Hélène Ségara « en a voulu » à un homme de The Voice, et sa phrase sur son œil a glacé Télématin
Mercredi 7 octobre 2026, M6 rallume les projecteurs de La France a un incroyable talent. Au jury, une silhouette que les téléspectateurs connaissent par cœur depuis plus de dix ans : Hélène Ségara. Sourire, bienveillance, émotion à fleur de peau. Le décor habituel, en somme.

Sauf que ces dernières semaines, la chanteuse a lâché deux bombes. Dans Le Parisien, le jour même, elle règle ses comptes avec l’émission concurrente, The Voice, pour une histoire vieille de treize ans qui touche à son fils aîné. Et quelques semaines plus tôt, sur le plateau de Télématin, elle avait prononcé une phrase qui glace le sang : elle a perdu un œil.
Vous pensez connaître l’histoire d’Hélène Ségara ? L’Esmeralda de Notre-Dame de Paris, les tubes, les disques de diamant, la jurée au cœur tendre ? Attendez. Derrière cette carrière de trente ans se cache une série d’épreuves que peu d’artistes auraient encaissées.
Et au bout du chemin, il y a cette maladie qui lui ronge la vue depuis 2013. On croit tout savoir d’elle, à force d’interviews. Pourtant, une zone d’ombre demeure. Et ce qui est le plus troublant, c’est qu’elle vient de la chanteuse elle-même.
Treize ans de rancune, et un nom qui tombe
Commençons par la colère. Car oui, la douce Hélène Ségara sait sortir les griffes. Dans l’entretien publié par Le Parisien le 7 octobre, la chanteuse revient sur un épisode de 2013 qu’elle n’a manifestement jamais digéré : le passage de son fils Raf aux auditions à l’aveugle de The Voice, sur TF1.
Premier détail savoureux : elle n’était même pas au courant. Le jeune homme s’est lancé dans l’aventure dans son dos. « Il l’a fait sans m’en parler parce qu’il savait que je n’avais pas envie », raconte-t-elle au quotidien. Une maman protectrice contournée par son propre fils : la scène a de quoi faire sourire.
Mais ce n’est pas ça qui la met en rogne. Ce qui l’agace encore aujourd’hui, c’est l’attitude de la production envers son « Rafou », comme elle le surnomme tendrement. Et elle désigne un responsable, nommément. Le directeur de casting de l’émission, Bruno Berberes.
Le nom ne dit peut-être rien au grand public, mais dans le milieu, c’est un poids lourd. L’homme a fait passer les castings de comédies musicales comme Le Roi Soleil, Mozart, l’opéra rock ou 1789 : Les Amants de la Bastille. C’est lui qui a découvert Christophe Maé ou Emmanuel Moire. Entre 2002 et 2012, il a aussi dirigé la délégation française à l’Eurovision.
Autrement dit, quelqu’un qui connaît parfaitement le petit monde de la chanson française. Et qui, selon Hélène Ségara, savait exactement à qui il avait affaire ce jour-là. Elle ne mâche pas ses mots : « J’en ai un peu voulu à Bruno parce qu’il savait très bien que c’était mon fils et qu’il lui a imposé une chanson qui ne lui convenait pas. »
Une chanson imposée, un candidat déstabilisé, une audition ratée : voilà le reproche, treize ans après. Au Parisien, la chanteuse confie aussi ce qui l’a vraiment touchée : « Rafou n’est pas un garçon à l’aise devant les caméras. Il l’a fait pour se challenger, mais il a perdu ses moyens. »
Et puis cet aveu, celui d’une mère restée loin du plateau : « Au fond, cela m’a fait de la peine de ne pas être à ses côtés pour pouvoir l’accompagner. » Ce soir-là, sur TF1, la scène avait pourtant pris un tour presque surréaliste.
Ce soir de février 2013 où quatre fauteuils sont restés immobiles

Pour comprendre l’amertume, il faut rembobiner jusqu’en février 2013, deuxième saison de The Voice, la plus belle voix. Face au public de TF1, un jeune barman parisien de 22 ans s’avance, accompagné de deux amis, raconte alors Puremédias. Il s’appelle Raf, et le public ignore encore qui est sa mère.
Avant de monter sur scène, il se confie aux caméras. « Ma vraie passion, c’est la musique. J’ai toujours baigné dans la musique, parce que ma mère est une chanteuse très connue », lâche-t-il. Puis il insiste sur un point qui lui tient visiblement à cœur : il ne veut pas de piston.
« Mon rêve musical, c’est essayer de faire une carrière et je n’ai pas envie d’avoir recours à du piston ou à des contacts », explique-t-il. Il veut pouvoir se dire, s’il réussit, que c’est parce qu’il a travaillé. Une déclaration d’indépendance, à quelques secondes d’entonner « Your Song » d’Elton John.
Et là, le silence : aucun des quatre coachs, Jenifer, Garou, Florent Pagny et Louis Bertignac, n’appuie sur son buzzer. Pagny trouve la prestation « un peu timide » et « un peu trop intime ». Jenifer estime que le jeune homme a mis trop de temps à rentrer dans la chanson.
Puis vient le moment le plus cruel, ou le plus drôle, selon le point de vue. Jenifer a l’impression d’avoir déjà croisé ce visage, tandis que Louis Bertignac ne fait pas le lien du tout.
« C’est le fils d’Hélène ! », souffle alors Garou. « Le fils de qui ?! », reprend le rockeur, perdu. Raf, lui, avait quitté la scène en se disant « dégoûté », rapporte Puremédias.
L’ironie du sort, c’est Garou. Car le Québécois qui reconnaît Raf ce soir-là n’est pas n’importe qui pour sa mère : quinze ans plus tôt, il partageait la scène avec elle dans la comédie musicale phénomène de la fin des années 1990. Mais avant d’en arriver là, la future star avait connu une vie que personne n’aurait souhaitée à son pire ennemi.
Avant les paillettes : une ado en rupture et des piano-bars
Hélène Ségara n’existe pas à la naissance. Celle qui voit le jour le 26 février 1971 dans le Var s’appelle Hélène Rizzo. Un père italien, Bernardo Rizzo, une mère arménienne, Thérèse Kasbarian. Le nom de scène viendra plus tard.
L’enfance n’a rien d’un conte de fées. Elle a huit ans quand ses parents divorcent, un choc qu’elle dit l’avoir marquée durablement. À seize ans, elle perd son grand-père. Entre les deux, une adolescence agitée : selon Planet, qui relaie ses confidences récentes, elle a été placée en foyer à 14 ans à la suite de tensions familiales.
Ce détail, elle ne le cache pas. Il ressurgira d’ailleurs bien des années plus tard, sur un plateau de télé, dans un moment d’émotion que nous raconterons plus loin. Pour l’heure, la jeune fille n’a qu’une obsession : chanter. Et elle est prête à tout lâcher pour ça.
Elle quitte l’école et le cocon familial vers quinze ans. Commence alors la vie des petits boulots et des nuits dans les piano-bars de la Côte d’Azur. C’est là qu’elle forge son métier, à force de reprises : son répertoire finit par compter plus d’un millier de titres.
Une vie d’adulte, à un âge où l’on est encore presque une enfant. Et puis, à dix-huit ans, un bouleversement de plus. Elle donne naissance à son premier enfant, Raphaël, ce même Raf qui tentera sa chance à la télé vingt-deux ans plus tard.
D’après le quotidien belge La DH, qui l’écrivait en 2004, cette première grossesse avait été émaillée de nombreux problèmes, avec plusieurs hospitalisations. Une jeune femme de dix-huit ans, sans réseau, sans argent, avec un bébé. Le décor de la suite est planté.
Un grenier, quinze mètres carrés et une promesse

En 1993, un premier single sort enfin. Il s’intitule « Loin », et il porte bien son nom : le succès reste loin, très loin. Il lui offre tout de même une première apparition télé, en 1994, dans La Chance aux chansons. Une porte entrouverte, rien de plus.
La vie quotidienne, elle, est rude. Invitée de Léa Salamé dans Quelle époque ! en novembre 2023, elle a évoqué cette période passée seule avec son fils bébé, dans « un grenier à Clamart », puis dans « un 15 mètres carrés à Clichy ». Son résumé tient en une phrase : « J’étais mal habillée, je n’avais pas d’argent… »
Quelques mois plus tôt, en avril 2023, elle s’était déjà livrée à Gala sur cette époque. « À 22 ans, j’habitais un 15m2 avec mon fils Raphaël. J’étais mère célibataire », confiait-elle. Avant d’ajouter que sans l’espoir de voir sa situation s’améliorer, elle n’en serait pas là.
En 1996, elle s’installe à Paris avec son petit garçon. C’est là qu’elle croise la route d’un homme qui va compter : le producteur Orlando, frère et producteur de Dalida. Un mentor dont le savoir-faire va laisser une empreinte durable sur la débutante.
Et cette même année, enfin, la machine s’emballe. « Je vous aime adieu », extrait de son premier album Cœur de verre, devient son premier succès. La fille des piano-bars a 25 ans. Elle ne le sait pas encore, mais le coup de fil qui va changer sa vie est en train de se préparer.
Un ténor italien, une bohémienne et un désistement inespéré
En 1997, Hélène Ségara enregistre un duo avec Andrea Bocelli. « Vivo per lei » devient un phénomène : près d’un million d’exemplaires vendus, et la première place des classements français en 1998, selon Pure Charts. Le titre restera au total 42 semaines dans le Top 50.
Elle prête aussi sa voix à la chanson française du dessin animé Anastasia, « Loin du froid de décembre ». Mais le vrai tournant se joue ailleurs, sur une scène de comédie musicale. Et il tient à un retournement de dernière minute.
En 1997, elle a auditionné pour le rôle d’Esmeralda dans Notre-Dame de Paris, le spectacle de Luc Plamondon et Richard Cocciante. Elle n’est pas retenue. Le rôle doit revenir à la chanteuse israélienne Noa, déjà présente sur l’album du spectacle.
Coup de théâtre : Noa jette l’éponge. Selon Pure Charts, la chanteuse craignait de rencontrer des difficultés avec la langue française et voulait se consacrer à sa carrière personnelle. C’est Hélène Ségara qui reprend le rôle, en 1998, aux côtés de Garou, Patrick Fiori et Julie Zenatti.
Le phénomène est énorme. Et la chanteuse elle-même ne l’avait pas vu venir. « Au moment où j’ai signé pour « Notre-Dame de Paris », je ne me suis engagée que pour trois mois et finalement, ça a été trois ans de ma vie », racontait-elle à Pure Charts en 2024.
Elle se souvient d’une aventure humaine, de « moments d’amitié et de fatigue ». La fatigue, justement. C’est elle qui va bientôt présenter la note. Car en pleine gloire, une première alerte va frapper la chanteuse là où ça fait le plus mal.
La première alerte : la voix qui s’éteint au Canada
En pleine tournée, les médecins lui diagnostiquent un kyste aux cordes vocales. Lors d’une représentation au Canada, elle perd sa voix. Pour une chanteuse, c’est l’équivalent d’une jambe brisée pour un sprinteur. Sauf que le pronostic, lui, est bien pire.
Invitée d’Audrey Crespo-Mara dans Sept à huit sur TF1, le 5 mai 2024, elle a raconté ce cauchemar en détail. « J’ai vu une grande ORL qui m’a dit qu’il n’y avait aucun espoir. Ensuite, Céline Dion m’a envoyé voir son médecin à New-York, qui m’a dit tout simplement que je ne chanterais plus jamais. »
Plus jamais. À même pas trente ans, avec un enfant à charge. Elle rentre à Paris « quasiment muette », raconte-t-elle, et entre dans une église. « À l’époque, j’avais juste un enfant, j’étais maman célibataire, sans aucune aide de personne », se souvient-elle dans l’émission.
Le salut viendra finalement d’un médecin français, qui pratique sur elle la première opération au laser. « Il m’a rendu des cordes vocales toutes neuves. C’était mon premier petit miracle », a-t-elle confié à TF1. Dans la foulée, son premier producteur revend son contrat à Orlando.
Retenez bien ce mot : « premier ». Premier petit miracle. Car la chanteuse, qui précisait dans Sept à huit que ce kyste n’était « pas une maladie », allait devoir en espérer d’autres. Le corps qui la lâche en pleine lumière, ce n’est que le début de l’histoire.
Diamant, Grévin, Victoires : la reine des années 2000

Après un repos forcé, la voilà de retour en 2000 avec Au nom d’une femme. Et c’est un raz-de-marée. « Il y a trop de gens qui t’aiment », « Elle, tu l’aimes », « Tu vas me quitter » : les tubes s’enchaînent, l’album grimpe au sommet du Top 50 et décroche un disque de diamant, synonyme d’un million d’exemplaires certifiés.
Les trophées pleuvent. Révélation de l’année aux NRJ Music Awards en janvier 2000, artiste féminine de l’année aux Victoires de la musique en février 2001. En octobre 2001, un sondage IFOP commandé par Télé Star la sacre chanteuse préférée des Français. Le 1er octobre 2002, elle entre au musée Grévin.
En 2003, l’album Humaine enfonce le clou, avec le duo « On n’oublie jamais rien, on vit avec » partagé avec Laura Pausini et « L’amour est un soleil ». Au total, sa carrière dépassera les 10 millions de disques vendus. La gamine du grenier de Clamart est devenue une star absolue.
Mais la gloire a un prix. Interrogée récemment par Frédéric Lopez dans Un dimanche à la campagne, elle a décrit cette exposition soudaine, rapportée par Télé-Loisirs : « Trop d’exposition pour une fille de l’ombre comme moi. Mon fils et moi commencions à être suivis dans la rue, plus rien ne nous appartient, tout m’échappe. »
Elle a aussi avoué avoir mis sa vie de femme entre parenthèses : « Je protégeais mon fils avant tout mais je n’avais plus le temps d’aimer. » Jusqu’à une soirée de 2000 qui change tout. Selon Planet, qui s’appuie sur Purepeople, elle fête autour d’un dîner son disque de diamant quand elle croise un musicien, Mathieu Lecat.
Et pour une fois, c’est elle qui fait le premier pas. « La chose la plus folle que j’ai faite par amour : c’était pour mon mari, c’était de draguer un garçon pour la première fois de ma vie », a-t-elle raconté. Elle a expliqué qu’il était si timide qu’elle savait qu’il n’y arriverait jamais tout seul.
Des concerts annulés et un secret dévoilé sur scène
Le 5 mai 2003 naît Mattéo, son deuxième fils, selon La DH. En août de la même année, elle épouse Mathieu Lecat à Ajaccio. La vie semble enfin lui sourire sur tous les plans. Elle repart même en tournée fin 2003, avec six soirs à l’Olympia en novembre.
Mais au début de 2004, des concerts commencent à sauter. Le 26 février, la date prévue à Colfontaine, en Belgique, est annulée pour cause de « grosse fatigue », relate La DH. Puis c’est au tour du concert du 9 mars à Forest National, à Bruxelles. Communiqué officiel : la chanteuse est malade, son médecin lui prescrit plusieurs semaines de repos.
Les fans s’inquiètent, et c’est sur scène que la vérité tombe. En mars 2004, au Zénith de Paris, elle annonce qu’elle attend un heureux événement et renonce dans la foulée à ses dates en province. Une grossesse difficile l’oblige à interrompre ses représentations.
Maya naît en 2004 : avec Raphaël et Mattéo, la tribu est au complet. Dans Gala, en avril 2023, la chanteuse décrivait son style de mère sans détour : « Je ne suis pas une mère cool. Je suis exigeante. » Elle veillait aux horaires des repas, à la politesse, aux nouvelles quand les enfants sortaient.
Dans le même entretien, elle livrait une phrase qui prend aujourd’hui une résonance particulière : « Les entourages, on les voit souvent disparaître dès qu’on a des problèmes sérieux, alors il faut savoir où sont ses piliers. La famille est le plus sûr d’entre eux. » Des problèmes sérieux, elle allait en connaître.
Les années creuses, et un duo très personnel
En 2006, elle change de cap avec Quand l’éternité…, un album aux influences plus rock, aux thèmes plus sombres, en grande partie composé par elle. Il sera disque d’or. Puis vient en 2008 Mon pays c’est la terre, un album de reprises venues du monde entier, qui ne rencontre pas le succès mais engendre une longue tournée.
Les années 2010 démarrent de façon inattendue : en novembre 2010, on la retrouve aux commandes d’Allo Gulli, ici Bébé sur Gulli. Elle est aussi candidate à N’oubliez pas les paroles ! et, en 2012, à Un dîner presque parfait sur M6. Le petit écran devient peu à peu une seconde maison.
En 2011, elle est nommée chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. La même année sort Parmi la foule. Sur ce disque se cache une piste à part, « Le monde à l’envers », en duo avec un certain Raphaël. Son fils, déjà.
« Ce n’était pas du tout prévu qu’il soit enregistré avec lui. Un jour, à la maison, il s’était amusé à faire des voix dessus. Il se débrouillait bien et j’ai eu l’idée de la faire avec lui », expliquait-elle à Pure Charts. Le titre devient même un extrait de l’album.
Problème : l’album est un échec commercial, écoulé à près de 25 000 exemplaires selon Pure Charts, et le duo ne marque pas les classements. Deux ans plus tard, Raf tentera de se faire un prénom seul, loin de sa mère, sur TF1. Mais 2013 réserve d’autres surprises à la famille, et pas des bonnes.
2013, l’année où tout se dérègle

Reprenons le calendrier, car il est vertigineux. Février 2013 : Raf est recalé de The Voice sans qu’aucun fauteuil ne se retourne. Deux mois plus tard, en avril, c’est sa mère qui vit un cauchemar d’un tout autre genre.
Elle l’a raconté dans Sept à huit en 2024 : « Je rentrais de Russie où j’avais travaillé et j’avais beaucoup travaillé, vraiment et je me suis réveillée un matin avec un rideau littéralement devant les yeux en ne comprenant pas ce qui m’arrivait. » Un rideau. Du jour au lendemain.
Selon les récits publiés à l’époque, elle ne voit plus que de l’œil gauche. Suit une batterie d’examens, puis un traitement lourd à la cortisone. Pendant des mois, elle se tait. Et c’est son visage qui finit par parler à sa place.
Car la cortisone transforme ses traits. Après un passage dans Touche pas à mon poste, son visage gonflé fait réagir de nombreux téléspectateurs, relate le site Medespoir. Sur les réseaux, les moqueries pleuvent, et les rumeurs de chirurgie esthétique ou d’excès de botox circulent.
Le timing est presque cruel. Le 7 octobre 2013 sort son album de duos virtuels avec Joe Dassin, le chanteur disparu, porté par « Et si tu n’existais pas ». Il sera disque de platine. Le lendemain, 8 octobre, elle révèle à la presse qu’elle suit depuis six mois un traitement pour une maladie rare qui lui fait perdre la vue de l’œil droit.
Selon Stars Actu, elle se confie d’abord au bord des larmes au site de Télé-Loisirs, en réaction aux propos « haineux » d’internautes, puis en dit davantage à Gala. « Rapidement, effectivement, je n’ai plus reconnu mon visage. Je me suis découverte boursouflée, comme remplie d’eau. J’étais terriblement complexée », confie-t-elle au magazine.
Elle parle, donc. Elle explique, elle se défend. Mais retenez ce détail, parce qu’il compte pour la suite : en 2013, elle avait choisi de raconter sa maladie sans jamais la nommer. Un silence qui, treize ans plus tard, prend un tout autre relief.
Le pied de nez : de mère du recalé à co-coach de The Voice
Voici un rebondissement que peu de gens ont remarqué. En 2014, un an à peine après l’élimination de son fils, Hélène Ségara apparaît dans The Voice, la plus belle voix. Pas comme candidate, évidemment : comme co-coach de l’équipe de Florent Pagny.
Oui, ce même Florent Pagny qui avait trouvé la prestation de Raf « un peu timide ». Et ce même télé-crochet dont elle reproche aujourd’hui le casting. La télévision a parfois le sens de l’ironie. Mais c’est sur une autre chaîne qu’elle va trouver sa vraie place.
Le 6 juin 2015, Louis Morin annonce sur Sud Radio, dans le Brunch média, qu’elle rejoindra le jury de La France a un incroyable talent sur M6, rapporte Yahoo. Télé 7 Jours évoque de grands changements après les très mauvaises audiences de la saison 9, avec l’arrivée d’Eric Antoine.
Le pari est gagnant. Le 18 octobre 2022, lors du lancement de la saison 17, elle offre le premier Golden Buzzer de la saison à un jeune pianiste autodidacte qui a appris l’instrument en regardant des vidéos sur YouTube. Le 20 décembre 2022, il remporte la finale. Selon Purepeople, elle se précipite en pleurs sur scène pour le serrer dans ses bras.
Purepeople souligne que la chanteuse avait elle-même été placée en foyer plus jeune, ce qui éclaire son émotion. En octobre 2025, auprès de Télé-Loisirs, elle citait ce lien comme son plus beau souvenir de l’émission : « Il m’appelle tatie ! »
Dans la même interview, elle glissait une phrase pleine d’aplomb envers sa chaîne : « M6 pourrait choisir de rafraîchir le jury, mais ne serait pas à l’abri de se planter… Notre alchimie est franche. » Avant d’avouer une peur : « Ça peut me faire peur par moments, car je n’ai pas envie que cela s’arrête. »
Bercy 2022 : chanter en serrant les dents
Le 3 mars 2022, l’Accor Arena de Paris vit un moment de pure nostalgie. Andrea Bocelli est en concert, et Hélène Ségara le rejoint sur scène. Ils n’avaient plus chanté ensemble depuis 25 ans, souligne Pure Charts. Près de 18 000 spectateurs assistent aux retrouvailles autour de « Vivo per lei ».
« J’ai beaucoup d’honneur de travailler avec un grand monsieur, un maestro et ce grand orchestre et de retrouver mon ami Andrea Bocelli », lance-t-elle au public, émue. Le média note qu’elle a fait le déplacement malgré une santé fragile. Car derrière les paillettes, la situation est sérieuse.
Le mois précédent, sur ses réseaux sociaux, elle avait annoncé un nouveau traitement « long et fatiguant » pour soigner sa maladie des yeux. Elle prévenait devoir « limiter la tournée ». « Il serait hélas déraisonnable et épuisant pour moi d’enchaîner trop de concerts dans une même semaine », écrivait-elle.
Cette tournée, c’est le Karma Tour, une vingtaine de dates de mars 2022 à mars 2023. En novembre 2025, dans 50 minutes Inside sur TF1, elle a raconté l’envers du décor à Isabelle Ithurburu : elle n’a pas voulu tout annuler, parce qu’elle ne voulait pas que sa vie se résume à l’hôpital. « Mais qu’est-ce que j’ai souffert ! »
Et elle précisait : « À chaque fois que je montais sur scène, j’étais très diminuée, je n’arrivais pas à respirer… » Un aveu terrible pour une artiste qui a bâti sa carrière sur le souffle. Elle ajoutait être restée « sur cet échec-là ».
Au même moment, sa vie privée bascule. Selon Voici, dans son numéro du 21 avril 2023, le couple qu’elle formait avec Mathieu Lecat se serait séparé quelques mois plus tôt, à l’initiative de la chanteuse. L’information n’avait pas été confirmée par les intéressés, souligne Planet. Près de vingt ans de mariage, et une page qui se tourne.
Quand Esmeralda refuse de quitter la scène

De 2023 à décembre 2024, elle participe en invitée à la tournée Les comédies musicales, le concert. En mai 2024, elle confiait à Pure Charts : « Esmeralda, c’est un personnage qui me colle à la peau. » Un rôle qui la ramène, disait-elle, à des souvenirs très positifs.
Dans le même entretien, elle livrait son secret de longévité, et il éclaire d’un jour nouveau sa sortie contre The Voice. « Je suis quelqu’un de cash, de vrai, d’entier », affirmait-elle. Quand elle n’aime pas, expliquait-elle, elle le fait gentiment comprendre, mais elle le dit aussi.
Fin novembre 2025, M6 célèbre les 25 ans de Notre-Dame de Paris en réunissant la troupe d’origine depuis la ville de Québec. Garou, Patrick Fiori, Julie Zenatti, Bruno Pelletier, Daniel Lavoie : tout le monde est là. « Il y a 25 ans, une histoire, écrite par Luc Plamondon et mise en musique Richard Cocciante, allait changer nos vies et marquer l’histoire de la chanson », lance Garou, selon Pure Charts.
Hélène Ségara y reprend l’« Ave Maria païen ». Et elle a ces mots sur son personnage : « Rechanter Esmeralda me ramène à un personnage qui m’a profondément marquée. Une femme qui aime sans conditions, qui défie les règles et reste debout, peu importe le jugement. »
Clou de la soirée, elle surgit à la fin de « Belle » pour reprendre le dernier refrain avec Garou, Daniel Lavoie et Patrick Fiori. Une femme qui reste debout, peu importe le jugement : le portrait lui ressemble. Car pendant ce temps, loin des projecteurs, son bilan médical ne cesse de s’alourdir.
Un rideau devant les yeux, vingt-deux opérations
Dans Sept à huit, en mai 2024, elle dresse un bilan qui fait froid dans le dos. Elle évoque « des implants dans les yeux » et « une vingtaine d’interventions ». Selon Purepeople, les traitements se sont révélés inefficaces : elle a perdu l’usage de son œil droit, tandis que le gauche s’est stabilisé.
Elle y affiche pourtant une philosophie désarmante : « Je relativise. Le présent, c’est la leçon de ce qu’il m’arrive. » Avant cette phrase qui serre la gorge : « Je veux tout voir, tout regarder tant que je peux. »
En août 2026, sur le plateau de Télématin, le chiffre tombe, précis : « J’en ai eu 22. » Vingt-deux chirurgies. Elle raconte aussi un œil qui se fermait plus que l’autre, et un strabisme, « parce qu’un œil qui ne voit plus cherche désespérément une image et une lumière ».
Au quotidien, les séquelles sont bien là. « Je vis avec ça, avec une surveillance médicale. C’est un peu compliqué parce que je n’ai pas la 3D, donc je dirais que je suis un peu plus prudente dans mes déplacements. Mais oui, j’apprends », expliquait-elle dans 50 minutes Inside.
Le 27 septembre 2026, face à Frédéric Lopez, elle confiait, selon Télé-Loisirs : « J’avais des perfusions à n’en plus finir » et « J’ai essayé tous les traitements possibles ». Treize ans de combat. Alors une question s’impose, simple, presque naïve : de quoi souffre-t-elle exactement ?
Ce que son diagnostic cache vraiment

C’est là que tout se trouble. En 2013, dans Gala, elle évoquait une maladie rare, conséquence d’une autre maladie auto-immune, dont elle préférait taire le nom. Elle précisait seulement, selon Stars Actu, qu’elle n’était pas mortelle, et qu’il ne s’agissait ni d’une sclérose en plaques, ni d’une polyarthrite. Terrafemina écrivait alors qu’elle répondait bien au traitement.
Puis un nom finit par apparaître. En 2021, elle évoque une névrite optique, une maladie oculaire auto-immune rare qui entraîne progressivement une dégénérescence maculaire irréversible. Pendant des années, la presse reprend cette version comme une certitude, Purepeople en tête dès 2023.
Et pourtant. En 2024, elle revient sur ses propos et se montre moins affirmative sur l’origine de sa maladie, dont elle ne connaît pas l’évolution. Dans Sept à huit, Purepeople résume : personne n’est encore parvenu à découvrir de quelle maladie la chanteuse est atteinte.
En novembre 2025, Isabelle Ithurburu l’interroge à nouveau dans 50 minutes Inside. Pure Charts parle d’une « pathologie non identifiée ». La réponse de la chanteuse tient en quatre mots, prononcés avec un sourire : « On ne sait pas. »
Voilà la zone d’ombre. Vingt-deux opérations, un œil perdu, des perfusions à n’en plus finir, et toujours pas de nom certain sur le mal. Une affection rare et anonyme en 2013, une névrite optique en 2021, une énigme médicale depuis 2024. Et c’est elle-même qui a fait évoluer le récit.
E-Santé, qui a analysé ses déclarations en septembre 2026, le souligne prudemment : ses confidences témoignent de la lourdeur des soins, mais ne permettent pas de reconstituer précisément son dossier médical. Treize ans après le rideau tombé devant ses yeux, la question reste entière.
Chanter malgré tout
Alors, comment vit-on avec un mal sans nom certain ? En continuant. Le 28 février 2026, deux jours après ses 55 ans, elle célébrait ses trente ans de carrière lors d’un concert symphonique à la Salle Pleyel, à Paris. « Repartir en tournée, c’est une victoire sur la maladie », affirmait-elle dans 50 minutes Inside.
Son album Hélène Ségara & Friends revisite aujourd’hui son répertoire avec d’autres artistes. Clin d’œil savoureux : elle y reprend « Vivo per lei » avec Florent Pagny, rapporte E-Santé. Le coach qui ne s’était pas retourné pour son fils en 2013 est désormais son partenaire de duo.
Elle prépare aussi un livre consacré à la résilience. Mais elle refuse d’être réduite à ses examens médicaux : « J’ai envie qu’on écoute mes chansons, pas qu’on me demande quelle malade je suis, si j’ai eu beaucoup de piqûres dans les bras, beaucoup d’opérations. »
Et la colère contre The Voice, dans tout ça ? Elle dit peut-être l’essentiel. Une femme qui a tout encaissé pour elle-même, la misère, la voix éteinte, l’œil perdu, mais qui ne pardonne toujours pas qu’on ait mis son fils en difficulté devant les caméras.
Treize ans séparent l’audition ratée de Raf et cette interview au Parisien, treize ans aussi depuis ce matin où sa vue s’est voilée. Deux blessures nées la même année. L’une a un responsable désigné, l’autre n’a toujours pas de nom.