« S’il en avait une petite »…. François Hollande gâté par la nature, ce chanteur lâche une bombe sur l’ancien Président
Mardi soir, 20h38. LCP diffuse un documentaire consacré à François Hollande, sobrement intitulé Moi, diplomate ! Le monde de François Hollande. Au menu : la politique étrangère du quinquennat, les coulisses du pouvoir, Barack Obama, Vladimir Poutine, Angela Merkel.

Bref, le genre de programme parfaitement respectable qu’on regarde en pliant du linge. Sauf que chez l’ancien président, la diplomatie n’a jamais été le rayon qui fait vendre du papier. Sa vie privée, elle, a tenu la France en haleine pendant des années.
Et il existe, quelque part dans les archives de la presse française, une phrase sur François Hollande tellement crue que dix ans plus tard, elle circule toujours. Une phrase qui ne parle ni du Mali, ni de la Syrie, ni de la Crimée. Une phrase qui parle de son corps.
Elle n’a pas été prononcée par un adversaire politique. Ni par un éditorialiste vengeur. Elle vient d’une des plus grandes voix de la chanson française, elle a été imprimée noir sur blanc dans un magazine, et la presse belge en a fait un titre. Accrochez-vous.
Un documentaire très sage pour l’homme qui a fait exploser la frontière du privé
Le pitch du film, tel que la chaîne parlementaire le présente, est presque scolaire. Comment un homme élu en 2012, jamais ministre, novice en relations internationales, a-t-il affronté les grandes questions du monde ? Voilà la question posée.
Le documentaire est signé Yves Derai et Michaël Darmon. Il revient sur la guerre au Mali, sur la ligne rouge syrienne, sur les tensions avec Moscou après l’annexion de la Crimée. Et sur la vague de solidarité internationale qui a suivi les attentats de janvier 2015.
Des sujets d’État, donc. Du lourd, du régalien, du présidentiel. Cinq années de décisions prises dans des salons dorés entre 2012 et 2017.
Petit rappel du calendrier. François Hollande a été élu le 6 mai 2012 au second tour avec 51,6 % des voix, face au sortant Nicolas Sarkozy. Il a occupé l’Élysée du 15 mai 2012 au 14 mai 2017.
Sa fiche Wikipédia le résume d’une formule qui doit lui rester en travers de la gorge : le chef d’État le plus impopulaire de la Ve République. Difficile de faire plus brutal en une ligne.
Aujourd’hui, l’ancien président a 72 ans. Né le 12 août 1954 à Rouen, il a retrouvé en juillet 2024 un siège de député de la première circonscription de Corrèze. Un fauteuil qu’il avait déjà occupé de 1988 à 1993, puis de 1997 à 2012.

Voilà pour le CV officiel, celui qu’on récite dans les manuels. Maintenant, la partie que les Français ont vraiment suivie, celle qui a fait grimper les ventes en kiosque.
Celle qui commence avec une femme, un tweet de onze mots, et sept pages dans un magazine people.
1988 : ils se croisent, chacun en couple, et personne ne voit rien venir

Elle s’appelle Valérie Massonneau. Née le 16 février 1965 à Angers, cinquième d’une famille de six enfants. Elle a 61 ans aujourd’hui.
Son enfance n’a rien d’un conte de fées. Son père, Jean-Noël Massonneau, avait perdu une jambe sur une mine pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’âge de 13 ans. Il est mort à 53 ans, quand sa fille en avait 21.
Après ce décès, sa mère a travaillé à l’accueil de la patinoire d’Angers. Le détail paraît anecdotique. Il dit tout d’un milieu où rien n’était donné.
Valérie, elle, enchaîne les études d’histoire et de sciences politiques, jusqu’à un DESS obtenu à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Une trajectoire de méritante, à des kilomètres des salons parisiens où elle finira par dîner.
Sa rencontre avec François Hollande date de 1988, pendant les élections législatives. À l’époque, il vit avec Ségolène Royal. Rien ne se passe. Chacun repart dans sa vie.
Et sa vie à elle, justement, se construit ailleurs. Deux mariages : Franck Thurieau, un ami d’enfance, épousé en 1989 et divorcé en 1992. Puis Denis Trierweiler, secrétaire de rédaction à Paris Match, écrivain et universitaire, épousé en 1995.
De ce second mariage naissent trois enfants. Trois garçons qui grandiront, quelques années plus tard, avec des photographes plantés devant la porte.
Un divorce qui traîne trois ans et une histoire qu’on cache
Leur histoire à eux ne commence vraiment qu’en 2007. Elle est alors encore mariée. Et la procédure de divorce va s’étaler, doucement, de 2007 à 2010.
Trois ans. Trois ans pendant lesquels tout se joue en coulisses, entre discrétion calculée et rumeurs de couloir dans les rédactions parisiennes.
Le couple ne devient officiellement public qu’en octobre 2010, une fois le divorce rendu public. À ce moment-là, François Hollande n’est pas encore candidat. Il n’est même pas le favori de sa propre famille politique.
Côté télévision, elle n’est pas une inconnue pour autant. Dès 2005, elle anime des émissions politiques sur Direct 8 : Le Grand 8 jusqu’en 2007, puis Politiquement parlant, co-animé avec Mikaël Guedj.
Une journaliste qui pose les questions aux puissants. Avant de devenir, elle-même, le sujet de toutes les questions.

Car la bascule arrive en mai 2012. Et elle arrive très vite.
Le tweet qui a fait trembler l’Élysée en quelques mots
15 mai 2012 : elle entre à l’Élysée comme compagne du président. Elle succède, dans ce rôle sans statut, à Carla Bruni-Sarkozy. Le contraste est saisissant, et la presse s’en régale déjà.
Elle annonce alors qu’elle conserve son contrat de journaliste à Paris Match pendant le quinquennat. Première dame et salariée d’un magazine people : personne n’a jamais tenté ce grand écart.
Un mois plus tard, la déflagration. Le 12 juin 2012, elle publie un tweet de soutien à Olivier Falorni, candidat socialiste dissident à La Rochelle. Son adversaire dans cette circonscription ? Ségolène Royal.
Le hic, c’est que François Hollande avait déjà publiquement soutenu la campagne de son ex-compagne. Deux messages contradictoires, un même toit, un même Élysée.
Autant dire que l’ambiance devient électrique. L’affaire fait le tour du monde en quelques heures : la BBC et le New York Times s’en emparent. Une première dame qui torpille l’ex du président, ça ne s’était jamais vu sous la Ve République.
Des années plus tard, dans son livre, elle donnera sa version des faits. « J’appuie sur le détonateur et j’en suis la seule responsable », écrit-elle, avant d’ajouter que la bombe à retardement, elle, avait été fabriquée par François Hollande et Ségolène Royal.
Elle y dénonce leur « jeu constant entre privé et public, à coups de photos de famille et de déclarations ambigües ». Retenez bien cette formule. La frontière entre privé et public va revenir comme un boomerang en pleine figure.
Les honneurs, les voyages… et un mois de janvier que personne n’a oublié
Officiellement, la vie d’apparat continue comme si rien ne s’était passé. Voyages officiels, photos de couple sur le perron, déplacements humanitaires. La mécanique protocolaire tourne.
Le 31 mai 2013, elle reçoit même du Japon le Grand Cordon de l’ordre des Fleurs de Paulownia. Une distinction prestigieuse, des sourires, des flashs. Le sommet de la courbe.
Son rôle de compagne du président prendra fin le 25 janvier 2014. Entre ces deux dates, il y a un hiver que la France n’a pas digéré.

Début janvier 2014, l’hebdomadaire Closer consacre sept pages à de prétendues révélations et à des photos concernant une liaison entre le président et l’actrice Julie Gayet. Sept pages. Sur un chef d’État en exercice.
Le scooter, le casque intégral, les croissants du matin : la France entière visualise la scène avant même d’avoir acheté le magazine. En quelques heures, c’est le sujet numéro un de tous les bureaux du pays.
La riposte est immédiate. Le 10 janvier 2014, Le Monde titre que François Hollande veut porter plainte contre Closer. Le même jour, Le Figaro annonce que le magazine va retirer l’information de son site.
Le 16 janvier, Al Jazeera titre sur la plainte déposée par l’actrice contre le magazine. La machine judiciaire se met en marche pendant que soixante-six millions de Français commentent.
L’hôpital, le communiqué, et neuf ans liquidés en quelques lignes
Pendant que les avocats s’agitent, à l’Élysée, la compagne du président s’effondre. Elle est hospitalisée le 10 janvier, officiellement pour du repos et des examens.
L’information ne reste pas française très longtemps. La BBC et The Independent en font leurs titres dès le 12 janvier. Une première dame hospitalisée après une révélation de presse people : le monde entier regarde Paris.
Le 17 janvier, François Hollande se rend pour la première fois à son chevet, à titre privé. Elle quitte l’hôpital quelques jours plus tard, sous les objectifs.
Le 25 janvier 2014, le couperet tombe. La séparation est annoncée par un communiqué d’une sécheresse clinique. La BBC titre ce jour-là sur la rupture entre François Hollande et Valérie Trierweiler.
Neuf ans d’histoire commune, deux ans de vie à l’Élysée, une succession de voyages officiels. Tout cela liquidé en quelques phrases transmises à l’AFP.
En mars 2014, Julie Gayet sort du silence à sa manière, en renvoyant fermement sa vie privée à la sphère privée, comme l’a relayé la presse anglophone. Elle épousera François Hollande huit ans plus tard, en 2022.
Fin de l’histoire ? Absolument pas. À ce moment précis, dans un appartement parisien, quelqu’un tape sur un clavier. Un clavier volontairement débranché d’Internet.
Six mois d’écriture, un ordinateur sans Internet et un nom de code

Ce qui se prépare pendant l’hiver et le printemps 2014 relève quasiment de l’opération clandestine. Plusieurs maisons d’édition flairent le projet du siècle et s’y intéressent.
Elle mandate une agente littéraire, Anna Jarota, pour choisir l’éditeur. Le choix se porte sur une petite maison indépendante, Les Arènes. Le critère décisif n’est pas l’argent : c’est la capacité à se taire.
Elle commence à écrire en février et signe le contrat en mars 2014, tout en gardant la possibilité de suspendre le projet à n’importe quel moment. Parce qu’elle doute, encore, d’avoir envie de l’écrire.
Le détail qui tue : elle aurait écrit chez elle, pendant six mois, sur un ordinateur non connecté au réseau. Aucune fuite possible. Aucun piratage. Aucune trace.
Et pendant que le manuscrit avance ligne après ligne, que fait le président de la République ? Selon Le Monde, « François Hollande lui envoyait des fleurs, multipliait les invitations à dîner et envahissait son téléphone de messages ».
Des fleurs. Pendant qu’elle écrivait le livre qui allait lui coûter le peu de popularité qu’il lui restait. L’ironie est presque insoutenable.
« John Milton », les clés USB et un faux titre sur les bons de commande
Quatre personnes seulement, autrice incluse, sont dans la confidence jusqu’à la mise en page finale. Quatre. Dans un milieu éditorialiste où tout se sait en une soirée.
Les épreuves ne circulent jamais par mail. Uniquement par clés USB, de main à main. Et au téléphone, on ne prononce aucun nom : on parle par codes.
Son nom de code à elle ? John Milton. L’auteur du Paradis perdu. Difficile de trouver un pseudonyme plus adapté à une histoire d’Élysée qui finit en cendres.
L’éditeur met en page le manuscrit avec une équipe réduite au strict minimum, sans même informer ses propres salariés. Certains apprendront le titre du livre… en même temps que la France.
La dernière page porte une mention discrète : « Paris, le 31 juillet 2014 ». L’ouvrage est imprimé en Allemagne et rapatrié par camions la veille seulement de la mise en rayon.
Sur les bons de commande envoyés aux libraires, un faux titre : Le siècle des hommes. Et un auteur mystère baptisé « XX ». Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match, parlera de mesures dignes d’un « roman d’espionnage ».
Et voici la coïncidence que personne n’avait vue venir. Deux jours avant la sortie, c’est une journaliste de La Chaîne parlementaire qui révèle qu’un livre de Valérie Trierweiler s’apprête à paraître.
La même chaîne, exactement, qui offrait mardi soir une tribune de prestige à François Hollande sur sa politique étrangère. Le monde est petit. Les archives, elles, ne pardonnent rien.

Douze pages dans Paris Match et le mot qui allait tout emporter
La veille de la publication, Paris Match lui consacre sa couverture et douze pages de récit. Le magazine dévoile quatre extraits du livre. Dont la révélation de la liaison avec Julie Gayet.
Un autre passage porte sur l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York. On est très loin du simple récit d’alcôve : c’est aussi une plongée dans les secousses du socialisme français.
Le même jour, Le Monde dévoile la dimension politique de l’ouvrage. Et surtout un extrait qui va marquer les esprits pour une décennie entière : celui sur les « sans-dents ».
Deux mots. Deux mots qui vont coller à la semelle d’un président de gauche jusqu’à la fin de son mandat, et qu’on lui ressortira dans chaque meeting, chaque plateau, chaque dîner.
Le livre dresse un tableau très peu flatteur du chef de l’État. Un homme présenté comme cynique, dénué d’affect, méprisant envers son propre électorat et envers les Français de condition modeste.
Et avec sa compagne, des relations souvent glaciales. Une scène, en particulier, glace le lecteur.
Dans une conversation qu’elle relate, François Hollande lui aurait demandé : « Ça te prend beaucoup de temps pour être aussi belle ? » Puis il aurait ajouté, sans plaisanter : « En même temps, on ne te demande rien d’autre. »
Son commentaire, dans le livre, tient en trois phrases sèches comme des claques. « Il est froid. Ne sourit pas. Je suis son faire-valoir, mais je ne dois rien valoir. »
442 657 exemplaires, neuf millions d’euros… et 49 000 pirates

Le tirage initial est de 200 000 exemplaires. Un privilège réservé à une poignée d’auteurs : Amélie Nothomb, Marc Levy, Bernard Werber, Dan Brown. Sauf que là, l’autrice n’est pas romancière.
Le livre sort le 4 septembre 2014, en pleine rentrée littéraire. Celle-là même où 607 romans français et étrangers étaient annoncés dans les vitrines. Il arrive comme un char d’assaut dans une procession.
Seize jours après sa sortie, l’éditeur annonce 442 000 exemplaires vendus. Le 25 septembre 2014, ActuaLitté détaille les chiffres établis par GfK : 442 657 exemplaires papier écoulés.
À quoi s’ajoutent 25 000 exemplaires numériques, soit 467 657 ventes réelles à cette date. Le chiffre d’affaires est estimé à près de 9 millions d’euros.
Sur les ventes totales, le décompte cité par Wikipédia s’établit à 603 300 exemplaires, hors édition de poche et hors traductions. Plus de six cent mille foyers français avec ce livre sur la table du salon.
Et puis il y a le côté sombre du triomphe. Sur le seul site Torrent411, ActuaLitté comptabilisait trois versions du fichier piraté, pour un total supérieur à 49 000 téléchargements.
Le livre le plus commenté de France était aussi l’un des plus volés. Une édition de poche suivra. Le phénomène, lui, avait déjà franchi les frontières.
Quand la presse étrangère s’empare du « livre poison »
Dès le jour de la publication en France, l’agente littéraire annonce que la maison américaine Regan Arts a acheté les droits pour les États-Unis. La traduction est déjà en cours.
En Espagne, le livre paraît sous le titre Gracias por este momento. Selon Metronews, il sera également disponible dans une dizaine d’autres pays.

Au Royaume-Uni, la maison Biteback annonce le 25 novembre 2014 la sortie de Thank You For This Moment : A story of Love, Power and Betrayal. Traduisez : une histoire d’amour, de pouvoir et de trahison.
Le sous-titre résume assez bien le climat. Les Britanniques, eux, ne se sont jamais embarrassés de pudeur quand il s’agit des amours de l’Élysée.
Le week-end précédant cette publication, l’autrice enchaîne les interviews : The Times, le Sunday Telegraph, The Observer, le Daily Mail. Et elle est invitée de deux programmes politiques phares de la BBC, The Andrew Marr Show et Newsnight.
Les verdicts étrangers sont d’une brutalité rare. Le New York Times écrit que, selon de nombreux commentateurs, il s’agit d’un acte de vengeance d’une femme humiliée, qui ternit davantage l’image de M. Hollande, dont la popularité était déjà au plus bas.
En Italie, La Stampa évoque un « livre poison » et « une action de vengeance froide, conçue avec une précision chirurgicale ». En Espagne, El País parle d’un « livre vengeance » qui plonge la France dans une tragi-comédie politique sentimentale.
Le quotidien britannique The Times résume la charge d’une formule assassine : « Le socialiste Hollande méprise ses électeurs de la classe ouvrière française. » Et le Guardian, le 3 septembre 2014, titre en mettant l’accent sur la tentative de suicide évoquée dans l’ouvrage.
En France, les éditorialistes sortent l’artillerie lourde
À Paris, le déchaînement est total. L’édition française du Huffington Post décrit l’ouvrage comme « le livre surprise de la rentrée ». Le Télégramme parle carrément de « tsunami littéraire ».
Le Républicain lorrain trouve la formule la plus cruelle de toutes : un « cadeau de rupture dévastateur ». Le Journal de la Haute-Marne, lui, souligne le « grand déballage ».
Trois quotidiens — Le Figaro, Libération et Le Parisien-Aujourd’hui en France — consacrent chacun deux pleines pages à l’ouvrage. Deux pleines pages. Pour un livre de rupture amoureuse.

Libération refuse d’y voir un simple récit d’alcôve et y lit une « riposte personnelle sans précédent dans l’histoire de la Ve République ». Le mot est lâché : sans précédent.
Dans Le Figaro, l’éditorialiste Yves Thréard ne cache pas son dégoût. « Ce spectacle est affligeant », juge-t-il, estimant que « l’obscénité [est] à son comble » et qu’il « règne une ambiance de décadence ».
Cette idée d’indécence, de linge sale étalé sur la place publique, va faire son chemin dans les esprits. Elle va mûrir, tranquillement, pendant deux ans.
Et un beau jour, elle ressortira de la bouche d’un homme qu’absolument personne n’attendait sur ce terrain-là.
La télé s’installe, et l’éditeur doit démentir une rumeur gênante
À la télévision, le livre devient un feuilleton quotidien. C dans l’air sur France 5 lui consacre un numéro dès le 3 septembre 2014, titré « Trierweiler balance ! ». Soit une heure et onze minutes de débat entre spécialistes.
Le lendemain, 4 septembre, rebelote sur la même chaîne avec un numéro intitulé « Hollande ne lui dit pas « merci » ». Même durée, même passion française pour le sujet.
Le 11 décembre 2014, Complément d’enquête sur France 2 diffuse un sujet au titre-programme : « Trierweiler, téléréalité : le règne des impudiques ». La question de la pudeur est désormais posée en prime time.
En coulisses, une rumeur tenace circule dans les dîners parisiens : et si le livre avait été écrit par quelqu’un d’autre ? Une plume fantôme, un journaliste chevronné, un nègre littéraire.
Dans une lettre publiée le 16 septembre 2014 par Livres Hebdo, le PDG des Arènes, Laurent Beccaria, tient à préciser que Valérie Trierweiler est l’unique autrice de l’ouvrage.
Il pointe alors du doigt la « suspicion d’un montage » nourrie, selon lui, par des « conseillers de l’Élysée ». La guerre des versions se joue jusque dans les couloirs du pouvoir.

« Ce n’est pas une vengeance » : sa défense, face à la BBC
Le 23 novembre 2014, dans une interview diffusée sur BBC One, l’autrice explique enfin pourquoi elle a écrit ce livre. Sa réponse est restée.
« Ce n’est pas une vengeance, ce n’est pas une revanche. Ce n’est pas pour le détruire, c’est pour me reconstruire moi », déclare-t-elle face à la caméra britannique.
L’ouvrage raconte ses neuf années aux côtés de François Hollande. De ce qu’elle appelle « le baiser de Limoges », le 14 avril 2005, jusqu’au 25 janvier 2014, jour où il annonce la fin de leur vie commune.
Il détaille aussi les deux années passées à l’Élysée comme première dame. Les dîners d’État, les protocoles, les humiliations minuscules et les grandes solitudes.
Et, comme le notait Le Monde à l’époque, il ne contient aucun secret d’État. Pas une note diplomatique, pas un document classifié.
Aucun secret d’État, non. Mais beaucoup d’intime. Suffisamment d’intime pour qu’un artiste français, deux ans plus tard, en tire une déduction anatomique sur le président de la République.
Printemps 2016 : un chanteur s’assoit face à Léa Salamé, et rien ne sera épargné
Nous sommes en 2016. Le mensuel GQ publie un entretien mené par Léa Salamé avec l’un des artistes les plus respectés de la chanson française. Un homme dont la spécialité, à l’époque comme aujourd’hui, n’est franchement pas la langue de bois.
Un auteur-compositeur multi-récompensé, passé par un conservatoire de musique, connu pour ses albums mélancoliques et ses interviews où il ne relit jamais ses réponses avant publication.
La Libre, qui relaie l’interview le 14 avril 2016, le surnomme « le chanteur le plus déprimé de l’Hexagone ». Et décrit un face-à-face où il sort, selon le quotidien belge, « les missiles thermo-nucléaires » en direction de plusieurs personnalités connues.

Plusieurs cibles y passent, et pas des petites. Mais c’est sur le livre de l’ancienne première dame que son tir devient une affaire nationale.
Son constat est politique avant d’être personnel. « Valérie Trierweiler a fait beaucoup de mal et à la France et au concept même de vie privée », lâche-t-il dans l’entretien. Avant d’ajouter, sans filtre : « Je n’en ai rien à foutre. »
Puis il explique comment, à ses yeux, l’affaire aurait dû se régler. « Elle n’a qu’à régler ça en privé, elle n’avait qu’à lui écrire la lettre la plus violente qu’il aurait reçue de sa vie », dit-il.
Et il tranche, d’une formule qui ferait hocher la tête à beaucoup de Français : « Ça se passe comme ça chez les gens. »
Enfin, il raconte son état d’esprit exact au moment de la lecture. « J’étais hilare ! Tous les synonymes d’indignation », résume-t-il.
Hilare. Le mot est capital. Parce que c’est précisément de ce rire qu’est née la phrase la plus crue jamais imprimée sur l’anatomie d’un président français.
Sa logique est imparable… et complètement indécente
Son raisonnement part d’une prémisse simple. Dans ce livre, rien n’aurait été épargné à son ancien compagnon. Aucun détail, aucune faiblesse, aucune humiliation possible.
Six cents pages de vie commune passées au tamis. Les silences, les mots blessants, les dîners glacés, les petites lâchetés du quotidien. Tout y serait.
Donc, si un détail très précis n’apparaît nulle part dans ces pages, c’est qu’il n’y avait rien à en dire. Ou plutôt : c’est qu’il n’y avait rien de gênant à en dire.
Vous voyez parfaitement où il veut en venir. Lui y est allé, noir sur blanc, dans un magazine vendu en kiosque partout en France.
Et la presse belge en a fait un titre où figure le mot « pénis » juste à côté du nom d’un président de la République française. Du jamais-vu.

Alors, qui est cet homme ? Un chanteur, auteur, producteur et acteur. L’ancien gendre d’une immense actrice française, icône absolue du cinéma. Voici son nom. Et voici sa phrase.
Benjamin Biolay, la phrase que personne d’autre n’aurait osé publier
L’homme derrière cette sortie, c’est Benjamin Biolay. Né le 20 janvier 1973 à Villefranche-sur-Saône, 53 ans, frère de la chanteuse Coralie Clément, passé par le conservatoire de Lyon.
Il a été marié à l’actrice Chiara Mastroianni de 2002 à 2005 — La Libre le présente d’ailleurs comme « l’ex-beau-fils de Catherine Deneuve ». Ils ont une fille, née en 2003.
Et en 2016, année de cette interview, il sort l’album Palermo Hollywood, qui grimpe jusqu’à la 3e place des ventes en France. Autrement dit : un artiste au sommet, pas un provocateur en quête de buzz.
Voilà donc le décor complet : un artiste installé, primé, respecté par la critique. Et cette phrase, publiée telle quelle dans GQ, puis reprise par toute la presse francophone.
« Je me suis même dit qu’il devait en avoir une énorme parce que s’il en avait une toute petite, elle l’aurait mis dans le bouquin », déclare Benjamin Biolay.
Relisez-la lentement. C’est une déduction, pas une information. Le chanteur ne prétend rien savoir du corps de François Hollande : il raisonne uniquement sur ce qui, selon lui, n’a pas été écrit.
Et c’est là que la pique est la plus tordue. La cible réelle, ce n’est pas l’ancien président. C’est l’autrice du livre, soupçonnée par le chanteur de n’avoir laissé filer aucun détail susceptible d’égratigner son ex-compagnon.
Dans la même interview, il n’avait épargné personne
Car Benjamin Biolay ne s’était pas arrêté là ce jour-là. Il s’en prenait aussi au groupe américain Eagles of Death Metal, dont le nom s’était retrouvé en une de tous les journaux après les attaques du 13 novembre au Bataclan.

« Je ne serais jamais allé voir ce groupe de merde. Je déteste ce chanteur, c’est un connard », disait-il, sans le moindre détour. La Libre rappelait alors les idées ultraconservatrices de Jesse Hughes, pasteur pro-armes.
Deux sorties, une seule interview. Les réseaux sociaux s’enflamment pendant quelques jours, les plateaux télé recyclent les citations, puis l’actualité passe à autre chose.
Sauf qu’une phrase, elle, ne passe jamais vraiment. Elle se dépose dans les archives du web et elle attend.
Dix ans plus tard, tout le monde a tourné la page… sauf la phrase
Depuis, chacun a refait sa vie, et pas qu’un peu. François Hollande a épousé Julie Gayet en 2022, huit ans après la tempête de janvier 2014. Il siège de nouveau à l’Assemblée nationale depuis juillet 2024.
Valérie Trierweiler, elle, a complètement changé de registre. En 2017, elle publie son premier roman, Le secret d’Adèle, consacré à la vie d’Adele Bloch-Bauer, immortalisée par le célèbre portrait de Gustav Klimt.
Plus d’Élysée, plus de règlements de comptes, plus de sang sur les pages. De l’art, de l’Histoire, de la fiction.
Benjamin Biolay, lui, n’a jamais été aussi installé. Officier de l’ordre des Arts et des Lettres depuis 2010, nommé au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Stella, il a signé coup sur coup deux albums numéro un en France, Grand Prix en 2020 et Saint-Clair en 2022.
En 2025, son album Le disque bleu se hisse à la 2e place des ventes françaises. La carrière a continué ; la petite phrase de 2016, elle, n’a jamais quitté les moteurs de recherche.
Et il reste cette dernière ironie, presque trop belle pour être vraie. La chaîne qui a révélé l’existence du livre deux jours avant sa sortie, en 2014, est exactement celle qui offrait mardi soir à François Hollande une tribune de prestige sur sa politique étrangère.
D’un côté, le Mali, la Syrie, la Crimée, Obama, Poutine, Merkel. De l’autre, un livre à 9 millions d’euros de chiffre d’affaires et une réflexion de chanteur qu’on n’ose même pas citer au dîner de famille.
Voilà ce que dix ans de vie publique laissent derrière eux. Des décisions internationales que presque personne ne retiendra dans le détail. Et une phrase que plus personne n’arrive à oublier.
- 28/10/2026 à 09:375ex4z 85s,'bmG.
- 18/10/2026 à 07:32bon alors déménagez nous on reste (rires).
- 06/10/2026 à 16:31Boff,pfuff,comme la écrit M Audiard,les cons ça osent tout,c'est a ça qu'on les reconnait.....!
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