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Héritage Hallyday : ce que l’accord de 2020 a vraiment rapporté à David, Laura, Laeticia, Jade et Joy

Publié par Hannah le 23 Août 2026 à 7:48
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Il y a des anniversaires qui sentent la fête. Et il y a ceux qui sentent la poudre. Le 14 août 2026, David Hallyday a soufflé ses 60 bougies, et pendant que les magazines déroulaient le tapis rouge du grand-père comblé, une vieille phrase est remontée à la surface comme une bulle d’air dans une eau trouble.

Six ans de promesses qui ne sont pas tenues. C’est ce que Laeticia Hallyday avait lâché face caméra, sur le plateau de C l’hebdo, le 16 décembre 2023. Une petite phrase de rien du tout. Sauf qu’elle continue de faire du bruit près de trois ans plus tard.

Parce qu’entre les Smet et les Hallyday, rien n’est jamais vraiment enterré. Il y a eu un testament. Une bataille judiciaire de deux ans et demi. Un accord annoncé en juillet 2020, présenté partout comme la fin de la guerre. La paix des braves. La photo de famille recomposée.

Sauf que quand on relit cet accord ligne par ligne, quand on regarde qui a récupéré quoi exactement, le mot « réconciliation » devient soudain très, très étrange. Et vous allez comprendre pourquoi.

Le 5 décembre 2017, la France s’arrête net

Il faut se souvenir de l’ambiance. Le 6 décembre 2017 au matin, un communiqué tombe à l’AFP. Johnny Hallyday est mort dans la nuit, à Marnes-la-Coquette, à 74 ans, emporté par un cancer du poumon. C’est Laeticia qui l’annonce.

« Johnny était un homme hors du commun. Il le restera grâce à vous. Surtout, ne l’oubliez pas. » Les mots sont beaux, la douleur est réelle, et le pays entier bascule dans un deuil qu’on n’avait plus vu depuis longtemps pour un artiste.

Cinquante-sept ans de carrière. Plus de cent dix millions de disques vendus. Plus de 3 250 concerts, répartis sur près de 190 tournées. Les chiffres donnent le vertige, mais ils ne disent rien de l’essentiel.

L’essentiel, c’est que la France a pleuré un membre de sa famille. Et que, comme dans toutes les familles, l’enterrement à peine passé, on a ouvert le tiroir des papiers.

Deux mois. C’est le temps qu’il aura fallu pour que le deuil national se transforme en affaire d’État familiale. Le 12 février 2018, deux noms surgissent dans les rédactions : Laura Smet et David Hallyday.

Et ce qu’ils viennent de découvrir dans le testament de leur père va faire trembler tout le clan.

Un papier signé en Californie qui efface deux enfants

Le contenu du dernier testament de Johnny Hallyday, rédigé en 2014, tient en une ligne qui glace : tout part dans un trust. Et les trois bénéficiaires de ce trust s’appellent Laeticia, Jade et Joy.

Traduction pour le lecteur français, à qui personne n’a jamais expliqué ce qu’est un trust : c’est une structure juridique anglo-saxonne dans laquelle on place un patrimoine, géré au profit de personnes désignées. Le droit californien, lui, ne connaît pas la réserve héréditaire à la française.

En France, vous ne pouvez pas déshériter vos enfants. C’est la loi, point. En Californie, vous pouvez léguer votre fortune à qui vous voulez, y compris à personne de votre sang. Voilà tout le nœud de l’affaire.

Johnny vivait à Los Angeles depuis des années, après un passage par Gstaad, en Suisse. Un domicile américain, un testament rédigé selon le droit américain, un trust américain. Sur le papier, l’architecture est imparable.

Laura Smet et David Hallyday, eux, sont français jusqu’au bout des ongles. Et ils comptent bien le faire valoir.

Le 12 février 2018, Laura annonce qu’elle va « mener toutes les actions de droit » pour contester ce testament. Son demi-frère la rejoint comme co-demandeur. Deux enfants du même père, nés de deux mères différentes, réunis par un document qui les efface.

David, l’aîné qu’on n’attendait pas sur ce terrain

Il faut mesurer à quel point ce geste ne ressemble pas à David Hallyday. L’homme a passé sa vie à esquiver le tumulte médiatique du clan. C’est même devenu sa marque de fabrique.

Né David Michaël Benjamin Smet le 14 août 1966 à Boulogne-Billancourt, il est le fils de deux monstres sacrés : Johnny Hallyday et Sylvie Vartan. Le jour de sa naissance, son père chante à Milan. Il passe voir Sylvie le lendemain, quelques heures, puis file à Venise pour le concert du soir.

Tout est là, dès la première page. L’enfant d’une légende grandit dans les loges, entre deux avions, avec un père qui a toujours un gala à honorer quelque part.

C’est sa mère et sa grand-mère qui l’élèvent. En 1975, elles l’emmènent à Los Angeles, où il est scolarisé au Lycée français. L’Amérique lui colle à la peau immédiatement. Quand il doit rentrer en France en 1978, pour la tournée européenne de sa mère, il vit ce retour comme un arrachement.

Il apprend la batterie en regardant Tommy Brown, le batteur de son père. Puis le piano. Puis la guitare. Bref passage au conservatoire, et surtout de l’autodidaxie, épaulé par son oncle, le musicien Eddie Vartan.

Le 25 novembre 1979, il a 13 ans, et il monte sur scène pour la première fois. Dernière date du spectacle de son père au Pavillon de Paris, apparition surprise à la batterie sur Rien que huit jours. La salle explose. Le gamin vient d’être adoubé en public.

Le fils qui a écrit le plus gros succès de son père

Un an plus tard, le 5 novembre 1980, ses parents divorcent officiellement, après des années de ruptures et de réconciliations en boucle. David a 14 ans et repart aux États-Unis, où il monte son premier groupe de rock et écume les clubs le week-end.

Sa carrière démarre pour de bon en Californie, poussée par son beau-père Tony Scotti. En 1984, celui-ci le met au défi d’apprendre Johnny B. Goode à la guitare en quelques jours. David y arrive. Il reconnaîtra plus tard que ce moment précis a fondé sa carrière.

Puis viennent les succès. He’s My Girl en 1987, l’album True Cool, Rock’n’Heart en 1990. En 1988, il signe aussi Mirador pour son père. Retenez ce titre, il reviendra à la fin de cette histoire.

Mais le vrai coup d’éclat, c’est ailleurs. En 1999, à la demande de son père, David compose l’album Sang pour sang. Résultat : plus de deux millions d’exemplaires écoulés. Le plus gros succès commercial de toute la carrière de Johnny Hallyday.

Vous avez bien lu. Le disque le plus vendu du Taulier, c’est son fils aîné qui l’a écrit et réalisé.

La même année, David signe Tu ne m’as pas laissé le temps, hommage à son grand-père maternel George Vartan. L’album Un paradis, un enfer confirme le retour du fils sur le devant de la scène française.

Quand Laura et Johnny devaient se cacher pour se voir

De l’autre côté de la fratrie, il y a Laura. Née le 15 novembre 1983 à Neuilly-sur-Seine, fille de Johnny et de Nathalie Baye. Une enfance sous les projecteurs, elle aussi, mais avec une couleur différente.

En 1986, son père enregistre pour elle une chanson qui porte son prénom, Laura, écrite et composée par Jean-Jacques Goldman. Ses parrains sont Eddy Mitchell, choisi par Johnny, et Dominique Besnehard, choisi par Nathalie Baye. Autant dire qu’elle naît au centre exact du showbiz français.

Sa carrière d’actrice décolle en 2003 avec Les Corps impatients de Xavier Giannoli, qui lui vaut une nomination au César du meilleur espoir féminin. Puis Chabrol, Garrel, Beauvois, une filmographie exigeante.

Mais sa vie privée est bien plus cabossée. Épisodes dépressifs, disparitions des écrans, retours. Et surtout : ses relations avec la dernière épouse de son père se dégradent lentement, pendant une décennie.

Dans les semaines qui suivent la mort de Johnny, elle rend publique une lettre bouleversante adressée à son père. Elle y évoque toutes ces fois où ils avaient dû se cacher pour se voir et s’appeler.

Un père et sa fille contraints de ruser pour se croiser. Voilà l’ambiance dans laquelle la succession va s’ouvrir.

Laeticia, l’ascension d’une jeune femme de Béziers

Pour comprendre l’autre camp, il faut remonter à Miami, le 25 mars 1995. Une jeune femme de 20 ans dîne avec son père. Un ami présente Johnny Hallyday à la table.

Elle s’appelle Laetitia Boudou, née le 18 mars 1975 à Béziers. Fille d’André Boudou, ancien rugbyman devenu homme d’affaires, et de Françoise Thibaut. Une enfance au Cap d’Agde, le divorce de ses parents quand elle a 10 ans.

Adolescente, elle part rejoindre son père à Miami. Elle quitte vite l’école française de la ville et se lance dans le mannequinat.

Exactement un an après leur rencontre, le 25 mars 1996, elle épouse Johnny Hallyday à Neuilly-sur-Seine. Elle a 21 ans, il en a 52. C’est Nicolas Sarkozy, alors maire, qui les marie. Elle devient la quatrième épouse du rockeur, après Sylvie Vartan, Babeth Étienne et Adeline Blondieau.

L’entourage grince. L’écart d’âge choque. Plusieurs proches du chanteur se montrent ouvertement réticents. Elle encaisse.

Et elle reste. Vingt-trois ans. L’union la plus longue de toute la vie de Johnny Hallyday, et de loin.

Montage montrant David Hallyday souriant en combinaison de pilote et Johnny Hallyday en smoking, illustrant leur lien père-fils au cœur du spectacle « Requiem pour un fou ».

Le tournant de 2009 : quand elle prend les commandes

Le couple adopte deux filles au Vietnam. Jade, née le 3 août 2004, arrive en novembre 2004. Joy, née le 27 juillet 2008, arrive en décembre 2008. Jean Reno et Luana Belmondo sont parrain et marraine de Jade ; Jean-Claude Darmon et Hélène Darroze, de Joy.

L’adoption est pour Laeticia une renaissance, et son image publique change du tout au tout à ce moment-là.

Mais le vrai basculement se joue en novembre 2009. Johnny, installé en Californie depuis deux ans, est hospitalisé d’urgence et frôle la mort. Longue convalescence. Peur panique dans le clan.

C’est là que Laeticia change de rôle. D’épouse, elle devient stratège. Elle accompagne désormais les choix professionnels de son mari, modernise son image, contrôle la communication et publie elle-même des morceaux de vie privée pour couper l’herbe sous le pied des paparazzis.

Mamie Rock et les cinq sociétés

Il y a un détail que peu de gens ont retenu à l’époque, et qui pèse pourtant très lourd dans la compréhension de l’affaire. Depuis l’été 2012, les entreprises du chanteur ne sont plus à son nom, mais à celui d’Élyette Boudou.

Élyette Boudou, c’est la grand-mère paternelle de Laeticia. Celle que Johnny surnommait affectueusement « Mamie Rock ». Elle vivait avec le couple à Los Angeles.

En 2012, elle devient représentante légale d’au moins cinq sociétés. Des sociétés qui gèrent quoi, exactement ? Les droits d’auteur et d’édition. Les concerts et les tournées. Les produits dérivés. L’immobilier du rockeur.

Parmi elles, une structure particulièrement juteuse : Pimiento, qui pilote les droits d’édition. Autrement dit, une part de la machine à cash du catalogue Hallyday passe par une société dont la représentante légale est la grand-mère de l’épouse.

Vous commencez à voir se dessiner l’architecture ? Ce n’est pas un testament isolé rédigé un soir de spleen. C’est un montage patient, construit sur plusieurs années, dont le testament n’est que la dernière pierre.

Et c’est précisément ce montage que les avocats des aînés vont attaquer frontalement.

« Testament après testament » : la stratégie des avocats

Les conseils de Laura Smet et David Hallyday ne se contentent pas de contester un document. Ils dénoncent une mécanique. Leur argument central : la multiplicité des testaments successifs du rockeur.

Ils notent, dans leurs écritures, « une réduction testament après testament de la part réservataire des enfants de Jean-Philippe Smet ». Traduction : à chaque nouvelle version, la part des aînés fondait. Comme un glaçon oublié sur une table de terrasse.

Et derrière la technique juridique, il y a la question qui fâche. Ce testament traduit-il réellement la volonté du chanteur ? Une accusation implicite d’emprise flotte sur toute l’affaire, jamais tranchée par un tribunal, mais installée dans l’opinion publique comme une écharde.

Eddy Mitchell, parrain de Laura et ami de Johnny depuis les années Golf-Drouot, prend position. Il déclare ne pas comprendre qu’on puisse déshériter ses enfants. Brigitte Bardot, elle, appelle publiquement Laeticia à rendre une partie de l’argent aux aînés. Venant de ces témoins-là, ça pèse.

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©DR

Deux droits, deux mondes, une bataille de juristes

Sur le plan strictement juridique, la question posée aux tribunaux tient en une phrase, et cette phrase vaut des dizaines de millions d’euros. Le testament est-il régi par le droit français ou par le droit californien ?

Si c’est le droit français : les enfants ont une part réservataire garantie, le testament tombe en partie, Laura et David récupèrent mécaniquement une fraction du patrimoine. Si c’est le droit californien : le trust tient, et les aînés n’ont rien.

Tout se joue donc sur le domicile réel du chanteur. Vivait-il vraiment en Californie ? Ou la France restait-elle son point d’ancrage véritable, malgré les adresses américaines ?

Les aînés réclament aussi, dès février 2018, un droit de regard sur le dernier album, considéré comme posthume, et le gel des biens immobiliers. En mars, le tribunal de Nanterre gèle une partie du patrimoine français, mais leur refuse tout rôle dans la fabrication du disque.

Ce dernier album, ce sera Mon pays c’est l’amour, écoulé à 300 000 exemplaires dès son premier jour de vente. On mesure l’enjeu.

Pendant ce temps, la presse s’installe en camping devant les tribunaux. Chaque audience devient un événement national. La France entière suit une succession comme on suivait autrefois un feuilleton de l’été.

Et pendant ce temps, David défendait ses petites sœurs

Voilà où l’histoire devient plus complexe que le simple duel qu’on nous a vendu. Parce qu’au même moment, dans un tout autre registre, David Hallyday fait quelque chose que personne n’attendait.

Janvier 2018. Quelques semaines seulement après la mort de son père, et quelques semaines avant le lancement de la procédure. Jade et Joy sont la cible d’attaques racistes sur les réseaux sociaux.

David monte au créneau publiquement. Il se dit outré, écrit qu’il ne peut pas supporter ce déferlement envers ses petites sœurs, et assure avoir fait supprimer une grande quantité de commentaires.

Mes petites sœurs. Deux mots qui disent tout de la ligne qu’il s’est fixée : contester un document, oui ; laisser insulter deux gamines, jamais.

Les principales intéressées, elles, ont appris à encaisser. « Maman et papa nous ont appris à traiter cette haine gratuite par le mépris », confiait l’aînée à Paris Match en 2023. « En général, j’évite de les lire, mais il arrive que je tombe dessus et que ça me blesse. »

Elle ajoutait une remarque qui en dit long sur le climat français : ces commentaires étaient toujours français, jamais anglais. Et cette phrase, presque banale, qui serre le cœur : « En France, même dans la rue, quand je m’habille comme à Los Angeles, je sens qu’on me regarde de travers. »

Juillet 2020 : la poignée de main devant les caméras

Deux ans et demi de procédure. Deux ans et demi de fuites, de contre-fuites, de tribunes, d’experts de plateau et de photos volées. Et puis, le 3 juillet 2020, l’annonce tombe.

Laura Smet accepte l’accord proposé par Laeticia Hallyday. David Hallyday, lui, ne signe pas ce texte : il annonce séparément, par la voix de son entourage, qu’il renonce à toute action en justice. Fin de partie.

Les titres du lendemain sont unanimes. Paix signée. Guerre terminée. La famille Hallyday enterre la hache de guerre. Certains évoquent même une réconciliation en bonne et due forme.

C’est le récit officiel, celui qui restera dans les mémoires. Une belle histoire française : après le déchirement, la sagesse. Après les avocats, la famille.

Sauf que personne, ou presque, n’a pris le temps de lire le contenu de l’accord. Ligne par ligne. Poste par poste.

Et ce contenu, on y arrive, raconte une histoire assez différente de la carte postale.

Ce que Laura obtient : une protection, un chiffre, un objet

Commençons par le volet qui a été le plus commenté à l’époque, celui qui a fait les gros titres. Selon l’accord, Laura Smet accepte les volontés testamentaires de son père.

En échange, elle obtient une protection face aux dettes fiscales de Johnny Hallyday. Des dettes évaluées, selon les sources et les époques, entre 30 et 36 millions d’euros, et qui restent intégralement à la charge de Laeticia Hallyday.

Trente millions, peut-être davantage. C’est ce que le fisc réclamait à la succession. On comprend mieux, avec ce montant sous les yeux, pourquoi la question de savoir qui hérite de quoi n’était pas seulement une histoire de villas et de guitares.

Laeticia Hallyday, elle, conserve le patrimoine immobilier du chanteur. Marnes-la-Coquette, Saint-Barthélemy, Los Angeles : le parc immobilier reste dans son escarcelle, avec la dette fiscale qui va avec.

Et Laura, concrètement ? Selon les informations de BFMTV, elle récupère 1,5 million d’euros. Elle récupère un droit moral sur la chanson Laura, celle que Goldman avait écrite pour elle en 1986. Et elle récupère une guitare de son père.

Un million et demi, une chanson, une guitare. Voilà pour la fille. On y reviendra, parce que le plus vertigineux n’est pas encore là.

Le vibrant hommage de Sylvie Vartan et David Hallyday

Les deux années où tout le monde a fait semblant

Après juillet 2020, la France passe à autre chose. Le silence s’installe. Chacun reprend le cours de sa vie et de sa carrière, et les magazines trouvent d’autres feuilletons.

Laeticia Hallyday enchaîne les pages people. Elle rencontre Pascal Balland en août 2019, ils se séparent en octobre 2020. Elle officialise le 15 décembre 2020 sa relation avec l’acteur et réalisateur Jalil Lespert. Le couple se sépare à l’été 2023. À l’automne 2025, elle rencontre le milliardaire Serge Varsano ; selon Closer, ils se sont séparés cet été, d’un commun accord.

Laura Smet, elle, construit une vie plus stable. Mariée à Raphaël Lancrey-Javal, elle devient mère en 2020. Côté carrière, elle enchaîne : La Garçonne en 2020, du théâtre au Montparnasse en 2022, et surtout la mini-série Surface en 2025, d’après Olivier Norek. Un triomphe.

David Hallyday, lui, fait ce qu’il a toujours fait : de la musique. En juin 2024 sort Requiem pour un fou, un album qui mêle reprises du répertoire de son père et relectures de ses propres titres, dont un duo virtuel sur Sang pour sang.

La tournée qui l’accompagne devient la plus importante de sa carrière : vingt-cinq dates annoncées à l’automne 2024, dont deux au Dôme de Paris, puis une reprise de novembre 2025 à avril 2026. Plus de 450 000 spectateurs cumulés en France, en Suisse et en Belgique.

Le fils qui avait composé le plus grand succès de son père remonte sur scène pour le chanter à sa place. On a connu deuils plus discrets.

La phrase de trop, en direct sur France 5

Décembre 2023. Le calme dure depuis trois ans et demi. Dans son livre Meilleur album, puis dans la presse, David Hallyday tend la main à ses demi-sœurs : « Ma porte leur est ouverte. Si un jour elles le veulent, je serai là pour elles. » Elles, c’est-à-dire Jade et Joy.

Le 16 décembre, Laeticia Hallyday est l’invitée d’Aurélie Casse sur le plateau de C l’hebdo. La réaction est immédiate, et elle est double. D’abord l’émotion, sincère : « C’est très touchant de l’entendre le dire parce que ça fait six ans qu’on n’a pas de nouvelles. »

Puis le coup de griffe. Elle évoque « six ans de promesses qui ne sont pas tenues », six ans de silence et d’abandon. Le sentiment de solitude ressenti par ses filles face à l’autre partie de la famille Hallyday.

Et enfin la phrase qui claque, celle qui a fait le tour des rédactions en quelques heures : « On peut dire des choses sur les plateaux de télé mais ne pas être responsable de ses actes dans la vie. Ça, c’est un peu dur. »

Six ans. Comptez bien. Décembre 2017 plus six, ça tombe pile sur décembre 2023. Elle ne parle donc pas de l’après-accord. Elle parle de tout l’après-Johnny. La totalité.

Le grand-père heureux et le compte à rebours des 60 ans

Avance rapide jusqu’à cet été. Le 13 août 2026, veille de ses 60 ans, David Hallyday accorde une interview à Gala. Le ton est celui d’un homme apaisé, à mille lieues des prétoires.

Il parle projets musicaux, vacances dans le Sud, souvenirs d’enfance. Et surtout, il parle de ce qui occupe désormais le centre de sa vie : sa famille. Marié à Alexandra Pastor depuis 2004, il est grand-père depuis plusieurs années.

Sa fille aînée Ilona Smet, née le 17 mai 1995 de son premier mariage avec Estelle Lefébure, est devenue maman en 2022, puis à nouveau en avril 2025. Sa cadette Emma Smet a accueilli son premier enfant durant l’été 2025. Trois petits-fils, donc.

Deux de leurs prénoms n’avaient jamais été rendus publics. David les dévoile dans Gala : les fils d’Ilona s’appellent Harrison et Oscar, celui d’Emma se prénomme Akira. Il résume ce nouveau rôle à sa manière : c’est comme s’il avait trois enfants de plus, avec la patience en moins.

Il avait déjà évoqué ce bonheur dans le documentaire Hallyday par David, diffusé sur M6. « Quand cela arrive, c’est fou ! J’adore ! C’est génial d’avoir trois autres enfants. »

Sur M Radio, il avait aussi lâché le surnom que les gamins lui ont trouvé : « Dadou ». Ni papi, ni pépé. « Ça m’arrange bien. Dadou, ils sont trop mignons. »

Trois générations d’un côté, deux jeunes femmes de l’autre

Regardez la photo d’ensemble, et vous comprendrez pourquoi cet anniversaire a ravivé la vieille douleur. D’un côté, un homme de 60 ans entouré de deux filles adultes et de trois petits-fils. Une dynastie qui prospère tranquillement.

De l’autre, deux jeunes femmes. Jade a 22 ans depuis le 3 août dernier. Joy en a 18 depuis le 27 juillet. Elles ont grandi entre Los Angeles et Paris, sous le feu roulant des commentaires, sans jamais rencontrer les enfants de leur demi-frère.

Il y a Cameron aussi, le fils que David a eu en 2004 avec son épouse Alexandra Pastor, fille de l’homme d’affaires monégasque Michel Pastor. Cameron et Jade sont nés la même année. Deux petits-enfants de Johnny, quasi étrangers l’un à l’autre.

Ajoutez à cela le décès de Nathalie Baye, le 17 avril 2026, à 77 ans, emportée par la maladie à corps de Lewy. David Hallyday était présent à ses obsèques en l’église Saint-Sulpice le 24 avril, comme Sylvie Vartan et Eddy Mitchell.

Laura Smet a perdu sa mère. Le 20 août 2026, il y a deux jours à peine, elle inaugurait à Angoulême la place Nathalie-Baye, épaulée par son parrain Dominique Besnehard.

Autrement dit : cette famille continue de traverser des deuils, des naissances, des étapes de vie entières. Sans jamais les traverser ensemble.

Le document que personne n’a lu jusqu’au bout

Alors reprenons cet accord de juillet 2020. Celui qui a été vendu comme la fin de la guerre. Celui après lequel tout le monde a dit « voilà, c’est réglé ».

Nous avons vu le volet Laura : 1,5 million d’euros, un droit moral sur la chanson Laura, une guitare, et une protection contre une dette fiscale à huit chiffres.

Nous avons vu le volet immobilier : les maisons restent à Laeticia, avec la dette qui va avec.

Mais il y a un troisième volet. Celui dont on n’a presque pas parlé à l’époque, noyé dans le récit de la réconciliation. Et c’est celui qui change tout.

Ce que dit vraiment le partage : la ligne que tout le monde a manquée

L’héritage musical, d’abord. En renonçant à contester le testament, les aînés laissent à Laeticia les revenus tirés de l’exploitation du catalogue. Cent dix millions d’exemplaires vendus du vivant du chanteur, et des rééditions qui tournent en permanence.

Et puis vient la ligne décisive. Le droit moral sur l’œuvre de Johnny Hallyday, c’est-à-dire la main sur l’usage de sa musique et de son image, revient à Laeticia Hallyday.

Le droit moral. En droit français, c’est le pouvoir le plus durable qui existe sur une œuvre : perpétuel, inaliénable, imprescriptible. C’est lui qui pèse sur ce qu’on peut faire d’une chanson, dans quel film, dans quelle publicité, dans quel hommage.

Mais il y a une seconde ligne, et celle-là, presque personne ne l’a lue. David, lui, conserve les droits d’auteur attachés à son propre travail avec son père. Il continue de percevoir l’intégralité des revenus générés par Sang pour sang, ainsi que les royalties de Mirador. C’est la loi, stricto sensu : ce qu’il a composé lui appartient. Il garde aussi un droit moral sur les projets commerciaux liés à l’exploitation de l’œuvre paternelle.

Et il y a plus. Selon Paris Match, le million d’euros supplémentaire versé à Laura correspondait à la part qui revenait à David. Il la lui a cédée.

Faites le compte final. D’un côté : les maisons, les revenus du catalogue, la main sur l’image, et des dizaines de millions de dettes fiscales à éponger. De l’autre : une sœur qui repart avec deux millions et demi d’euros, une chanson et une guitare. Et un frère qui n’a rien voulu prendre, pas même un objet symbolique, comme son avocat l’a précisé à l’AFP.

Voilà l’accord que tout le monde a appelé « réconciliation ».

Pourquoi la plaie ne se referme pas

Ce geste-là explique une partie du reste. Il explique pourquoi David répond par des mains tendues publiques plutôt que par des coups de fil privés. Il explique aussi pourquoi, six ans après la mort de Johnny, Laeticia parlait encore de « promesses qui ne sont pas tenues ».

Parce qu’un accord juridique peut solder des comptes sans jamais solder une histoire. On peut signer une transaction et rester des étrangers. On peut se serrer la main devant les avocats et ne plus jamais se parler.

L’opinion publique, elle, ne s’y est jamais trompée. Malgré la main tendue affichée par Laeticia Hallyday envers les aînés, l’épisode lui a valu des critiques durables. Et l’accusation qui revient comme un refrain depuis 2018, celle d’une emprise excessive exercée sur son mari, n’a jamais été tranchée par un juge. Elle flotte. Elle colle. Elle ressort à chaque interview.

Pendant ce temps, la machine tourne. Les albums posthumes se vendent, les tournées hommage remplissent les salles, le catalogue continue de générer des revenus considérables.

David Hallyday, lui, a choisi de chanter son père plutôt que de le réclamer. Deux soirs au Dôme de Paris, une tournée de deux ans, et cette étrange situation : remonter sur scène pour interpréter des chansons qu’il a lui-même écrites pour un homme dont l’image, désormais, ne lui appartient plus.

Bientôt neuf ans après le 5 décembre 2017, la guerre est officiellement finie. Mais entre Jade, Joy, Laura et David, il reste des Noëls qu’on ne passe pas ensemble, des petits-fils qu’on n’a jamais présentés, et une phrase de plateau télé qui continue de traîner comme un caillou dans la chaussure. Et cette fois, aucun accord ne pourra la faire disparaître.

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