« Vous êtes deux connards ! » : Laurent Baffie piège des policiers alsaciens et publie la vidéo sans leur accord
Laurent Baffie a encore frappé. Après Strasbourg et Colmar, l’humoriste s’est attaqué à une nouvelle ville alsacienne pour une de ses fameuses caméras cachées. Cette fois, ce sont deux policiers municipaux de Saverne qui en ont fait les frais, filmés à leur insu en pleine rue. Mais derrière les rires et les millions de vues, une question dérange : Baffie a-t-il vraiment le droit de publier tout ça sans leur feu vert ?

Une nouvelle victime dans le viseur de l’humoriste
Depuis plusieurs mois, Laurent Baffie multiplie les caméras cachées dans les rues de France, de la France insolite jusqu’aux places touristiques les plus fréquentées. Il avait déjà piégé un photographe place Stanislas à Nancy en se faisant passer pour un policier.
Cette fois, direction le Bas-Rhin, samedi 19 septembre. Une vidéo baptisée « Petit malentendu » a été mise en ligne par l’humoriste, avec un principe simple : provoquer, filmer, publier. Sauf que la cible, ici, porte l’uniforme.
Le succès a été immédiat sur les réseaux sociaux, un terrain que Baffie maîtrise parfaitement après ses précédents cartons. Il avait déjà fait le buzz avec ses caméras cachées sur la Grand’Place de Lille. La mécanique fonctionne toujours aussi bien : un décor authentique, des passants réels, et une improvisation totalement assumée.
« Vous êtes deux connards ! » : la scène qui a tout déclenché
Au milieu de la Grand’Rue de Saverne, Laurent Baffie s’approche de deux agents de la police municipale. Sans crier gare, il lâche : « Vous êtes deux connards ! », avant de prétendre être plongé dans une conversation téléphonique, comme si l’insulte ne leur était pas destinée.
La réaction ne tarde pas. La policière visée l’interpelle directement : « C’est à nous que vous parlez comme ça ? Vous n’avez personne au bout du fil, alors arrêtez un petit peu ». Loin de se démonter, l’humoriste enfonce le clou, jouant l’homme scandalisé : « Mais enfin, c’est ma vie privée, Madame ! Intrusion ! ».
Toute la scène a été captée grâce à des lunettes connectées, un dispositif discret qui permet à Baffie de filmer sans se faire repérer. Résultat : 3 millions de vues sur Instagram, et autant sur TikTok. Un carton qui rappelle d’autres coups d’éclat similaires, comme cette vidéo piège qui avait fait rire internet pour des raisons différentes.

Une règle d’or que l’humoriste aurait oubliée
Du côté de la mairie de Saverne, l’ambiance est bon enfant. « C’est un gag et cela doit en rester un. On est fiers de comment Magalie a réagi et on est contents qu’au final elle le prenne bien », confie l’entourage du maire, cité par nos confrères. La policière piégée, loin de faire un scandale, a semble-t-il pris la chose avec beaucoup de recul.
Mais un détail change tout. Selon cette même source proche de la municipalité, Laurent Baffie n’aurait jamais demandé l’autorisation à ses deux « victimes » avant de mettre la vidéo en ligne. Une omission d’autant plus étonnante que l’humoriste affirmait, il y a quelques jours à peine, demander systématiquement un accord avant de publier ce type de contenu, comme il l’a confié à Ouest-France.
Sollicité sur cette contradiction, le syndicat national des policiers municipaux a préféré ne pas s’exprimer. Quant à Laurent Baffie lui-même, il est resté injoignable malgré plusieurs tentatives de contact.
Entre humour potache et flou juridique, l’affaire illustre bien le grand écart des caméras cachées version réseaux sociaux : tout le monde rit, sauf peut-être le droit à l’image. Reste une question qui plane : jusqu’où peut-on filmer quelqu’un sans son accord, au nom du buzz ?