Jimmy Mohamed écarté de France 2 mais maintenu sur RTL : la station justifie sa décision
Deux antennes, deux décisions radicalement opposées. D’un côté, France Télévisions écarte son chroniqueur santé le plus populaire. De l’autre, RTL le garde en quotidienne dès la rentrée.

Entre les deux, une enquête judiciaire toujours en cours et une ex-compagne qui a rendu publiques des accusations graves. Voici comment deux médias gèrent la même affaire de façon totalement différente.
Un retour discret mais confirmé sur les ondes
À partir du lundi 24 août, Jimmy Mohamed reprendra sa chronique santé quotidienne « Ça va beaucoup mieux » sur RTL. Elle sera diffusée chaque jour à 8h40, dans la matinale désormais animée par Céline Landreau, confirme Le Parisien.
La radio privée assume ce choix sans détour. Sollicitée par l’AFP, sa direction avance un argument simple : « il n’y a pas de procédure judiciaire à ce stade qui empêche son maintien à l’antenne ».
Une phrase qui pèse lourd, tant elle tranche avec la ligne adoptée par France Télévisions sur ce même dossier.
Ce que France 2 a décidé, et pourquoi c’est différent
Le 3 juillet 2026, France Télévisions annonçait la mise en retrait provisoire de son chroniqueur, le temps de « clarifier la situation ». Une semaine plus tard, le 8 juillet, le groupe confirmait que Flavie Flament animerait seule Le Mag de la santé à la rentrée.
Le 18 août, la chaîne officialisait l’arrivée à ses côtés de la médecin nutritionniste Diana Kadouche et du sexologue Gilbert Bou Jaoudé. Une reconstruction complète de l’équipe, sans Jimmy Mohamed.
France 2 a donc choisi une logique de précaution renforcée, pour une figure centrale d’un magazine santé très exposé médiatiquement. RTL, elle, met en avant la présomption d’innocence. Mais que reproche-t-on exactement au médecin ?

L’origine de l’affaire : des photos publiées sur Instagram
Tout a éclaté fin juin 2026. Souailla Mohamed, ex-compagne du médecin et mère de leurs trois enfants, a publié sur Instagram des photos la montrant avec des hématomes aux bras.
Elle y dénonçait des « violences de tous types », rappelle Le HuffPost. Elle avait déjà évoqué des violences psychologiques fin 2025, un premier signal resté sans grande résonance publique à l’époque.
De son côté, Jimmy Mohamed réfute fermement ces accusations. Plusieurs médias rappellent qu’il demeure présumé innocent, un point que RTL insiste particulièrement à souligner dans sa communication.
Ce que dit vraiment l’enquête judiciaire
D’après l’hebdomadaire Télérama, le parquet de Versailles a bien ouvert une enquête pour des faits de « violences sur conjoint ». Le dossier a été confié à la brigade de recherche de Saint-Germain-en-Laye.
En droit français, une enquête préliminaire peut être ouverte par un parquet sans qu’il y ait de dépôt de plainte formelle de la victime. C’est apparemment le cas ici.
Or le terme de « procédure judiciaire » employé par RTL renvoie, dans le langage courant, à des étapes plus avancées : une mise en examen, ou un renvoi devant un tribunal. Autrement dit, la formule de la radio est juridiquement exacte, mais elle joue sur une nuance qui échappe à beaucoup d’auditeurs.

La grille du week-end, elle, a bel et bien changé
RTL n’est pas resté totalement inerte face à l’affaire. La station a mis fin à « Ça va beaucoup mieux, l’hebdo », l’émission santé que Jimmy Mohamed coanimait depuis 2023 avec Flavie Flament.
À la place, dès le 29 août, RTL lance « Satisfait ou remboursé », chaque samedi de 9h15 à 10h. L’émission sera portée par Flavie Flament et le spécialiste de la consommation Olivier Dauvers.
« Marques, produits, prix, enseignes : tout est passé au crible pour dévoiler les dessous des marques les plus populaires et mieux comprendre ce que l’on achète », promet la station dans son communiqué. Une manière discrète d’éloigner le nom de Jimmy Mohamed d’un programme santé du week-end, tout en conservant sa voix en semaine.
Deux lignes, une même vigilance affichée
La direction de RTL a tenu à préciser qu’elle « reste bien entendu particulièrement attentive à la situation et aux évolutions possibles ». Une phrase qui laisse la porte ouverte à un nouvel arbitrage si l’enquête venait à progresser.
Cette affaire illustre à quel point deux médias peuvent traiter les mêmes accusations de façon opposée, selon leur exposition et leur culture du risque. France 2, chaîne publique très regardée, a préféré la prudence maximale.
RTL, elle, a fait le pari de la présomption d’innocence, quitte à essuyer des critiques. La suite dépendra désormais de l’avancée du dossier judiciaire à Versailles.