrochez-vous.

Une petite fille de Saïgon à qui l’on interdisait de rêver

Elle s’appelle en réalité Chantal de Guerre. Elle voit le jour le 10 juin 1942 à Saïgon, et c’est son propre grand-père, directeur de la clinique Saint-Paul, qui la met au monde. Son père dirige une plantation d’hévéas baptisée Suzannah. Un décor de roman colonial, pour une enfance qui en a parfois les couleurs.

Chantal Goya face à la maladie ? Son époux, Jean-Jacques Debout prend la parole !

« Je vivais libre avec mes deux chiens-loups », racontait-elle au JDD en 2022. Le dimanche, la famille filait parfois dans un hôtel de Saïgon fréquenté par des Français. Parmi eux, une certaine Marguerite Duras, qui la prenait sur ses genoux. Oui, cette Marguerite Duras-là.

Mais le conte s’arrête net. En 1946, aux débuts du conflit d’indépendance, la famille quitte l’Indochine et s’installe à Remiremont, dans les Vosges. Chez les grands-parents paternels, l’ambiance n’a plus rien de tropical. Elle décrivait au JDD « une famille bourgeoise où les déjeuners dominicaux duraient des plombes dans le silence ».

La petite Chantal, déjà tête brûlée, faisait la quête à la messe et houspillait les bourgeois qui ne donnaient rien. À la maison, la règle est simple : « Jamais de musique ni de cinéma, ça n’existait pas », se souvient-elle. Difficile d’imaginer berceau moins propice à une future reine du music-hall.

L’argent, déjà, ne coule pas à flots. « On avait pas grand chose », a-t-elle raconté à Pozzo Live. Pour sa première rentrée, faute d’uniforme, sa mère lui confectionne une jupe en papier bleu marine, quand les autres l’avaient en tissu. « Bah j’étais contente d’avoir la jupe en papier moi ! », s’amusait-elle.

Elle rate son baccalauréat, part en Angleterre comme jeune fille au pair et décroche un diplôme d’anglais au lycée français de Londres. C’est là que se niche l’une de ses anecdotes les plus folles, de celles qu’on croirait inventées.

« J’ai partagé un brunch avec les Beatles quand j’étais jeune fille au pair à Londres ! », a-t-elle révélé au JDD. À ce moment-là, elle rêve de devenir journaliste, pas chanteuse. Le destin, lui, a d’autres plans pour elle.

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Le garçon renvoyé de toutes les écoles qui allait tout changer

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Le destin a un nom : Jean-Jacques Debout. Né à Paris le 9 mars 1940, fils d’un opticien du général de Gaulle et d’une ancienne Miss Paris, il annonce à son père qu’il ne reprendra pas la boutique. Résultat : il est « mis à la porte » de l’appartement familial de Saint-Mandé.

En pension au collège de Juilly, il côtoie Jean-Paul Goude et un certain Jacques Mesrine, futur ennemi public numéro un. Renvoyé de partout, il se réfugie dans la musique. Sa grand-mère l’inscrit à un concours de chant place du Tertre, où Charles Trenet en personne vient le féliciter. Le genre de parrainage qui vous lance une vie.

En 1959, Les Boutons dorés l’installe comme chanteur. Puis il devient une plume que tout le monde s’arrache : Pour moi la vie va commencer pour Johnny Hallyday, Tous mes copains pour Sylvie Vartan, plus tard Le zinzin pour Barbara. Au total, plus de 1 500 chansons. Retenez bien ce chiffre, il reviendra vous hanter.

Un autre épisode, moins connu, en dit long sur son rapport à l’argent. En 1971, il monte Double V, un opéra qui n’obtient qu’un succès d’estime. Pour l’occasion, il reverse intégralement ses droits d’auteur pour sauver le Théâtre du Châtelet, menacé de disparition. Des droits d’auteur sacrifiés pour une salle de spectacle : gardez ce détail dans un coin de votre tête.

Des parents furieux, un mariage et un nom emprunté à un tableau

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Chantal le rencontre en 1964. Pour ses parents, très stricts, c’est la catastrophe annoncée. Le show-business, ils ne savaient même pas ce que ça voulait dire, a-t-elle expliqué.

« Mes parents n’ont pas été très contents de cette rencontre. J’ai dû prendre la décision de m’en aller pour vivre la vie que je voulais », confiait-elle à Pure Charts en 2014. Pas de retour possible : c’était, dit-elle, « la chambre de bonne ou dehors ».

Le 25 février 1966, ils se marient à Nogent-sur-Marne. Reste à trouver un nom de scène. Un ami lui trouve une ressemblance avec un tableau de Francisco de Goya représentant un enfant, et souffle à Jean-Jacques que si elle devient artiste, elle devra s’appeler Chantal Goya. Le baptême est fait.

Soixante ans plus tard, ils sont toujours ensemble. Une longévité rare dans le métier. Mais soixante ans de vie commune, ce sont aussi soixante ans de comptes communs. Et c’est précisément là que, des décennies plus tard, tout va se compliquer.

Godard, Bardot, Hitchcock… et les baisers qu’elle refusait

C’est Jean-Jacques qui la présente à Daniel Filipacchi, alors en train de lancer le magazine Mademoiselle Âge tendre, où elle pose comme modèle. Le patron de Salut les copains devient son producteur, comme pour Sylvie Vartan. Les chansons suivent, les passages télé aussi. Et c’est à la télévision qu’un réalisateur pas comme les autres la repère.

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Jean-Luc Godard voit en elle la jeune fille moderne qu’il cherche pour Masculin féminin, sorti en 1966. Elle y apparaît aux côtés de Jean-Pierre Léaud, Marlène Jobert et Brigitte Bardot. La future interprète de Bécassine en héroïne de la Nouvelle Vague : avouez que vous ne l’aviez pas vue venir.

Le cinéma aurait pu devenir sa vie. Mais elle a posé ses limites, et elle l’assume encore aujourd’hui. « À l’origine, j’étais plus comédienne que chanteuse, mais comme je ne voulais ni embrasser les garçons, ni coucher avec eux, le film s’arrêtait tout de suite », a-t-elle raconté sur le plateau du Buzz TV.

Il y a même eu Hitchcock. Enceinte, elle doit décliner un rôle dans L’Étau, finalement confié à Claude Jade. En avril 1966, elle figure aussi sur la fameuse « photo du siècle », qui réunit 46 vedettes du yéyé, son mari compris. Elle est au sommet de la vague.

Et puis, surprise : elle met tout entre parenthèses. Jean-Paul naît en 1966, Clarisse en 1968, et elle choisit de se consacrer à ses enfants. Beaucoup auraient parié qu’on n’entendrait plus jamais parler d’elle. Ils avaient tort, et de très loin.

La grippe de Brigitte Bardot, ou le hasard qui a fait naître une reine

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Le retour se fait à pas feutrés. En 1972, elle chante et danse avec son amie Sylvie Vartan dans Top à… Sylvie Vartan, puis revient en 1974 pour un nouveau duo, Les petites filles modèles.

La boîte à secrets : Chantal Goya et sa poupée... sans culotte

En 1975, Prends une rose, en duo avec Guy Mardel, est retenue pour la sélection française de l’Eurovision, avant que Nicole Rieu ne soit finalement choisie. Le 45 tours marche correctement, sans plus. Rien ne laisse alors deviner le raz-de-marée qui se prépare.

Et c’est là que le hasard s’en mêle. En 1975, pour l’émission Numéro un Carlos des Carpentier, Jean-Jacques veut Brigitte Bardot. BB accepte, puis renonce au dernier moment à cause d’une grippe.

Il faut boucher le trou, et vite. Debout écrit alors Adieu les jolis foulards et la propose à sa femme pour le soir même de l’émission. Elle accepte, sans se douter que cette soirée de dépannage va réécrire sa vie.

Le lendemain de la diffusion, le standard de TF1 croule sous les appels. Une simple grippe vient de relancer une carrière. En 1976, Chantal Goya signe pour cinq ans chez RCA, et l’année suivante sort Voulez-vous danser grand-mère ?, avec Allons chanter avec Mickey et Un lapin.

La naissance d’Un lapin mérite à elle seule le détour. Un dimanche de 1977, devant leur maison de Houdan, dans les Yvelines, des chasseurs sont furieux : les enfants du couple et leurs copains dégonflent les pneus de leurs voitures. Les gamins leur demandent ce qu’ils feraient si les lapins avaient des fusils.

Jean-Jacques se met au piano et improvise un refrain, que toute la bande reprend en chœur devant les chasseurs. Ils sont « repartis bredouilles, mais amusés », racontait-elle au JDD. Une chanson née d’une dispute de voisinage, et qui allait faire le tour des cours d’école. Le conte de fées pouvait commencer.

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Un royaume de carton-pâte bâti sans compter

Bécassine, C’est Guignol !, Monsieur le chat botté, Pandi Panda, Snoopy, Babar : les tubes tombent en cascade. Avec son épouse, Debout invente carrément un genre, le music-hall pour enfants. La Forêt magique ouvre le bal, peuplée de personnages de contes, de commedia dell’arte et d’imaginaire maison. En 1978, Mattel commercialise même une poupée mannequin à son effigie.

À partir de 1980, un nouveau spectacle tous les deux ans : Le Soulier qui vole en 1981, La Planète merveilleuse en 1982, Le Mystérieux Voyage de Marie-Rose en 1984. Ce ne sont plus des tours de chant mais de vraies comédies musicales, avec costumes de l’Opéra de Paris, ballets en pagaille et décors majestueux.

Et le couple ne lésine pas. Spectacle après spectacle, il investit toujours plus d’argent dans la production pour concrétiser sur scène ses rêves les plus fous. Gardez cette phrase en tête : beaucoup y verront plus tard l’explication de tout.

Les stars défilent dans la salle. Au Palais des Congrès, en 1982, Louis de Funès est là, tout comme Barbara, amie intime de Jean-Jacques. Les enfants réclamaient des grimaces à de Funès, qui répondait qu’elles étaient « dans le placard ». Barbara, elle, avait invité une cinquantaine d’enfants de son village.

Un jour, après deux représentations au Palais des Congrès à 14 heures et 17 heures, Chantal Goya est conduite sous escorte policière jusqu’à l’Opéra Garnier pour un concert organisé par Jacques Chirac. « Je me suis retrouvée avec Bécassine à l’Opéra, là où Noureïev dansait ! J’en rigolais toute seule », s’amusait-elle dans le JDD.

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Le prix de ce succès, c’est un rythme d’enfer. « Entre les mois de septembre et juin, on était sur scène. En moyenne, on présentait deux cents galas », expliquait-elle à Pure Charts. Elle avoue n’avoir jamais eu de week-ends tranquilles avec ses enfants.

Les chiffres donnent le vertige : dix-huit albums studio, plus de trois cents chansons et trente-neuf millions de disques vendus sur la décennie. Au seul Palais des Congrès, elle affirme avoir réuni 1,4 million de personnes, en quatre cents représentations. Mais que se passe-t-il quand l’argent, lui, ne suit plus les rêves ?

Une vingtaine de maisons, un château médiéval… et une question qui dérange

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Parce qu’il y a l’autre versant de la légende : la pierre. Selon Chantal Goya, son mari « adore les maisons ». D’après Bénin Web TV, le couple aurait possédé une vingtaine de biens au fil des décennies : demeures historiques, résidences de vacances, bâtiments pour stocker les trésors de scène.

L’histoire de la maison de l’île de Ré est savoureuse. Selon son récit, Jean-Jacques se promène à Saint-Martin-de-Ré dans les années 1970 quand deux religieuses lui proposent d’acheter une petite maison. Le prix ? « Trois francs six sous », à l’en croire, à une époque où l’île n’avait rien du spot huppé d’aujourd’hui.

Plus spectaculaire encore : le château de Saint-Loup, dans les Deux-Sèvres, acheté en 1987. Des douves, des jardins immenses, une tour carrée dont l’origine remonterait au XIIe siècle. En 1988, le couple y monte même une comédie musicale, La Légende de Saint-Loup, en plein air.

Chantal Goya filmée dans un décor fleuri à l’intérieur d’un véhicule, semblant répondre à une interview.

Le château est revendu au début des années 1990. Retenez la date, elle n’a rien d’anodin. Car entre l’achat et la revente, quelque chose de terrible s’est produit dans la carrière de Chantal Goya.

Ajoutez à cela un hangar où dorment plus de mille costumes, selon Bénin Web TV. « Je garde tout, je suis quelqu’un qui aime bien garder. Donc j’ai des trésors dans ce hangar », confiait-elle à Pozzo Live en 2024. Châteaux, décors, costumes, maisons : de quoi nourrir tous les fantasmes sur un couple roulant sur l’or.

Elle-même balaie l’idée d’une fortune cachée. Sur RTL, elle a expliqué qu’à l’époque, elle n’était pas productrice et que les bénéfices étaient réinvestis dans les spectacles.

Alors, le trou viendrait-il de là, de ces productions démesurées et de ces maisons à la pelle ? C’est ce que tout le monde a cru, et c’est l’explication la plus séduisante. La suite va prouver que c’est beaucoup plus compliqué.

13 décembre 1985 : le direct qui a tout fait basculer

Pour comprendre la chute, il faut revenir à un soir précis. Le 13 décembre 1985, Chantal Goya est l’invitée du Jeu de la vérité, présenté par Patrick Sabatier sur TF1, en direct de Lyon. Un rendez-vous qu’elle n’avait pourtant aucune envie d’honorer, et pour une raison bien précise.

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Quelque temps plus tôt, elle avait vu Sophie Marceau pleurer dans cette émission. « Je n’aimais pas cette émission ! », a-t-elle confié en 2025 dans Quelle époque !, sur France 2.

Interrogée à l’époque par France-Soir, elle avait qualifié le programme d’« une horreur, une chose malsaine », et le journal en avait fait sa Une. Malgré les mises en garde de son mari, elle accepte pourtant l’invitation. Une décision qu’elle va regretter amèrement.

Elle a toujours dit être tombée dans un piège. On lui aurait promis que des enfants lui poseraient des questions au téléphone, une version contestée par Patrick Sabatier. Au lieu de quoi, elle se retrouve sur scène au Palais des sports de Lyon, à la fin de son spectacle, en robe de Marie-Rose, face à des adultes.

Puis vient la question qui tue : une institutrice qualifie son univers d’« abêtissant ». Piquée au vif, Chantal Goya répond en se réfugiant dans son personnage de Marie-Rose.

« Vous ne savez pas qu’on est dans une forêt magique ? », lance-t-elle, avant d’entamer le refrain de Jeannot Lapin, en direct et devant toute la France. Pour une partie du public, la scène est incompréhensible. Pour elle, c’est le seul bouclier disponible.

« Écoutez ma petite dame, on ne peut pas parler parce qu’on ne se comprend pas », conclut-elle, selon les propos rapportés par Purepeople. Pour beaucoup de téléspectateurs, la séquence est surréaliste. Elle, elle a toujours affirmé qu’on avait voulu lui faire payer ses critiques contre l’émission.

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Des disques cassés envoyés par la poste

Des années plus tard, elle a lâché au JDD la phrase qui résume son état d’esprit ce soir-là : « Face à cette agression, je me suis réfugiée dans mon personnage de Marie-Rose. C’était ça ou je me levais pour gifler Sabatier. »

Patrick Sabatier a livré sa version sur le plateau de TPMP en 2017. Selon lui, après le direct, il lui a suggéré de s’excuser, et elle lui aurait rétorqué : « Mais pourquoi ? Je suis une fée ! » Deux mondes qui ne se comprendront jamais.

Les conséquences sont immédiates. « Dès le lendemain on lui envoyait des disques cassés. Les gens allaient acheter des disques dans les supermarchés, les cassaient et les envoyaient à la télévision », racontait l’animateur. L’image de la fée se fissure en une soirée.

Les ventes de disques chutent considérablement. Les moyens investis dans les spectacles deviennent beaucoup plus modestes. La médiatisation se raréfie. Pour un couple qui avait bâti son empire sur des productions toujours plus grandes, le coup est violent.

Près de quarante ans plus tard, la plaie n’est pas refermée. Face à Léa Salamé, en mars 2025, elle a lâché : « J’ai été piégée par quelqu’un que je ne veux plus jamais voir et qu’il ne me parle plus : je suis devenue sa bête noire. »

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Un soir de 1985 en direct, tout bascule. Et ce n’est que le début de la longue descente. Car si la chute d’audience se lit en quelques semaines, les ennuis d’argent, eux, mettront des décennies à remonter à la surface.

Huit ans de traversée du désert, sans jamais baisser les bras

Chantal Goya filmée dans un décor fleuri à l’intérieur d’un véhicule, semblant répondre à une interview.

Elle aurait pu tout arrêter. Elle fait l’inverse. Après Le Mystérieux Voyage, elle se tourne vers le public étranger, lance un mensuel, Le petit journal de Marie-Rose, et sort un album inédit chaque année jusqu’en 1990. En 1988, elle tente l’aventure télé avec Jacqueline Joubert sur Antenne 2.

En 1989, elle présente une nouvelle comédie musicale, L’Étrange Histoire du château hanté, au Palais des Congrès. De son côté, Jean-Jacques réalise en 1992 un rêve vieux de vingt ans : la comédie musicale Paul et Virginie au Théâtre de Paris, avec Claire Keim. Le couple continue de miser sur la scène.

Le public étranger, justement, lui restera fidèle. Pendant vingt ans, elle donne régulièrement ses spectacles au Liban. En novembre 2003, elle y est faite chevalière de l’ordre national du Cèdre, une décoration qu’elle attribue à son engagement pour les enfants. Un public qui, lui, ne l’a jamais lâchée.

En 1993, c’est enfin le grand retour, très médiatisé, dans sa salle fétiche du Palais des Congrès. Dorothée l’invite à rejoindre sa maison de disques, elle signe avec AB Disques et multiplie les passages au Club Dorothée. Elle publie aussi une autobiographie au titre délicieux : Tu t’appelles Chantal Goya comment ?.

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Elle enregistre même les histoires de Martine pour les éditions Atlas, et le premier numéro décroche un disque d’or. En 1997, Le Grenier aux trésors tient cinq semaines au Casino de Paris. La fée est debout. Mais le meilleur reste à venir, et il arrive par là où personne ne l’attendait.

Quand les boîtes de nuit ont réclamé Marie-Rose

En décembre 1999, puis fin 2000, Chantal Goya se produit au Scorp, une discothèque parisienne branchée. L’accueil est si délirant que les clubs de province se l’arrachent, notamment au sein de la communauté gay, qui l’accueille à bras ouverts. Elle alterne avec le Grand Rex et l’Olympia en 2001.

La même année, Gabriel Aghion lui fait jouer son propre rôle dans Absolument fabuleux, avec Josiane Balasko et Nathalie Baye. La bande originale, Becassine is my Cousine, entre au Top 50, et un tout nouveau public découvre la fée.

Les enfants de 1980 ont grandi, et ils reviennent avec leurs propres enfants. C’est pour eux qu’elle a remonté ses anciens spectacles, « pour ceux qui ont grandi et qui sont aujourd’hui parents », résumait-elle à Pure Charts.

Ces parents-là sont intraitables. « Ils sont avec leurs jumelles pour voir si, au millimètre près, tout correspond à ce qu’ils ont vu quand ils étaient petits », s’amusait-elle. Il faut refaire la même robe, les mêmes toits de Paris, la même Lune. La nostalgie a ses exigences, et elles ne se négocient pas.

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Barbara l’avait prédit, assure-t-elle. Dans sa loge, en 1982, la chanteuse lui aurait dit que tous ces enfants deviendraient « les adultes de demain » et qu’elle serait « une institution ». « Elle a eu raison parce qu’elle était très médium Barbara ! », a raconté Chantal Goya à Pozzo Live.

Barbara n’est pas la seule légende à l’avoir adoubée. Charles Trenet, celui-là même qui avait félicité le jeune Jean-Jacques, lui avait un jour glissé : « Tu mets du miel dans le coeur des enfants. » Elle le retrouvait le dimanche après-midi à la brasserie Lipp, racontait-elle au JDD.

Une fée qu’on décore, une machine qui ne s’arrête plus

Les années 2000 et 2010 ressemblent à une tournée sans fin. Sa deuxième autobiographie s’intitule, sans surprise, La niaque, en 2004. Un coffret DVD de ses spectacles décroche un double DVD de platine, une intégrale en 21 CD paraît en 2013, et en 2014, Argenteuil donne son nom à une crèche.

En 2024, elle est sur les routes avec Sur la route enchantée, du nom d’une chanson de Charles Trenet. Les décors sortent du fameux hangar : une forêt imaginée à l’époque par Jean-Jacques et le scénographe Pierre Simonini, le château du chat botté. « C’étaient eux les petits d’hier », dit-elle de son public à Pozzo Live.

Le phénomène se transmet désormais in utero, ou presque. Des femmes enceintes lui promettent d’amener leur futur bébé, raconte-t-elle. « J’ai l’impression d’avoir marqué de telles générations, mais je ne m’en suis pas rendu compte », confiait-elle encore.

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Les honneurs pleuvent aussi. En juillet 2024, Rachida Dati lui remet les insignes de commandeure de l’ordre des Arts et des Lettres, une consécration pour celle qu’on disait finie en 1985.

Et elle ne s’arrête plus. « J’ai besoin de bouger, sinon je dépéris », confiait-elle au JDD. Le 29 mars 2026, elle donne encore deux représentations à guichets fermés au Palais des Congrès, selon Purepeople.

Vu de l’extérieur, c’est l’histoire d’une résurrection parfaite. Une artiste qui remplit les salles, des millions de souvenirs, un mari compositeur au catalogue immense. Qui pourrait imaginer que, pendant ce temps, une bombe à retardement financière était déjà enclenchée ?

2018 : une maison dans l’Indre et une signature lourde de conséquences

Façade du Palais de justice de Paris au coucher du soleil, symbolisant une décision judiciaire importante.

En 2018, le couple achète une maison dans l’Indre. C’est là, dans la Brenne, qu’il vit pendant le confinement, Chantal Goya déplorant au passage le désert médical. Elle y fait son marché, ratisse le jardin, part cueillir des champignons, racontait le JDD. Une image paisible, très loin des paillettes.

À l’été 2020, en raison de dettes, Chantal Goya et Jean-Jacques Debout doivent vendre leur appartement parisien du 9e arrondissement. Un journal affirme alors qu’ils vivraient chez leur fille à Versailles, une information démentie depuis. Mais le signal est là : quelque chose ne va pas du tout.

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Ce quelque chose porte une date : 2018, encore. Cette année-là, le couple obtient un prêt d’environ 2,2 millions d’euros auprès du Crédit municipal de Bordeaux, remboursable sur cinq ans. Pourquoi un tel emprunt, et contre quelle garantie ? Patience, on y vient.

Cinq ans plus tard, l’établissement réclame 2,46 millions d’euros, intérêts et indemnités compris. Le couple conteste devant la justice. Il reproche à la banque de ne pas l’avoir mis en garde contre un endettement excessif, alors que Chantal Goya était, à l’époque, fichée à la Banque de France.

Le 19 août 2025, le tribunal judiciaire de Paris tranche : ils devront verser 2,18 millions d’euros. Selon Entrevue, les juges ont relevé que le couple était conseillé par un expert en droit économique et un courtier lors de la signature. Le couple fait appel.

Le prêteur n’est pas n’importe qui. Selon Entrevue, le Crédit municipal de Bordeaux avait été pointé du doigt pour ses pratiques de prêts risqués entre 2017 et 2020, au point d’attirer l’attention de l’ACPR, le gendarme bancaire. Un contexte qui n’a pas suffi à convaincre les juges.

Peine perdue. En mars 2026, selon L’Informé, cité par Orange Actualités et Starmag, la cour d’appel confirme que le couple doit rembourser sa dette de deux millions d’euros. La sentence tombe comme un couperet sur la reine des enfants.

« Je ne gagne pas 40 000 euros par mois » : la phrase qui la fait bondir

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Dans ce dossier, un détail a mis le feu aux poudres. Alors que Chantal Goya assurait ne toucher que 600 euros de retraite par mois, la justice aurait évalué les revenus du couple à 40 000 euros par mois en 2024, tirés des spectacles et du catalogue de Jean-Jacques Debout, estimé à plus de 3 millions d’euros, selon Le Point, cité par Starmag.

Le chiffre circule partout, présenté comme un salaire mensuel. Elle décide de répondre le 25 juin 2026, dans Face à Fogiel sur RTL, et corrige sans détour.

« Je ne gagne pas 40.000 euros par mois. C’est 40.000 euros par an. 45.000 euros par an. Les royalties, etc. », a-t-elle déclaré. Un montant annuel, pas mensuel : de quoi changer complètement la lecture de sa situation.

Elle précise que les cachets de galas s’y ajoutent, mais qu’ils restent modestes, d’après Bénin Web TV. Et elle avance un chiffre qui change la lecture du dossier : depuis 2018, le couple aurait déjà remboursé 950 000 euros. « On est en médiation », affirmait-elle sur RTL, selon Purepeople.

Puis elle livre un aveu rare, presque désarmant. « Ça a toujours été la galère. Quand j’ai connu Jean-Jacques, on avait toujours des problèmes, parce qu’on ne sait pas compter. Je ne savais pas qu’on pouvait venir prendre vos meubles, si on n’avait pas payé. »

Et cette phrase qui sonne comme un regret : « J’aurais dû être entourée de trois ou quatre grands hommes d’affaires. » Mais d’où vient vraiment ce gouffre, si ce n’est pas un train de vie de château ? La réponse, elle aussi, se cache dans les pages du jugement.

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Le panda volé, Julien Doré et la copie qui n’en est pas une

Avant d’y arriver, un détour par ce fameux panda, qui en dit long sur la femme. Après le vol, elle avait lancé un appel sur Instagram : « Quelqu’un me l’a pris, je ne sais pas, il a disparu. Et ça m’a fait beaucoup de peine. »

Elle porte plainte auprès de la gendarmerie de Buzançais, dans l’Indre. « J’ai porté plainte dans ma campagne, ça a fait la révolution chez moi », raconte-t-elle sur Buzz TV. Elle avait même proposé au voleur de simplement rendre le costume après l’été.

Julien Doré, qui porte lui-même un costume de panda sur scène, vole à son secours dans une vidéo Instagram. « J’en ai deux, le deuxième, il est pour toi. C’est cadeau, c’est Bibi qui offre et c’est bien normal », lui lance-t-il, comme le rapporte L’essentiel. Elle le remercie pour ce « joli geste d’amour ».

« Vous vous rendez compte la gentillesse et la générosité », répète-t-elle aujourd’hui sur Buzz TV, précisant qu’elle aurait accepté s’il n’y avait pas eu d’autre solution. Car elle a trouvé mieux : la personne qui avait confectionné le panda au début des années 1980.

Elle lui a demandé d’en refaire un, et Pandi Panda est donc de retour sur scène. Mais la blessure reste : « J’ai retrouvé la personne qui me l’avait fait en 82 et elle me l’a refait, mais ce n’est pas mon panda. »

Perdre un costume historique, c’est une chose. Ce que le couple a mis en jeu pour se sauver financièrement en est une autre, autrement plus lourde. Et c’est là que tout s’éclaire.

Ce que le couple a mis sur la table pour s’en sortir

Plantation d'hévéas en Indochine, décor de l'enfance de Chantal Goya

Voici ce que la justice et la presse ont établi. La dette qui a fait plier le couple n’a rien d’un caprice de production, ni d’un château de trop. L’emprunt de 2018 auprès du Crédit municipal de Bordeaux a été contracté pour une raison précise, et elle est fiscale.

L’emprunt fut effectué pour rembourser une dette fiscale d’un montant de 1,65 million d’euros. Et le fisc n’est pas un inconnu pour eux : le 5 octobre 2007, le tribunal correctionnel de Paris les avait condamnés pour fraude fiscale à 18 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende chacun, des peines plus sévères que celles requises par le parquet, selon Le Nouvelliste.

Mais le plus vertigineux, c’est la garantie. Selon Entrevue, le seul gage fourni était constitué des droits d’auteur Sacem de Jean-Jacques Debout. Autrement dit, les revenus futurs de plus de 1 500 chansons, de Johnny à Barbara, en passant par tout le répertoire de sa femme. L’héritage de toute une vie.

C’est ce prêt sur gage de 2,215 millions d’euros qui a fini par exploser : 2,46 millions réclamés, 2,18 millions de condamnation. Selon Purepeople, ils devaient déjà rembourser 1,9 million d’euros au moment où le prêt leur a été accordé. Côté Goya, on avance une autre lecture : un dispositif fiscal pour artistes aux revenus irréguliers, l’article 100 bis, qui se serait retourné contre eux.

Elle assure même que l’idée venait de Bercy. « J’ai été tellement honnête que je suis arrivée à Bercy », a-t-elle raconté sur RTL, selon Purepeople. Là-bas, on lui aurait dit préférer qu’elle trouve une banque. « Et eux m’ont conseillé d’aller au crédit municipal. »

Le royaume de carton-pâte n’a donc pas été englouti par ses décors. Il a été rattrapé par l’impôt, et ce sont les droits d’auteur de Jean-Jacques Debout qui ont servi de caution.

« L’argent, ce n’est pas mon maître »

Et l’histoire n’est pas finie. Selon les confidences de la chanteuse à Paris Match relayées par Purepeople, le couple rembourse des dettes fiscales depuis quarante ans, et pour l’année 2025, le montant s’élève à 127 000 euros. Sur RTL, elle refuse pourtant de baisser la tête : « On va rembourser, on a l’habitude de rembourser, on remboursera parce que nous, nous sommes fiers d’avoir payé nos impôts en France. »

À ce combat s’ajoute une épreuve plus intime. Sur RTL et dans Gala, d’après Planet, elle a évoqué le cancer de la prostate de Jean-Jacques Debout et son rôle à ses côtés. « C’est pas du showbiz ce que j’ai fait, c’est comme une mission », a-t-elle confié à RTL.

Alors elle continue de tourner avec 50 ans d’amour. Le 8 octobre, Ici a annoncé l’annulation de sa date du 28 novembre à l’Arena Le Palio Périgord, sans que les raisons soient dévoilées, selon Purepeople. Planet évoque une échéance au Palais des Congrès en janvier 2027.

« Dans ma tête j’ai 40 ans », lance-t-elle sur RTL. Elle en a 84, un panda qui n’est plus tout à fait le sien et un mari dont les chansons servent de garantie à une banque. Et pourtant, elle remonte sur scène, encore et encore.

Elle a résumé sa philosophie en une phrase, sur RTL : « L’argent, ce n’est pas mon maître. Mon maître, c’est mon public. » Reste à savoir si ce public suffira à éteindre une ardoise qui la poursuit depuis tant d’années.

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