À un jour de ses 97 ans, Hugues Aufray remonte sur scène et refuse toujours la retraite
Demain, le 18 août, Hugues Aufray soufflera ses 97 bougies. Un âge où beaucoup ont raccroché depuis longtemps le micro et les projecteurs. Lui, non. Il remonte encore sur scène, il monte encore à cheval, et il continue de chanter comme si le temps n’avait aucune prise sur lui.

Ce n’est pas un hasard ni un miracle tombé du ciel. C’est le résultat de choix qu’il répète depuis des décennies, des habitudes qu’il a lui-même racontées en interview au fil des années. Trois règles simples, jamais changées, qui pourraient bien expliquer cette énergie hors norme.
Le cheval, sa vraie source d’énergie
Chez Hugues Aufray, tout commence par les chevaux. L’artiste a grandi dans cette passion et ne l’a jamais lâchée, même quand son corps a pris de l’âge.
Monter à cheval reste pour lui bien plus qu’un loisir : c’est un besoin physique, un moment où il retrouve une forme de liberté totale. Il l’a expliqué à plusieurs reprises : cette pratique régulière l’oblige à bouger, à garder l’équilibre, à rester connecté à son corps.
À l’heure où d’autres artistes de sa génération, comme Sheila à 81 ans ou Nana Mouskouri à 91 ans, luttent contre les avertissements médicaux, Hugues Aufray continue de chevaucher comme un jeune homme. Une discipline de fer, jamais relâchée.
Le grand air plutôt que les salles fermées

Deuxième pilier de sa longévité : le grand air. Le chanteur a toujours dit préférer la campagne, les espaces ouverts, la nature, à l’agitation parisienne.
Cette vie au contact du plein air, il en parle comme d’un ressourcement permanent. Pas de discours scientifique dans sa bouche, juste un constat simple : il se sent mieux dehors qu’enfermé.
Un mode de vie qui tranche avec celui de nombreuses stars de son âge, contraintes par la maladie à ralentir, comme Serge Lama à 83 ans récemment terrassé par la maladie. Mais alors, comment Hugues Aufray parvient-il encore à tenir une scène entière à bientôt 97 ans ?

Refuser la retraite, envers et contre tout
C’est sans doute la règle la plus frappante : Hugues Aufray n’a jamais voulu entendre parler de retraite. Pas au sens administratif du terme, mais au sens artistique.
Il continue de monter sur scène, de chanter ses classiques, d’affronter le public. Une philosophie à contre-courant, alors que d’autres légendes de la chanson française ont peu à peu tiré leur révérence ou vu leur santé décliner.
Son cas rappelle celui d’autres monstres sacrés qui refusent l’arrêt total, à l’image de Mick Jagger, 83 ans, qui court encore 20 kilomètres par concert malgré une opération cardiaque. Chez Aufray, la scène agit comme un carburant, pas comme une contrainte.
Santiano et l’ombre de Bob Dylan
Impossible d’évoquer Hugues Aufray sans parler de Santiano, ce tube devenu hymne populaire dès sa sortie en 1961. Une chanson que des générations entières connaissent par cœur, reprise dans les mariages, les fêtes, les cours de récréation.
Mais l’histoire d’Hugues Aufray, c’est aussi celle d’un homme qui a introduit Bob Dylan en France. Il a été l’un des premiers artistes français à traduire et interpréter les textes du chanteur américain, à une époque où celui-ci était encore largement méconnu du grand public hexagonal.
Cette rencontre artistique avec l’univers de Dylan a marqué durablement sa carrière et sa manière d’écrire. Un lien musical qui traverse les décennies, tout comme d’autres histoires de transmission entre générations d’artistes, à l’image de celle qui unit Céline Dion et Jean-Jacques Goldman aujourd’hui.
La relation au public, ce moteur intact
Reste un dernier ingrédient, peut-être le plus important : la relation avec son public. Hugues Aufray a toujours insisté sur ce lien particulier, cette énergie qu’il reçoit en retour quand il monte sur scène.
Pour lui, chanter devant une salle n’est pas une obligation professionnelle mais un échange vivant. C’est ce contact qui, selon ses propres mots en interview, lui donne encore l’envie de continuer.
Une dynamique qu’on retrouve chez d’autres figures increvables du music-hall français, à l’image de Mireille Mathieu et ses 80 ans, ou du parcours d’un autre pilier increvable comme Jon Bon Jovi, dont la voix a pourtant fini par le trahir.
À la veille de ses 97 ans, Hugues Aufray n’a donc rien d’un retraité déguisé en artiste. Cheval, grand air, refus de l’arrêt et amour du public : quatre décennies après Santiano, la formule n’a pas changé. Et visiblement, elle fonctionne toujours.