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« S’il en avait une petite »…. François Hollande gâté par la nature, ce chanteur lâche une bombe sur l’ancien Président

Publié par Hannah le 17 Sep 2026 à 9:06

Mardi 15 septembre, à 20h38, LCP a diffusé un documentaire consacré à François Hollande. Titre : Moi, diplomate ! Le monde de François Hollande. Au menu, la politique étrangère du quinquennat, les coulisses du pouvoir, et ses relations avec Barack Obama, Vladimir Poutine ou Angela Merkel.

Il a lu le livre de Valérie Trierweiler et en a tiré une conclusion très intime sur François Hollande : sa phrase refait surface

Bref, le genre de programme parfaitement respectable qu’on regarde en pensant à autre chose. Sauf que chez l’ancien président, la diplomatie n’a jamais été le rayon qui a fait vendre du papier. Sa vie privée, elle, a tenu la France en haleine pendant des années.

Et il existe, quelque part dans les archives de la presse française, une phrase sur François Hollande tellement crue que dix ans plus tard, elle circule encore. Une phrase qui ne parle pas du Mali, ni de la Syrie, ni de la Crimée. Une phrase qui parle de son corps.

Elle n’a pas été prononcée par un adversaire politique. Ni par un éditorialiste vengeur. Elle vient d’une des plus grandes voix de la chanson française, et elle a été imprimée dans un magazine. Accrochez-vous.

Un documentaire très sage pour l’homme qui a fait exploser la frontière du privé

Le pitch du documentaire, tel que LCP le présente, est presque scolaire. Comment un homme élu président en 2012, qui n’avait jamais été ministre et se trouvait donc peu expérimenté en relations internationales, a-t-il affronté les grandes questions de politique étrangère ? Voilà la question posée.

Le film est signé Yves Derai et Michaël Darmon. Il revient sur la guerre au Mali, sur la Syrie, sur les tensions avec Moscou après l’annexion de la Crimée. Et sur la mobilisation internationale qui a suivi les attentats de janvier 2015.

Des sujets d’État, donc. Rien que du sérieux, du lourd, du présidentiel. On y raconte les grandes décisions internationales prises entre 2012 et 2017.

Rappel utile du calendrier : François Hollande a été élu le 6 mai 2012 au second tour avec 51,6 % des voix, face au président sortant Nicolas Sarkozy. Il a occupé l’Élysée du 15 mai 2012 au 14 mai 2017. Wikipédia le décrit comme le chef d’État le plus impopulaire de la Ve République.

Aujourd’hui, l’ancien président a 72 ans — il est né le 12 août 1954 à Rouen. Et il a retrouvé un siège de député de la première circonscription de Corrèze le 8 juillet 2024, un fauteuil qu’il avait déjà occupé de 1988 à 1993, puis de 1997 à 2012.

Valérie Trierweiler

Voilà pour le CV. Maintenant, la partie que les Français ont vraiment suivie. Celle qui commence avec une femme, un tweet, et sept pages dans un magazine.

1988 : ils se croisent, chacun en couple, et personne ne voit rien venir

Plateau de télévision vide évoquant un tournage de documentaire politique

Elle s’appelle Valérie Massonneau. Elle est née le 16 février 1965 à Angers, cinquième d’une famille de six enfants. Elle a 61 ans aujourd’hui.

Son enfance n’a rien d’un conte de fées. Son père, Jean-Noël Massonneau, avait perdu une jambe sur une mine pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il avait 13 ans. Il est mort à 53 ans, quand sa fille en avait 21.

Après ce décès, sa mère a travaillé à l’accueil de la patinoire d’Angers. Valérie, elle, a fait des études d’histoire et de sciences politiques, jusqu’à un DESS obtenu à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Une trajectoire de méritante, loin des salons parisiens.

Sa rencontre avec François Hollande date de 1988, pendant les élections législatives. À l’époque, il vit avec Ségolène Royal. Elle, de son côté, va construire sa vie ailleurs.

Deux mariages : Franck Thurieau, un ami d’enfance, épousé en 1989 et divorcé en 1992. Puis Denis Trierweiler, secrétaire de rédaction à Paris Match, écrivain et universitaire, épousé en 1995. De ce second mariage naissent trois enfants.

Leur histoire à eux commence en 2007, alors qu’elle est encore mariée. La procédure de divorce, elle, s’étale sur trois ans, de 2007 à 2010. Le couple Hollande-Trierweiler ne devient public qu’en octobre 2010, après que ce divorce a été rendu public.

Côté télé, elle n’est pas une inconnue. Dès 2005, elle anime des émissions politiques sur Direct 8 : Le Grand 8 jusqu’en 2007, puis Politiquement parlant, co-animé avec Mikaël Guedj. Une journaliste qui pose les questions… avant de devenir le sujet.

valerie-trierweiler

Le tweet qui a fait trembler l’Élysée en six mots

15 mai 2012 : elle entre à l’Élysée comme compagne du président. Elle succède, dans le rôle, à Carla Bruni-Sarkozy. Et elle annonce qu’elle conserve son contrat de journaliste à Paris Match pendant le quinquennat.

Un mois plus tard, la déflagration. Le 12 juin 2012, elle publie un tweet de soutien à Olivier Falorni, candidat socialiste dissident à La Rochelle, face à Ségolène Royal. François Hollande, lui, avait déjà publiquement soutenu la campagne de son ex-compagne.

Autant dire que l’ambiance devient électrique. L’affaire fait le tour du monde : la BBC et le New York Times s’en emparent. Une première dame qui torpille l’ex du président, ça ne s’était jamais vu.

Des années plus tard, dans son livre, elle en donnera sa version. « J’appuie sur le détonateur et j’en suis la seule responsable », écrit-elle, avant d’ajouter que la bombe à retardement avait été fabriquée par François Hollande et Ségolène Royal.

Elle y dénonce leur « jeu constant entre privé et public, à coups de photos de famille et de déclarations ambigües ». Retenez bien cette phrase. Parce que la question du privé et du public va revenir comme un boomerang.

Officiellement, la vie d’apparat continue. Le 31 mai 2013, elle reçoit du Japon le Grand Cordon de l’ordre des Fleurs de Paulownia. Les honneurs, les voyages, les photos.

Son rôle de compagne du président prend fin le 25 janvier 2014. Entre les deux dates, il y a eu un mois de janvier que personne en France n’a oublié.

Janvier 2014 : sept pages dans un magazine et tout s’effondre

pekin express ines reg imite valerie trierweiler

Début janvier 2014, l’hebdomadaire Closer consacre sept pages à de prétendues révélations et à des photos concernant une liaison entre le président et l’actrice Julie Gayet. Sept pages. Sur un président en exercice.

La riposte est immédiate. Le 10 janvier 2014, Le Monde titre que François Hollande veut porter plainte contre Closer. Le même jour, Le Figaro annonce que le magazine va retirer l’information de son site.

Le 16 janvier, Al Jazeera titre sur la plainte déposée par l’actrice contre le magazine. La machine judiciaire se met en marche pendant que la France entière commente.

Pendant ce temps, à l’Élysée, la compagne du président s’effondre. Elle est hospitalisée le 10 janvier, officiellement pour du repos et des examens. La BBC et The Independent en font leurs titres dès le 12 janvier.

Le 17 janvier, François Hollande se rend pour la première fois à son chevet, à titre privé. Elle quitte l’hôpital quelques jours plus tard.

Le 25 janvier 2014, le couperet tombe : la séparation est annoncée. La BBC titre ce jour-là sur la rupture entre Hollande et Valérie Trierweiler. Neuf ans d’histoire, liquidés en un communiqué.

En mars 2014, Julie Gayet sort du silence à sa manière, en renvoyant sa vie privée à la sphère privée, comme l’a relayé la presse anglophone. Elle épousera François Hollande en 2022.

Fin de l’histoire ? Absolument pas. À ce moment précis, dans un appartement parisien, quelqu’un tape sur un clavier. Un clavier qui n’est pas branché à Internet.

Six mois d’écriture, un ordinateur sans Internet et un nom de code

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Ce qui se prépare pendant l’hiver et le printemps 2014 relève quasiment de l’opération clandestine. Plusieurs maisons d’édition s’intéressent au projet. Elle mandate une agente littéraire, Anna Jarota, pour choisir l’éditeur.

Le choix se porte sur une petite maison indépendante, Les Arènes, pour la confidentialité. Elle commence à écrire en février et signe le contrat en mars 2014, tout en gardant la possibilité de suspendre le projet à tout moment. Parce qu’elle doute d’avoir envie de l’écrire.

Le détail qui tue : elle aurait écrit chez elle, pendant six mois, sur un ordinateur non connecté à Internet. Aucune fuite possible. Aucun piratage.

Et pendant que le manuscrit avance, que fait le président ? Selon Le Monde, « François Hollande lui envoyait des fleurs, multipliait les invitations à dîner et envahissait son téléphone de messages ». Il ne savait pas ce qui l’attendait en librairie.

Quatre personnes seulement, autrice incluse, sont dans la confidence jusqu’à la mise en page. Les épreuves circulent uniquement par clés USB. Au téléphone, on parle par codes.

Son nom de code à elle ? John Milton. L’éditeur met en page le manuscrit avec une équipe réduite, sans informer ses propres salariés.

La dernière page du livre porte une mention : « Paris, le 31 juillet 2014 ». L’ouvrage est imprimé en Allemagne et rapatrié par camions la veille seulement de la mise en rayon.

Sur les bons de commande, un faux titre : Le siècle des hommes. Et un auteur mystère baptisé « XX ». Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match, parlera de mesures de sécurité dignes d’un « roman d’espionnage ».

Et voici l’ironie que personne n’avait vue venir. Deux jours avant la sortie, c’est une journaliste de La Chaîne parlementaire qui révèle qu’un livre de Valérie Trierweiler s’apprête à paraître. La même chaîne qui, cette semaine, diffusait le documentaire diplomatique de François Hollande.

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Douze pages dans Paris Match et le mot qui allait tout emporter

La veille de la publication, Paris Match lui consacre sa couverture et douze pages de récit. Le magazine dévoile quatre extraits du livre. Dont la révélation de la liaison avec Julie Gayet.

Un autre passage porte sur l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York. On est très loin du simple récit d’alcôve.

Le même jour, Le Monde dévoile la dimension politique de l’ouvrage. Et surtout un extrait qui va marquer les esprits pour des années : celui sur les « sans-dents ».

Le livre dresse un tableau très peu flatteur du chef de l’État. Un homme présenté comme cynique, dénué d’affect, méprisant envers son propre électorat et envers les Français de condition modeste. Avec sa compagne, des relations souvent glaciales.

Une scène, en particulier, glace le lecteur. Dans une conversation qu’elle relate, François Hollande lui aurait demandé : « Ça te prend beaucoup de temps pour être aussi belle ? » Puis il aurait ajouté, sans plaisanter : « En même temps, on ne te demande rien d’autre. »

Son commentaire, dans le livre, tient en trois phrases sèches. « Il est froid. Ne sourit pas. Je suis son faire-valoir, mais je ne dois rien valoir. »

Voilà ce que des centaines de milliers de Français vont lire en quelques semaines. Et quand on dit des centaines de milliers, ce n’est pas une image.

442 657 exemplaires, neuf millions d’euros… et 49 000 pirates

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Le tirage initial est de 200 000 exemplaires. Un privilège réservé à quelques rares écrivains comme Amélie Nothomb, Marc Levy, Bernard Werber ou Dan Brown. Sauf que là, l’autrice n’est pas romancière.

Le livre sort le 4 septembre 2014, en pleine rentrée littéraire, celle où 607 romans français et étrangers étaient annoncés. Autant dire qu’il arrive comme un char d’assaut dans une procession.

Seize jours après sa sortie, l’éditeur annonce 442 000 exemplaires vendus. Le 25 septembre 2014, ActuaLitté détaille les chiffres établis par GfK : 442 657 exemplaires papier écoulés.

À quoi s’ajoutent 25 000 exemplaires numériques, soit 467 657 ventes réelles à cette date. Le chiffre d’affaires est estimé à près de 9 millions d’euros. Sur les ventes totales, le décompte cité par Wikipédia s’établit à 603 300 exemplaires, hors édition de poche et hors traductions.

Et puis il y a le côté sombre du succès. Sur le seul site Torrent411, ActuaLitté comptabilisait trois versions du fichier piraté, pour un total supérieur à 49 000 téléchargements. Le livre le plus commenté de France était aussi l’un des plus volés.

Une édition de poche suivra. Le phénomène, lui, a déjà franchi les frontières.

Quand la presse étrangère s’empare du « livre poison »

Dès le jour de la publication en France, l’agente littéraire annonce que la maison américaine Regan Arts a acheté les droits pour les États-Unis, et que la traduction est déjà en cours.

En Espagne, le livre paraît sous le titre Gracias por este momento. Selon Metronews, il sera également disponible dans une dizaine d’autres pays.

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Au Royaume-Uni, la maison Biteback annonce le 25 novembre 2014 la sortie de Thank You For This Moment : A story of Love, Power and Betrayal. Traduisez : une histoire d’amour, de pouvoir et de trahison. Le sous-titre résume assez bien le climat.

Le week-end précédant cette publication, l’autrice enchaîne les interviews : The Times, le Sunday Telegraph, The Observer, le Daily Mail. Et elle est invitée de deux programmes politiques phares de la BBC, The Andrew Marr Show et Newsnight.

Les verdicts étrangers, eux, sont d’une brutalité rare. Le New York Times écrit que, selon de nombreux commentateurs, il s’agit d’un acte de vengeance d’une femme humiliée, qui ternit davantage l’image de M. Hollande, dont la popularité était déjà au plus bas.

En Italie, La Stampa évoque un « livre poison » et « une action de vengeance froide, conçue avec une précision chirurgicale ». En Espagne, El País parle d’un « livre vengeance » qui plonge la France dans une tragi-comédie politique sentimentale.

Le quotidien britannique The Times résume la charge politique d’une formule assassine : « Le socialiste Hollande méprise ses électeurs de la classe ouvrière française. » Et le Guardian, le 3 septembre 2014, titre en mettant l’accent sur la tentative de suicide évoquée par Valérie Trierweiler.

En France, les éditorialistes sortent l’artillerie lourde

À Paris, le déchaînement est total. L’édition française du Huffington Post décrit l’ouvrage comme « le livre surprise de la rentrée ». Le Télégramme parle carrément de « tsunami littéraire ».

Le Républicain lorrain trouve la formule la plus cruelle : un « cadeau de rupture dévastateur ». Le Journal de la Haute-Marne, lui, souligne le « grand déballage ».

Trois quotidiens — Le Figaro, Libération et Le Parisien-Aujourd’hui en France — consacrent chacun deux pleines pages à l’ouvrage. Deux pleines pages, pour un livre de rupture.

Valerie Trierweiler

Libération refuse d’y voir un simple récit d’alcôve et y lit une « riposte personnelle sans précédent dans l’histoire de la Ve République ». Le mot est lâché : sans précédent.

Dans Le Figaro, l’éditorialiste Yves Thréard ne cache pas son dégoût. « Ce spectacle est affligeant », juge-t-il, estimant que « l’obscénité [est] à son comble » et qu’il « règne une ambiance de décadence ».

Cette idée-là — celle de l’indécence, du linge sale étalé en place publique — va faire son chemin. Et deux ans plus tard, elle ressortira de la bouche d’un homme qu’on n’attendait pas sur ce terrain.

La télé s’installe, et l’éditeur doit démentir une rumeur

À la télévision, le livre devient un feuilleton. C dans l’air sur France 5 lui consacre un numéro dès le 3 septembre 2014, titré « Trierweiler balance ! ». Soit une heure et onze minutes de débat.

Le lendemain, 4 septembre, rebelote sur la même chaîne avec un numéro intitulé « Hollande ne lui dit pas « merci » ». Même durée, même passion française pour le sujet.

Le 11 décembre 2014, Complément d’enquête sur France 2 diffuse un sujet au titre programme : « Trierweiler, téléréalité : le règne des impudiques ». La question de la pudeur est désormais posée à l’antenne.

En coulisses, une rumeur tenace circule : et si le livre avait été écrit par quelqu’un d’autre ? Dans une lettre publiée le 16 septembre 2014 par Livres Hebdo, le PDG des Arènes, Laurent Beccaria, tient à préciser que Valérie Trierweiler est l’unique autrice.

Il pointe alors la « suspicion d’un montage » nourrie, selon lui, par des « conseillers de l’Élysée ». La guerre des versions se joue jusque dans les couloirs du pouvoir.

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« Ce n’est pas une vengeance » : sa défense, face à la BBC

Le 23 novembre 2014, dans une interview diffusée sur BBC One, l’autrice explique pourquoi elle a écrit ce livre. Sa réponse est restée.

« Ce n’est pas une vengeance, ce n’est pas une revanche. Ce n’est pas pour le détruire, c’est pour me reconstruire moi », déclare-t-elle.

L’ouvrage raconte ses neuf années aux côtés de François Hollande. De ce qu’elle appelle « le baiser de Limoges », le 14 avril 2005, jusqu’au 25 janvier 2014, jour où il annonce la fin de leur vie commune.

Il détaille aussi les deux années passées à l’Élysée comme première dame. Et, comme le notait Le Monde, il ne contient aucun secret d’État.

Aucun secret d’État, non. Mais beaucoup d’intime. Suffisamment pour qu’un artiste, dans une interview de magazine, en tire une déduction anatomique sur le président de la République.

Printemps 2016 : un chanteur s’assoit face à Léa Salamé, et rien ne sera épargné

Nous sommes en 2016. Le mensuel GQ publie un entretien mené par Léa Salamé avec l’un des artistes les plus respectés de la chanson française. Un homme dont la spécialité, à l’époque comme aujourd’hui, n’est pas la langue de bois.

La Libre, qui relaie l’interview le 14 avril 2016, le surnomme « le chanteur le plus déprimé de l’Hexagone ». Et décrit un face-à-face où il sort, selon le quotidien belge, « les missiles thermo-nucléaires » en direction de plusieurs personnalités connues.

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Plusieurs cibles y passent. Mais c’est sur le livre de l’ancienne première dame que son tir devient une affaire nationale.

Son constat est politique avant d’être personnel. « Valérie Trierweiler a fait beaucoup de mal et à la France et au concept même de vie privée », lâche-t-il dans l’entretien. Avant d’ajouter, sans filtre : « Je n’en ai rien à foutre. »

Puis il explique comment, à ses yeux, l’affaire aurait dû se régler. « Elle n’a qu’à régler ça en privé, elle n’avait qu’à lui écrire la lettre la plus violente qu’il aurait reçue de sa vie », dit-il. Et il tranche : « Ça se passe comme ça chez les gens. »

Enfin, il raconte son état d’esprit au moment de la lecture. « J’étais hilare ! Tous les synonymes d’indignation », résume-t-il.

Hilare. Le mot est important. Parce que c’est de ce rire qu’est née la phrase la plus crue jamais publiée sur l’anatomie d’un président français.

Sa logique est imparable… et complètement indécente

Son raisonnement part d’une prémisse simple : dans ce livre, rien n’aurait été épargné à son ancien compagnon. Aucun détail, aucune faiblesse, aucune humiliation possible.

Donc, si un détail précis n’apparaît pas dans les pages du livre, c’est qu’il n’y avait rien à en dire. Ou plutôt : c’est qu’il n’y avait rien de gênant à en dire.

Vous voyez où il va. Lui y est allé, noir sur blanc, dans un magazine vendu en kiosque. Et la presse belge en a fait un titre où figure le mot « pénis » à côté du nom d’un président français.

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Alors, qui est cet homme ? Un chanteur, auteur, producteur et acteur, ancien gendre d’une immense actrice française. Voici son nom, et voici sa phrase.

Benjamin Biolay, la phrase que personne d’autre n’aurait osé publier

L’homme derrière cette sortie, c’est Benjamin Biolay. Né le 20 janvier 1973 à Villefranche-sur-Saône, 53 ans, frère de la chanteuse Coralie Clément, passé par le conservatoire de Lyon.

Il a été marié à l’actrice Chiara Mastroianni de 2002 à 2005 — La Libre le présente d’ailleurs comme « l’ex-beau-fils de Catherine Deneuve ». Ils ont une fille, née en 2003. Et en 2016, année de l’interview, il sort l’album Palermo Hollywood, qui grimpe jusqu’à la 3e place des ventes en France.

Voilà donc le décor : un artiste installé, primé, respecté. Et cette phrase, publiée telle quelle dans GQ et reprise par la presse francophone.

« Je me suis même dit qu’il devait en avoir une énorme parce que s’il en avait une toute petite, elle l’aurait mis dans le bouquin », déclare Benjamin Biolay.

Relisez-la. C’est une déduction, pas une information. Le chanteur ne prétend rien savoir du corps de François Hollande : il fait un raisonnement sur ce qui, selon lui, n’a pas été écrit.

Et c’est bien là que la pique est la plus tordue. La cible réelle, ce n’est pas l’ancien président — c’est l’autrice du livre, soupçonnée par le chanteur de n’avoir laissé passer aucun détail susceptible d’égratigner son ex-compagnon.

Dans la même interview, Biolay ne s’était pas arrêté là. Il s’en prenait aussi au groupe Eagles of Death Metal, dont le nom s’était retrouvé en une de tous les journaux après les attaques du 13 novembre au Bataclan.

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« Je ne serais jamais allé voir ce groupe de merde. Je déteste ce chanteur, c’est un connard », disait-il, sans détour. La Libre rappelait alors les idées ultraconservatrices de Jesse Hughes, pasteur pro-armes.

Dix ans plus tard, tout le monde a tourné la page… sauf la phrase

Depuis, chacun a refait sa vie, et pas qu’un peu. François Hollande a épousé Julie Gayet en 2022, huit ans après la tempête de janvier 2014. Il siège de nouveau à l’Assemblée nationale depuis juillet 2024.

Valérie Trierweiler, elle, a changé de registre. En 2017, elle publie son premier roman, Le secret d’Adèle, consacré à la vie d’Adele Bloch-Bauer, immortalisée par le célèbre portrait de Gustav Klimt. Plus d’Élysée, plus de règlements de comptes : de l’art.

Benjamin Biolay, lui, n’a jamais été aussi installé. Officier de l’ordre des Arts et des Lettres depuis 2010, nommé au César du meilleur acteur dans un second rôle pour Stella, il a signé coup sur coup deux albums numéro un en France, Grand Prix en 2020 et Saint-Clair en 2022.

En 2025, son album Le disque bleu se hisse à la 2e place des ventes françaises. La carrière a continué ; la petite phrase de 2016, elle, n’a jamais vraiment quitté les archives du web.

Et il y a cette dernière ironie, presque trop belle. La chaîne qui a révélé l’existence du livre deux jours avant sa sortie, en 2014, est celle qui offrait mardi soir à François Hollande une tribune de prestige sur sa politique étrangère.

D’un côté, le Mali, la Syrie, la Crimée, Obama, Poutine, Merkel. De l’autre, un livre à 9 millions d’euros de chiffre d’affaires et une réflexion de chanteur qu’on n’ose même pas citer au dîner de famille.

Voilà ce que dix ans de vie publique laissent derrière eux. Des décisions internationales que peu de gens retiendront dans le détail. Et une phrase que plus personne n’arrive à oublier.

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