Franck Ribéry, bientôt papa pour la 6e fois : ce qui lui est arrivé à 2 ans explique tout
Il y a des visages qu’on reconnaît en une seconde. Celui de Franck Ribéry en fait partie. Pas seulement à cause des dribbles, des titres, du maillot rouge du Bayern. À cause de cette ligne qui court sur sa joue droite, et qu’aucun projecteur n’a jamais réussi à effacer. À 43 ans, l’ancien international français revient au centre de tous les regards. Pas pour un but. Pour une naissance, que la presse italienne dit confirmée, loin de toute annonce officielle. L’occasion de raconter, enfin, l’histoire complète de cette cicatrice.
Une naissance que personne n’avait vue venir
Tout part d’Italie. C’est là que Franck Ribéry a posé ses valises après avoir raccroché les crampons, entre Florence et Salerne, loin du tumulte français qui l’a si souvent malmené.
En juin, le journaliste italien Gabriele Parpiglia lâche une information qui va enflammer la presse people transalpine : l’ancien ailier du Bayern entretiendrait depuis plusieurs années une relation discrète avec Greta Beccaglia, journaliste sportive originaire de Prato, en Toscane. Selon lui, elle serait enceinte.
Contactée directement, la principale intéressée lui aurait demandé comment il avait obtenu cette information, avant de promettre de le rappeler. Elle ne l’aurait jamais fait. Cette version reste, à ce stade, propre au récit du journaliste : ni Franck Ribéry ni Greta Beccaglia n’ont confirmé publiquement quoi que ce soit.
Deux mois plus tard, l’histoire prend une tournure plus concrète. Le quotidien toscan La Nazione affirme qu’un enfant serait né fin juin, loin de toute agitation médiatique, à l’hôpital de Careggi, à Florence. Le journal évoque un petit garçon, sixième enfant de Franck Ribéry, premier pour Greta Beccaglia, âgée de 32 ans.

Il faut être précis sur ce que l’on sait réellement : aucune annonce officielle n’a été faite par l’un ou l’autre. Ce que l’on trouve, ce sont des recoupements de plusieurs titres italiens — La Nazione, Il Tirreno, FirenzeToday — qui convergent vers la même version, sans jamais atteindre le niveau d’une confirmation directe. Les rédactions françaises, elles, se contentent pour l’instant de relayer ces informations italiennes au conditionnel.
Un indice avait pourtant circulé bien avant la naissance supposée. Le 12 avril, jour de son 32e anniversaire, Greta Beccaglia avait publié sur les réseaux sociaux un message qui, relu après coup, prend un tout autre sens : elle y évoquait l’anniversaire le plus spécial de sa vie, accompagné d’une explosion de sentiments amoureux. Le message était accompagné d’un émoji ballon de football — clin d’œil à peine voilé au monde dans lequel évolue Franck Ribéry.
Depuis, selon Il Tirreno, le couple se serait installé dans une villa sur les collines de la région de Prato. Des habitants de la ville disent avoir croisé l’ancien international en train de courir le long de la piste cyclable qui longe le Bisenzio, ou en train de jouer au tennis du côté de Vaiano. Sur les réseaux sociaux, en revanche, c’est silence radio : aucun cliché des deux ensemble n’a jamais circulé.
Qui est Greta Beccaglia
Le nom de Greta Beccaglia n’est pas inconnu en Italie. Journaliste sportive originaire de Prato, elle est la fille de Valdemaro Beccaglia, ancien président du musée Pecci, disparu en 2012. Elle a également été présentatrice télé.
Son nom avait déjà fait la une des journaux italiens en novembre 2021, dans un tout autre contexte : elle avait été victime de harcèlement en direct à la télévision, en marge d’un match de Serie A à Empoli, une affaire qui avait suscité une vague d’indignation dans le pays.
Sa relation avec Franck Ribéry serait née, selon la presse italienne, sur les terrains de football eux-mêmes — elle en tant que journaliste, lui en tant que joueur puis, aujourd’hui, futur entraîneur. Un terrain commun au sens propre comme au figuré.
Rien, dans son activité professionnelle publique, ne laissait deviner cette histoire. Aucune apparition commune, aucune mention croisée sur les réseaux sociaux, pas la moindre photo volée avant la publication de son message d’anniversaire au printemps. Une discrétion totale, entretenue pendant plusieurs années selon le récit qu’en fait la presse transalpine, dans un milieu où la moindre rumeur circule d’ordinaire en quelques heures.
Une famille déjà nombreuse
Franck Ribéry s’est marié en 2002 avec Wahiba. De cette union sont nés cinq enfants : Hiziya, Shahinez, Seïf el Islam, Mohammed et Keltoum. Une famille qu’il a longtemps présentée comme un pilier de son équilibre, évoquée à de multiples reprises dans ses interviews au fil de sa carrière.
Sur l’état actuel du couple, la prudence s’impose : certains titres italiens évoquent un mariage rompu, d’autres restent plus mesurés et n’avancent aucune certitude. Aucune déclaration officielle n’étant venue trancher la question, il n’est pas possible d’affirmer quoi que ce soit sur ce point à ce stade.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que Franck Ribéry entame aujourd’hui une reconversion. Il suit actuellement le cursus d’entraîneur au Centre technique fédéral de Coverciano, près de Florence, celui-là même qui a formé une grande partie des sélectionneurs et entraîneurs italiens. De joueur le plus titré du football allemand à stagiaire sur les bancs de touche toscans, la trajectoire a de quoi surprendre.

Boulogne-sur-Mer, le Chemin Vert, et un gosse qui n’avait rien
Pour comprendre l’homme que la presse italienne s’arrache aujourd’hui, il faut remonter très loin. Bien avant les millions, bien avant Munich. Il faut retourner à Boulogne-sur-Mer, dans un quartier populaire du Nord, chez un gamin qui n’avait rien et qui portait déjà sur le visage quelque chose que personne ne pouvait lui enlever.
Franck Henry Pierre Ribéry naît le 7 avril 1983, dans le quartier du Chemin Vert. Le Nord, le vrai, celui des façades grises et des vents qui décoiffent. La famille n’est pas riche, les années sont difficiles, et le football arrive très vite comme un refuge.
À six ans, il tape ses premiers ballons au FC Conti de Boulogne-sur-Mer, un club de quartier sans rien de glamour. Mais sur un terrain, le petit Franck devient soudain quelqu’un d’autre.
À douze ans, coup de projecteur : le LOSC Lille le repère et l’intègre à son centre de formation. Le grand club régional, la filière, la promesse d’une carrière. Quatre ans plus tard, la porte claque. Il est renvoyé, pour mauvais résultats scolaires et problèmes de comportement. À seize ans, il se retrouve remis à la case départ, avec une étiquette collée dans le dos.
Les chantiers, la faillite, l’essai raté
Ce que la légende du Bayern a fini par effacer, c’est l’ampleur du chemin parcouru. Franck Ribéry n’est pas passé directement du centre de formation à la Bundesliga. Il est passé par l’ordinaire, souvent rude, du football amateur français.
En 2000-2001, à 17 ans, il débute à l’US Boulogne, en CFA. La saison suivante, il s’impose comme titulaire en National, malgré la relégation du club. Il quitte ensuite Boulogne faute d’accord financier avec les dirigeants.
Repéré par un entraîneur de l’Olympique d’Alès, en National, il croit tenir sa chance. Sauf que le club tombe en faillite à la fin de la saison. Retour à la case départ, encore.
Et c’est là la scène la plus parlante de toute sa jeunesse : il retourne à Boulogne pour retravailler sur les chantiers avec son père. Le futur troisième du Ballon d’or 2013, casque sur la tête, à porter des charges. Il tente ensuite sa chance à un essai à Guingamp, sans succès.
À un âge où beaucoup auraient rangé les crampons dans un sac, définitivement, lui a continué. Et ce qui l’a fait tenir, il ne l’a raconté publiquement que bien plus tard, dans un documentaire diffusé sur Canal+. On y reviendra.
Brest, la roulette, et le début de la fusée
C’est le Stade brestois, en National, qui le récupère. Le club n’a rien d’un géant, mais il va servir de rampe de lancement.
Le déclic public arrive en Coupe de France, face à Nantes. Ribéry sort une roulette, puis un grand pont sur un défenseur. Le stade se lève. La France du football découvre un profil inhabituel.
La saison 2003-2004 est celle de l’explosion : Brest monte en Ligue 2 et Ribéry se distingue comme l’un des meilleurs passeurs du National. Le public du Stade Francis-Le Blé l’ovationne.
Plusieurs clubs le courtisent. C’est finalement le FC Metz qui rafle la mise, sans indemnité de transfert. Aujourd’hui encore, ce détail donne le vertige : un joueur qui vaudra une trentaine de millions d’euros trois ans plus tard, récupéré gratuitement en Lorraine.
Metz : six mois pour retourner la Ligue 1
Ses débuts en Ligue 1 ont lieu en 2004 contre Nantes, titulaire d’entrée. Le choc est immédiat : dès août 2004, il est élu joueur du mois par le syndicat des joueurs professionnels. Milieu droit, accélérateur de jeu infatigable : les superlatifs pleuvent.
Le 6 novembre 2004, il marque son premier but en France, contre Toulouse. Dans la foulée, il connaît ses premières sélections en équipe de France espoirs.
Et puis, coup de théâtre. Après seulement six mois en Lorraine, il est transféré vers la Turquie, dans les toutes dernières heures du mercato d’hiver. Direction Galatasaray. Pour un gamin qui bossait sur les chantiers deux ans plus tôt, le vertige est total.
Mais ce que la Turquie va lui donner dépasse largement l’aspect sportif. Là-bas, les supporters vont lui coller un surnom qui va renverser durablement son rapport à son propre visage.
Istanbul : le surnom qui va renverser sa vie
Il ne met pas longtemps à devenir l’un des chouchous du public turc. Sa vitesse, son culot, son refus de calculer : Istanbul adore ça.
Deux surnoms lui sont attribués. Le premier, « Ferraribéry », pour la vitesse. Le second est nettement plus lourd de sens, et fait explicitement référence à sa cicatrice.
Chez lui, en France, cette marque avait été une cible, une source de moqueries. À Istanbul, les supporters en font un emblème, un signe distinctif de dur à cuire, presque une décoration. Le renversement est total : ce que la cour d’école avait transformé en insulte, une tribune turque le transforme en légende.
Sur le terrain, il rend l’amour reçu en inscrivant un but en finale de la Coupe de Turquie, remportée 5-1 contre le grand rival Fenerbahçe. Mais l’histoire turque tourne court : problèmes de versement de salaires, rupture unilatérale de contrat. En juin 2005, direction Marseille.

Marseille, le Vélodrome, et un but éclair
Le transfert ne coûte rien à l’OM, puisque le joueur rompt son contrat avec Galatasaray, qui lance une procédure pour rupture abusive. Ribéry retrouve à Marseille l’un de ses anciens entraîneurs.
Le public du Vélodrome ne met que quelques semaines à l’adopter. Un ailier qui ne lâche rien, qui provoque, qui se relève : c’est exactement l’ADN que Marseille réclame.
Cette saison-là, il est distingué à plusieurs reprises comme joueur du mois par le syndicat des joueurs, décroche le trophée du meilleur espoir de Ligue 1, et signe l’un des plus beaux buts de la saison face à Nantes. Il inscrit également l’un des buts les plus rapides de la saison 2005-2006, en Coupe de France.
Et à l’été 2006, un événement improbable se produit : ce gamin sans la moindre sélection en équipe de France A débarque dans le groupe pour la Coupe du monde en Allemagne. La suite va sidérer la planète football.
2006 : l’héritier désigné de Zidane
Sa première sélection tombe le 27 mai 2006, contre le Mexique au Stade de France. Il entre en cours de match, sous les acclamations. C’est aussi le dernier match de Zinédine Zidane au Stade de France avant le Mondial.
Le 27 juin 2006, en huitième de finale contre l’Espagne, il déborde le gardien adverse et marque son premier but international. La France l’emporte 3-1 et file en quarts.
Contre le Brésil, il efface plusieurs joueurs. Contre le Portugal, il met en difficulté la défense adverse. Le 9 juillet 2006, il dispute la finale contre l’Italie, où son équipe s’incline aux tirs au but après un match nul 1-1.
Zidane lui-même louera, par la suite, son insouciance et sa force de caractère. Mais pendant que la France s’extasie devant le nouveau prodige, une autre France ricane. Les Guignols de l’Info s’emparent du personnage, et le portrait qu’ils en font va durablement coller à sa peau.
Les Guignols, la syntaxe, et le mépris de classe
Dès la Coupe du monde 2006, le joueur est caricaturé comme un footballeur surexcité à la syntaxe sommaire. La marionnette devient un running gag national.
C’est drôle, dit-on. C’est bon enfant, ajoute-t-on. Sauf qu’on parle d’un gamin sorti du Chemin Vert, viré d’un centre de formation pour ses notes, et qui a repris les chantiers avec son père. Moqué pour ses fautes de français, moqué pour son accent, moqué déjà pour son visage dans les cours de récré du Nord — le schéma se répète avec une constance troublante.
Il forge alors une image de blagueur, apparaît dans des clips de rap et de variété française, et participe à des soirées caritatives. Le contraste est saisissant : en Allemagne, quelques mois plus tard, on va le vénérer. En France, on l’imite en forçant sur l’accent.
Munich : quand un club allemand dit avoir « gagné au Loto »
Été 2007. L’Olympique de Marseille réclame un minimum de 25 millions d’euros pour son transfert. Le Real Madrid recule devant la somme. Le Bayern Munich, lui, dégaine.
Le montant du transfert atteint 30 millions d’euros bonus compris — 16 immédiats, 10 en 2008, et 4 supplémentaires en cas de qualification en Ligue des champions — un record en Allemagne à l’époque. Son salaire grimpe à 4 millions d’euros nets par saison.
Le gamin des chantiers de Boulogne devient l’un des transferts les plus chers de l’histoire du championnat allemand. Il ne déçoit pas : premier but en Bundesliga dès août 2007 contre le Werder Brême. Installé sur le couloir gauche, il forme avec ses coéquipiers offensifs une armada redoutable.
Doublé coupe-championnat dès la première saison. Un nouveau surnom lui colle à la peau, autrement plus flatteur que ceux de la cour d’école : « Kaiser Franck », en référence à Franz Beckenbauer. Ce dernier confiera plus tard que le recruter revenait à avoir gagné au loto. L’Allemagne venait d’adopter un fils.
Le corps qui lâche, encore et encore
Puis vient le prix à payer. Car derrière les trophées, il y a un corps qui encaisse mal les chocs, et une infirmerie qui devient une seconde maison.
À l’Euro 2008, contre l’Italie, il sort dès la 8e minute, évacué sur civière, victime d’une blessure au ligament de la cheville gauche. Il est opéré et indisponible plusieurs mois.
Lors de la saison 2009-2010, une succession de pépins physiques le tient éloigné des terrains plus de trois mois. Il revient en janvier 2010, marque contre Manchester United, puis récolte un carton rouge en demi-finale de Ligue des champions contre Lyon. Suspendu deux matchs, il rate la finale, perdue face à l’Inter Milan de José Mourinho.
Un homme ordinaire aurait pu plier. Lui possède une chose que les autres n’ont pas toujours : une patience forgée très tôt, à l’âge de deux ans exactement.
2013 : l’année où il touche le ciel
La saison 2012-2013 est la consécration. Champion d’Allemagne devant le Borussia Dortmund. Coupe d’Allemagne remportée. Et surtout, le 25 mai 2013, la Ligue des champions face à ce même Borussia Dortmund, en finale.
Ce soir-là, il est à l’origine des deux buts de son équipe. Le gamin du Chemin Vert soulève la coupe aux grandes oreilles. Il a trente ans et le monde à ses pieds.
La série continue : Supercoupe de l’UEFA, Coupe du monde des clubs, prix UEFA du meilleur joueur d’Europe, décroché devant Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Toute la planète football murmure la même chose : le Ballon d’or est pour lui.
Le 13 janvier 2014, le verdict tombe. Il termine troisième, derrière Cristiano Ronaldo, vainqueur, et Lionel Messi. Des années plus tard, il emploiera un mot terrible pour qualifier ce résultat.
Knysna, Zahia, et la France qui le déteste
Impossible de raconter Franck Ribéry sans les tempêtes. Elles ont été violentes, publiques, parfois brutalement injustes, parfois moins.
En avril 2010, il est entendu par la police comme témoin dans une affaire de proxénétisme aggravé. Il reconnaît des relations tarifées, tout en affirmant avoir ignoré la minorité de la personne concernée. L’affaire explose dans tous les médias. Il est mis en examen quelques mois plus tard. En janvier 2014, il est relaxé avec Karim Benzema, la justice estimant que les deux joueurs ignoraient la minorité de la jeune femme au moment des faits.
Entre-temps, il y a eu Knysna : la Coupe du monde 2010, la grève d’entraînement des joueurs, un scandale retentissant. Ribéry est identifié comme l’un des meneurs. La Fédération le suspend pour les premiers matchs suivant le Mondial.
En 2010 puis en 2011, il figure parmi les sportifs français les moins appréciés du pays, selon plusieurs sondages relayés à l’époque. Le 29 mars 2011, au Stade de France, contre la Croatie, il fête sa 50e sélection. Il est hué par son propre public.
Le retour en grâce, et une côte cassée
Il aurait pu se murer dans le silence. Il fait l’inverse : rappelé en sélection, il s’explique devant la presse française et dit vouloir faire partie de l’avenir des Bleus.
Sous la houlette de Didier Deschamps, il redevient un pilier de l’équipe de France. Il enchaîne les buts et les passes décisives, et termine meilleur buteur des éliminatoires du Mondial 2014.
Le sommet de cette période intervient le 19 novembre 2013, lors du barrage retour qualificatif face à l’Ukraine, après une défaite 2-0 à l’aller. Le Stade de France retient son souffle. La France l’emporte 3-0, avec un doublé de Mamadou Sakho et un but de Karim Benzema.
Détail que peu de gens connaissent : ce soir-là, Ribéry joue une grande partie du match avec une côte cassée. Voilà l’homme, voilà le tempérament. Et ce tempérament, il en donne lui-même l’origine dans un documentaire diffusé sur Canal+, intitulé Ma part d’ombre. La confession est glaçante de sincérité.
La blessure au dos et la retraite internationale
Le 17 mai 2014, il remporte la Coupe d’Allemagne. Mais une blessure contractée pendant cette finale le contraint à déclarer forfait pour la Coupe du monde au Brésil, officiellement en raison d’une lombalgie persistante.
Le 13 août 2014, il annonce la fin de sa carrière internationale, après 81 sélections, évoquant un manque de soutien au moment de sa blessure. Fin de l’histoire bleue, à 31 ans.
Il continue pourtant d’écrire l’histoire en Bavière. Il devient, quelques mois plus tard, le Français le plus capé de l’histoire de la Bundesliga, et franchit au passage la barre des 100 buts pour le club. Neuf titres de champion d’Allemagne au total sur toute sa carrière munichoise — un total qui fera de lui, à son départ en 2019, le joueur le plus titré de l’histoire de la compétition, un record depuis rejoint puis dépassé par d’autres joueurs du club, dont Thomas Müller.

L’adieu de Munich et la deuxième vie italienne
Le 5 mai 2019, le Bayern officialise son départ en fin de saison. Pour son dernier match à domicile, contre l’Eintracht Francfort, il entre en jeu et marque quelques minutes plus tard. Ce but sera élu but de la saison de Bundesliga.
Le 21 août 2019, il signe deux ans à la Fiorentina. Les supporters l’accueillent en masse à l’aéroport de Florence. En septembre, il est élu joueur du mois de Serie A, avant une blessure sérieuse à la cheville qui l’éloigne des terrains plusieurs semaines.
En septembre 2021, il rejoint l’US Salernitana, tout juste promue en Serie A. Le 21 octobre 2022, les genoux ne suivent plus : il annonce la fin de sa carrière de joueur. Le lendemain, les supporters de Salerne l’ovationnent avant le coup d’envoi.
Vingt ans de carrière professionnelle, une vingtaine de titres collectifs. Et toujours, sur son visage, cette ligne que personne n’a jamais oubliée.
Le documentaire où il baisse enfin la garde
En 2021, Franck Ribéry accepte de se livrer à Canal+. Pas sur ses buts, pas sur ses trophées. Sur son enfance, sur les regards, sur ce qu’il porte depuis toujours.
Le documentaire s’appelle Ma part d’ombre. Le titre, à lui seul, en dit long. Et ce qu’il y raconte n’a plus grand-chose à voir avec le personnage caricatural des Guignols.
« Où j’allais les gens me regardaient. Pas parce que j’étais beau, pas parce que je m’appelais Franck, pas parce que je joue bien au football, mais parce que j’avais une cicatrice », confie-t-il face caméra.
Il raconte l’école, les parents qui se regardent entre eux, les rires. Le surnom qu’on lui colle alors dans la cour est d’une cruauté rare : « Frankenstein ». Mais il ajoute aussitôt n’avoir jamais cédé, jamais pleuré dans un coin. Reste la question que tout le monde se pose depuis vingt ans sans oser vraiment la formuler : d’où vient cette cicatrice, exactement ?
Un coup de frein, un pare-brise, et une vie qui bascule
Nous sommes au milieu des années 1980. Franck Ribéry a deux ans, à peine. Son père conduit la voiture familiale, quelque part autour de Boulogne-sur-Mer. L’enfant n’est pas attaché — à l’époque, les réflexes n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui.
Selon le récit qu’en donne Franck Ribéry lui-même, rapporté dans le livre The Football Men du journaliste Simon Kuper, il se trouvait assis à l’arrière du véhicule au moment de l’accident, et a été projeté vers l’avant sous l’effet du choc. D’autres versions, publiées dans la presse people française, le situent à l’avant, à la place du passager. En l’absence de témoignage plus précis de sa part sur ce point, le récit qu’il a lui-même choisi de livrer publiquement reste la version à privilégier.
Quoi qu’il en soit du détail de la place occupée, le choc est frontal et brutal : un coup de frein, et le petit corps traverse le pare-brise de la voiture. La blessure à la tête est sérieuse et nécessite près de cent points de suture. Il en garde deux cicatrices définitives : l’une le long de la joue droite, l’autre sur le front. Deux marques que quarante ans n’ont pas effacées.
Voilà l’origine, aussi simple que brutale. Pas une bagarre, pas un accident de jeu, pas une blessure de terrain. Un enfant de deux ans, un pare-brise, et un père au volant qui n’a probablement jamais oublié ce bruit.
Ce genre d’accident, non attaché dans un véhicule au milieu des années 1980, n’a rien d’exceptionnel pour l’époque : l’obligation du port de la ceinture à l’arrière n’existait pas encore en France, et les sièges enfants, quand ils existaient, restaient loin des standards de sécurité actuels. Ce contexte n’enlève rien à la gravité de l’accident, mais il explique en partie pourquoi une scène aussi violente a pu se produire pour un trajet a priori anodin, autour de Boulogne-sur-Mer.
Quand la blessure devient une identité
Ce qu’il a fait de cette marque est peut-être plus fort encore que l’accident lui-même. Car il aurait pu la cacher, la faire opérer, la maquiller. Il ne l’a jamais fait.
« C’est ça qui m’a donné ce caractère, cette force aussi », explique-t-il à Canal+. Une phrase courte qui résume vingt ans de carrière et trois décennies d’encaissement. « Elle fait partie de mon identité », répète-t-il aujourd’hui.
De « Frankenstein » dans une cour d’école du Nord à « Scarface » dans les tribunes d’Istanbul, le chemin est vertigineux. Trois ans après avoir raccroché les crampons, il reste une figure très suivie en France comme en Allemagne.
En 2023, il a obtenu sa licence d’entraîneur UEFA A, qui l’autorise à encadrer des équipes de jeunes, des équipes féminines ou des clubs jusqu’en Serie C. Il poursuit aujourd’hui sa formation à Coverciano, en vue d’un diplôme supérieur d’entraîneur.
Reste ce nouveau chapitre italien, encore flou dans le détail, avec une sixième naissance que la presse transalpine dit confirmée mais que les deux principaux intéressés n’ont, à ce jour, jamais officialisée eux-mêmes. Une nouvelle page, discrète, dans une carrière qui n’a jamais vraiment su l’être.
Mais s’il y a bien une chose que l’histoire de Franck Ribéry raconte depuis quarante ans, c’est celle-ci : à deux ans, il a traversé un pare-brise. Depuis, il n’a plus jamais eu peur de traverser quoi que ce soit d’autre.
- 21/08/2026 à 10:16On s’en fou de sa vie mauvaise personne
- 21/08/2026 à 09:13Que d'attention pour si peu de chose, à croire que le journaliste n'a plus guère d' histoires à raconter, ce serait mieux de nous dire tout ce qui se passe en France! Heureusement il y a Cnew pour ça et on les critique, pauvre France!.
- 21/08/2026 à 02:05c'est à croire que l'édito n'a rien à raconter car on en a rien à foutre de savoir qu'un mec comme lui de sa vie privée
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