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Laurence Ferrari : « J’ai versé toutes les larmes de mon corps » puis elle a arrêté net

Publié par Hannah le 17 Juil 2026 à 15:01
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Trente-sept ans qu’elle porte ça. Trente-sept ans qu’elle a appris à vivre avec un drame qui aurait pu la détruire, la briser, la renvoyer dans un coin sombre dont on ne revient pas toujours.

Vous croyez connaître Laurence Ferrari ? Le tailleur impeccable, la voix posée, l’aisance devant les caméras des plus grandes chaînes françaises ? Détrompez-vous. Derrière cette femme d’apparence inébranlable se cache une blessure que la plupart des gens ignorent totalement.

Ce qu’elle vient de raconter au micro d’un podcast intimiste va vous retourner. Parce qu’elle a choisi de rouvrir une plaie qu’elle refermait soigneusement depuis presque quatre décennies.

Accrochez-vous. Ce récit-là, elle ne l’avait jamais livré ainsi.

Laurence Ferrari

La femme qu’on croit connaître (et qu’on ne connaît pas)

Depuis quarante ans, on la voit partout. Sur les plateaux, dans les studios de radio, à la présentation des grands rendez-vous de l’information française. Une carrière que peu de journalistes peuvent revendiquer.

Le public a l’habitude de la voir maîtresse d’elle-même. Toujours élégante, jamais débordée, capable de mener une interview politique musclée sans jamais perdre son sang-froid. L’image même du contrôle.

Et pourtant. Cette carapace de sérénité, elle ne l’a pas eue gratuitement. Elle l’a forgée dans le feu, dans la douleur la plus intime, celle qu’on n’ose même pas nommer à ses amis les plus proches.

Car il y a une chose que Laurence Ferrari n’a presque jamais évoquée publiquement. Un événement survenu quand elle avait tout juste vingt et un ans, alors qu’elle débutait à peine dans le métier.

Un événement qui a coupé sa vie en deux. Un avant, et un après. Et cet après, elle l’a construit pierre après pierre, sans jamais faire de son drame un étendard.

C’est justement ce silence qui rend ses confidences si bouleversantes aujourd’hui. Quand une femme habituée à parler pour informer les autres décide, pour une fois, de parler d’elle.

Le podcast où elle a enfin lâché prise

Le cadre n’a rien d’anodin. C’est dans le podcast Conversations avant la fin du monde, animé par Julia Layani, que Laurence Ferrari a accepté de se livrer comme jamais.

Un format à part, loin des plateaux télé et de leur urgence permanente. Un espace où l’on prend le temps, où l’on descend en profondeur, où l’on ose poser les questions que personne n’ose poser ailleurs.

Le principe du podcast est simple et vertigineux : parler de la mort, de la fin, de ce qui compte vraiment. Un terrain glissant sur lequel Laurence Ferrari aurait pu botter en touche. Elle ne l’a pas fait.

Au contraire. Elle a accepté de rouvrir une plaie qu’elle n’évoque presque jamais. Le suicide de sa mère, Bernadette Simonato, survenu en 1989. Un mot terrible, lâché avec une pudeur qui serre le cœur.

laurence ferrari

La journaliste avait 21 ans. Sa mère s’est jetée sous un train. Depuis, elle avance avec ce fardeau, sans jamais vraiment en faire un sujet public. Trente-sept ans de silence, brisé en quelques minutes.

Et ce qu’elle décrit de cette journée-là, minute par minute, vous glace le sang. Parce que le drame ne s’est pas annoncé avec fracas. Il est arrivé par un simple coup de téléphone.

Une jeune femme en plein envol, frappée en plein vol

Il faut se replacer en 1989 pour saisir toute l’ironie cruelle du destin. Laurence Ferrari n’a que 21 ans. Elle débute dans un métier qu’elle adore, elle a l’énergie de ses vingt ans, l’avenir devant elle.

Elle bosse à Europe 1, l’une des radios les plus prestigieuses du pays. Une porte d’entrée royale pour une gamine ambitieuse qui rêve de faire ce métier depuis toujours. Tout commence pour elle.

À cet âge-là, on se croit invincible. On pense que la vie est une ligne droite ascendante, que les drames n’arrivent qu’aux autres, dans les films ou dans les faits divers qu’on lit distraitement.

Sa vie familiale, elle, semble équilibrée. Un père qu’elle admire, Gratien Ferrari, homme politique local. Deux petites sœurs qu’elle chérit. Une mère, Bernadette Simonato, dont on sait peu de choses publiquement.

Personne, à l’extérieur, ne pouvait deviner ce qui se tramait. Les drames familiaux les plus violents se jouent souvent derrière des portes closes, à l’abri des regards, dans un silence qui étouffe.

Et c’est précisément quand tout paraît sur les rails que le sol se dérobe. La jeune journaliste n’imagine pas une seconde que cette journée de 1989 va tout faire voler en éclats.

Un appel qui a tout fait basculer

Ce jour-là, Laurence Ferrari est à la rédaction d’Europe 1. Elle s’apprête à dicter le journal de 13 heures, un rituel professionnel qu’elle répète depuis des mois, presque machinalement.

laurence ferrari @TF1

Une journée comme les autres, en apparence. Les dépêches qui tombent, l’agitation de la rédaction, le stress ordinaire de l’antenne qui approche. Rien ne laisse présager la catastrophe.

Le téléphone sonne. Une amie proche, la voix hésitante, lui glisse une phrase énigmatique : « Il faudrait que tu appelles chez toi, je pense qu’il y a un problème ».

Une phrase floue, volontairement vague. Le genre de mots qu’on choisit avec soin pour ne pas assener l’insoutenable d’un coup. Une manière de préparer, en douceur, à l’impensable.

« Elle le savait mais elle ne me l’a pas dit », confiera plus tard la journaliste. Ce genre de silence qui protège, le temps de quelques minutes, avant que tout s’effondre.

Ces quelques secondes de flottement, cet instant suspendu où l’on sent que quelque chose ne va pas sans encore savoir quoi. Le cœur qui s’accélère. Les mains qui tremblent en composant le numéro.

C’est finalement l’une de ses deux petites sœurs qui prend son courage à deux mains pour lui annoncer la nouvelle au téléphone. Une gamine, elle aussi, forcée de prononcer les mots les plus durs de sa vie.

« Maman est morte » : la phrase qui a fait tomber ses jambes

« Maman est morte. C’est la première phrase que j’ai entendue. Mes jambes ont lâché, je suis tombée par terre. C’était un tel choc ! Inimaginable », se souvient Laurence Ferrari.

Trois mots. Trois mots qui font s’écrouler tout un monde. Le corps qui réagit avant l’esprit, les genoux qui cèdent, le sol qui monte à la rencontre du visage.

Un choc si brutal qu’il fait littéralement perdre l’équilibre. Le corps qui lâche avant même que l’esprit ait compris ce qui vient de se produire. La biologie de la douleur, dans toute sa violence.

Imaginez la scène. Une rédaction en pleine effervescence, des collègues qui s’affairent, et cette jeune femme de 21 ans qui s’effondre par terre, le combiné encore à la main. Un moment de vie pure, brute.

laurence ferrari

Mais très vite, quelque chose se réorganise en elle. Une forme de résistance instinctive, presque automatique, face à l’effondrement. Comme si un vieux réflexe de survie prenait le dessus.

Ce qui va suivre en dit long sur la femme qu’elle est déjà, à cet âge. Sur cette force qu’elle ne soupçonne peut-être même pas encore. Une force qui va la sauver, et pas qu’elle.

Un téléphone décroché gisant sur le sol, symbole du choc d'une annonce bouleversante

Les larmes versées en secret, puis stoppées net

« Sur le chemin pour aller rejoindre Emmanuelle, j’ai versé toutes les larmes de mon corps. Mais quand j’ai passé le seuil de la porte, j’ai arrêté de pleurer », raconte-t-elle.

Cette phrase, à elle seule, dit tout. Le chagrin absolu déversé dans la solitude du trajet. Puis, dès le seuil franchi, le rideau qui tombe. Le masque qui se remet en place. La grande sœur qui reprend son rôle.

« Je savais que je devais être forte pour ma petite sœur. Nous sommes allées à Aix-les-Bains rejoindre notre sœur Sophie et toute la famille. »

Vingt et un ans. Elle a vingt et un ans et elle décide, seule, qu’elle sera le pilier. Qu’elle portera les autres. Qu’elle mettra sa propre douleur de côté pour tenir debout ceux qui vacillent.

C’est un choix qui en dit long sur son tempérament. Celui d’une aînée qui prend naturellement sur ses épaules le poids du malheur familial, quitte à s’oublier elle-même dans la tempête.

Aix-les-Bains, cette ville de Savoie où la famille se retrouve. Où l’on se réunit dans le silence assourdissant du deuil. Où chaque regard échangé pèse une tonne. Où les mots manquent.

Et dans ce cercle familial dévasté, une question rôde, sournoise, impossible à formuler. Une question qui va hanter Laurence Ferrari pendant des décennies. La question qui distingue ce deuil de tous les autres.

Le poids invisible de l’aînée qui devait tenir

Être l’aînée, dans une fratrie frappée par le drame, c’est un statut qui ne se refuse pas. On ne vous demande pas votre avis. Le rôle vous tombe dessus, et vous l’endossez parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse.

Laurence Ferrari a deux petites sœurs, Emmanuelle et Sophie. Deux jeunes femmes qui, elles aussi, viennent de perdre leur mère dans les circonstances les plus terribles qui soient.

Face à elles, l’aînée n’a pas le droit de s’effondrer. Elle doit être le roc. Le point d’ancrage. La preuve vivante que malgré tout, on peut tenir, on peut avancer, on peut survivre à l’insurmontable.

Ce genre de responsabilité, à un âge où l’on devrait encore pouvoir s’appuyer sur ses parents, ça marque une vie entière. Ça forge un caractère. Ça sculpte une manière d’être au monde.

laurence ferrari couple thomas hugues

Beaucoup de psychologues le disent : les aînés endeuillés jeunes développent souvent une hyper-responsabilité, un contrôle permanent de leurs émotions, une difficulté à demander de l’aide. Ils portent, toujours.

Et si l’on regarde la carrière de Laurence Ferrari sous cet angle, tout prend un sens nouveau. Cette femme qui ne craque jamais à l’antenne. Cette maîtrise absolue. Cette solidité de façade. On comprend mieux, maintenant.

Mais il y a une souffrance bien particulière qui la ronge depuis 1989. Une souffrance qu’elle a fini par nommer, avec des mots d’une précision chirurgicale. Une souffrance dont peu osent parler.

Pourquoi un suicide fait mal différemment

Laurence Ferrari a mis des mots précis sur cette douleur particulière. Perdre un parent, dit-elle, c’est toujours douloureux. Mais un suicide ajoute une couche supplémentaire, une torture spécifique.

« Une mort tragique d’un parent, c’est difficile. Un suicide, c’est doublement difficile parce qu’il y a la notion d’abandon », explique-t-elle, la voix brisée par l’émotion.

L’abandon. Le mot est lâché. Ce sentiment terrible, quand on est confronté au suicide d’un proche, d’avoir été laissé derrière. Volontairement. Consciemment. Comme si l’on ne pesait pas assez lourd.

« Au fond, quand on est abandonné par sa mère, c’est difficile à digérer », ajoute-t-elle. Une phrase simple qui résume trente-sept ans de reconstruction intérieure.

Car voilà ce que peu de gens comprennent quand ils ne l’ont pas vécu. Le deuil après un suicide se double d’un vertige de questions sans réponses. Pourquoi ? Qu’aurais-je pu faire ? Pourquoi moi ?

Ce sentiment d’abandon, beaucoup de proches de victimes de suicide le connaissent sans oser toujours le formuler. Laurence Ferrari, elle, choisit de le nommer. Sans détour. Avec un courage qui force le respect.

Et c’est peut-être là que réside toute la force de son témoignage. Ne pas édulcorer. Ne pas romancer. Dire la vérité crue de ce que ressent celui qui reste. Même quand cette vérité dérange.

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La culpabilité, ce poison qui ne lâche jamais vraiment

Il y a un autre monstre qui accompagne toujours ce type de deuil. Un monstre sournois, qui revient la nuit, qui pose sans cesse les mêmes questions insolubles. La culpabilité.

Ceux qui ont vécu le suicide d’un proche le savent. On rejoue le film en boucle. On cherche les signes qu’on aurait dû voir. Les mots qu’on aurait dû dire. Les gestes qu’on aurait dû faire.

Pour une jeune femme de 21 ans, lancée à Paris dans une carrière prometteuse, loin de sa famille, cette culpabilité pouvait prendre une forme dévastatrice. Étais-je trop absente ? Trop occupée par moi-même ?

Les spécialistes du deuil parlent d’un travail de reconstruction extrêmement long. Le deuil après suicide serait, statistiquement, l’un des plus compliqués à traverser. L’un de ceux qui laissent les cicatrices les plus profondes.

Certains proches ne s’en remettent jamais totalement. D’autres sombrent à leur tour. Et puis il y a ceux qui, contre toute attente, parviennent à en faire quelque chose. À le transformer.

Laurence Ferrari fait partie de cette dernière catégorie. Mais attention : elle ne prétend pas que ça a été facile. Ni rapide. Ni évident. Elle a dû faire un choix. Un choix qu’elle assume aujourd’hui pleinement.

Et ce choix, elle l’a résumé en quelques mots qui sonnent comme une déclaration de guerre au destin. Une phrase qu’on aimerait tous avoir la force de prononcer un jour.

Le choix impossible : en faire une force ou une faiblesse ?

Face à l’ampleur du choc, il a fallu choisir une direction. Se laisser submerger, ou transformer l’épreuve en quelque chose de constructif. Il n’y avait pas de troisième option.

« Il faut choisir après, vous en faites quoi ? Une force ou une faiblesse ? J’ai décidé d’en faire une force », affirme la journaliste. Une décision qui a orienté toute sa vie d’adulte.

laurence ferrari

Ce n’est pas une posture. Ce n’est pas de la communication. C’est le fruit d’un combat intérieur mené dans le secret, loin des projecteurs, pendant des années. Un combat que personne n’a vu.

« Si je résistais à ça, je résistais à tout. Donc j’ai avancé avec mon courage et ce n’était pas facile », précise-t-elle, sans minimiser la difficulté du chemin parcouru.

« Si je résistais à ça, je résistais à tout. » Relisez cette phrase. Elle contient toute une philosophie de vie. L’idée que la plus grande épreuve devient l’étalon de toutes les autres. Le point de comparaison ultime.

Après avoir survécu à ça, quel obstacle professionnel pourrait vraiment l’effrayer ? Quelle interview tendue, quel plateau hostile, quel commentaire assassin ? Rien. Absolument rien ne pèse plus lourd que 1989.

Mais elle pose immédiatement une limite. Une frontière qu’elle refuse de laisser franchir. Parce qu’il y a une chose qu’elle ne veut à aucun prix : que ce drame devienne son étiquette.

« Ça m’a construite mais ça ne me définit pas »

Elle refuse catégoriquement que ce drame résume qui elle est. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle en parle si rarement en public. Elle ne veut pas être « la journaliste dont la mère s’est suicidée ».

« Ça fait partie de mon parcours de vie, je m’en suis servi comme d’une force mais j’étais ce que j’étais, j’étais déjà quelqu’un d’assez fort avec du tempérament », assure-t-elle.

Nuance essentielle. Elle ne dit pas que le drame l’a rendue forte. Elle dit qu’elle était déjà forte, et que cette force lui a permis de survivre au drame. La différence est énorme.

« C’est arrivé, ça a évidemment brisé beaucoup de choses. Ça m’a construite mais ça ne me définit pas », résume-t-elle avec une clarté désarmante. Une phrase qu’on devrait tous méditer.

« Ça m’a construite mais ça ne me définit pas. » Voilà la ligne de crête sur laquelle elle marche depuis trente-sept ans. Reconnaître la blessure sans se laisser réduire à elle. Un exercice d’équilibriste permanent.

Laurence ferrari arrive à Paris match

C’est peut-être pour ça qu’elle a tant hésité avant d’en parler. Parce qu’elle savait que le monde, avide de récits larmoyants, allait vouloir la ranger dans une case. Et qu’elle refuse cette case.

Pourtant, en acceptant de se livrer, elle a pris un risque. Celui d’être vue autrement. Mais elle l’a fait. Pourquoi maintenant ? La réponse tient sans doute dans le regard qu’elle porte aujourd’hui sur son parcours.

La double vie secrète d’une battante

Ce drame intime, Laurence Ferrari l’a traversé en pleine ascension professionnelle. Une double vie, entre reconstruction personnelle et carrière médiatique fulgurante. Deux mondes qui ne se croisaient jamais.

D’un côté, la façade publique : la journaliste qui monte, qui enchaîne les postes prestigieux, qui devient l’un des visages les plus reconnaissables du paysage audiovisuel français. Impeccable. Rayonnante.

De l’autre, le combat privé : cette femme qui, chaque jour, doit composer avec une absence, un vide, une question sans réponse. Qui sourit à l’écran et qui porte, en dedans, un chagrin insondable.

Combien de personnalités publiques mènent ainsi cette double existence ? Combien de sourires télévisés cachent des tragédies dont on ne saura jamais rien ? Laurence Ferrari nous rappelle que la façade ment souvent.

Sa réussite professionnelle prend, dès lors, une saveur particulière. Chaque poste décroché, chaque émission présentée, c’était aussi une victoire sur le drame. Une preuve qu’elle avait « choisi la force ».

Aujourd’hui rédactrice en chef politique de Paris Match, elle cumule quarante ans de carrière à la radio et à la télévision, un parcours rare dans le milieu. Une longévité qui force l’admiration.

Mais pour comprendre d’où lui vient cette énergie inépuisable, il faut regarder du côté d’un autre membre de sa famille. Une figure qu’elle évoque, elle, avec une tendresse infinie.

Le père, ce modèle qui a tenu la barque

laurence Ferrari jeune

Cette capacité à transformer l’épreuve en moteur, elle la doit aussi à l’admiration qu’elle porte à son père, Gratien Ferrari. Un homme évoqué avec une émotion palpable dans ce même podcast.

Gratien Ferrari, ancien homme politique, figure locale respectée. Un père qui a dû, lui aussi, encaisser le drame et continuer à élever trois filles devenues orphelines de mère du jour au lendemain.

Car il ne faut pas l’oublier : Laurence Ferrari n’était pas seule dans cette tempête. Un père a perdu sa femme. Trois filles ont perdu leur mère. Une famille entière a dû se reconstruire sur des ruines.

Et c’est en observant son père tenir debout, ne pas sombrer, continuer à avancer, que la jeune Laurence a sans doute puisé une partie de sa propre résilience. Les enfants apprennent en regardant.

La transmission familiale de la force, ça existe. Ce n’est pas magique, ce n’est pas génétique. C’est l’exemple vivant d’un parent qui refuse de se laisser abattre, et qui montre, sans le dire, qu’on peut survivre.

Cette tendresse pour son père, elle la porte comme une lumière. Un contrepoint à l’ombre de 1989. La preuve que dans le pire des drames, il reste des points d’ancrage, des raisons de tenir.

L’amour retrouvé auprès d’un virtuose

Et puis il y a le présent. Ce présent lumineux dont peu de gens auraient parié qu’il attendait cette jeune femme brisée de 21 ans. La vie, parfois, réserve de belles revanches.

Laurence Ferrari partage aujourd’hui sa vie avec le violoniste Renaud Capuçon. L’un des musiciens classiques les plus célèbres et les plus respectés de sa génération. Un homme de sensibilité, un artiste.

Le couple incarne une forme d’équilibre retrouvé. Deux personnalités accomplies, chacune au sommet de son art, qui ont su bâtir une complicité loin du tumulte médiatique. Une bulle protectrice.

Qu’une femme ayant traversé un tel drame ait fini par trouver l’amour et la stabilité, ça donne à son histoire une dimension supplémentaire. Celle de la reconstruction totale. Du possible malgré tout.

laurence ferrari mari renaud capuçon

Car c’est bien ça, le message qui affleure derrière ses confidences. On peut être frappé par le pire, à l’âge le plus vulnérable, et malgré tout construire une vie riche, dense, épanouie. Y compris amoureuse.

La musique de Renaud Capuçon, cette beauté quotidienne, contraste évidemment avec la brutalité de son passé. Comme si la vie, après lui avoir tout pris, avait décidé de lui rendre un peu de sa part de grâce.

Pourquoi briser le silence après tout ce temps ?

Reste la vraie question. Pourquoi, après trente-sept ans de discrétion presque totale, Laurence Ferrari décide-t-elle de raconter tout ça aujourd’hui, en 2026 ? Qu’est-ce qui a changé ?

Peut-être le recul. Le temps qui a fait son œuvre, qui a permis de mettre des mots là où il n’y avait, longtemps, que de la douleur muette. La distance qui autorise enfin la parole.

Peut-être aussi le désir d’aider. Car en parlant publiquement, une figure aussi respectée qu’elle brise un tabou. Elle tend la main, sans le dire explicitement, à tous ceux qui portent le même fardeau.

Combien de personnes, en France, ont perdu un proche par suicide et se débattent en silence avec ce sentiment d’abandon qu’elle a osé nommer ? Combien se sentiront moins seules en l’entendant ?

Le format du podcast, plus intime, plus long, plus doux que le tempo effréné de la télé, a sans doute joué. Un cadre qui invite à la confidence. Un espace où l’on peut, enfin, baisser la garde.

Quelle qu’en soit la raison, une chose est sûre : en acceptant de se livrer, Laurence Ferrari a offert un témoignage rare. Celui d’une femme qui a regardé l’abîme en face, et qui a choisi la vie.

Une parenthèse avant le grand retour

Ces confidences arrivent à un moment charnière de sa carrière. Le 9 juillet dernier, elle présentait son dernier numéro de l’émission Punchline avant la coupure estivale, laissant sa place à Olivier de Keranflec’h pour l’été.

« Prendre un petit break » avant de « revenir en pleine forme avec plein de nouveaux projets », a-t-elle expliqué en quittant l’antenne, fidèle à cette énergie qui la caractérise depuis toujours.

Cette énergie, désormais, on la regarde autrement. On sait ce qu’elle cache. On sait le combat mené en coulisses. On sait que derrière chaque sourire de présentatrice, il y a une histoire de survie.

De nouveaux projets se profilent donc pour la rentrée. Une femme qui, à plus de cinquante-cinq ans, continue d’avancer, de créer, de se réinventer. Comme elle l’a toujours fait. Comme elle l’a appris à ses dépens.

Laurence Ferrari

Son témoignage, lui, restera. Comme la preuve qu’on peut porter en soi la plus terrible des blessures et, malgré tout, illuminer les écrans de millions de Français pendant quatre décennies.

« J’ai versé toutes les larmes de mon corps. » Puis elle a franchi le seuil, séché ses larmes, et elle a tenu debout. Trente-sept ans plus tard, elle tient toujours. Et ça, aucun drame ne pourra le lui enlever.

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