« Elle s’est donnée la mort » : Line Renaud, 98 ans… le drame survenu sans prévenir
Le 10 septembre 2026, M Radio ressort une confidence de Patrick Fiori. Il avait 17 ans, une seule chanson à son actif, et une trouille bleue sur un plateau animé par Léon Zitrone. Elle, c’était déjà une légende. Elle l’a fait venir dans sa loge.
Et voilà qu’en quelques heures, une autre histoire remonte à la surface. Plus ancienne. Beaucoup plus glaçante. Elle ne vient pas d’un chanteur débutant, mais d’une femme de 98 ans qui a tout vu, tout entendu, et qui a fini par tout écrire.
Line Renaud. Dans Merci la vie, paru début 2024 chez Robert Laffont, elle raconte une journée d’une banalité absolue. Un spa. Deux amies. Une fiche de renseignements qu’on leur tend, comme à tout le monde. Et une case à remplir.
Une simple case. Son amie a refusé de la remplir, et s’est étonnée que Line, elle, l’accepte. Sur le moment, c’était presque drôle. Quelques années plus tard, cette petite scène est devenue insoutenable. Vous allez comprendre pourquoi.
La gamine qui chantait debout sur un tonneau
Pour saisir le poids de cette confidence, il faut savoir qui la raconte. Jacqueline Simone Alberte Ente naît le 2 juillet 1928 à Nieppe, dans le Nord, quartier de Pont-de-Nieppe. En juillet 2026, elle a soufflé ses 98 bougies.
Le Nord d’avant-guerre, ce n’est pas le décor d’un conte. C’est la brique rouge, les usines, les cafés enfumés et les mains rêches. C’est là-dedans qu’une petite fille décide, un jour, qu’elle chantera.
Elle dit avoir commencé à douze ans. Pas sur une scène : sur un tonneau, dans le café tenu par sa grand-mère. Elle y chante La Madelon devant des habitués qui ont déjà bien entamé leur bière.
Imaginez le tableau. Une gamine juchée sur du bois, les mains dans le dos, et des hommes qui se taisent d’un coup. Ce silence-là, quand on l’a vécu à douze ans, on le cherche toute sa vie.
Son père, pendant ce temps, est prisonnier. La guerre l’a pris, et l’absence s’est installée dans la maison comme un meuble qu’on ne déplace pas. Cette absence-là, elle ne l’a jamais oubliée.
Et c’est peut-être là que tout se joue. Une enfant qui grandit avec un manque apprend très tôt à combler les silences. Avec sa voix, en l’occurrence. Elle n’a jamais arrêté depuis.
Recalée au certificat d’études, reçue le soir même à la radio
À 14 ans, elle rate son certificat d’études primaires. Un échec net, sans appel, du genre qui vous colle une étiquette pour dix ans dans un village du Nord. Elle aurait pu s’arrêter là.
Elle se présente au concours d’entrée du conservatoire de Lille. Le soir même de son audition, le directeur de Radio-Lille lui propose d’intégrer son orchestre. Vingt-quatre heures entre l’humiliation scolaire et le premier contrat.
Elle y chante sous un premier pseudonyme : Jacqueline Ray. Pas encore Line Renaud, pas encore la silhouette des affiches. Juste une voix dans un poste, quelque part entre deux bulletins d’information.
En 1945, la guerre finie, elle monte à Paris. Elle décroche son premier engagement aux Folies-Belleville, salle populaire, public qui ne fait pas de cadeau. C’est là que sa vie bascule pour de bon.
Par l’intermédiaire de la chanteuse Josette Daydé, elle croise un compositeur de vingt ans son aîné : Loulou Gasté. Il a du métier, un carnet d’adresses, et une idée très précise de ce qu’elle doit devenir.

C’est lui qui exige un nom de scène. Elle prend celui de sa grand-mère, Marguerite Renard, et change une lettre. Renard devient Renaud. Une lettre déplacée, et une carrière de plus de quatre-vingts ans qui commence.
Le Tour de France comme école de chant

Au début, rien ne prend. Le public ne suit pas, les disques ne se vendent pas, les salles restent tièdes. Une autre aurait attendu. Elle, elle prend la route.
Elle monte dans la caravane du Tour de France, celle qui précède les coureurs, dès la première édition d’après-guerre et jusqu’en 1950. Personne ne veut de ce boulot. Poussière, chaleur, estrades bancales.
À chaque étape, elle chante. Devant des villages entiers, au bord des routes, sur des plateaux montés à la va-vite entre deux champs. Pas de micro sophistiqué, pas de retour son. Juste la voix.
C’est ça, sa vraie école. Tenir un public debout au soleil qui attend des cyclistes, pas une chanteuse. Il faut accrocher en trente secondes ou disparaître. Elle apprend à accrocher.
Et ça marche. Kilomètre après kilomètre, département après département, la France entière finit par connaître son visage. Pas par la radio parisienne : par les routes de campagne.
Ce détail-là compte pour la suite. Line Renaud n’est jamais devenue une star par décret. Elle l’est devenue à la sueur, étape par étape. Une femme qui doit tout au travail ne triche pas facilement avec la réalité.
Une cabane au Canada et un mariage qui durera 45 ans
En 1947, elle enregistre Ma cabane au Canada. Le titre décroche le Grand Prix du disque en 1949. Du jour au lendemain, la fille du Nord devient une voix que tout le monde fredonne.
Deux ans plus tard, Étoile des neiges s’installe dans le patrimoine collectif. Une mélodie que des générations chanteront sans même savoir qui l’a popularisée. Le comble de la réussite populaire.
La chanson sera même parodiée bien plus tard dans Les Bronzés font du ski. Quand vos titres deviennent des gags de cinéma, c’est que vous avez gagné la partie. Définitivement.

Le 18 décembre 1950, elle épouse Loulou Gasté. L’homme qui lui a trouvé son nom devient son mari. Ils resteront ensemble jusqu’à la mort du compositeur, en 1995. Quarante-cinq ans.
Le couple n’aura jamais d’enfant. En 2023, à 95 ans, elle déclare que cela reste son plus grand regret. Pas une confidence arrachée : une phrase assumée, dite sans détour.
Voilà le tempérament de la dame. Elle ne maquille rien : ni ses échecs scolaires, ni ses manques, ni ses regrets. Retenez bien ça. Dans quelques paragraphes, ça va devenir absolument capital.
La rivale qui a tenté de la faire taire

1954. Line Renaud chante au Moulin-Rouge et fait salle comble tous les soirs. Elle enchaîne les 78 tours, sort son premier 33 tours de chansons originales, Je veux. Tout lui réussit.
Trop, apparemment. Parce que dans la même maison de disques, une autre artiste observe cette ascension d’un très mauvais œil. Et elle a les moyens de faire savoir qu’elle n’apprécie pas.
Cette autre artiste, c’est Édith Piaf. Selon Line Renaud, Piaf fait alors pression sur le directeur pour que la jeune vedette cesse d’enregistrer. Purement et simplement.
Le plus fou, c’est que ça n’a rien d’une rivalité artistique. Les deux femmes ne chantent même pas dans le même registre. L’une, c’est le drame et la rue. L’autre, la chanson légère et solaire.
C’est en 2021, au micro de France Inter, que Line Renaud raconte l’épisode. Sans fard, à 93 ans, avec cette liberté que donne le grand âge quand on n’a plus rien à perdre.
Piaf, dit-elle, avait « une revanche à prendre sur la vie [et elle] détestait les femmes plus jeunes et plus belles ».
« Détestait les femmes plus jeunes » : le fil rouge de toute l’histoire
Toujours selon elle, cette jalousie aurait été amplifiée par un détail cruel : Piaf n’avait plus connu de vrai succès musical depuis un certain temps. La roue tournait, et elle le sentait.
Traduction brutale : dans ce métier, le temps qui passe transforme parfois les consœurs en adversaires. Et la peur de vieillir devient une arme qu’on retourne contre les autres.
Gardez cette idée en tête, elle va revenir. L’âge, la terreur de n’être plus la plus jeune dans la pièce, l’obsession du miroir. C’est le fil rouge de toute cette histoire.
Parce que Line Renaud, elle, n’a jamais eu ce problème. Elle a traversé les décennies en donnant son âge à qui voulait l’entendre. C’est presque devenu sa signature.
Mais elle a connu de près quelqu’un qui vivait exactement l’inverse. Une femme adorée, adulée, applaudie dans le monde entier, et pourtant terrorisée par un simple chiffre.
Une femme qu’elle aimait profondément. Et dont l’histoire, quarante ans après, la hante encore. On y arrive. Doucement, mais on y arrive.
Un contrat américain et un cabaret au Waldorf Astoria
Repérée au Moulin-Rouge, Line Renaud se voit proposer un contrat par Bob Hope en personne. L’un des plus gros noms du divertissement américain de l’époque. Direction les États-Unis.
Sa première américaine a lieu le 1er février 1955 à l’Empire Room, le cabaret du Waldorf Astoria à New York. Pas exactement une salle de patronage. Le sommet du chic new-yorkais.
Elle devient la première Française à apparaître dans un show de la télévision américaine déjà en couleur. En 1955. À une époque où la télé française est encore en noir et blanc pour des décennies.
Elle y chante Relaxez-vous et Two Sleepy People en duo avec Dean Martin. Oui, Dean Martin. Le membre du Rat Pack, le copain de Sinatra, l’homme le plus décontracté d’Amérique.
Le décalage est vertigineux. À Paris, on la range dans la case « chanteuse populaire », celle des refrains qu’on siffle. À New York, c’est une attraction, une curiosité française qu’on s’arrache.

Et ce n’était que le début. Parce que quelques années plus tard, un garçon de Memphis allait débarquer dans sa loge parisienne sans prévenir personne.
Elvis Presley débarque dans sa loge sans prévenir
Janvier 1960. Line Renaud vient de terminer une représentation au Casino de Paris. Elle se démaquille, encore en costume, entre deux portants. On frappe.
C’est Elvis Presley. Le vrai. Celui qui rend hystériques des stades entiers. Il entre dans sa loge et lui offre un concert privé, là, entre deux robes de scène.
Essayez d’imaginer la scène une seconde. Le King, seul, qui chante pour une seule spectatrice française dans une loge de cabaret. Personne pour filmer. Aucune preuve. Juste un souvenir.
Quelques mois plus tard, en avril 1960, elle est marraine d’un jeune homme dans L’École des vedettes d’Aimée Mortimer. Une émission qui présente les débutants au public français.
Le jeune homme s’appelle Johnny Hallyday. Il a 16 ans, une banane et des complexes. Elle ne le lâchera plus jamais, jusqu’à sa mort en décembre 2017.

Vous commencez à comprendre le personnage. Line Renaud, c’est la femme qui repère les gamins avant tout le monde et leur tend la main. Un réflexe. Une manie, presque.
Las Vegas, Sinatra, Brando : le carnet d’adresses le plus fou de France
De 1963 à 1966, elle est engagée au Dunes, à Las Vegas. Trois ans de résidence dans la ville du néon, du jeu et des contrats en liquide. Une Française, sur le Strip.
Sa vie devient un carnet d’adresses hallucinant. Frank Sinatra. Marlon Brando. Paul Anka. Elizabeth Taylor. Des noms qu’on récite aujourd’hui comme une liste de musée.
En 1965, elle rencontre Nate Jacobson, patron du Caesars Palace. Il deviendra son amant pendant dix-huit ans. Dix-huit ans, en parallèle d’un mariage qui, lui, durera quarante-cinq ans.
Là encore, elle n’a jamais fait mystère de grand-chose. Cette femme raconte sa vie comme elle l’a vécue, sans repasser les plis. C’est rare. C’est même de plus en plus rare.
En octobre 2017, à 89 ans, elle inaugure une rue à son nom à Las Vegas. Pas au fin fond du désert : non loin de celles qui portent les noms de Sinatra et de Dean Martin.
Ses amis, littéralement, au coin de la rue. Sauf qu’à ce moment-là, presque tous sont morts. Et c’est exactement ça, le problème d’une vie aussi longue.
Puis, une à une, les chaises se sont vidées
Le revers d’une existence qui s’étire sur près d’un siècle, c’est celui-là : on enterre tout le monde. Les amis, les amours, les partenaires de scène. Un par un.
Début 1995, Loulou Gasté meurt. L’homme qui lui avait donné son nom, son métier, sa vie. Quarante-cinq ans de mariage qui s’arrêtent net un matin d’hiver.
Elle lui consacrera un livre entier en 2002, Loulou, envoie-moi un arc-en-ciel, chez Anne Carrière. Le titre à lui seul dit tout : elle lui parle encore, sept ans après.
En 1996, elle publie Maman, aux Éditions du Rocher. Écrire pour ne pas laisser partir. C’est devenu sa méthode : quand quelqu’un s’en va, Line Renaud prend un stylo.
Cette méthode-là, notez-le bien, elle l’appliquera encore des décennies plus tard. Pour une amie partie bien avant les autres. Et dans des conditions bien plus violentes.
En septembre 2020, la mort de Juliette Gréco fait d’elle l’artiste la plus âgée de la scène musicale française. Un titre dont absolument personne ne veut.

Suivront Marcel Amont, mort en 2023, puis Hugues Aufray. Les générations s’effacent, les plateaux se vident, et elle reste. Debout. Un peu seule.
Elle, pendant ce temps, n’a jamais cessé de tourner
Certains se retirent. Elle, non. Depuis 1991, sans interruption, elle apparaît au moins une fois par an dans un téléfilm français. Trente-cinq ans de présence continue à l’écran.
Trente-cinq ans. Le genre de statistique qui ferait pâlir des acteurs de trente ans. Elle a commencé cette série alors qu’elle avait déjà 63 ans.
En 2008, à 80 ans, elle est à l’affiche de Bienvenue chez les Ch’tis. Plus de 20 millions d’entrées. Un des plus gros succès de l’histoire du cinéma français.
À 80 ans, donc, elle offre à une nouvelle génération un visage qu’elle ne connaissait pas. Les gamins de 2008 découvrent la femme qui chantait sur le Tour de France en 1948.
Le 12 mai 2025, elle fait don à l’État français de l’ensemble de ses archives personnelles, et de celles de son époux. Le fonds part aux Archives nationales.
Une manière très claire de ranger sa vie avant de partir. Elle-même ne s’en cache pas. Cette femme a toujours regardé la fin en face, sans ciller. C’est même un de ses combats.
Le combat dont on parle beaucoup moins : choisir sa sortie
Il y a un engagement de Line Renaud dont les médias parlent nettement moins que du Sidaction. Et pourtant, il éclaire absolument tout le reste de cette histoire.
Elle milite auprès de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité. Pas en marraine de façade : elle est membre du comité décisionnaire. Une vraie place, avec de vraies décisions.

En 2017, elle est marraine de l’ADMD Tour. Une tournée de sensibilisation pour ouvrir le débat sur la fin de vie en France. Un sujet qui fâche, elle le sait, elle y va quand même.
En 2023, elle préface Le serment de Berne : de la mort solitaire à la mort solidaire, de Jean-Luc Romero-Michel, publié à L’Archipel. Le titre à lui seul dit ce qu’elle défend.
De la mort solitaire à la mort solidaire. Relisez ces mots. Puis demandez-vous quelle image, dans sa mémoire, pourrait bien correspondre à une « mort solitaire ».
Cette femme-là ne détourne pas le regard devant la mort. Elle la regarde, elle en parle, elle exige qu’on puisse en discuter. Ce n’est pas un détail quand on sait quelle amie elle a perdue.
1985 : elle parle du sida, et reçoit des lettres d’insultes
Son autre grand combat, elle l’a payé au prix fort. Dès 1985, elle participe à l’importation en France du modèle du Sidaction, aux côtés d’Elizabeth Taylor et de Pierre Bergé.
Un gala de charité, au départ. Rien de plus. Lever de l’argent pour la recherche sur une maladie que la moitié du pays refuse encore de nommer.
La réponse ne se fait pas attendre : une avalanche de lettres d’insultes. Des vraies, écrites à la main, postées par des gens ordinaires. Pour avoir osé prononcer trois lettres.
1985. Il faut se replonger dans cette époque. Le sida, c’est la peur totale, les rumeurs les plus folles, les malades qu’on évite dans les couloirs d’hôpital. Et une chanteuse populaire qui monte au créneau.
Elle ne recule pas. Elle devient vice-présidente de l’association l’année suivante. En 2024, elle préside la soirée du Sidaction pour la trentième année consécutive.

Et ce soir de gala en 1985, elle n’était pas seule sur la ligne de front. Une autre femme, immense vedette elle aussi, s’était engagée à ses côtés. Retenez ce détail. Il va faire mal.
Le livre où elle ouvre enfin tous les tiroirs
Début 2024, Line Renaud publie Merci la vie, écrit avec David Lelait-Helo chez Robert Laffont. C’est son vingtième ouvrage, environ. Elle a alors 95 ans.
Et le ton n’est plus le même que dans les précédents. On y sent une femme qui solde ses comptes avec le temps. Qui range. Qui dit ce qu’elle n’avait pas dit.
Elle y parle des rencontres, des amitiés, des instants qui ont compté. Elvis, Alain Delon, Frank Sinatra : la galerie est vertigineuse, presque indécente de prestige.
Mais voilà le truc. Ce n’est pas une star américaine qui donne au livre son passage le plus lourd. C’est une femme. Une amie. Et quatre lignes qui vous coupent le souffle.
Avant d’y venir, il faut comprendre pourquoi cette page existe. Et pourquoi Line Renaud insiste tant, dans ce livre, sur son propre rapport à l’âge.
Parce que ce n’est pas de la coquetterie inversée. C’est une réponse. Une réponse à quelque chose qu’elle a vu, de très près, et qu’elle n’a jamais réussi à oublier.
« Je n’ai jamais caché mon âge, je n’ai pas triché »
Sur son propre rapport au temps, elle est d’une franchise désarmante dans Merci la vie. Aucune circonvolution, aucun faux-fuyant. Elle pose le sujet sur la table.
Dans le livre, cité par Parlons Basket, elle écrit : « Si mon âge n’est pas un problème, c’est sans doute que je ne l’ai jamais caché et que je n’ai pas triché. »
Jamais caché. Jamais triché. Deux formules sèches qui sonnent comme une profession de foi. Ou, si on lit bien, comme une réponse adressée à quelqu’un d’autre.
Et elle ajoute, pas peu fière : « Il paraît que je suis la grand-mère qu’on aimerait avoir, et voici qu’on me place en tête du classement des séniors préférés des Français ! »
Voilà pour elle. Le pays entier l’a adoptée. Elle n’a pas eu besoin de mentir d’un an sur sa date de naissance pour ça. Au contraire, même.
Mais si elle appuie autant sur ce point, c’est parce qu’elle a vu ce que l’angoisse du temps qui passe peut faire à une femme. Une femme qu’elle aimait énormément.
L’amie qui ne remplissait jamais la case

Revenons à ce spa. Deux femmes, une après-midi, un moment de détente comme des milliers d’autres. Peignoirs, chuchotements, odeur d’eucalyptus. Rien que de très ordinaire.
On leur tend une fiche de renseignements à remplir. Nom, coordonnées, la routine administrative la plus banale du monde. Le genre de papier qu’on gribouille sans lever les yeux.
Line remplit tout, sans réfléchir. Stylo, cases, signature. Trente secondes chrono, et elle passe à autre chose. Son amie, elle, s’arrête net.
Et ce qui la sidère, ce n’est même pas la question posée sur le formulaire. C’est que sa copine, elle, accepte d’y répondre. Ça, c’est incompréhensible pour elle.
« Je me souviens de mon amie… À 50 ans, elle était encore très belle mais son âge la hantait », écrit Line Renaud dans Merci la vie.
Le mot est choisi avec soin : hantée. Pas gênée. Pas agacée. Pas contrariée. Hantée. Le vocabulaire des fantômes et des maisons qu’on n’ose plus habiter.
Deux amies, deux mondes, une ligne de formulaire
Et la suite de la phrase, telle qu’elle la raconte : « Un jour que nous étions allées ensemble dans un Spa, on nous avait tendu une fiche de renseignements à remplir, elle s’était étonnée que j’accepte d’y indiquer mon âge. »
Elle s’était étonnée. Le verbe est faible, mais tout est dedans. Pour cette femme, écrire son année de naissance sur un papier relevait presque de l’acte de folie.
Deux amies, deux mondes. L’une inscrit son âge sans y penser une seconde, parce qu’elle s’en fiche complètement. L’autre y voit un aveu, presque une trahison de soi.
Ce jour-là, personne n’en fait un drame. On plaisante peut-être, on hausse les épaules, on passe au hammam. La vie continue, les rendez-vous s’enchaînent.
C’est plus tard, beaucoup plus tard, que Line Renaud comprend ce qu’elle avait sous les yeux ce jour-là. Et surtout ce qu’elle n’a pas vu.
Parce qu’un signal, quand on ne sait pas encore ce qu’il annonce, ça ressemble juste à une bizarrerie. On en rit. On l’oublie. Et puis un jour, on ne rit plus du tout.
Les après-midi entre filles, à flâner dans Paris
Parce que ces deux-là ne se connaissaient pas depuis la veille. Leur histoire remonte à très loin, et rien ne les prédestinait vraiment à se trouver.
Selon Chartsinfrance, tout les séparait au départ : les origines, les répertoires, les publics. Et pourtant elles se croisent sur un plateau de télévision un jour de 1959.
Line Renaud connaît déjà les studios. Sa toute première apparition à la télévision française remonte au 4 février 1957, dans l’émission 36 chandelles. Elle avait 28 ans.
L’autre, elle, est en train de devenir une vedette planétaire. Une ascension foudroyante, du genre qui transforme une inconnue en icône en l’espace de deux ou trois ans.

De cette rencontre naît une amitié de femmes, loin des projecteurs et des flashs. Pas une camaraderie de plateau : une vraie affection, avec des confidences et des silences.
Line Renaud l’a racontée elle-même sur son compte X, le 3 mai 2022 : « Nous en avons passé des après-midi entre filles à nous raconter nos vies en flânant dans Paris. »
« Fais-moi rire ! » : la phrase qu’elle réclamait toujours
Et il y avait une phrase, toujours la même, que son amie lui répétait à chaque fois qu’elles se retrouvaient. Trois mots. Comme une commande passée à une copine.
« Fais-moi rire ! » Voilà ce qu’elle lui demandait. Pas « raconte-moi », pas « donne-moi des nouvelles ». Fais-moi rire.
Ce n’est pas anodin, de réclamer le rire comme un médicament. On ne demande ça que quand on en a un besoin urgent. Quand quelque chose, à l’intérieur, ne rit plus tout seul.
Line Renaud, elle, a toujours eu ce truc-là : la gouaille du Nord, le sens de la vanne, le rire franc. Exactement ce dont l’autre manquait.
Alors elle s’exécutait. Après-midi après après-midi, elle faisait rire son amie dans les rues de Paris. Sans savoir qu’elle servait, sans doute, de pansement.
Rétrospectivement, cette demande répétée prend une couleur insupportable. Une femme qui doit demander qu’on la fasse rire, c’est une femme qui ne rit plus naturellement.
Le gala de 1985 : elles étaient côte à côte
Dans le même message publié sur X, Line Renaud rappelle autre chose. Quelque chose qu’on a complètement oublié, et qui change la lecture de toute cette amitié.
« Elle fut également une des premières à s’engager à mes côtés dans la lutte contre le sida », écrit-elle. Une des premières. Pas une des dernières, quand c’est devenu à la mode.

En 1985, les deux femmes organisent ensemble un gala pour la recherche. Souvenez-vous du contexte : les lettres d’insultes, la peur, le rejet. Elles y vont quand même, ensemble.
Autour d’elles ce soir-là, d’autres noms montent au front. Thierry Le Luron. Nana Mouskouri. Des artistes qui s’engagent quand la maladie touche leur entourage direct.
Thierry Le Luron, justement. L’imitateur star mourra du sida le 13 novembre 1986, à 34 ans. Un an après ce gala. Une ironie du sort d’une cruauté rare.
Et l’autre femme, celle de la fiche du spa ? Elle ne verra pas la fin de la décennie non plus. Mais pas à cause d’une maladie.
Le même réflexe, dans une salle de gym
La scène du spa n’était pas un accident isolé. Une bizarrerie unique, un jour de mauvaise humeur. Non. C’était un système.
Line Renaud avait déjà raconté, au micro de RTL, un épisode jumeau. Un autre décor, une autre ambiance, et pourtant exactement le même geste.
Cette fois, il ne s’agissait pas de détente en peignoir mais de sport. Les deux amies partageaient des séances de gymnastique régulières, entre deux tournées.
Et d’après le récit relayé par Amomama, ces séances étaient surtout l’occasion de fous rires en pagaille. Deux vedettes en survêtement qui se marrent comme des collégiennes.
Sauf qu’à chaque inscription, le même petit rituel silencieux revenait. Invariablement. Comme un tic, comme un réflexe de survie.
« Quand on remplissait les papiers pour la gymnastique, elle sautait la ligne de l’âge », se souvient Line Renaud dans cet entretien.

Elle sautait la ligne. Pas une fois : à chaque fois
Relisez cette phrase. Elle sautait la ligne. Pas une fois, en passant, par distraction. À chaque fois. Systématiquement.
Une femme adulée, applaudie dans le monde entier, vendue par millions de disques, qui refusait d’écrire un nombre sur un formulaire de club de sport.
Ce n’est plus de la coquetterie à ce stade. Une coquette arrondit, triche de trois ans, sourit en disant « une femme n’a pas d’âge ». Elle, elle ne pouvait pas écrire le chiffre.
Et selon ce même récit, même dans ses jeunes années, cette femme n’avait jamais envie de parler de son âge. Même jeune. Même au sommet.
La peur n’est donc pas arrivée avec les rides. Elle était là avant. Bien avant. Elle habitait déjà cette femme quand elle était une jeune vedette éblouissante.
Ce qui veut dire qu’il ne s’agissait pas seulement de vieillir. Il s’agissait de quelque chose de plus profond, de plus ancien, de plus abîmé.
Derrière les paillettes, quelqu’un qui s’éteignait doucement
Ce que le public voyait ? Des robes somptueuses, des ovations debout, des tubes dans une dizaine de langues, une silhouette impeccable sur toutes les couvertures.
Ce que Line Renaud voyait, elle, c’était une autre femme. Pas celle des magazines. Celle qui restait quand le maquillage partait et que les projecteurs s’éteignaient.
Une femme rongée par le temps qui passe, oui. Mais aussi par une série d’épreuves personnelles dont le grand public ne mesurait absolument pas l’ampleur.
Des deuils. Des ruptures. Des drames en cascade, empilés les uns sur les autres pendant vingt ans, sans jamais le temps de refermer une plaie avant la suivante.
Et surtout, cette solitude très particulière des artistes de scène. Le contraste absolu entre les 3 000 personnes qui hurlent votre nom à 22 heures et l’appartement vide à 1 heure du matin.
Ce grand écart-là, beaucoup d’artistes en ont parlé. Peu y survivent indéfiniment. Il use, il creuse, il vide. Et à la longue, il devient dangereux.
Selon le récit rapporté par Amomama, Line Renaud estime que son amie avait des tendances suicidaires. Elle le dit à demi-mot, mais elle le dit.
Et dans le même souffle, elle garde d’elle le souvenir d’une âme pure et d’un grand cœur. Jusqu’au bout. Aucune amertume, aucun reproche. De la tendresse.
Reprenons le portrait qui se dessine, pièce par pièce. Une amie qui réclame qu’on la fasse rire, comme on réclame une perfusion.
Une amie qui saute systématiquement la case de l’âge, au spa comme à la gym. Une amie qui s’engage en 1985 pour les malades du sida alors que d’autres fuient le sujet.
Une femme immensément généreuse, immensément aimée, et immensément seule. Le portrait se précise. Il ne manque plus qu’une pièce.

Une pièce que Patrick Fiori, sans le vouloir le moins du monde, vient de remettre sur la table en septembre 2026.
Ce que Patrick Fiori a vu dans cette loge
Rembobinons. Patrick Fiori n’a alors que 17 ans et un seul morceau derrière lui. Aucun appui, aucun réseau : personne dans sa famille ne fait partie du milieu artistique.
Il participe à une émission animée par Léon Zitrone. Un gamin perdu dans un studio, entre des techniciens pressés et des vedettes qui ne le calculent pas.
Sauf qu’une personne le remarque. La star du plateau. Celle que tout le monde regarde, et qui, elle, regarde le débutant assis dans un coin.
Elle l’invite dans sa loge. Lui s’assoit, intimidé, sans doute persuadé qu’il va dire une bêtise dans les dix secondes. Et elle le met à l’aise immédiatement.
Il l’a raconté ainsi : « Elle me regarde avec une grande tendresse, elle me dit : « Venez vous asseoir. » » Quatre mots. Et un gamin qui respire enfin.
Puis vient la phrase qui l’a suivi toute sa vie : « J’espère que vous rencontrerez des artistes qui feront des chansons à la hauteur de votre voix et de votre gentillesse, et ça ne va pas tarder. »
La prédiction de loge qui s’est réalisée à la lettre
Quelque temps plus tard, Fiori participe à l’Eurovision avec Mama Corsica. Il finit quatrième, un résultat honorable pour la France de l’époque.
Puis il sort son premier album. Puis il intègre la troupe de Notre-Dame de Paris, un des plus gros phénomènes de comédie musicale de l’histoire francophone.
« Ça ne va pas tarder », avait-elle dit. Elle avait raison. Sur toute la ligne. Une prédiction de loge devenue biographie officielle.
Une femme qui prend le temps d’encourager un gamin inconnu alors qu’elle-même est déjà une légende mondiale. Ça ne s’invente pas, ce genre de générosité-là.
La même qui sautait la ligne de l’âge sur les papiers de gym. La même qui répétait « Fais-moi rire ! » à Line Renaud dans les rues de Paris.
La même qui, quelques années après ce gala de 1985, n’était déjà plus là pour voir sa prédiction se réaliser.
Chaque 3 mai, Line Renaud écrit à quelqu’un qui ne répond plus

Il y a une date que Line Renaud ne laisse jamais passer. Une seule. Le 3 mai. Depuis des décennies, ce jour-là, elle prend la parole.
Le 3 mai 2022, pour les 35 ans de la disparition de son amie, elle publie une longue lettre en rimes sur ses réseaux sociaux. Elle a alors 93 ans.
Trente-cinq ans après. Elle écrit encore des vers pour une femme qui ne les lira jamais. Ça, c’est le niveau de cicatrice dont on parle.
Elle s’y adresse directement à elle, comme au téléphone. Avec le tutoiement des vieilles amies, l’intimité de celles qui ont flâné ensemble dans Paris.
Et elle vise juste, immédiatement, sur ce que les projecteurs cachent : « Les plumes, les paillettes, les chansons, les bravos, ça sert à consoler quand on a le cœur gros. »
Ça sert à consoler. Voilà comment Line Renaud résume une carrière entière de vedette internationale. Pas comme un triomphe. Comme un pansement.
« Qui séchait tes larmes après ton tour de chant ? »
Puis viennent les questions. Celles auxquelles personne n’a jamais répondu, et qui la taraudent encore trente-cinq ans plus tard.
« Mais qui séchait tes larmes après ton tour de chant, après les ovations, les applaudissements ? Le spectacle fini, qui t’écoutait vraiment ? »

Lisez bien : « qui t’écoutait vraiment ? ». C’est la question d’une amie qui se demande si elle a assez écouté. La culpabilité des survivants, en trois mots.
Et cette ligne, qui résume une vie entière : « Ton désespoir à toi n’était pas d’ornements. Qui pouvait apaiser ta douleur infinie ? »
Pas d’ornements. Autrement dit : ce n’était pas du chagrin de chanson, du désespoir de scène qu’on interprète en robe longue. C’était le vrai.
Trente-cinq ans après, Line Renaud cherchait encore la réponse. Elle ne l’a jamais trouvée. Personne ne l’a trouvée.
« On aura beau mourir, on ne disparaît pas »
Dans cette même lettre, elle lui donne des nouvelles du monde. Comme on le ferait devant une tombe, ou au téléphone avec quelqu’un qui est parti loin.
« Mon Loulou est parti et Maman après lui, mais je vis avec eux chaque jour de ma vie. » Une femme de 93 ans qui fait le point avec ses fantômes.
Son mari, sa mère, et cette amie. Trois absences qu’elle transporte partout, sans jamais se plaindre publiquement du poids que ça représente.
Et elle conclut, imparable : « On aura beau partir, que veux-tu, c’est comme ça, on aura beau mourir, on ne disparaît pas. »
On ne disparaît pas. C’est vrai pour cette amie-là plus que pour n’importe qui. Ses chansons tournent encore, partout, tous les jours, dans le monde entier.
Alors, cette amie qui refusait d’écrire son âge, cette femme hantée par le temps, cette voix que tout le monde connaît… c’était qui, exactement ?
Cette amie du spa, c’était elle
Cette amie, c’était Dalida. Iolanda Cristina Gigliotti, née le 17 janvier 1933 au Caire, dans le quartier italien de Choubrah. Une enfance égyptienne, une gloire française.
Star absolue de la chanson française et internationale, plus de sept cents chansons interprétées en plusieurs langues. Bambino, Gigi l’amoroso, Paroles, paroles. Une machine à tubes planétaire.

Et voici la phrase du livre. Celle qui transforme l’anecdote du spa en gouffre. Dans Merci la vie, juste après avoir raconté la fiche de renseignements, Line Renaud écrit :
« Et quelques années plus tard, elle se donnait la mort. »
Dix mots. Posés là, juste après une scène de spa entre copines. Sans transition, sans préparation. C’est exactement comme ça que ça arrive dans la vraie vie.
Elle poursuit : « Le temps qui passe n’était sans doute pas étranger à sa souffrance. » Pas une accusation. Pas une explication définitive. Une hypothèse murmurée.
Murmurée par celle qui était là. Dans la cabine, ce jour-là, avec le stylo et le formulaire. La seule à avoir vu le signal de ses propres yeux.
La nuit du 2 au 3 mai 1987, rue d’Orchampt
Dalida est morte le 3 mai 1987, à 54 ans. Dans la nuit du 2 au 3 mai, restée seule dans sa maison du 11 bis, rue d’Orchampt, à Montmartre.
Elle absorbe une surdose de barbituriques avec du whisky. Son habilleuse découvre son corps en fin d’après-midi. La star la plus vendue de France, seule, chez elle.
Elle laisse un mot, sans doute destiné à son public. Il tient en six mots : « La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi. »
Pardonnez-moi. Même en partant, elle s’excusait. Jusqu’au bout, la politesse de celle qui ne voulait déranger personne avec sa douleur.
Le 4 mai, Le Républicain lorrain titre en une « Ciao ciao Dalida ». La France se réveille avec un trou. Personne n’avait rien vu venir.
Alors relisez la scène du spa. Une femme de 50 ans, « encore très belle », incapable d’écrire son âge sur un bout de papier. Et une amie qui, quarante ans plus tard, n’a toujours pas digéré.

Les hommes de sa vie sont tous partis avant elle
Parce que le temps qui passe n’était évidemment pas le seul poids. Il y avait, empilé derrière, un dossier de drames que peu d’existences peuvent encaisser.
Le 26 janvier 1967, au festival de Sanremo, son compagnon Luigi Tenco se suicide dans sa chambre d’hôtel après l’élimination de leur chanson. C’est elle qui découvre son corps.
Un mois plus tard, le 26 février 1967, elle tente elle-même de mettre fin à ses jours à l’hôtel Prince de Galles. Elle reste plusieurs jours dans le coma.
Suivront des mois d’hôpital et de convalescence. Puis le retour sur scène, les sourires, les robes. Comme si de rien n’était. Le métier l’exige.
Le 11 septembre 1970, Lucien Morisse se suicide d’une balle dans la tempe. L’homme qui avait lancé sa carrière, et qu’elle avait épousé en 1961.
En 1983, c’est Richard Chanfray, son compagnon pendant neuf ans, qui se donne la mort à son tour. Trois hommes. Trois suicides. Une seule femme au milieu.
« Je veux choisir ma mort aussi » : la chanson prémonitoire
Dalida déclarera « porte[r] malheur aux hommes qu'[elle] aime ». Difficile de faire plus lourd à porter, entre deux tours de chant et trois plateaux télé.
Et en 1983, justement, elle enregistre Les P’tits Mots, un album qui contient trois chansons ouvertement autobiographiques. Elle ne se cache plus derrière les paroliers.
Dans Bravo, elle s’imagine en l’an 2000, oubliée du public, seule face au miroir d’une Dalida vieillissante. Le fantasme d’horreur absolu pour la femme du formulaire de gym.
Et dans Mourir sur scène, elle s’adresse frontalement à la mort. Sans métaphore, sans pudeur. Le public danse dessus, sans écouter les mots.
Elle y chante : « Moi qui ai tout choisi dans ma vie / Je veux choisir ma mort aussi. » Quatre ans avant la rue d’Orchampt.
Quatre ans. Elle l’avait annoncé, en musique, sur toutes les radios de France. Personne ne l’a entendu. On dansait.
40 000 personnes à la Madeleine, et une amie qui n’a jamais lâché
Ses funérailles se tiennent le 7 mai 1987. Par dérogation, en l’église de la Madeleine : celle de Montmartre était bien trop petite pour la foule attendue.
Quelque 40 000 personnes y assistent. Des anonymes, des voisins, des gens venus de toute l’Europe. Une marée humaine pour une femme morte seule.
Elle repose au cimetière de Montmartre, sous une statue signée Aslan. Une des tombes les plus visitées de France, encore aujourd’hui, près de quarante ans après.
Quant à Line Renaud, elle n’a jamais lâché sa « Dali ». Pas une fois. Pas un 3 mai sans un mot, pas un projet sur elle sans son soutien.
En 2022, elle signe la préface de Dalida, le mal d’aimer, de David Lelait-Helo. Le même auteur avec qui elle écrira Merci la vie deux ans plus tard.
Le même homme, les deux livres. Comme si, à 98 ans, il lui restait encore une case à remplir. Celle que son amie n’a jamais voulu remplir.
- 12/09/2026 à 11:49Au fous ! C'est pas grave!!!!i= Ils lui ont rallongée la vie de 7 ans ...
- 12/09/2026 à 09:56Merci pour l'article très intéressant sauf qu'hugues Aufray n'est pas mort
- 11/09/2026 à 19:43Escroquerie et arnaque cette demande de don
8 commentaires