Laurence Boccolini brise le silence sur la douleur qui ne la quitte plus depuis 2000
Jeudi 29 octobre 2026, plateau de Tout beau, tout neuf sur W9. Cyril Hanouna a réuni du beau monde autour de sa table, dont un invité qui connaît la télé française par cœur : Patrick Sébastien. Et l’homme du Plus Grand Cabaret du monde a une histoire à raconter, pas sur lui, mais sur sa voisine de plateau.

La voisine en question, c’est Laurence Boccolini, chroniqueuse de la bande depuis son arrivée sur W9. D’après Femme Actuelle, elle a donné son feu vert à l’anecdote, avec une seule consigne : « Ne donne pas trop de détails, c’est tout ! » Quelques minutes plus tard, elle finira le visage enfoui dans les mains.
Laurence Boccolini qui rougit en direct : relisez bien cette phrase. C’est la femme qui, soir après soir sur TF1, renvoyait les candidats d’un « Vous êtes le maillon faible, au revoir ! » glacial, sans un battement de cils. Celle que la France entière a rangée dans la case des méchantes pendant des années.
Ce que Patrick Sébastien a déballé ce soir-là n’est pourtant que la partie visible. Derrière le personnage impitoyable, il y a une femme qui a longtemps mené une bataille intime loin des caméras. Elle la raconte aujourd’hui par fragments. Et le dernier fragment, croyez-nous, change tout ce que vous pensiez savoir d’elle.
Avant le regard qui glace, il y avait une gamine au standard
Pour comprendre, il faut remonter loin. Laurence Boccolini naît le 8 mai 1963 à Versailles, fille de Dante Alfredo et de Maria-José, tous deux d’origine italienne. Rien, dans ce départ, ne promet la télé. Encore moins le rôle de la terreur des jeux du soir.
Sa porte d’entrée, c’est la radio, et par la petite porte. À 17 ans, elle décroche un poste de standardiste à RTL. Selon Puremédias, elle répond alors au téléphone pour Les routiers sont sympas de Max Meynier. Les auditeurs qui appellent ne se doutent pas que la voix au bout du fil deviendra l’une des plus redoutées du petit écran.
Puis elle glisse vers Les Grosses Têtes, l’émission reine de la station, où son job consiste à trier les questions envoyées par les auditeurs. Un travail de l’ombre, loin du micro, derrière les caisses de courrier. Le patron de l’époque s’appelle Philippe Bouvard, et la jeune femme va vite comprendre à qui elle a affaire.
Des années plus tard, dans l’émission Chez Jordan en juillet 2023, elle ne l’a pas épargné : « Il n’était pas agréable. Il a un caractère. Un sale caractère. » Puis, plus frontale encore : « Il était très dur avec les femmes, très misogyne. Il fallait être super blindée. »
Super blindée : retenez l’expression, elle résume peut-être toute la suite. Car Laurence Boccolini ne règle pas ses comptes pour autant : « Il m’a beaucoup appris », a-t-elle reconnu dans la même émission. L’école est rude, mais elle forme, et la débutante en tire une carapace qui lui servira longtemps.
En 1981, elle passe enfin de l’autre côté du micro, la nuit, sur Radio Télé Yvelines. Dès 1982, elle rejoint RFM et devient journaliste rock, enchaînant les interviews. La voix est là, bien avant le visage. Le public la connaîtra d’abord sans la voir.
Le père, la mère, et une douleur qui ne s’éteint pas

Derrière cette ascension, une enfance qui a laissé des traces. Interrogée par Télé 7 Jours fin 2021, elle a fait un aveu étonnant pour quelqu’un qu’on croit taillé dans le marbre. « J’ai trop souffert de ne pas voir ma mère », a-t-elle confié.
Elle a détaillé ce manque sans fard : sa mère travaillait énormément, rentrait tard, et le week-end, elle était épuisée. « Ça m’a peinée de ne pas pouvoir partager des anniversaires ou des goûters avec elle », a-t-elle ajouté. Une petite fille qui attend sa maman le soir. On est loin de la reine des glaces.
Et puis il y a le père. Dante, mort en 2000. Le 23 avril 2019, dix-neuf ans jour pour jour après sa disparition, elle publie sur Instagram un texte poignant, relayé par Purepeople. Il commence par le dernier instant passé ensemble.
« Il y a 19 ans, juste après m’avoir embrassé et m’avoir dit ‘rentre bien’, tu es parti… », écrit-elle. Elle raconte une douleur devenue « plus sourde et sournoise », qui frappe sans prévenir. Un souvenir, une image, l’odeur d’un parfum suffisent à rouvrir la plaie.
La fin du message est d’une tendresse désarmante : « Dante. Un nom de poète pour un homme rempli de mots humbles et d’amour. Tu me manques papa. Toujours. » Deux ans plus tôt, face à un médium pour Téléstar.fr, elle avait avoué ne jamais avoir pu se rendre sur la tombe de ses parents.
Voilà le premier indice. Celle qui jouera bientôt l’impitoyable porte en elle une sensibilité à vif, qu’elle protège farouchement. La carapace du « super blindée » cache quelque chose. Et ce quelque chose, vous allez le voir, n’a rien à voir avec ce que le public imaginait.
La bande à Ruquier, l’école de la langue qui pique
En 1987, Laurence Boccolini débarque sur Europe 1. Elle y touche à tout : meneuse de jeux, animatrice, elle passe par le Top 50, Les Inconnus de l’après-midi ou La Vie en rock. La gamine du standard est devenue une voix qui compte sur les ondes.
En 1992, nouveau défi : Fun Radio lui confie sa matinale, à la place d’Arthur et Manu Levy. Rien que ça. Mais le vrai tournant arrive l’année suivante. En 1993, elle intègre la bande de Laurent Ruquier dans Rien à cirer, sur France Inter.
C’est là qu’elle aiguise sa lame. En 2002, La DH la décrivait comme une ancienne journaliste rock devenue « chroniqueuse acide » dans la bande à Ruquier. Le quotidien belge ajoutait un détail savoureux : elle avait aussi été une plume anonyme pour des chanteurs et des humoristes.
Le même portrait la présentait comme « anglophile ». Gardez ce mot dans un coin de votre tête : il prendra tout son sens quelques lignes plus bas. En attendant, la chroniqueuse grimpe. En 1999 et 2000, elle obtient même sa propre émission sur France Inter, Rien à voir.
La télévision, elle, l’a déjà repérée. En 1991, elle est chroniqueuse dans Public sur La Cinq. En 1994, elle rejoint Tina Kieffer dans Demain, il fera beau sur TF1. En 1995, sur France 2, elle succède même à Nagui aux commandes du jeu Que le meilleur gagne.
Cette même année 1995, elle publie son premier livre chez Albin Michel, au titre prémonitoire : Je n’ai rien contre vous personnellement. Six ans avant le jeu qui va la rendre célèbre, la formule sonne déjà comme une réplique de méchante. Comme si le personnage attendait simplement son plateau.
Été 2001 : TF1 importe un jeu venu de Londres

Ce plateau arrive à l’été 2001. TF1 lance Le Maillon faible, du lundi au vendredi à 19 heures. Le programme n’a rien de français : c’est l’adaptation de The Weakest Link, un jeu britannique diffusé le matin sur BBC Two et en prime time sur BBC One. Pour l’animatrice anglophile, la coïncidence est parfaite.
Le principe est d’une cruauté redoutable. Neuf candidats qui ne se connaissent pas répondent à tour de rôle à des questions de culture générale. Ensemble, ils doivent enchaîner les bonnes réponses en 2 minutes 30 pour remplir une cagnotte. Une seule erreur, et tout l’argent accumulé s’envole.
Pour sauver la mise, il faut crier « Banque ! » au bon moment. Puis vient l’instant que tout le monde attend. Les candidats votent pour éliminer l’un des leurs, révèlent leur choix en retournant une pancarte, et l’animatrice interroge certains d’entre eux sur leur vote.
Le perdant quitte le plateau sur une phrase devenue culte : « Vous êtes le maillon faible, au revoir ! » La stratégie s’en mêle, et il n’est pas rare que le meilleur joueur de la manche soit éjecté par des rivaux qui le craignent. La télé du début des années 2000 n’avait jamais rien montré d’aussi sec.
À l’arrivée, un seul candidat repart avec la cagnotte. Elle pouvait atteindre 150 000 francs au lancement, puis 20 000 euros, puis 50 000 euros. Mais un détail en dit long sur la difficulté du jeu : selon Wikipédia, aucun candidat n’est jamais parvenu à remporter le maximum possible.
À l’époque de Laurence Boccolini, la plus grosse somme remportée a dépassé les 13 000 euros. La plus faible : 1 150 euros en 2004, lors d’une émission spéciale pour une association. Autant dire que les candidats ressortaient rarement les poches pleines, mais ils ressortaient souvent l’ego en miettes.
Fabriquer une méchante : la naissance d’un personnage
Comme dans la version britannique, l’animatrice française est volontairement froide et cinglante. Elle prononce les mêmes phrases rituelles à chaque émission, distribue des remarques sévères et des sourires rares. Elle exige des candidats qu’ils visent le gain maximal, et leur renvoie chaque erreur en pleine figure.
Autre détail qui renforce l’atmosphère : sur TF1, pas de public sur le plateau. Juste les candidats, leurs pupitres et l’animatrice. Il faudra attendre la version de D8, en 2014, pour voir apparaître des spectateurs. À l’époque de Laurence Boccolini, personne pour rire, personne pour applaudir, rien pour adoucir la sentence.
Une rumeur tenace a longtemps couru : des auteurs lui souffleraient ses piques. Faux, selon Wikipédia, qui précise que l’animatrice n’était pas aidée d’auteurs pour sa répartie. Les vacheries, c’est elle. L’ancienne plume anonyme des humoristes écrivait enfin pour son propre compte.
Le jeu choque autant qu’il fascine. Ses détracteurs le jugent immoral, accusé de banaliser l’humiliation. Le magazine L’Express s’est même interrogé : « pourquoi tant de gens acceptent-ils d’être ridiculisés à la télévision ? » Le débat dépasse vite le simple divertissement du soir.
Même le cinéaste Claude Chabrol, grand amateur de jeux télévisés, s’en est mêlé. Pour lui, l’émission était « un concept d’émission extraordinaire ». « Il faut passer par tout ça pour comprendre que nous sommes vraiment des animaux bizarres », a-t-il déclaré. Venant d’un tel observateur de la nature humaine, le compliment pèse.
« Méchante » : elle signe carrément le livre
Elle, elle assume, et même avec gourmandise. En 2002, elle publie un livre au titre sans ambiguïté : Méchante. La DH résumait alors le paradoxe en une ligne : elle « aime les Maillons faibles et le crie » dans cet ouvrage. La méchante de la télé déclarait sa tendresse pour ses victimes.
Le personnage, lui, colle à la peau. Chaque année, le sondage Stratégie la classe animatrice la plus froide, ce qui l’amusait beaucoup en 2015, selon MRadio : « J’adore ! J’ai ma place tous les ans ! »
« Tous les ans, je me dis ‘J’espère que personne ne m’a piqué ma place’ », ajoutait-elle dans un éclat de rire. Mais derrière la blague, une phrase en disait plus long qu’il n’y paraît. Une phrase qui sonne comme un constat, presque comme une fatigue : « Depuis 2001, on pense toujours que je suis la vraie méchante du Maillon faible. »
Le triomphe, et une épreuve que personne ne soupçonne

La vraie méchante ? Le public en est persuadé. Le jeu, souvent décrié, lui apporte pourtant une immense notoriété. Elle devient l’une des animatrices phares de TF1, au point de présenter en 2005 les premières parties de soirée de la téléréalité Première compagnie.
En 2003, elle remporte même Le Grand Concours des animateurs, cette fois de l’autre côté du pupitre. Le cinéma lui fait de l’œil : un petit rôle dans Ripoux 3 de Claude Zidi, où elle donne la réplique à Philippe Noiret. Puis, en 2007, un rôle chez Alexandre Arcady, face à Pierre Arditi.
Entre 2005 et 2012, elle devient aussi l’héroïne d’une série de TF1, Mademoiselle Joubert. Et pas seulement devant la caméra : elle en signe certains scénarios et chante elle-même le générique. La méchante du soir a une plume, une voix, et un sacré sens du spectacle.
Mais la célébrité a son revers. D’après Femme Actuelle, elle a révélé avoir été la cible d’une tentative d’empoisonnement à l’époque du Maillon faible, sur fond d’insultes. Le personnage déclenchait des réactions qui dépassaient largement le cadre d’un jeu télévisé.
Et si, pendant que la France la regardait éliminer des candidats avec ce regard d’acier, une autre histoire s’écrivait loin des projecteurs ? Une épreuve privée, intime, que personne dans le public ne soupçonne. À l’antenne, pas un mot. Pas encore.
Un corps que la mode refusait d’habiller
Il y a aussi le regard posé sur son corps, dont elle a parlé bien plus tard. Selon le site Beauté ronde, qui relaie son témoignage dans un podcast, une grande maison de haute couture aurait refusé de lui prêter un collier pour un prime télévisé. Après trois semaines de silence, la raison serait tombée : elle n’était pas assez mince à leurs yeux.
Le même site rapporte qu’en 2002, alors qu’elle participait à un prime de TF1 suivi par près de 10 millions de téléspectateurs, elle ne parvenait pas à obtenir de prêts de vêtements. Elle faisait alors du 50 ou du 52, selon ce récit. Faute de solution en France, elle se serait habillée à Londres.
Le paradoxe est cruel. Une femme suivie par des millions de téléspectateurs, celle qui fait trembler les candidats, se retrouve impuissante face à des attachés de presse qui ne répondent pas. Sur le plateau, elle domine tout le monde. En coulisses, une industrie entière lui fait comprendre qu’elle n’a pas sa place.
Ce sujet, elle ne l’a pas seulement abordé en podcast. Selon Demotivateur, son autobiographie parue en 2025 revient sur la grossophobie dont elle a été victime. Et elle a admis avoir eu du mal à parler de certains de ces souvenirs, tant ils en réveillaient d’autres.
La méchante de TF1 avait donc ses propres blessures, et pas des moindres. Mais ce n’était encore qu’une couche du mille-feuille. La suite va prouver que le plus lourd restait à venir, au moment même où sa carrière allait vaciller.
2007 : le maillon casse, la valse des chaînes commence
En 2007, le géant s’essouffle. Le nombre de téléspectateurs chute depuis 2006, et l’émission ne réalise plus qu’une moyenne de 22,4 % de part d’audience. TF1 décide d’arrêter. Le dernier épisode diffusé avait été enregistré en 2006 et jamais montré jusque-là.
Elle termine ce dernier numéro en tenue noire, avec son éternel « à bientôt ». Une sortie de scène d’une élégance funèbre, presque trop parfaite pour être vraie. Six ans de règne s’achèvent sur ces deux mots. Et la reine, soudain, se retrouve sans royaume.
En juillet 2007, elle quitte TF1 pour TMC. Elle y anime de tout : jeux, humour, téléréalité, magazines, et même le paranormal. Elle revient bien sur TF1 en septembre 2008 avec Dance Floor, un concours de danse. L’émission s’arrête au bout de deux semaines, faute d’audiences satisfaisantes.
La revanche arrive en 2011 avec Money Drop, qu’elle présente sur TF1 jusqu’en 2017. En 2015, alors qu’elle revient à l’antenne avec une nouvelle version, elle affiche sa sérénité face à la concurrence. « Mon concurrent direct, c’est Nagui », disait-elle, citée par MRadio.
« Je n’y vais pas la peur au ventre en me disant ‘Oh la la, lui va me faire bobo’ », ajoutait-elle avec son humour pince-sans-rire. La même année, elle porte un regard amusé sur le retour du Maillon faible sur D8 avec Julien Courbet, une version bien plus légère que la sienne.
« Nous, c’était extrêmement magistral, codifié, obscur. Là, c’est de la déconne », résumait-elle. Toujours en 2015, pour les quinze ans de Qui veut gagner des millions ?, elle remplace Jean-Pierre Foucault, devenu candidat le temps d’une soirée pour une association.
Le jeu qu’elle a incarné, lui, ne meurt jamais tout à fait. Après Julien Courbet sur D8 entre 2014 et 2015, Le Maillon faible refait surface sur M6 en 2024, avec Vincent Dedienne à la présentation. La phrase culte change de bouche, mais pour toute une génération, elle garde la voix de la femme en noir.
La licorne, l’Eurovision, et la méchante qui fond

Elle, pendant ce temps, enchaîne : à la rentrée 2018, elle retourne sur Europe 1 pour animer Plan B, rapidement remanié en Êtes-vous prêts à jouer le jeu ?. Le 7 décembre 2018, elle annonce son départ, quatre mois seulement après son retour, avant de coprésenter à l’été 2019 Je suis une célébrité, sortez-moi de là ! avec Christophe Dechavanne sur TF1.
Et puis survient un moment que personne n’avait vu venir : en décembre 2019, elle remporte la première saison de Mask Singer sur TF1, cachée sous un costume de licorne. La présentatrice qu’on disait glaciale se révèle avec une voix que le public ne lui connaissait pas.
Le soir de sa victoire, relayée par Purepeople, elle confie en larmes : « C’était une année tellement difficile que je me suis dit que l’univers ne pouvait pas ne pas apporter des choses réparatrices. » Une année difficile ? Elle n’en dit pas plus ce soir-là, mais la phrase continue, et sa fin vous attend plus bas.
À l’été 2020, elle quitte TF1 pour France 2. Elle y anime Mot de passe, des primes de divertissement et, avec Stéphane Bern, la sélection française pour l’Eurovision 2021. Le duo commente ensuite la finale du concours. La méchante est devenue une voix familière des grandes soirées populaires.
Nagui, Ruquier : la revanche des anciens fauteuils
Le 9 août 2021, elle prend les commandes de Tout le monde veut prendre sa place, en remplacement de Nagui. Encore lui ! Le rival qu’elle disait ne pas redouter en 2015, elle lui succède à nouveau, vingt-six ans après l’avoir remplacé sur Que le meilleur gagne.
Le 22 octobre 2023, autre ironie du destin : elle reprend Les Enfants de la télé, après le départ de Laurent Ruquier pour BFMTV. L’ancienne chroniqueuse hérite du fauteuil de celui dont elle avait rejoint la bande trente ans plus tôt. Elle tient l’émission jusqu’en juin 2025.
Du 20 janvier au 29 août 2025, elle présente aussi Mot de passe : Le duel, juste avant la première partie de soirée de France 2. Elle est partout, infatigable, comme si rien ne pouvait l’atteindre. C’est précisément cette année-là qu’elle va révéler ce qui la ronge.
La fin est brutale : en septembre 2025, Faustine Bollaert la remplace aux Enfants de la télé, et le 14 octobre, elle annonce quitter France Télévisions. Puremédias parlera d’une animatrice « évincée brusquement ». Mais ce qui se joue alors en coulisses de sa vie est bien plus lourd qu’un simple contrat.
Le secret qu’elle a gardé plus de trente ans
Au printemps 2025, en marge de son autobiographie, elle accorde un long entretien à Télé 7 Jours. Et elle lâche une confidence que personne n’attendait. Plus jeune, elle a vécu une relation marquée par la violence, selon les propos relayés par Purepeople.
« C’était il y a très longtemps, j’avais 30 ans et je me suis retrouvée dans la même position que dans mon travail, c’est-à-dire que je n’ai pas été là pour moi », a-t-elle expliqué. « Je n’ai pas vu ce qu’il se passait et n’ai pas mis les limites au bon moment… »
Trente ans : c’est le début des années 1990, l’époque où elle rejoint la bande de Ruquier et où sa carrière décolle. Elle refuse pourtant de se poser en martyre. « Je n’ai, fort heureusement, pas été martyrisée, comme d’autres femmes peuvent l’être. Néanmoins, j’ai trouvé le courage de le mettre à la porte. »
Invitée du podcast Bangerz de Deborah Grunwald, comme le rapporte Purepeople en avril 2026, elle va plus loin et révèle avoir été mariée à cet homme. « J’ai été mariée à un homme très violent psychologiquement. Très jaloux de ma réussite, très profiteur, très malin et thérapeute », lâche-t-elle.
Elle évoque des violences physiques rares, mais des « gifles ». Et surtout l’emprise. « Tu te dis que tu as fait quelque chose, parce que l’autre est tellement malin ! C’est ça la manipulation car il dit : ‘regarde dans quel état tu m’as mis pour que j’en arrive à ça’ », raconte-t-elle.
Elle confie aussi que cet homme était violent avec ses propres enfants : « J’ai gardé de bonnes relations avec mes beaux-enfants. Ils étaient petits, je les protégeais comme je pouvais et je ne voulais pas leur montrer qu’il était méchant avec moi. » La « méchante » de la télé protégeait des enfants d’un homme méchant, le contraste donne le vertige.
La rupture, elle la raconte presque en riant. Apprenant qu’il était chez une maîtresse, elle laisse un message sur le répondeur de cette femme : « La voiture avec laquelle il est chez vous est la mienne, donc il n’en a pas. La maison dans laquelle il vit est la mienne, donc il n’en a pas. » Il revient chercher ses affaires en pleine nuit.
« L’alien » logé dans son oreille

Le 28 mars 2025, quelques jours avant la sortie de Showtime, souvenirs du chaos, une autre révélation tombe dans Télé 7 Jours. À 61 ans, elle vit avec une tumeur rare et inopérable, logée dans l’une de ses oreilles. Une tumeur non cancéreuse, précise L’essentiel, mais impossible à retirer.
« C’est un paragangliome intra tympanique extrêmement rare qui s’est installé dans une zone qu’on ne peut atteindre sous peine de toucher la déglutition, la voix ou de paralyser les muscles de mon visage ou de l’épaule », explique-t-elle. Le diagnostic est sans appel.
« On ne peut rien faire, si ce n’est l’empêcher de grossir via la radiothérapie », poursuit-elle. Puis, fidèle à elle-même, elle dégaine l’humour comme une arme : « Moi qui aime tant la radio, c’est un comble quand même ! » Selon Demotivateur, elle a même surnommé sa tumeur « l’alien ».
La quatrième de couverture de son livre résume l’ironie du sort : un drôle d’endroit pour flancher, l’oreille, pour une femme passionnée depuis l’enfance par la musique et la radio. Elle y raconte un « parcours du combattant » mené entre deux tournages épuisants. Personne, à l’écran, ne s’en doutait.
Le livre sort le 2 avril 2025, et elle avoue avoir dû faire des pauses dans l’écriture, tant les souvenirs douloureux en appelaient d’autres. Elle glisse une phrase qui sonne comme un avertissement. « Je n’ai pas tout dit, loin de là… Il manque encore quelques pièces du puzzle. »
W9, Hanouna, et un contorsionniste venu d’Amérique
Ces pièces manquantes, elle va les livrer ailleurs, et d’une manière inattendue. Le 11 décembre 2025, elle retrouve Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier, après plus de dix-sept ans d’absence. Puis, en 2026, elle rejoint W9 et le groupe M6, où Cyril Hanouna produit son jeu musical On connaît la chanson.
Le pari est gagnant. Selon Puremédias, le premier prime réunit 783 000 téléspectateurs en première partie, un record d’audience pour un jeu en prime sur W9 depuis 14 ans. En juillet 2026, elle retrouve même RTL, la maison de ses débuts, pour La Bonne Touche, en alternance avec Olivier Minne.
Chez Hanouna, elle devient aussi chroniqueuse de Tout beau, tout neuf. Et c’est là, sur ce plateau où l’on parle de tout, que la carapace se fissure pour de bon. Ce 29 octobre, l’animateur appelle en direct Gérard Lanvin, l’acteur dont elle se dit « amoureuse » depuis ses 20 ans.
Très gênée, elle prend le téléphone : « Bonjour Gérard. Je suis désolée… Je suis fan de votre travail. On m’a demandé de qui j’étais très amoureuse et j’ai dit de vous, depuis Marche à l’ombre, depuis Tir groupé », lui dit-elle, avant d’ajouter : « Sachez que tous mes 20 ans, j’ai cherché le sosie de Gérard Lanvin, je n’ai jamais trouvé. »
1998, une loge, et une invitation à la campagne
Puis vient le tour de Patrick Sébastien et de son souvenir de 1998, l’année même où démarre Le Plus Grand Cabaret du monde sur France 2. « Un jour, elle est venue au Plus Grand Cabaret du monde et il y avait un numéro de contorsionniste… Et elle a fini avec ! », révèle-t-il.
Elle ne dément rien : « Je l’ai ramené chez moi à la fin de son grand cabaret. » L’artiste sort de sa loge et lui lance : « S’il vous plaît, je n’ai pas envie de dormir dans un hôtel pourri ce soir. » Elle lui répond qu’elle habite à la campagne, au milieu de nulle part, et qu’il peut venir, car elle était célibataire.
« Mais il y a eu un bail ? », insiste Cyril Hanouna, ébahi. « Ah bah oui, on a passé un très bon moment ensemble », répond-elle. Selon Femme Actuelle, elle détourne même son style d’antan en jugeant la « prestation » du contorsionniste américain « très correcte ».
Patrick Sébastien enfonce le clou : « Elle m’a appelé deux jours après en me disant : ‘il est très fort’ ». Toujours selon Femme Actuelle, l’artiste serait par la suite devenu directeur du Cirque du Soleil. Et Laurence Boccolini lâche la phrase qui affole le plateau : « On est toujours en contact. » Vingt-huit ans plus tard.
D’après le site Viralmag, elle aurait aussi glissé ce soir-là que depuis la fin du Maillon faible, plus personne ne l’avait vraiment draguée. Le personnage aurait-il fait fuir les prétendants ? Tout le monde rit. Mais cette femme qui parle enfin de son cœur avait gardé pour la fin le chapitre le plus douloureux de tous.
La pièce manquante du puzzle
Il faut revenir en 2003 : elle présente l’élection de Mister France sur TF1 et y rencontre Mickaël Fakaïlo, Mister Tahiti, élu deuxième dauphin. Elle l’épouse le 31 juillet 2004 à Presles-en-Brie, en Seine-et-Marne, alors qu’il a 19 ans de moins qu’elle. Elle règne à ce moment-là sur Le Maillon faible.
Et c’est là que tout se noue. Car loin de l’écran où elle élimine les candidats sans état d’âme, la reine du jeu essaie, en vain, d’avoir un enfant. En mars 2008, moins d’un an après la fin de l’émission, elle en fait un livre chez Plon : Puisque les cigognes ont perdu mon adresse….
Elle y raconte sa stérilité, sans détour. « J’ai voulu lancer un appel au secours, au cas où une fée Clochette aurait la solution », expliquait-elle au journal L’essentiel le 30 mars 2008. Elle voulait parler à toutes ces femmes dans la même situation, pour leur dire « à quel point je me suis aussi sentie seule et coupable de ne pas avoir réussi à faire un bébé ».
« Quand on est incapable de le faire, on se sent exclu de la vie. Être infertile est culpabilisant », confiait-elle encore. Elle trouvait pourtant le moyen d’en rire, racontant avoir rappelé trois de ses ex : « Le mot qui revenait à mon propos, sans que mes ex se soient consultés, était : ‘casse-couilles’. »
Puis, en 2013, cinq ans après ce cri du cœur, les cigognes retrouvent enfin son adresse : elle devient mère d’une petite fille. Vous vous souvenez de la licorne de 2019 ? Voici la fin de la phrase : « Cette aventure elle a été tellement réparatrice, parce que je l’ai faite pour ma fille. Ma fille m’a dit ‘t’es une licorne et les licornes c’est immortel’. »
Aujourd’hui, la femme a remplacé la méchante
Le couple, lui, n’a pas résisté. Fin 2021, dans Télé 7 Jours, elle annonce être divorcée « depuis de nombreuses années », un divorce officialisé en 2016 selon Purepeople. Face à Jordan De Luxe, elle évoquera la différence d’âge : « parfois ça passe, mais il faut être honnête, parfois les chemins se séparent. Et c’est normal. »
Elle se décrit désormais comme une « maman célibataire », en bons termes avec le père. Et elle protège farouchement sa fille des objectifs. « Je ne veux pas qu’elle me reproche un jour de l’avoir trop exposée », expliquait-elle au même magazine.
Marquée par sa relation violente, elle a confié à Télé 7 Jours avoir eu peur, en apprenant qu’elle attendait une fille, qu’elle vive « les mêmes choses » qu’elle. Avant de se rassurer : « Je vais lui apprendre à repérer les bonnes personnes des mauvaises, et tout ira bien. »
La méchante du Maillon faible n’a jamais vraiment existé, en somme. Il y avait une gamine qui attendait sa mère le soir, une femme qui a tenu tête à un homme violent, une animatrice qui a supplié les cigognes, et une chroniqueuse de 63 ans qui rougit quand Gérard Lanvin est au bout du fil. Elle a eu le dernier mot : « Voilà. Et je vous aime. »