« Une mauvaise prestation » : la rupture téléphonique de Claude François qui a gâché la victoire de France Gall à l’Eurovision
Le 20 mars 1965, une jeune chanteuse de 17 ans monte sur la plus haute marche de l’Eurovision. France Gall vient de remporter le concours avec Poupée de cire, poupée de son. Elle décroche aussitôt son téléphone pour partager sa joie avec l’homme qu’elle aime, Claude François.

Mais ce coup de fil ne se passe pas comme elle l’espérait. Et ce n’est que le début d’une spirale bien plus sombre, racontée dans les coulisses d’un livre qui lève le voile sur cette romance électrique.
Une passion sous haute tension, bien avant Michel Berger
Avant de connaître la stabilité aux côtés de Michel Berger, France Gall traverse une liaison tumultueuse avec Claude François. Le couple, très en vue dans le paysage musical français des années 1960, s’aime avec fougue.
Mais cette fougue a un revers. Claude François multiplie les crises de jalousie, souvent disproportionnées, à mesure que la carrière de sa compagne décolle. La jeune artiste, elle, encaisse sans toujours comprendre ce qui se joue derrière ces accès de colère.
L’épisode le plus marquant de cette relation survient en 1965. C’est justement l’année où France Gall représente le Luxembourg à l’Eurovision, un concours qu’elle remporte haut la main. Un triomphe qui, au lieu de célébrer leur amour, va exposer au grand jour la faille béante de leur couple.
Car ce soir-là, la réaction de Claude François ne ressemble en rien à celle d’un compagnon fier. Que s’est-il vraiment passé au bout du fil ?
Larguée par téléphone le soir de son sacre
Ivre de joie, France Gall appelle son compagnon pour lui annoncer la nouvelle. Mais à l’autre bout de la ligne, Claude François affiche une froideur glaciale. Il prétexte de prétendues fausses notes et une mauvaise prestation pour rompre, sans préavis ni ménagement, quelques heures à peine après le triomphe de la jeune femme.
La rupture gâche à tout jamais ce moment qui aurait dû rester un souvenir radieux. Un an après ses débuts, la chanteuse encaisse ce qui ressemble à une punition déguisée en jugement artistique, comme le rapporte le biographe Alain Wodrascka dans son ouvrage France Gall : des amours, des chansons et des larmes.
Le couple se réconcilie pourtant très vite après cet épisode. Comme si rien ne s’était passé. Mais l’accalmie ne dure pas.
Une rumeur circule bientôt : France Gall aurait eu une aventure avec un chanteur italien pendant le concours de l’Eurovision. Fausse ou vraie, peu importe : elle suffit à mettre le feu aux poudres. Et cette fois, la colère de Claude François ne va plus se contenter d’un simple coup de téléphone. Ce qui suit va tourner à la scène de ménage la plus violente de leur histoire commune.

Une dispute qui a failli tourner au drame
Alors qu’il se trouve en Belgique quand la rumeur lui parvient, Claude François exige de rentrer immédiatement à Paris. Son secrétaire, Christian Morise, sentant l’orage arriver, supplie France Gall de quitter l’appartement avant leur retour. Elle reste malgré tout.
Ce qui suit est raconté par Christian Morise lui-même, témoin direct de la scène : « Claude pénètre dans l’appartement comme une tornade. Une violente dispute éclate. » Le chanteur attrape une paire de pique-cierges achetée chez un antiquaire, et en jette un au visage de sa compagne. Elle l’esquive de justesse : l’objet termine sa course contre le mur, y laissant une trace bien visible.
Paniquée, France Gall s’enfuit dans la rue. Claude François, hors de lui, se lance à sa poursuite en voiture. Christian Morise décrit une scène glaçante : « Claude s’engouffre dans la Mustang et je le suis. Le bolide slalome entre les piquets prévus pour l’installation du marché. Devenu fou, il cherche à la renverser. Je tire sur le volant pour lui éviter de commettre l’irréparable. »
C’est cette intervention in extremis du secrétaire qui permet à la jeune chanteuse d’échapper au pire. Le couple se remettra pourtant une nouvelle fois ensemble avant que France Gall ne referme définitivement cette page en 1967.
Ce que cette relation a laissé derrière elle
Cette histoire, longtemps restée dans l’ombre des biographies officielles, éclaire d’un jour nouveau la trajectoire amoureuse de France Gall. Avant de trouver l’équilibre auprès de Michel Berger, elle a traversé une passion destructrice dont elle n’a que rarement parlé publiquement.
Claude François, star adulée du grand public, révèle ici une facette bien plus sombre que l’image lisse véhiculée par ses tubes. Une violence intime que son entourage proche, comme Christian Morise, a préféré taire pendant des décennies avant que le biographe Alain Wodrascka ne la documente.
France Gall a fini par tourner cette page en 1967, définitivement cette fois. Ce n’est que des années plus tard, aux côtés de Michel Berger, qu’elle trouvera la stabilité amoureuse qui lui manquait tant. Une reconstruction lente, mais qui donnera naissance à l’un des couples les plus solides de la chanson française.
Cette romance orageuse rappelle aussi combien les icônes populaires cachent parfois des zones d’ombre insoupçonnées derrière leurs succès publics.
Cette course-poursuite en Mustang n’était que le sommet visible d’une relation minée par la jalousie. Et si cette histoire vous a marqué, ce que France Gall redoutait avant le tennis fatal du 2 août 1992 risque de vous bouleverser tout autant. D’autres amours de stars ont aussi viré au chaos : la vengeance que préparerait Sylvie Vartan contre Laeticia Hallyday en dit long sur ces rivalités qui ne s’éteignent jamais vraiment.