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Le frère de Christopher Nolan accusé d’être un tueur à gages caché derrière le nom « Oppenheimer »

Publié par Hannah le 10 Août 2026 à 7:47
Le frère de Christopher Nolan accusé d'être un tueur à gages caché derrière le nom "Oppenheimer"

Christopher Nolan a bâti sa carrière sur des scénarios retors, des complots qui se referment lentement. Mais l’histoire la plus rocambolesque de sa vie ne s’est jamais retrouvée sur un écran. Elle concerne son propre frère, accusé d’avoir été un tueur à gages sous un nom qui deviendra, quinze ans plus tard, celui de son film le plus oscarisé.

Des documents inédits révélés par le Daily Mail dévoilent l’ampleur de cette affaire restée quasi secrète. Ils montrent aussi à quel point le réalisateur s’est personnellement impliqué pour sauver son frère de la prison.

Trois frères, trois destins radicalement différents

Matthew, 57 ans, est l’aîné de la fratrie Nolan. Il précède Christopher, 56 ans, et Jonathan, 50 ans, tous nés à Londres d’un père publicitaire britannique et d’une mère américaine.

Les trois frères ont fréquenté la prestigieuse école Haileybury, dans le Hertfordshire, où la scolarité coûte aujourd’hui 50 000 livres par an. Christopher et Jonathan ont ensuite filé vers Hollywood.

Christopher a depuis remporté deux Oscars et un Golden Globe, salué pour des œuvres comme Interstellar ou sa relecture sombre de Batman. Jonathan, lui, est devenu producteur, nommé aux Oscars pour Memento et co-créateur de la série à succès Westworld.

Matthew, en revanche, s’est orienté vers l’immobilier à Chicago. Dans les années 2000, ses affaires tournent au vinaigre : il dépose le bilan en 2009. C’est le début d’une chute vertigineuse.

Une extradition réclamée pour meurtre

En mars 2009, un juge costaricien signe une demande d’extradition visant Matthew, liée à la mort de Robert Cohen, comptable floridien de 63 ans retrouvé mort en 2005 au Costa Rica.

Les charges sont vertigineuses : enlèvement aggravé, usage de faux document, et homicide aggravé. Autrement dit, meurtre.

Selon la police costaricienne, un riche négociant en pierres précieuses nommé Robert Breska aurait « engagé Matthew pour enlever et torturer Cohen » à cause d’un litige portant sur 7 millions de dollars disparus.

Breska aurait convaincu Cohen de rencontrer Matthew à San José, en lui faisant croire qu’il était multimillionnaire et membre de la dynastie du diamant Oppenheimer. Un détail qui prendra tout son sens des années plus tard.

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Le pseudonyme qui deviendra un titre de film oscarisé

C’est là que le dossier bascule dans l’incroyable coïncidence. Matthew aurait utilisé le nom de code « Oppenheimer » pour se faire passer pour ce riche héritier auprès de la victime.

Quinze ans plus tard, ce même nom deviendra le titre du film qui offrira à Christopher Nolan l’Oscar du meilleur film. Une ironie que personne, à l’époque, n’aurait pu imaginer.

Les autorités costariciennes affirment que Matthew s’est associé à Luis Alonso Douglas Mejia, un Costaricien plus tard condamné pour ce meurtre, pour « exécuter le plan d’enlèvement de la victime » le 6 mars 2005.

Selon la demande d’extradition, Matthew aurait « violemment » forcé Cohen à monter dans sa voiture avant de préparer un plan pour le retenir « caché dans une zone isolée d’une plage solitaire ». La « mission » était de mettre fin à sa vie, précise le document.

Un juge américain rejette les charges les plus graves

Mais le juge américain saisi du dossier, le juge Mason, refuse la demande d’extradition sur les chefs d’enlèvement et d’homicide aggravés. Il qualifie les preuves de « non étayées et non fondées ».

Il existait bien des « preuves valables » que Matthew se trouvait avec Cohen au moment de l’enlèvement, notamment des images de vidéosurveillance d’un hôtel où logeaient les deux hommes.

La voiture utilisée pour emmener Cohen, un Toyota 4Runner, avait aussi été louée par Matthew. Mais « ce qui manque, c’est la preuve que Breska ait engagé Matthew comme tueur à gages », écrit le juge.

Le magistrat approuve en revanche l’extradition pour usage de faux document : Matthew avait utilisé un faux passeport britannique, au nom de « Matthew Francis McCall », pour ouvrir un compte bancaire au Costa Rica.

Une tentative d’évasion digne d’un film

Matthew est arrêté alors qu’il assiste à une audience liée à sa propre faillite personnelle. Commence alors le chapitre le plus surréaliste de son histoire : une tentative d’évasion.

En octobre 2009, il est inculpé pour cinq chefs d’accusation après la découverte, dans sa cellule du centre correctionnel de Chicago, d’environ 9,5 mètres de corde tressée, un harnais similaire, un clip métallique et un morceau de lame de rasoir caché dans un savon.

Les gardiens ont même réussi à ouvrir une paire de menottes verrouillées avec ce clip métallique. Pourtant, le bâtiment fait 28 étages, se situe en zone urbaine dense, et ses fenêtres sont d’étroites fentes. Aucune évasion n’y avait jamais réussi.

christopher Nolan

Dans des notes échangées avec un autre détenu, Matthew évoquait son extradition en écrivant : « S’ils m’emmènent jusqu’à la Croix du Sud, je ne reviendrai pas. » Dans une autre note, il détaillait un plan pour descendre en rappel par la fenêtre.

L’intervention personnelle de Christopher Nolan

C’est à ce moment que le réalisateur, alors en pleine promotion d’Inception, intervient directement. Les avocats de Matthew plaident la clémence, appuyés par des lettres de sa femme, de ses enfants, et de Christopher lui-même.

Dans sa lettre datée du 28 juin 2010, Christopher qualifie la situation de « déchirante » et évoque un « mystère et un choc » quant à la situation de son frère.

Il raconte comment Matthew l’a protégé durant leur scolarité, dans « l’environnement darwinien d’un pensionnat catholique anglais ». Il écrit : « Mon frère m’a soutenu avec une loyauté qui, je crois, caractériserait encore son attitude envers ceux qui auraient besoin de lui. »

Christopher révèle aussi que leur père est mort d’un cancer pendant que Matthew était incarcéré, sans pouvoir lui dire au revoir. « Cela a été une punition terrible pour lui », écrit-il, plaidant pour une seconde chance.

Le verdict et la suite de l’histoire

Matthew finit par plaider coupable pour deux chefs liés à la tentative d’évasion. Condamné à 14 mois, il est libéré immédiatement, ayant déjà purgé cette durée, avec deux ans de mise à l’épreuve.

Il n’a finalement jamais été extradé vers le Costa Rica : seule l’accusation de faux document tenait, les charges de meurtre et d’enlèvement restant non prouvées.

Un porte-parole du ministère public costaricien a plus tard reconnu que les preuves jugées insuffisantes par le juge américain étaient les mêmes que celles utilisées pour condamner Mejia sur place.

L’année suivante, Matthew a poursuivi le gouvernement américain pour faute médicale et ses gardiens pour son traitement en détention. Ses avocats ont toujours maintenu son innocence totale, tout en exprimant des regrets pour la famille Cohen.

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