« Quand on perd ses cheveux, pour une femme, c’est difficile » : Évelyne Dhéliat se livre sur son cancer, 14 ans après

Depuis bientôt soixante ans, son visage accompagne les Français avant le journal télévisé. Mais derrière le sourire de la présentatrice météo la plus connue de TF1, une bataille silencieuse s’est jouée loin des caméras. Quatorze ans après son diagnostic, Évelyne Dhéliat lève enfin le voile sur ce qu’elle a vraiment traversé.
Une annonce qui a fait basculer sa vie en 2012
Arrivée sur TF1 en 1975, Évelyne Dhéliat s’impose comme la voix de la météo à partir de 1991. Trente-cinq années d’antenne, ponctuées d’un épisode que personne ne voyait venir : le diagnostic d’un cancer du sein en 2012.
« C’est le monde qui vous tombe sur la tête, lorsqu’on vous annonce ça », confie-t-elle à Paris Match. Une phrase simple, mais qui résume l’onde de choc que traverse toute personne confrontée à cette annonce.
À l’époque, la présentatrice choisit la discrétion. « En accord avec TF1, on a publié un communiqué. Mais rien de plus, je ne voulais pas en parler », explique-t-elle.
Une décision qui tranche avec l’exposition permanente de son métier, un peu comme cette gestion millimétrée des apparitions publiques que l’on retrouve chez d’autres personnalités touchées par la maladie. Ce silence assumé cache pourtant un quotidien bouleversé, celui d’une femme qui continue de travailler malgré les traitements.
Le calvaire discret derrière le bulletin météo
Ce que révèle Évelyne Dhéliat aujourd’hui, c’est l’ampleur du combat mené en coulisses. « Ce n’est pas un rhume : vous avez une épée de Damoclès au-dessus de la tête », résume-t-elle avec une franchise rare.
Le traitement s’avère lourd, avec des effets secondaires bien réels. « Et puis physiquement quand on perd ses cheveux, pour une femme, c’est difficile », ajoute-t-elle, mettant des mots sur une épreuve que beaucoup de patientes traversent en silence, loin des projecteurs.
Mais la vraie révélation tient dans son organisation quotidienne pendant la radiothérapie. « Pendant la radiothérapie, j’allais à l’hôpital le matin et je venais travailler tout de suite après. Je présentais mon bulletin avec une perruque », raconte-t-elle. Un aller-retour incessant entre le service d’oncologie et le plateau de TF1, sans jamais que le public ne se doute de rien.
Cette double vie, entre soins intensifs et présence télévisuelle, illustre à quel point la maladie peut se dissimuler derrière une image publique impeccable. D’autres personnalités, comme la famille de Bruce Willis qui a récemment évoqué son combat, montrent que ces épreuves touchent aussi les figures les plus solides en apparence.

Le jour où elle a assumé ses cheveux courts à l’antenne
C’est là que se joue le vrai tournant de cette histoire. Après des mois à dissimuler les conséquences de son traitement sous une perruque, Évelyne Dhéliat prend une décision forte : elle choisit de se montrer telle qu’elle est vraiment, cheveux courts, sans artifice.
« C’était une manière de dire ‘Voilà, c’est moi, c’est comme ça’ », explique-t-elle. Une phrase qui résume à elle seule tout le chemin parcouru entre le déni imposé par la maladie et l’acceptation assumée face aux caméras.
Ce geste, en apparence anodin, a une portée symbolique immense. Pour des millions de téléspectatrices confrontées au même diagnostic, voir une figure familière assumer sa transformation physique à l’antenne représente un signal fort. La maladie ne se cache plus, elle se regarde en face, comme le rappelle régulièrement le travail de sensibilisation mené autour des grandes causes de santé.
Aujourd’hui, quatorze ans après le diagnostic, la présentatrice préférée des Français est officiellement en rémission. Elle a rejoint l’association Ruban rose, dédiée à l’information sur le cancer du sein et au dépistage précoce, transformant son expérience personnelle en engagement collectif.
Une perruque, des cheveux courts assumés, puis un engagement associatif : Évelyne Dhéliat a fait de son combat une leçon de résilience à l’antenne. Et si son témoignage donnait, à d’autres femmes, le courage de parler à leur tour ?