« Je n’aime toujours pas mon corps » : Jenifer, l’aveu qui brise l’image de la gagnante épanouie
Vingt ans après avoir remporté la toute première Star Academy, Jenifer reste une figure incontournable de la chanson française. Mais derrière les paillettes et les tournées, une fragilité persiste. Dans une interview accordée à Femme actuelle, la chanteuse lève le voile sur un mal-être qu’elle traîne depuis ses débuts. Elle explique aussi, avec une franchise rare, comment elle a fini par apprendre à composer avec.

Un complexe qui remonte à ses débuts sur le petit écran
Tout commence à l’époque de la Star Academy, quand Jenifer débarque devant les caméras sans réel repère vestimentaire. Elle le confie sans détour à Femme actuelle : « Je me noyais dans des vêtements parce que je n’aimais pas trop mon corps ». Une phrase simple, mais qui dit tout du rapport compliqué qu’elle entretient encore aujourd’hui avec son image.
Ce mal-être n’a jamais totalement disparu. La chanteuse va jusqu’à évoquer une période où elle était, selon ses propres mots, « bourrée de complexes ».
Un aveu qui tranche avec l’image lisse souvent associée aux gagnantes de télé-crochet des années 2000, et qui rappelle que la célébrité ne protège jamais vraiment des doutes intimes.
D’ailleurs, ce type de témoignage résonne aussi dans d’autres univers, comme celui du sport, où certaines reconversions révèlent des parcours tout aussi méconnus.
Sans confiance en elle, Jenifer se reposait entièrement sur le regard des autres. « Je faisais confiance à la personne qui se trouvait en face de moi », raconte-t-elle. Résultat : elle portait des tenues qui, avec le recul, ne lui allaient « pas du tout ». Un cercle vicieux qui allait pourtant, avec le temps, finir par se briser.
De la timidité au refus assumé : la métamorphose intérieure
Ce qui a changé, ce n’est pas le corps de Jenifer. C’est son rapport à lui. « Je l’aime toujours pas aujourd’hui, mais ce n’est pas grave, je l’assume davantage », confie-t-elle avec une lucidité désarmante. L’acceptation ne signifie donc pas l’amour inconditionnel de soi, mais plutôt une forme de trêve durement gagnée.
Le déclic le plus concret ? Apprendre à dire non. « Je n’étais pas très compliquée. Je ne savais pas dire non à quelqu’un de peur de l’offenser ou de la blesser », admet-elle. Aujourd’hui, elle a développé ce qu’elle appelle elle-même une diplomatie du refus : « Non, ça ne va pas, je ne me sens pas bien dans cette fringue. »
Cette phrase, en apparence anodine, cache une vraie transformation psychologique. Jenifer l’explique par une conséquence très concrète sur son quotidien : « Quand on se sent bien dans une fringue, on ne passe pas la même journée, je pense. » Et elle le rappelle : rien de tout cela n’est arrivé du jour au lendemain. « Ça a pris du temps », insiste-t-elle, loin des discours toujours positifs que les célébrités affichent souvent en interview.

Sur scène, une autre Jenifer prend vie
C’est peut-être la révélation la plus surprenante de cette interview : Jenifer évoque un véritable dédoublement de personnalité lorsqu’elle monte sur scène. « Quand je monte sur scène, je peux m’accorder beaucoup plus de choses que dans mon quotidien », explique-t-elle à Femme actuelle. Le plateau devient un espace de liberté que le quotidien ne lui offre pas.
Mais attention : cette liberté scénique ne signifie pas la disparition des complexes. « Je garde mes complexes, je les ai encore », rappelle-t-elle sans détour. Sa méthode pour avancer malgré tout tient en une formule presque thérapeutique : « On les accepte, on avance, on se concentre sur l’autre et tout va bien. Ce n’est pas ça l’essentiel. »
Et si Jenifer a fini par trouver un peu de cette liberté d’expression, elle sait exactement d’où elle vient : de sa mère. « Je pense beaucoup à ma maman aussi quand j’allais me servir dans son dressing », confie-t-elle.
Une femme qui, encore aujourd’hui, « peut mettre des paillettes, du léopard, peu importe l’âge qu’elle a » — et qui roule, cerise sur le gâteau, en scooter rouge fluo. « C’est cette liberté d’expression, peu importe des qu’en-dira-t-on », résume Jenifer, visiblement admirative de ce sans-gêne assumé.
Vingt ans de carrière, des millions de disques vendus, et pourtant un même combat intime qui continue chaque matin. L’histoire de Jenifer rappelle une chose simple : s’assumer ne veut pas dire s’aimer totalement, mais apprendre à avancer quand même. Et vous, à quel moment avez-vous appris à dire non à une tenue qui ne vous ressemblait pas ?