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Léa Salamé projetée à terre, éraflée de partout : elle sort du silence sur ce drame

Publié par Hannah le 12 Sep 2026 à 9:02
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Il y a des dates qui reviennent chaque année comme une facture impayée. Pour Léa Salamé, c’est le 11 septembre. Pas celui des commémorations lointaines, celui qu’elle a vécu dans la poussière, en tongs, à vingt et un ans.

Léa Salamé quitte le 20 Heures de France 2 : la vraie raison derrière son retrait dès le 24 août

Vingt-cinq ans plus tard, la journaliste franco-libanaise n’est plus une étudiante paumée dans Manhattan. Elle est l’un des visages les plus scrutés de la télévision française. Et elle vient de vivre une rentrée qui n’a rien d’ordinaire.

Car en août dernier, elle a quitté le fauteuil le plus convoité du service public. Pas pour une faute. Pour une promesse tenue.

Et si vous croyez connaître son histoire du 11-Septembre parce que vous avez vu passer un extrait, accrochez-vous. Elle l’a racontée par morceaux, sur des années, à des interlocuteurs différents. Et le morceau le plus glaçant, elle l’a gardé pour la fin.

« Évidente et difficile » : le jour où elle a lâché le 20 heures

Rembobinons à l’été 2026. Le dimanche 23 août, Raphaël Glucksmann officialise sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Le lendemain matin, sa compagne annonce qu’elle s’efface du journal de 20 heures de France 2.

Elle devait reprendre l’antenne le soir même, après la pause estivale. Elle ne l’a pas fait. Le message est tombé sur son compte Instagram, lundi 24 août.

« J’en avais pris l’engagement dès le premier jour et je m’y tiens », écrit-elle, citée par franceinfo. Elle rappelle l’avoir déjà fait lors des deux dernières élections européennes. La décision, ajoute-t-elle, « protège d’abord la rédaction de France Télévisions, ce qui compte plus que tout à mes yeux ».

À l’AFP, reprise par Le Matin, elle qualifie le choix d’« évidente et difficile ». Et lâche une phrase qui claque comme un générique de fin : « Partout où se tiendra la campagne, je m’efface. »

C’est son joker habituel, Jean-Baptiste Marteau, 43 ans, qui reprend le fauteuil dès ce lundi-là. Elle, garde son talk-show du samedi soir. Une sortie par le haut, en apparence.

22 Laurent Ruquier polemique Coming out

En apparence seulement. Parce que l’année qu’elle venait de passer aux commandes du JT n’avait pas été un long fleuve tranquille.

Une saison au sommet du JT qui a laissé des traces

Studio de télévision vide avec plateau de journal télévisé et lumières éteintes

Retour au 1er septembre 2025. Ce soir-là, Léa Salamé présente son tout premier 20 heures sur France 2. La photo de ce lancement a fait le tour des rédactions.

Elle succédait à Anne-Sophie Lapix, écartée après huit ans à ce poste, la direction voulant, selon L’Avenir, donner un nouveau souffle au journal. Le public l’attendait, habitué à la voir le samedi soir sur la même chaîne. Le pari était énorme.

Les chiffres ? Ils racontent une histoire nuancée. Le 28 mai 2026, selon Puremédias, elle réunit 3,27 millions de téléspectateurs et 20,3 % de part d’audience, quand Gilles Bouleau en rassemble 4,14 millions sur TF1.

Après neuf mois d’exercice, le même média décrit une journaliste « relativement stable », en légère baisse par rapport au pointage de février. La moyenne de Gilles Bouleau tourne alors autour de 4,95 millions de fidèles. Celle d’Anne-Sophie Lapix, l’année précédente, s’établissait à 3,85 millions.

Autrement dit : pas d’effondrement, pas de miracle non plus. Le patron de l’information Thierry Thuillier résumait la chose à Puremédias d’une formule sans fard : « Il n’y a pas de recette magique. »

Sauf que les audiences n’ont jamais été le vrai sujet. Le vrai sujet, c’était les séquences. Et il y en a eu.

Le malaise Cotillard, et la vengeance sucrée d’Artus

laurent ruquier isabelle mergualt dernieres heures raconteess

Le 15 septembre 2025, une actrice française parmi les plus primées vient parler cinéma au 20 heures. L’échange dérape quand la présentatrice l’interroge sur sa séparation récente et lui demande si elle va bien.

La réponse de Marion Cotillard, rapportée par TV Actu, tient en quelques mots secs : « Merci, ça va. Merci. Et vous, vous allez bien ? » Sur les réseaux, la séquence tourne en boucle. Le mot « malaise » s’installe.

Dix jours plus tôt, le 5 septembre 2025, un autre invité avait déjà glissé sa banderille. Artus débarque en plateau avec un bouquet et une boîte de chocolats : « Maintenant que vous présentez le JT… C’était pour vous féliciter, je vous ai fait un petit bouquet. »

Puis la pique, cinglante : « Il y en a avec de la liqueur dedans, je sais que ça vous parle. » Traduction pour ceux qui n’avaient pas suivi : un vieux compte à régler.

Le 27 avril 2024, sur le plateau de son talk-show, l’humoriste avait raconté avoir arrêté le tabac et l’alcool. Réponse de l’animatrice : « Vous êtes devenu chiant, je veux dire vous n’êtes plus angoissé mais vous êtes chiant. » Un an et demi après, il n’avait rien oublié.

Et le 13 octobre 2025, l’erreur en direct : elle confond Dominique Bernard avec Samuel Paty, affirmant à tort que le premier avait montré des caricatures de Charlie Hebdo à ses élèves. Elle présentera ensuite ses excuses.

Mais la tempête, la vraie, n’était pas encore arrivée.

Lavrov, l’interview qui a mis le feu à la maison

Le jeudi 26 mars 2026, France 2 diffuse au 20 heures un entretien en duplex avec Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Le format : un « entretien exceptionnel ». L’effet : une déflagration.

30 Laurent Ruquier love Hugo Manos separation

Dès le lendemain, le député Laurent Mazaury (Liot) saisit l’Arcom. Il dit sa « stupeur », selon LCP, et dénonce une séquence offerte « sans contradiction sérieuse ni mise en perspective » à un responsable russe.

Europe 1 rapporte que les critiques sont venues aussi du gouvernement français et de l’Ukraine, en plein G7, plusieurs voix estimant que le chef de la diplomatie russe avait pu « dérouler sa propagande ». Le ministre Jean-Noël Barrot a regretté l’absence de réelle confrontation.

Il faudra attendre la mi-avril pour que l’intéressée sorte du silence. Selon Europe 1, elle a dit regretter de ne pas avoir été « accompagnée » par des reportages et par un spécialiste en plateau.

Bilan d’une saison : des bourdes, des excuses publiques, un moment gênant face à une actrice. C’est le résumé qu’en fait La DH au moment de son retrait.

Alors quand la candidature de son compagnon est tombée, certains y ont vu une porte de sortie. Sauf qu’elle avait déjà fait exactement la même chose. Deux fois.

Ce n’était pas la première fois qu’elle s’effaçait

Mars 2019. Raphaël Glucksmann se lance aux élections européennes. Le 15 de ce mois, sa compagne annonce son retrait de L’Émission politique sur France 2 et de la matinale de France Inter.

Le motif invoqué : « éviter tout soupçon de conflit d’intérêts ». Elle garde alors les commandes de son magazine culturel Stupéfiant ! Un retrait chirurgical, limité au politique.

La décision s’inscrit dans le sillage de la jurisprudence dite Anne Sinclair, du nom de la journaliste qui s’était appliqué la règle en 1997 sur TF1. Tout le monde n’a pas applaudi.

Femme française souriante dans une lumière dorée

Audrey Pulvar, passée par la même épreuve en 2012 quand Arnaud Montebourg était entré au gouvernement, s’est étranglée : « En 2019, en France, on continue de reprocher à une femme les opinions politiques de son compagnon. Nous, pauvres petites choses si influençables, incapables de discernement ? »

Le 27 mai 2019, au lendemain d’un scrutin qui voit Raphaël Glucksmann élu eurodéputé, elle retrouve la matinale de France Inter aux côtés de Nicolas Demorand. Retour à la normale.

En septembre 2023, rebelote mais version allégée : elle reste à l’antenne, mais ne mène plus l’interview de 8h20 quand l’invité est un politique, et ne reçoit plus d’élu dans son talk-show. Une gymnastique permanente.

Samedi 19 septembre : le samedi soir comme refuge

Privée de JT, elle n’a pas disparu des écrans pour autant. Son talk-show du samedi soir repart le 19 septembre 2026 sur France 2, pour une cinquième saison.

Avec du mouvement dans l’équipe. Selon Puremédias, l’émission a perdu Christophe Dechavanne et Philippe Caverivière en cours de route. Le casting se réinvente.

Nouveau venu : l’humoriste Jessé, déjà chroniqueur sur France Inter. Elle l’a annoncé sur Instagram : « Je suis très heureuse (et très fière) de vous annoncer l’arrivée de Jessé dans la grande famille de « Quelle époque ! » pour cette nouvelle saison. »

Lui, interrogé par Yann Barthès, a livré sa feuille de route avec gourmandise : « En gros, on va un peu repenser le concept du sniper. Et on va essayer de faire rire toute la table, chacun en prendra un peu pour son garde. »

Le poste de sniper était jusque-là celui de Paul de Saint-Sernin, qui, selon Puremédias, avait déjà manqué plusieurs rendez-vous la saison passée, retenu par ses engagements sur scène. Hugo Clément, lui, reste dans la bande.

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Voilà pour le décor de sa rentrée 2026. Mais pour comprendre ce que ce 11 septembre représente vraiment pour elle, il faut remonter beaucoup plus loin. Bien avant la télé.

Avant les plateaux, une petite fille qui fuyait déjà une guerre

Hala Léa Salamé naît le 27 octobre 1979 à Beyrouth. Un prénom, une ville, un pays en feu. Son enfance commence sous une guerre civile.

Son père, Ghassan Salamé, deviendra ministre de la Culture du Liban entre 2000 et 2003, politologue, professeur à Sciences Po Paris, ancien conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Sa mère, Mary Boghossian, est issue d’une famille arménienne dont le père a fui le génocide.

La famille quitte le Liban pour le XVIe arrondissement de Paris alors qu’elle a cinq ans. Elle sera naturalisée française en 1988. Dans la foulée, son deuxième prénom, Léa, s’inscrit à l’état civil.

Scolarité au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, puis à l’École alsacienne. C’est là qu’elle décide de se faire appeler Léa, en ajoutant un accent aigu au passage. Une identité qu’on se choisit, littéralement.

Ensuite : le droit à Panthéon-Assas, puis Sciences Po Paris, promotion 2002. Dans le portrait que lui consacre l’Observatoire du journalisme, on lit qu’elle y croise notamment l’écrivain Florian Zeller.

Et puis, une année à New York University. Sur le papier, la parenthèse dorée d’une étudiante privilégiée. Dans les faits, le pire matin de sa vie.

New York, septembre 2001 : le soleil, la fête, l’insouciance totale

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Elle a vingt et un ans. Elle vient d’arriver à Manhattan. Et selon le portrait de l’OJIM, qui restitue ses propos, elle est en pleine découverte de la ville.

« Il faisait un temps sublime. Je découvrais la ville en folie. Je planais, le bonheur absolu », raconte-t-elle dans ce récit. La veille du 11 septembre, elle a fait la fête.

Le matin du 11, elle dort. Ce qui la réveille, c’est un bruit violent. Sa colocataire, elle, a cours ce jour-là. Elle est donc seule.

« J’entends un bruit monstrueux, et je pense qu’il y a un accident de camion juste en bas de chez moi », a-t-elle expliqué dans l’émission Small Talk de Konbini, face à David Castello-Lopes, en 2023.

Un camion. C’est tout ce que son cerveau parvient à fabriquer. Personne, en bas, ne sait encore ce qui se passe au-dessus.

Elle habite les dortoirs de l’université, « à trois blocs du World Trade Center », dit-elle dans ce même entretien. Trois blocs. Retenez bien ce chiffre.

Le pain aux raisins qui va tout faire basculer

Ce qu’elle veut, ce matin-là, tient en trois mots : un pain aux raisins. Elle attrape ce qui traîne pour descendre en vitesse.

Le détail vestimentaire, elle l’a raconté sans filtre, comme le rapporte le portrait de l’OJIM : une jupe, des tongs, un tee-shirt « et pas de soutif ». On est loin du tailleur du 20 heures.

28 Laurent Ruquier love Benoît Petitjean

Elle prend un dollar et ses clefs. Rien d’autre. Pas de téléphone portable — nous sommes en 2001, elle n’en a pas.

Ce qui se passe ensuite, personne ne l’a écrit dans les manuels d’histoire, mais c’est ce genre de scène qui fait le sel des grands témoignages. Une femme tambourine à sa porte. Et lui crie deux mots.

« Go down ! Go down ! » : les deux mots qui la mettent dehors

« Go down ! Go down ! » Descends, descends. La voisine martèle, insiste, sans que l’étudiante comprenne pourquoi.

Elle descend donc. Elle achète son pain aux raisins, comme prévu. Puis, toujours selon ce récit, elle « regarde la tour cramer, sans comprendre ».

Voilà le décalage monstrueux de ce matin-là : la planète entière voit, en direct, des avions percuter des tours. Elle, en bas, ne voit qu’une fumée absurde dans un ciel parfait.

Elle l’a dit autrement, vingt ans plus tard, sur le plateau d’On est en direct : « Vous, vous avez tous vu devant vos écrans de télévision les avions rentrer dans les tours et s’effondrer, sauf que quand on était en bas, nous, on ne comprenait rien. »

Sans portable, il n’y a qu’une solution pour prévenir les siens. Et cette solution va la coincer exactement au pire endroit du pire moment.

La cabine téléphonique, puis le mur de poussière

« Tais-toi » : ce que Laurent Ruquier a lâché à Christine Bravo en plein enterrement

Elle fait la queue devant une cabine pour appeler. Une file d’attente, un trottoir, un quartier qui ne sait pas encore ce qui lui tombe dessus.

« Et là, un énorme tsunami de poussière nous est tombé dessus », raconte-t-elle dans le portrait de l’OJIM. Le nuage avale la rue, les gens, le ciel.

Sur le plateau de Laurent Ruquier, le 11 septembre 2021, elle a décrit la brutalité physique du choc : « propulsée par terre, jetée par terre, éraflée de partout ».

Version Konbini, la même scène, racontée au présent : « Là, je suis totalement éraflé des bras et des jambes. Je me lève et je commence à courir vers le Nord. »

Mais pourquoi vers le nord ? Parce que dans sa tête, à cet instant précis, il ne s’agit pas du tout d’un attentat contre des tours.

« On me tire dessus » : le scénario que son cerveau s’invente

Elle est au sol, couverte de poussière, éraflée. Et son cerveau, pour donner du sens au chaos, choisit l’explication la plus familière pour une enfant née à Beyrouth. La guerre.

« À ce moment-là, je pense qu’on me tire dessus », a-t-elle expliqué dans On est en direct. Pas un avion. Pas un immeuble. Des balles.

« J’ai couru vers le nord en pensant qu’on nous tirait dessus », confirme-t-elle dans le récit repris par l’OJIM. Elle court pour échapper à un tireur qui n’existe pas.

26 Laurent Ruquier polemique non-vaccinés

Sur le plateau de France 2, elle a chiffré cette fuite : « 45 minutes » de course. La DH, en reprenant l’entretien Konbini, parle, elle, de près d’une heure de course folle.

Quarante-cinq minutes. Une heure. Dans les deux cas, une éternité pour une gamine de vingt et un ans persuadée d’être une cible mouvante.

Et puis il y a ce détail que personne n’invente, celui qui donne même son titre à l’épisode de podcast qu’elle enregistrera bien plus tard. Un détail minuscule. Un détail qui dit tout.

Six étages plus haut, Clémence en larmes

Au bout de la course, il y a son université. Elle monte les six étages à pied, méconnaissable.

En haut l’attend sa colocataire française, Clémence. Qui pleure en la voyant apparaître dans l’embrasure.

Deux versions, la même scène. Sur France 2 : « T’es pas morte, t’es pas morte ? » Chez Konbini, comme le rapporte La DH : « Tu n’es pas morte ! Les tours se sont effondrées. »

Et la réponse, hallucinée, d’une fille qui n’a rien vu de ce que le monde entier a regardé : « Quelles tours, de quoi tu parles ? On est en train de nous tirer dessus. »

Il faudra du temps pour que les deux récits se rejoignent dans sa tête. Celui de sa coloc, et le sien. Et encore plus de temps pour qu’elle accepte de raconter le passage le plus dur.

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Parce que pendant sa course vers le nord, elle s’est arrêtée une fois. Elle a levé les yeux. Et ce qu’elle a cru voir, elle a mis des années à pouvoir le dire à voix haute.

Ce qu’elle a cru voir dans le ciel

La scène est racontée dans l’entretien Konbini repris par La DH. Elle court, elle tombe, elle s’arrête, elle regarde en l’air.

« J’ai couru, je suis tombée, je me suis arrêtée, j’ai regardé. Je pensais que c’étaient des oiseaux qui volaient, en fait, c’étaient des hommes qui sautaient. »

Des oiseaux. Voilà ce que son cerveau avait trouvé de moins insupportable, sur le moment. Des points sombres dans un ciel bleu, au-dessus de Manhattan.

Et le petit détail qui a donné son nom à l’épisode de Small Talk enregistré en 2023 : elle a couru avec une seule tong. L’autre est restée quelque part dans la poussière de Lower Manhattan.

Une jeune femme de vingt et un ans, en jupe, une tong au pied, éraflée des bras et des jambes, qui court une heure en croyant fuir des balles, sous une pluie de corps qu’elle prend pour des oiseaux. C’est ça, son 11-Septembre.

« Voilà ce que j’ai vécu du 11 septembre et donc depuis ce jour-là, je ne peux pas regarder les images », dit-elle dans cet entretien.

Vingt-cinq ans après, elle détourne encore les yeux

Pendant des années, elle a refusé de regarder les images des attentats à la télévision. Une exception : les vingt ans du drame, en 2021, sur le plateau d’On est en direct.

« C’est la première fois, pour ces 20 ans, que je les regarde, sinon tous les 11 septembre, je ne les regarde pas », confiait-elle alors face à Laurent Ruquier.

Deux ans plus tard, chez Konbini, la formule était encore plus précise : « Je les vois de loin sur les télés tous les 11 septembre, mais je ne m’attarde pas. » De loin. Jamais en face.

Sa fiche biographique, elle, résume tout cela en une poignée de mots administratifs : blessée superficiellement lors des attentats du 11 septembre 2001. Superficiellement. Le mot fait sourire, quand on a lu le reste.

Vingt-cinq ans ont passé. L’étudiante en tongs présente aujourd’hui les plus grands rendez-vous du service public, et vient de s’effacer volontairement du 20 heures le temps d’une campagne présidentielle.

Le samedi 19 septembre, elle retrouvera son fauteuil du samedi soir, un nouveau sniper à sa table et une saison entière à reconstruire. Loin des JT, loin de la politique.

Et chaque 11 septembre, quelque part entre deux plateaux, il y aura toujours ce ciel bleu de Manhattan, ce pain aux raisins jamais mangé, et ces oiseaux qui n’en étaient pas.

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