« Je suis désolé » : en larmes sur scène, Ed Sheeran craque après la polémique Macklemore
Un concert ne devait durer que deux heures. Celui-là a commencé par des larmes. Samedi soir, à Philadelphie, Ed Sheeran est monté sur scène pour son premier show depuis le scandale qui a secoué sa tournée. Ce qu’il a dit avant même de chanter sa première note a bouleversé tout un stade.

Une tournée qui vire au chaos
Tout part d’un soir à MetLife Stadium, dans le New Jersey. Macklemore, invité en première partie de la Loop Tour, lance un appel pour la Palestine devant des dizaines de milliers de spectateurs. Il interprète aussi son titre engagé sur Hind Rajab, une fillette palestinienne tuée par l’armée israélienne.
Les mots font le tour des réseaux en quelques heures. La chanteuse Pink dénonce publiquement le rappeur. Des salles refusent désormais de le laisser monter sur scène. Le promoteur de la tournée finit par trancher : Macklemore est écarté des dates restantes, sous peine de voir l’intégralité du projet annulé.
La décision fait boule de neige. Finneas, Lukas Graham, Aaron Rowe et Beoga, les autres premières parties, quittent la tournée par solidarité. Des manifestants se rassemblent même devant le Lincoln Financial Field avant le concert de Philadelphie, qui doit être décalé de deux heures et demie faute d’ouverture de plateau.
« Je fais des erreurs, et je suis désolé »
C’est dans ce climat tendu que Sheeran, 35 ans, apparaît seul sur scène samedi. Avant de jouer le moindre morceau, il prend la parole. « Ce n’est pas comme ça que j’ouvre habituellement un concert », lance-t-il, la voix hésitante.
Il évoque d’abord les critiques qu’il a l’habitude d’essuyer sur sa musique, avant de basculer : « Mais cette semaine, la critique portait sur quelque chose de bien plus important. Je fais des erreurs, et je suis vraiment, vraiment désolé. »
Le chanteur britannique affirme n’avoir « jamais voulu être un artiste militant », mais reconnaît s’être retrouvé « au milieu d’un débat capital sur la liberté d’expression et la question politique la plus complexe de la planète ». Il qualifie l’attaque du 7 octobre contre le festival Nova d’« horrible », tout en jugeant la situation à Gaza « catastrophique, injustifiable et disproportionnée ».
Une brouille entre deux amis de 13 ans

Sur Instagram, Macklemore avait déjà raconté sa version : un « désaccord douloureux » avec Sheeran, malgré treize ans d’amitié entre les deux artistes. Il affirme aussi que Robert Kraft, propriétaire des New England Patriots, aurait personnellement appelé Sheeran pour lui interdire de se produire à Gillette Stadium.
Sheeran, de son côté, s’est défendu d’être « complice » du conflit tout en se disant « atterré » par la situation. Il précise que le contrat de Macklemore était signé avec le promoteur, pas avec lui, et qu’il refusait d’annuler la tournée au détriment des fans et de son équipe technique.
Le rappeur a ensuite reversé le million de dollars perçu pour cette tournée à l’aide humanitaire en Palestine, poussant Kraft à promettre à son tour deux millions de dollars. Même le cousin de Sheeran, Jethro, s’en est mêlé, le qualifiant publiquement d’« égoïste » sur les réseaux sociaux.
Face au public de Philadelphie, Sheeran a conclu, submergé par l’émotion : « Ce concert reste un endroit où tout le monde est le bienvenu, où l’on peut être en désaccord sur tout, sauf sur l’envie de chanter ces chansons ensemble. »
Une larme sur scène, un million de dollars reversé, une amitié fracturée : cette polémique dépasse largement le cadre d’une simple tournée. Reste à savoir si Ed Sheeran parviendra à recoller les morceaux avec celui qu’il appelait encore récemment son frère.