Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. People

Scoop : Johnny Hallyday et Chantal Goya ont vécu ensemble : ce qu’il a fait dans son appartement l’a complètement affolée

Publié par Hannah Maline le 09 Oct 2026 à 14:45
La suite après cette vidéo

Samedi 10 juin 2023, sur le plateau de TPMP People, Bernard Montiel a une question qui lui brûle les lèvres. En face de lui, il y a Chantal Goya, l’interprète de Bécassine, qui fête ce jour-là ses 81 ans. L’animateur va droit au but : « Tu as reçu Johnny chez toi, il a même habité chez toi à une époque. »

Laura Smet Johnny Hallyday

La reine des chansons pour enfants répond par une phrase qui en dit long. « Ce n’est pas évident Johnny à la maison », sourit-elle. Pas évident ? C’est peu dire. Cette histoire, elle l’a déjà racontée à Closer et à France Bleu, et elle la racontera encore sur W9 puis dans C à vous. À chaque fois, le public tombe de sa chaise.

Ce soir-là, sur C8, elle partage l’affiche avec Julien Cohen et Frédéric Zeitoun. D’après Fémin Actu, 470 000 téléspectateurs ont regardé l’émission. Et c’est elle, la plus sage des invitées, qui offre le moment le plus rock de la soirée.

Car derrière la fée Marie-Rose se cache une colocataire involontaire du rockeur le plus incontrôlable de France. Pendant des semaines, et peut-être bien des mois, l’idole des jeunes a dormi sous son toit. Un jour, il a fait dans son très chic appartement parisien quelque chose qu’elle n’a jamais oublié.

Une scène si folle qu’elle a cru, sur le moment, à un tremblement de terre. Vous pensez tout savoir de Johnny ? Attendez. Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter loin, à l’époque où ces deux-là n’auraient jamais dû se croiser.

La fée des enfants et le diable du rock : le duo le plus improbable

Sur le papier, tout les oppose. D’un côté, il y a celle dont Télé-Loisirs dit qu’elle « n’a jamais vraiment mené une vie rock’n’roll ». Pandi Panda, Le Chat Botté, Bécassine : depuis un demi-siècle, elle berce des générations d’enfants avec des comptines sucrées et des robes de princesse.

Son enfance n’a rien d’un roman de rockeur. Née le 10 juin 1942 à Saïgon, dans une plantation d’hévéas que dirige son père, la petite Chantal de Guerre grandit dans un univers austère. Plus tard, elle le résumera d’un trait : « Jamais de musique ni de cinéma, ça n’existait pas. »

En 1946, la famille quitte l’Indochine et s’installe à Remiremont, dans les Vosges. Viennent ensuite des études à Paris, un bac raté, puis un départ pour l’Angleterre comme jeune fille au pair. Rien ne la destine aux projecteurs. Et encore moins à la compagnie d’un garçon qui fait trembler les salles de concert.

Parce que de l’autre côté, il y a Johnny. En 1960, ses galas tournent à l’émeute et la presse parle d’hystérie collective. Le 11 octobre de cette année-là, Lucien Morisse, patron des programmes d’Europe n°1, casse son disque en direct à l’antenne : « C’est la dernière fois que vous l’entendez. »

Et le gamin a du répondant. Quand sa maison de disques, Vogue, lui lance « Tu fermes ta gueule et tu chantes », il réplique sans trembler : « Je ne vois pas comment je peux chanter en fermant ma gueule. » Puis il claque la porte et ne revient jamais.

Une petite fille sage des Vosges, un blouson noir qui casse tout. Comment ces deux-là ont-ils pu finir sous le même toit ? La réponse tient en un homme : un pianiste. Et en une drôle de soirée de mariage.

Un pianiste en pull bleu marine qui prédit l’avenir

Laura Smet en deuil lors des obsèques de Johnny Hallyday, le regard pensif

Ce pianiste s’appelle Jean-Jacques Debout. En décembre 2021, Chantal a raconté leur rencontre dans La Boîte à secrets sur France 3. Selon Purepeople, elle n’est alors qu’une lycéenne de 17 ans, invitée à un mariage avec une amie. Tout le monde est sur son trente-et-un. Sauf un garçon.

« Il y avait un garçon qui était habillé avec un pull bleu marine, qui n’était pas du tout en tenue de mariage, qui s’est mis au piano », s’est-elle souvenue. Le jeune homme joue, s’arrête net et vient s’asseoir à côté d’elle. Puis il lui sert la réplique la plus culottée de l’histoire de la chanson française.

« J’ai l’impression de toujours vous connaître, on se mariera, on aura deux enfants, vous serez célèbre à 30 ans et vous chanterez à l’opéra. » Sa réaction, elle la raconte avec malice : « Alors là, comme dragueur, c’est pas mal ça ! » Elle en oublie même de lui laisser son numéro.

Le destin s’en charge pour elle. Un an plus tard, à son retour d’Angleterre, elle retombe sur lui. Il lui annonce avoir écrit pour elle une « très très belle chanson ». Le plus fou, c’est que la prophétie s’est réalisée presque mot pour mot, opéra compris.

Et ce pianiste a un sacré passé. En novembre 2025, le JDD rappelait qu’il n’a « rien oublié des messes qu’il a servies avec Jacques Mesrine ». Son copain d’école, futur ennemi public n°1. Adolescent, il était aussi coursier pour les éditions musicales Raoul Breton.

Un enfant de chœur aux côtés du futur gangster le plus célèbre de France : voilà de quoi le préparer à côtoyer des tempéraments explosifs. Et il en connaîtra un autre, bien plus bruyant. Né à Paris en 1940, selon Larousse, Debout est dans la même écurie que Johnny chez Vogue.

La toute première prestation de Johnny pour Vogue a d’ailleurs lieu à Namur, en Belgique, lors d’un spectacle radiophonique, aux côtés de Jean-Jacques Debout. Mieux encore : selon Larousse, ses succès des années 1960 sont « inséparables des débuts » de Johnny, à qui il offre Pour moi la vie va commencer.

Il écrit aussi pour Sylvie Vartan, Tous mes copains ou Comme un garçon. Le pianiste en pull marine fait donc le lien entre tous. Et c’est par lui que Johnny va entrer dans la vie de Chantal, jusque dans sa chambre d’amis.

1966, l’année où tous les destins s’emmêlent

C’est Debout qui présente sa protégée à Daniel Filipacchi, le créateur de Salut les copains, l’émission qui a soutenu Johnny quand toutes les radios le boudaient. Chantal devient modèle photo pour Mademoiselle Âge tendre. Puis Filipacchi devient son producteur, comme il est celui de Sylvie Vartan. Le petit monde yéyé se referme sur elle.

Le 25 février 1966, elle épouse son pianiste prophète. La même année, Jean-Luc Godard la remarque à la télévision et lui offre un rôle dans Masculin féminin, aux côtés de Jean-Pierre Léaud, Marlène Jobert et Brigitte Bardot. La lycéenne sage devient une jeune femme très en vue.

Le 12 avril 1966, un cliché scelle le tout. Jean-Marie Périer réunit 46 vedettes du yéyé pour la fameuse « photo du siècle ». Johnny y occupe une place de choix. Chantal est là aussi, tout comme Jean-Jacques Debout. Les futurs colocataires figurent sur la même image.

Mais la vraie coïncidence est ailleurs. À la même période, Chantal et Sylvie Vartan, l’épouse de Johnny depuis avril 1965, sont enceintes en même temps. « Avec Sylvie, on était enceintes de nos aînés en même temps », a raconté Chantal au Journal du Dimanche, cité par Starmag.

Son fils Jean-Paul naît le 19 juin 1966, et David, le fils de Johnny et Sylvie, le 14 août. À peine deux mois d’écart. Cette grossesse lui coûte même un rôle chez Alfred Hitchcock, dans L’Étau : enceinte, elle doit refuser, et c’est Claude Jade qui la remplace.

Sur le plateau de TPMP People, elle a résumé cette proximité d’une phrase : « Il était tout le temps à la maison puisque Sylvie Vartan et moi, on attendait nos enfants ensemble. » Tout le temps à la maison. Retenez bien ces mots. Parce que bientôt, il ne va plus seulement passer : il va s’installer.

Le Johnny que personne ne voyait : épuisé, endetté, à bout

« Il ne boit pas et il a l'air complètement bourré » : la ruse de Johnny Hallyday face à Laeticia

Pour comprendre l’homme qui va sonner chez Chantal, il faut voir dans quel état il est. Au début de l’année 1966, plus rien ne va pour Johnny. Ses ventes de disques plongent. Il enchaîne les galas, mais ne joue pas toujours à guichets fermés.

Un nouveau venu, Antoine, cartonne avec Les Élucubrations d’Antoine et se moque de lui : il propose d’enfermer « Johnny Hallyday en cage à Medrano ». Johnny réplique avec Cheveux longs et idées courtes. Mais derrière cette riposte, l’idole vacille.

Le 14 août, quand David vient au monde, Johnny chante à Milan. Le lendemain, il passe quelques heures seulement au chevet de Sylvie, puis s’envole pour Venise, où il chante le soir même. La presse annonce une séparation imminente. Et le fisc lui réclame un lourd arriéré d’impôts.

Le 10 septembre 1966, à quelques heures d’un concert à la Fête de l’Humanité, épuisé et profondément déprimé, il tente de mettre fin à ses jours. Il est hospitalisé d’urgence. C’est dans ce contexte que sort Noir c’est noir, son plus gros succès depuis Le Pénitencier.

Puis, le 18 octobre, c’est la renaissance. À l’Olympia, avec un nouveau groupe, un son pop et rhythm and blues et un jeu de scène neuf, il emporte tout. Ce soir-là relance complètement sa carrière. L’homme blessé redevient une bête de scène.

Voilà le Johnny de ces années-là : une star cabossée, un couple qui tangue, des concerts qui le vident. Et bientôt, un appartement inhabitable. C’est précisément à ce moment qu’il va avoir besoin d’un toit. Et d’une amie qui ne sait pas dire non.

Un appartement en travaux, un mari à New York

Ce scénario, Chantal l’a raconté plusieurs fois, avec à peu près les mêmes ingrédients. Johnny et Sylvie font des travaux dans leur appartement. Sylvie est partie travailler aux États-Unis. Quant à Jean-Jacques Debout, il s’est envolé pour New York concevoir des comédies musicales pour les Américains, comme elle l’a confié à Closer en décembre 2021.

Johnny se retrouve donc seul, sans logement habitable. Sur France Bleu, en novembre 2022, elle a rapporté ce qu’il lui avait dit : « Je ne sais pas trop où habiter. » Un aveu presque touchant de la part de l’homme le plus célèbre de France.

Sa réponse fuse, toujours sur France Bleu : « Nous, on a un grand appartement rue des Saints-Pères, est-ce que tu veux habiter dans une des chambres ? » À Closer, elle a raconté la scène autrement : « Ne va pas à l’hôtel, lui ai-je dit. » Et dans C à vous, en version express : « Tu viens ! »

La rue des Saints-Pères n’est pas n’importe quelle adresse. Télé-Loisirs la situe à la très chic frontière entre le 6e et le 7e arrondissement de Paris. Mais c’est aussi une rue étroite. Retenez ce détail, il aura son importance.

Chez les Debout, on a la folie des murs. En mai 2025, Chantal a confié au Figaro, dans des propos relayés par Purepeople : « Mon mari a toujours été fantaisiste. Il adore les maisons, nous en avons eu 24. » Vingt-quatre adresses. Une seule restera pourtant à jamais celle de Johnny.

Ironie du sort : le couple qui ouvrait si grand ses portes a connu, bien plus tard, la situation inverse. En novembre 2020, selon Starmag, le Journal du Dimanche révélait qu’ils avaient dû quitter leur appartement du 9e arrondissement, faute de pouvoir payer un « surloyer s’élevant à plusieurs milliers d’euros ».

Ils ont trouvé refuge à Versailles, chez leur fille Clarisse. Face aux rumeurs, Chantal a mis les choses au point dans Voici : « On raconte que je suis dans la rue, que je suis SDF. » Elle a démenti fermement. L’hôtesse de Johnny, hébergée à son tour : la boucle a quelque chose de cruel.

Dans son entretien au Figaro, elle a aussi eu sur son mari une phrase qui pourrait s’appliquer mot pour mot à son illustre colocataire : « Il n’a pas toujours été simple à gérer, mais avec lui, je ne me suis jamais ennuyée une seule seconde. » Avec Johnny à la maison, l’ennui ne risquait pas d’être un problème.

Car la situation est la suivante : une jeune maman, un bébé, un mari de l’autre côté de l’Atlantique. Et, dans la chambre d’amis, la plus grande rock star du pays. Sur TPMP People, Chantal l’a résumé avec une franchise désarmante : « Alors j’ai dit « Olahlah, qu’est-ce que je vais faire de lui ? » »

Six semaines, six mois ou un an ? Le mystère de la durée

Combien de temps Johnny est-il resté ? C’est là que l’histoire devient savoureuse, parce que personne ne donne le même chiffre. Télé-Loisirs, après son passage dans C à vous, parle de « plusieurs semaines » de colocation. Une simple parenthèse, en somme.

Sur France Bleu, en 2022, Chantal voyait beaucoup plus grand : « Il est resté presque six mois pendant que Sylvie était à New York. » Six mois ! Et elle ajoutait : « Il est resté assez longtemps à la maison, mais c’était quelque chose ! »

En 2019, dans Le Parisien, cité par Starmag, la version s’allonge encore : « On se voyait beaucoup avec les Hallyday. Ils ont habité chez nous pendant un an, à l’époque de sa chanson San Francisco. » Un an. Et cette fois, c’est « ils », au pluriel.

Ce repère n’a rien d’anodin. San Francisco, c’est le Johnny version hippie de l’automne 1967, un titre imposé par sa maison de disques. Or, ses récits télévisés situent plutôt l’épisode à l’époque des deux grossesses, en 1966. Et l’une de ses anecdotes, on le verra, nous emmène même jusqu’à la fin de l’année 1968.

Mémoire qui flanche ou séjours à répétition ? Impossible de trancher, et Chantal elle-même ne s’en soucie guère. Une chose est sûre : dans ses souvenirs, Johnny n’a pas fait que passer. Il a vécu là pour de bon, avec ses habitudes.

Et ces habitudes vont très vite mettre la maison sens dessus dessous. À commencer par le tout premier soir. Une scène que Chantal raconte aujourd’hui en riant, mais qui, sur le moment, l’a obligée à prendre une décision radicale.

Le premier soir, Johnny réclame le pyjama du mari

Montage montrant David Hallyday souriant en combinaison de pilote et Johnny Hallyday en smoking, illustrant leur lien père-fils au cœur du spectacle « Requiem pour un fou ».

Johnny débarque. Le maître de maison est à New York. Et le rockeur sait très bien comment il compte s’installer. Sur TPMP People, Chantal a répété sa réplique : « Je vais mettre le pyjama de Jean-Jacques et je vais me mettre dans le lit de Jean-Jacques. »

Le pyjama du mari. Le lit du mari. Avec la femme du mari dans la pièce. La réponse de Chantal claque comme une gifle : « Je dis, « ça va pas, non ». » La petite fille sage des Vosges ne se laisse pas impressionner par l’idole des jeunes.

Et elle prend ses précautions. « Je m’en vais dans la chambre des enfants, fermée à clé, parce que je le connais le ouistiti », a-t-elle raconté. Le ouistiti ! C’est ainsi que l’interprète de Bécassine surnomme le Taulier.

Provocation, blague de potache, test de caractère ? Chantal ne le dit pas, et rien ne permet de le savoir. Ce qui frappe, c’est son ton : elle parle de lui comme d’un garnement qu’on surveille, pas comme d’une menace. Le mot « ouistiti » dit toute la tendresse qu’elle lui porte.

Ce que ça montre aussi, c’est que Johnny chez soi n’est pas un invité ordinaire. C’est une tornade qui teste les limites dès le premier soir. Et la jeune maman comprend qu’elle va devoir tenir la maison seule face à lui.

Mais ce soir-là, on reste encore dans la blague. Le vrai choc, celui qui l’a « affolée », pour reprendre son mot, n’est pas encore arrivé. Il commencera par une petite phrase innocente, glissée l’air de rien. Patience.

Johnny aux fourneaux : la facette que ses fans ignoraient

Avant le chaos, il y a aussi des moments de grâce. Dans Closer, Chantal a dressé un portrait inattendu de son colocataire : « C’était quelqu’un comme tout le monde. Il aimait faire la cuisine, particulièrement les plats pimentés. » Johnny en tablier, les épices à la main. Qui l’aurait cru ?

Elle l’a répété sur France Bleu, et M Radio en a fait son miel : l’idole des jeunes était un vrai cordon bleu. Ce détail domestique détonne avec tout ce que la France sait de lui à l’époque. Le Johnny des journaux, c’est celui des émeutes et des scandales.

Le contraste est saisissant quand on regarde ce qu’il fait sur scène au même moment. Le 14 novembre 1967, au Palais des sports, Europe n°1 lui consacre un Musicorama exceptionnel. En guise de décor : 450 projecteurs et 800 phares de voitures dressés comme un mur au fond de la scène.

Ce soir-là, il quitte la scène après un Lucille déchaîné et s’effondre, au bord de la syncope, dans la voiture qui l’emmène. La presse française et internationale s’enflamme. Johnny gagne ses galons de bête de scène.

Pendant ce temps, rue des Saints-Pères, le même homme mitonne des petits plats relevés pour son hôtesse. C’est tout le paradoxe que raconte Chantal : un fauve sur les planches, « quelqu’un comme tout le monde » à la maison.

Enfin, presque comme tout le monde. Car même dans les moments les plus anodins, un dîner entre amis ou un jeu de société, Johnny avait le don de faire déraper les choses. Chantal en garde un souvenir hilarant. Direction la montagne.

Monopoly chez Brigitte Bardot : la partie qui finit en pugilat

L’amitié entre les deux couples dépasse largement les murs de l’appartement. Dans Closer, Chantal a raconté leurs vacances communes : « On avait l’habitude de partir en vacances avec Johnny et Sylvie à Méribel. On allait à l’hôtel. »

À la montagne, ils ont une voisine de luxe. « Brigitte (Bardot), qui y avait un chalet, nous disait tout le temps : « Venez mes amis dîner à la maison, on fera une partie de Monopoly. » » Bardot, Johnny, Sylvie, Chantal et Jean-Jacques autour d’un plateau de jeu : la scène vaut de l’or.

« On riait comme des fous », se souvient Chantal. Mais le jeu révèle vite le caractère de chacun, et celui de Johnny n’a rien de conciliant : « Johnny ne voulait jamais rien me vendre. » La suite est savoureuse : « Et parfois, ça se terminait en pugilat. »

Le plus drôle, c’est qu’en 2019, Chantal avait raconté à VSD une version presque inverse, rapportée par Starmag. Le décor : Megève, au milieu des années 1960, toujours chez Brigitte Bardot. Et cette fois, la mauvaise joueuse, c’est elle : « Un soir, j’achète la rue de la Paix et ne veux pas la lui vendre, au point que ça met un terme à la partie. »

Selon Starmag, elle renverse alors le plateau, prend son manteau et s’en va avec Jean-Jacques, dans la nuit de Megève. Problème : « Au bout de cinq minutes, on se rend compte que nous n’avons nulle part où aller. » Une fugue express, en pleine montagne, sans point de chute.

La chute de l’histoire est irrésistible. « Nous étions hébergés chez Brigitte Bardot, on est donc revenus l’air de rien : « Finalement, Johnny, je veux bien te la vendre, la rue de la Paix ». » Méribel ou Megève, Johnny ou Chantal en mauvais perdant : les versions varient, mais la passion du jeu reste la même.

Ce qui ressort de ces récits, c’est un clan où personne ne lâche rien. Même pour une rue en carton, Johnny se bat. Avec lui, tout devient compétition, tout devient excès.

Cette démesure, Chantal va bientôt la vivre dans sa chair. Pas autour d’un plateau de jeu, mais à pleine vitesse, sur le bitume parisien. Une virée qu’elle résume aujourd’hui en trois mots glaçants : « J’ai cru mourir. »

Direction Jacques Brel… à moto, à tombeau ouvert

Salon d'un chic appartement parisien en pleine pagaille, comme après un tremblement de terre

Tout part d’une envie de culture. Dans C à vous, Chantal a rapporté la phrase de Johnny : « Je vais aller voir Jacques Brel dans L’Homme de la Mancha. » Elle saute sur l’occasion : « Moi aussi je voudrais, comment on y va ? » La réponse tombe aussitôt : « On y va en moto. »

Pour elle, le programme est parfait. En novembre 2025, quand le JDD lui demande ses meilleurs chanteurs français, elle cite « Johnny Hallyday, Jacques Brel et Richard Anthony ». Ce soir-là, elle avait donc ses deux idoles réunies : l’un au guidon, l’autre sur scène.

Le spectacle en question est l’adaptation par Brel d’une comédie musicale américaine tirée de Don Quichotte. Selon Les Archives du spectacle, elle est créée le 4 octobre 1968 au Théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles, puis jouée à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, à partir du 8 décembre 1968.

Vous suivez la chronologie ? Si la virée a eu lieu pour une représentation parisienne, on est au plus tôt fin 1968, loin des deux grossesses de 1966. La preuve que l’histoire entre Johnny et les Debout ne se résume pas à un seul séjour, mais à des années de complicité.

Et la moto, chez Johnny, ce n’est pas un détail. Le site La Moto Classic rappelle sa collection, de la Triumph TR3 à la Harley-Davidson Softail Springer en passant par la Kawasaki Z 1000. En 1976, il arrive même à moto sur la scène d’un de ses concerts. En 1989, il chante Possible en moto.

Et en 2016, toujours selon ce site, il s’offre encore un road trip aux États-Unis en Harley-Davidson. Le deux-roues est sa grande passion. Pour Chantal, ce soir-là, ce sera surtout un baptême du feu.

Sur la moto, les choses tournent court. « Il a tellement accéléré que je suis passée par-dessus », a raconté Chantal, le sourire aux lèvres d’après Télé-Loisirs. Elle précise même qu’elle était « partie déjà avant lui ».

La fin est digne d’une comédie : « En fin de compte je suis revenue en métro ! » La future star des enfants, éjectée de la moto de Johnny Hallyday, rentre seule en transports en commun. Difficile d’imaginer scène plus improbable.

Elle en avait déjà parlé à l’automne 2025 sur le plateau de Tout beau tout neuf, sur W9. Mais elle avait alors employé des mots beaucoup moins légers : « J’ai cru mourir le jour où il m’a emmenée à moto voir Brel. »

Vitesse, moteurs, vrombissements : gardez ce décor en tête. Ce n’est pas la dernière fois que des deux-roues vont faire irruption dans la vie bien rangée de Chantal. La prochaine fois, ce sera chez elle. Et il n’y aura pas qu’une seule moto.

1982, dans la loge : « Je te connais »

Les années passent, la complicité reste. Le mardi 24 septembre 2019, sur le plateau de Je t’aime etc., Chantal a raconté une autre scène, relayée par Le Tribunal du Net. On est en 1982, lors d’un de ses spectacles. Johnny débarque dans sa loge sans prévenir.

Mauvais timing. « Il est arrivé au moment où je me changeais. J’étais malade. Je me disais « Olala il est à côté de moi je suis à poil, trouvez-moi des serviettes ! » » La fée Marie-Rose, en tenue d’Ève, face au Taulier.

Paniquée, elle s’habille comme elle peut, avec, selon son récit, « trois culottes et deux soutiens-gorge ». Johnny, lui, ne se démonte pas : « J’ai pas besoin que tu te caches comme ça, je te connais. Ça fait combien d’années qu’on se voit ? Même quand t’es à la plage, tu ne fais pas attention. »

Chantal tient bon : « Sur la scène, ce n’est plus pareil. » L’échange résume leur relation mieux que n’importe quelle biographie. Lui, désinvolte et familier. Elle, pudique mais jamais intimidée. Quinze ans après la chambre fermée à clé, c’est toujours le même jeu.

Et Johnny lui a laissé d’autres traces, plus inattendues. En avril 2025, sur Sud Radio, à l’approche de son spectacle anniversaire, elle a lâché une confidence sur sa méthode de travail : « Je ne répète pas ! Je suis comme Johnny Hallyday, il n’aimait pas répéter. »

Une star des enfants qui se réclame de l’idole des jeunes : ce n’est pas un hasard. Johnny avait trouvé pour elle un surnom qui en dit long. Un surnom qui l’a portée, mais qui n’a pas empêché le métier de la tourner en dérision.

« La Johnny Hallyday des enfants » : le surnom qui dit tout

Plateau de télévision d'une émission people, fauteuils vides et lumières de studio

D’après Télé-Loisirs, Jean-Philippe Smet l’appelait « la Johnny Hallyday des enfants ». Le plus beau compliment possible de sa part, et le plus inattendu. Tous deux sont nés en juin, sous le signe des Gémeaux, lui le 15, elle le 10 : deux bêtes de scène, chacune devant son public.

Pourtant, sa carrière pour enfants, Chantal la lance bien après leurs années de colocation. Elle met d’abord tout entre parenthèses pour élever ses enfants. Puis, en 1975, tout repart presque par accident : Brigitte Bardot, attendue dans une émission, se désiste au dernier moment à cause d’une grippe.

Jean-Jacques Debout écrit en urgence Adieu les jolis foulards pour sa femme. Dès le lendemain de la diffusion, le standard de TF1 croule sous les appels. Suivent Bécassine, Pandi Panda, Babar. Elle remplit des salles d’enfants comme Johnny remplissait les siennes d’adolescents. D’où le surnom.

Mais Télé-Loisirs le souligne aussi : elle a été moquée dans le métier. Le 13 décembre 1985, dans Le Jeu de la vérité sur TF1, une institutrice qualifie son univers d’« abêtissant ». Chantal se défend maladroitement et entonne Jeannot Lapin. Le moment devient tristement célèbre.

Elle dira être tombée dans un piège, une version contestée par l’animateur Patrick Sabatier. Toujours est-il que ses ventes s’effondrent et que la traversée du désert dure jusqu’en 1993. Comme Johnny en 1966, elle connaît la chute. Et comme lui, elle s’en relève.

À la fin des années 1990, une discothèque parisienne branchée, le Scorp, lui fait un triomphe. Le Grand Rex et l’Olympia suivent en 2001. La « Johnny Hallyday des enfants » est devenue culte chez les adultes. Le surnom donné par son ami n’avait rien d’une blague.

Le silence des dernières années

Cette grande amitié a pourtant connu une fin brutale, bien avant la mort du chanteur. Selon Starmag, Chantal Goya et Jean-Jacques Debout ont été très proches de Johnny pendant plus de 30 ans. Puis, à partir de 1995, plus rien.

1995, c’est l’année où Johnny rencontre Laeticia, sa dernière épouse. Dans le Journal du Dimanche, Chantal ne l’a pas caché : « Johnny était un ami de toujours, qu’on n’a malheureusement plus vu à partir du moment où il a épousé Laeticia. »

Elle ajoute, avec une pointe d’amertume : « Ce que je regrette car on a connu de très bons moments ensemble. » Starmag y voit une rancune tenace. Chantal, elle, parle surtout de nostalgie. Avec Sylvie Vartan, en revanche, l’entente est toujours restée au beau fixe, selon le même magazine.

Les années passent. En 2017, déjà atteint d’un cancer du poumon, Johnny part une dernière fois en tournée en juin et juillet, avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, ses Vieilles Canailles. Ses deux complices du square de la Trinité, à l’époque où ils n’étaient que des gamins.

Le 5 décembre 2017, il s’éteint à Marnes-la-Coquette, à 74 ans. Son décès provoque une émotion nationale. Selon Starmag, Chantal a eu une peine immense de n’avoir pas pu lui dire au revoir.

Jean-Jacques Debout, lui, a rendu un hommage vibrant à son vieux camarade le 9 décembre 2017, avec une petite bourde au passage : il a qualifié Jade et Joy de « jumelles ». Peu importe. Entre les deux hommes, l’amitié datait des tout premiers pas de Johnny chez Vogue.

Alors pourquoi Chantal raconte-t-elle sans relâche, depuis, ces mois de colocation ? Peut-être parce que c’est sa manière de le garder vivant. Et parce que, parmi ces souvenirs, il y a un moment plus fou que tous les autres. Celui qu’elle garde toujours pour la fin.

La petite question qui a tout déclenché

Retour rue des Saints-Pères. Johnny est installé, il cuisine, il fait le ouistiti, il teste les limites. Chantal tient bon. Tout semble à peu près sous contrôle dans ce bel appartement de la Rive Gauche.

Et les Debout ont soigné la déco. Dans C à vous, Chantal a glissé un détail qui, avec le recul, ressemble à un défi lancé au destin. Dans l’appartement, il y avait une belle pièce maîtresse, d’une couleur particulièrement salissante. On y vient.

Car un jour, Johnny vient la voir avec une demande toute simple. Le genre de question qu’on pose par politesse et à laquelle on répond sans réfléchir. Chantal, en hôtesse parfaite, dit oui tout de suite. Sur TPMP People, elle a même rapporté sa réponse exacte : « Oui, Johnny, tu es chez toi. »

Tu es chez toi. Quatre mots pleins de gentillesse, qu’elle n’oubliera jamais. Parce que Johnny Hallyday, quand on lui dit qu’il est chez lui, le prend au pied de la lettre. Et ce qui suit va secouer la rue entière.

Vous vous souvenez de la moto de Brel ? Du « J’ai cru mourir » ? Multipliez. Beaucoup. Ajoutez une rue étroite, une jeune maman seule et une déco immaculée. Voici ce qui s’est passé.

« Tu es chez toi » : la phrase qu’elle n’aurait jamais dû prononcer

Grande foule de spectateurs debout devant une scène lumineuse en intérieur, bras levés sous un faisceau de projecteurs.

La question de Johnny, Chantal l’a rapportée sur France Bleu : « Je peux inviter des amis ? » Et sa réponse : « Oui, invite qui tu veux. » C’est là que tout bascule : « Et attends, 100 bikers qui sont arrivés rue des Saints-Pères. »

Cent motards. Dans une petite rue du 6e arrondissement. Chez la future fée des enfants. « Vous imaginez l’étroitesse de la rue, et puis tout ça, ça vibrait. Je croyais qu’il y avait un tremblement de terre », a-t-elle raconté sur France Bleu.

Et ils ne restent pas dehors. « Ils sont tous arrivés à la maison, j’étais affolée, mais enfin bon, c’était sympa ! » Affolée, mais bonne joueuse. Sur TPMP People, elle a revécu la scène d’un cri du cœur : « Olala, 100 bikers dans la rue des Saints-Pères ! »

Dans C à vous, elle a ajouté le détail qui tue. « Tout d’un coup, dans la rue des Saint-Pères qui est étroite, j’entends un bruit… 80 bikers ! Il y en avait partout ! » Et la fameuse pièce maîtresse de la déco ? « On avait mis une belle moquette blanche. »

Une moquette blanche face à une horde de motards. Le résultat, elle l’a décrit sans détour : « Il y avait des grandes traces de pas partout. » Et sa conclusion, aussi rock que son invité : « Mais moi je m’en foutais… »

Quarante, quatre-vingts, cent… et puis sept cents

Petit détail qui amusera les fans : le nombre de bikers grossit au fil des récits. Quarante dans Closer en 2021, avec déjà « le boucan, un tremblement de terre ». Cent sur France Bleu en 2022 et sur TPMP People en 2023. Quatre-vingts dans C à vous. La légende de Johnny fait ça aux souvenirs.

Mais le plus troublant arrive des décennies plus tard. Lors de ses obsèques à Paris, le corbillard de Johnny descend les Champs-Élysées devant près d’un million de personnes. Derrière lui, sept cents bikers venus de toute la France.

Les copains motards qui avaient fait trembler la rue des Saints-Pères sont devenus une armée pour l’accompagner une dernière fois. La boucle est bouclée, et l’image prend une autre dimension quand on connaît l’histoire de la moquette blanche.

Chantal, elle, n’a jamais tenu rigueur de ces traces de pas. « C’est comme un grand frère, il fait partie de la famille », a-t-elle confié, émue selon Télé-Loisirs. Dans Closer, elle avait eu la même formule : « Johnny était comme un frère. »

À 84 ans, celle qu’il appelait « la Johnny Hallyday des enfants » est toujours sur scène, avec une tournée pour ses 50 ans de carrière prévue jusqu’en 2026. Il n’y a plus de moquette blanche rue des Saints-Pères. Mais elle a gardé intact le souvenir du jour où le rock est entré chez elle, bottes aux pieds.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *