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« La haine et la colère ne résolvent rien » : Gisèle Pelicot révèle pourquoi elle veut revoir son ex-mari

Publié par Hannah le 06 Sep 2026 à 15:14

Depuis le procès de 2024, son nom est devenu un symbole. Gisèle Pelicot a refusé le huis clos, elle a raconté l’innommable, et des milliers de femmes lui ont écrit pour lui dire merci. Ce soir-là, lors de la 17e édition des DVF Awards, c’est Jane Fonda elle-même qui lui a rendu hommage. Mais dans les confidences qu’elle livre à Paris Match, une phrase surprend : elle veut revoir son ex-mari.

Gisèle Pelicot dévoile son livre

Une soirée de gala sous le signe du courage

La scène a quelque chose de vertigineux. Jane Fonda, star hollywoodienne engagée depuis des décennies pour les droits des femmes, s’adresse à Gisèle Pelicot dans un français impeccable. Elle lui prend la main, dépose un baiser sur sa joue, puis lance en riant : « J’adore votre nez ! » Un instant de légèreté au milieu d’une cérémonie autrement grave.

Car cette soirée porte aussi le poids d’une disparition. Gloria Steinem, grande amie de Jane Fonda et figure historique du féminisme américain, s’est éteinte le matin même. « Elle a ouvert la voie », reconnaît Gisèle Pelicot, avant de livrer sa propre définition du courage : « Celui de prendre la parole. Celui de défendre les autres.

Celui de refuser une injustice. » Une philosophie qui rejoint d’autres combats menés loin des projecteurs, comme la lutte contre les violences que subissent les plus jeunes.

Le prix qui lui est remis, elle l’accepte sans détour comme un hommage collectif. Depuis son témoignage public, elle reçoit des milliers de messages de victimes à travers le monde. « Ce prix leur est évidemment dédié », confie-t-elle, refusant de s’en attribuer le seul mérite. Une posture qui rappelle celle d’autres personnalités confrontées à des révélations judiciaires sensibles.

« Je souhaite le revoir et dialoguer avec lui »

C’est la déclaration qui marquera cette interview. Interrogée sur ses intentions envers son ex-mari, condamné dans l’affaire qui a bouleversé la France, Gisèle Pelicot ne se dérobe pas. « Oui, c’est vrai, je souhaite le revoir et dialoguer avec lui : nous n’avons pas eu d’échange depuis six ans », dit-elle sans détour.

Elle ne présente pas cette démarche comme un pardon. Plutôt comme une étape logique dans sa reconstruction personnelle. « Je considère que cette rencontre est une étape sur mon chemin de reconstruction. Le signe que je suis passée à autre chose », explique-t-elle. Une manière de reprendre le pouvoir sur son propre récit, loin de la posture de victime qu’on pourrait attendre.

Puis vient la phrase qui donne tout son sens à la démarche : « La haine et la colère ne résolvent rien. J’espère que Monsieur Pelicot a fait un travail d’introspection sur lui-même. Pour continuer à aller mieux et devenir un homme bon pour la suite.

» Un souhait qui ne relève pas de l’indulgence, mais d’une exigence : que l’homme qu’elle a côtoyé pendant des décennies ait vraiment changé.

Ce message d’espoir traverse aussi son livre Et la joie de vivre, best-seller publié en février, dans lequel elle refuse de céder à l’amertume comme d’autres figures publiques ayant traversé des épreuves personnelles majeures.

Livre ouvert et lettres manuscrites sur table en bois

Un combat qui dépasse sa propre histoire

Loin de se limiter à son cas personnel, Gisèle Pelicot insiste sur la dimension collective des violences sexuelles. Pour elle, la question dépasse largement le seul cadre judiciaire : « La violence envers les femmes est un sujet de société. » Elle appelle à un suivi psychologique obligatoire pour les auteurs de violences, estimant que « ce sont aussi des êtres en souffrance ».

Elle pointe aussi le rôle de l’éducation et des écrans. Selon elle, « les réseaux sociaux, les films pornographiques et tous ces jeux vidéo qui sont extrêmement porteurs de haine et de colère » participent à un climat qu’il faut combattre dès l’enfance. Un discours qui rejoint les inquiétudes actuelles autour de l’influence des outils numériques sur les comportements les plus fragiles.

Quant à un engagement politique, elle ferme la porte avec humour : « Je vais avoir 74 ans dans quelques mois ! Je suis une femme qui a fait son temps… » Le relais, dit-elle, sera assuré par sa fille Caroline, fondatrice de l’association M’endors Pas contre la soumission chimique. « J’espère qu’un jour, ma fille s’engagera en politique », confie-t-elle, convaincue qu’elle « a la carrure et la force » pour poursuivre ce combat.

Une femme qui refuse la haine, mais jamais le combat. C’est peut-être là que réside la vraie leçon de Gisèle Pelicot : transformer une épreuve en force, sans jamais renier sa propre humanité. Et si le vrai courage, ce n’était pas seulement de parler, mais aussi de tendre la main ?

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