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Mort de Line Renaud a tranché : on sait ce que va devenir sa célèbre maison

Publié par Hannah Maline le 30 Oct 2026 à 2:19
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« On fera la fête à la maison » : la phrase qui cache tout le reste

Elle a 98 ans, et elle parle déjà de ses 100 ans comme d’un rendez-vous noté dans l’agenda. Dans un entretien publié par La Voix du Nord le 23 octobre, Line Renaud a dévoilé son plan pour le 2 juillet 2028. Pas de grande salle, pas de gala télévisé. Chez elle.

À 98 ans, Line Renaud a tranché : ce qui arrivera à sa maison de La Jonchère après sa disparition

« C’est dans moins de deux ans… On fera la fête, avec mes amis, à la maison », a-t-elle confié au quotidien régional. Et elle a déjà la formule : « On sera en été, puisque mon anniversaire tombe le 2 juillet. On fera une garden-party. »

Elle se dit en forme « comme une jeune fille », relève Paris Match. Mais derrière cette promesse de fête, il y a une maison. Une seule, la même depuis 1948, à Rueil-Malmaison. Et pour cette maison-là, la star a déjà pris une décision qui ne concerne pas 2028.

Elle concerne l’après, le jour où elle ne sera plus là. Ce choix, elle l’a mûri pendant des années, au fil des épreuves, des deuils et des confidences. Pour le comprendre, il faut pousser le grand portail blanc et remonter le temps, jusqu’à un terrain où il n’y avait absolument rien.

1948 : un terrain sans eau, sans électricité, sans route

L’histoire commence en 1948. Celui qui achète la parcelle s’appelle Loulou Gasté, compositeur de chansons, vingt ans de plus qu’elle. Ils se sont rencontrés en 1945 aux Folies-Belleville, où la jeune chanteuse du Nord décrochait son premier engagement parisien. C’est lui qui l’a poussée à prendre un nom de scène.

Ce qui la séduit chez lui, elle l’a résumé dans Paris Match en 2019 : « Pour aimer, il faut admirer. Moi, j’admirais Loulou, le compositeur et l’homme d’expérience qu’il était. » Le pygmalion et l’élève vont bâtir bien plus qu’une carrière. Ils vont bâtir une maison, littéralement.

Elle a alors vingt ans, et ce qu’elle découvre sur les hauteurs de Rueil n’a rien d’un palais. Dans son livre Merci la vie !, elle décrit un « terrain qui n’était raccordé ni à l’eau, ni à l’électricité et ne comprenait même pas une route pour s’y rendre ». Au départ, le couple y vient pour faire du camping. Oui, du camping.

Le terrain est pentu, envahi de souches et de roches, en bordure du bois de Saint-Cucufa. Il faut tout arracher à la main, à coups de pics, de pioches, de haches et de pelles. Et quand les outils ne suffisent pas, on sort les grands moyens.

Elle raconte que tout s’est fait « au prix de mille efforts et d’une centaine de kilos d’explosifs qui valurent à Loulou quelques cils et cheveux brûlés ». Visualisez la scène : un compositeur aux sourcils roussis, au milieu d’une friche fumante. Le glamour viendra plus tard.

Même la pierre raconte leur pauvreté de départ. La maison sera en meulière, un matériau qu’elle détestait. « Nous n’avions pas les moyens de nous offrir de belles pierres de taille », explique-t-elle. Ils posent ensemble la première pierre.

Deux ans après l’achat, le 18 décembre 1950, elle épouse Loulou Gasté. La maison et le mariage grandissent donc ensemble, pierre après pierre. Retenez bien ce détail : tout ce qui va suivre est lié à cette double fondation.

Le résultat, Le Parisien le jugeait en 2018 « reconnaissable entre mille » : façade en meulière, petit toit de tuiles, maison plusieurs fois agrandie. D’après Purepeople, le surnom de La Jonchère viendrait de la végétation foisonnante qui l’entoure. Et justement, cette végétation a une histoire.

Un cerisier, un cèdre, et un séquoia baptisé au champagne

Le grand portail blanc de la propriété de La Jonchère à Rueil-Malmaison

Ce qui frappe d’abord à La Jonchère, ce sont les arbres. Chacun porte un nom, une date, une histoire. On a moins l’impression d’un jardin que d’un album de souvenirs planté en pleine terre.

Il y a le cèdre du Liban, qui dépasse aujourd’hui les dix mètres. « C’est le premier arbre qu’on a planté, offert par Michel Audiard en 1952 », racontait-elle au Parisien en 2018. Michel Audiard a donc laissé une trace vivante dans ce jardin, plus durable que bien des tournages.

Et ce n’est peut-être pas la seule. Sur une photo d’archive d’avril 1989, on la voit adossée à un cerisier en fleurs, présenté lui aussi comme un cadeau d’Audiard, et plusieurs magazines le citent ainsi. Les récits se mélangent un peu selon les époques. Signe que dans cette maison, les souvenirs poussent plus vite que les archives.

Puis il y a le séquoia, venu du parc de Yellowstone et planté en 1964. Il a tellement grandi qu’il a fini par boucher la vue sur La Défense et Paris. N’importe qui l’aurait fait abattre.

Pas elle. « On l’a baptisé au champagne, on ne pensait pas qu’il pousserait. Je ne peux pas le couper, c’est mon petit coin d’Amérique », confiait-elle au Parisien. Ici, on ne sacrifie pas un souvenir pour une vue.

Le reste du jardin est à l’avenant : arbres fruitiers, allée de poiriers en U, grands parterres de roses et de lavande. Il y a même une allée baptisée Simone, le prénom de sa mère. Ce jardin est une biographie, et une biographie, ça ne se vend pas comme un simple terrain… ou alors si ?

Elvis, Sinatra… et une piscine pour tenir la revue

Pendant que les arbres poussent à Rueil, sa carrière explose. Les États-Unis, les télés américaines, puis les années Las Vegas où elle fréquente Frank Sinatra, Marlon Brando ou Elizabeth Taylor. En janvier 1960, Elvis Presley lui offre même un concert privé dans sa loge du Casino de Paris.

Car c’est là, au Casino de Paris, qu’elle triomphe comme meneuse de revue dans Plaisirs, à guichets fermés de 1959 à 1962. Un rythme d’enfer, soir après soir. Il fallait un endroit pour souffler sans s’éloigner de la capitale.

D’après Purepeople, c’est justement pour ça qu’une piscine a été construite à La Jonchère : pour qu’elle puisse se reposer sans quitter les environs de Paris, revue oblige. La maison de camping devient peu à peu une maison de star.

Et les invités suivent. Jerry Lewis, Brigitte Bardot, Liza Minnelli ont été reçus sous ce toit. Plus inattendu : un certain Vincent Bolloré serait venu jouer au foot sur sa pelouse, toujours selon Purepeople. On imagine mal la scène aujourd’hui.

Il y a aussi cette image qu’elle a glissée dans son nouveau livre. « Dans le livre, il y a d’ailleurs des photos de fêtes dans mon jardin de La Jonchère, avec Johnny Hallyday rencontrant Quincy Jones », s’amuse-t-elle auprès de La Voix du Nord. Deux légendes de la musique, chacune d’un côté de l’Atlantique, réunies sur sa pelouse.

Johnny, d’ailleurs, elle le connaissait depuis ses tout débuts : en avril 1960, elle était sa marraine dans l’émission L’École des vedettes. Toute une époque du showbiz a défilé dans ce jardin. Et à Las Vegas, une autre histoire s’écrivait, beaucoup moins publique.

Là-bas, elle a vécu une liaison avec Nate Jacobson, le bâtisseur du Caesars Palace. « Je m’ennuyais un peu, seule à Las Vegas, malgré le succès de la revue (…) », a-t-elle raconté à Paris Match. « Cette histoire a été très forte mais n’a jamais atteint mon coeur. Je la revivrais tout pareil. »

Selon Purepeople, Loulou savait, et avait lui aussi ses histoires. Elle est pourtant restée sa femme jusqu’à sa disparition, en 1995. Mais une telle maison, ça a un prix. Et elle ne l’a jamais caché.

« Un gouffre » : le secret financier derrière le portail blanc

Le mot est d’elle, et il est cash : La Jonchère est « un gouffre ». Entretenir une grande propriété en bordure de forêt, son immense jardin, ses travaux à répétition, c’est un combat de chaque année. Elle l’assume avec une franchise rare chez les stars.

« Ma maison de La Jonchère est un monde en soi, le mien d’aussi loin qu’il m’en souvienne, et je me demande encore comment je suis parvenue à maintenir à flot cette propriété », écrit-elle dans Merci la vie ! Ailleurs, elle parle de son « petit paradis terrestre ».

Elle a ses priorités, et elles sont savoureuses. Selon Purepeople, elle préférait des « travaux de rafraîchissement » de son salon « plutôt qu’un lifting ». Une star qui investit dans ses murs plutôt que dans son visage : voilà qui en dit long.

Cette maison n’a jamais été habitée par elle seule. « Pendant des décennies, il y a eu auprès de moi les merveilleux Marcelle et Fernand, et jusqu’en novembre dernier, Marie-Annick et Jacques depuis respectivement 26 et 21 ans, ainsi que Jacinthe et Luis, depuis treize années », raconte-t-elle.

Purepeople parle d’une sorte de colocation, où chacun avait sa propre maison et partageait peines et bonheurs. Une famille choisie, installée autour d’elle sur la propriété. Retenez le prénom de Jacinthe : il va revenir au pire moment.

Sa ville, elle, lui a rendu son attachement : le 22 juin 2024, elle a inauguré la place Line-Renaud à Rueil-Malmaison, où elle vit depuis 1948. Soixante-seize ans de fidélité à la même adresse, ça mérite bien une plaque. Mais une famille de cœur n’est pas une famille d’héritiers, et un jour de janvier, la question va brutalement se poser.

Janvier 1995 : le jour où elle a failli tout quitter

Pendant quarante-cinq ans, Line et Loulou ont formé l’un des couples les plus solides du music-hall. Puis la maladie est arrivée. Loulou Gasté souffrait d’un cancer des os, et sa fin de vie a été un calvaire.

En 2021, lors d’une conférence de presse destinée à convaincre les élus de légiférer sur la fin de vie, elle a raconté ces derniers mois. « J’ai partagé des fins de vie très difficiles, douloureuses. Il avait le cancer des os », a-t-elle confié.

Puis ce souvenir, insoutenable : « On ne pouvait plus le toucher, il demandait tout le temps : « Quand est-ce que ce sera fini ? Quand est-ce que ce sera fini ? » » Elle n’avait pas de réponse. Elle l’a dit elle-même : il lui est encore très difficile d’en reparler.

Loulou Gasté s’éteint le 8 janvier 1995. Dans la maison qu’ils avaient arrachée à la friche ensemble, elle se retrouve seule. Et pour la première fois depuis près d’un demi-siècle, elle envisage de partir.

Quitter La Jonchère, tourner la page : l’idée lui a réellement traversé l’esprit. Puis elle a choisi l’inverse. « Je l’ai restaurée de la cave au grenier et même agrandie », écrit-elle. Au lieu de fuir les souvenirs, elle les a rénovés.

Dans ce deuil, une personne la tient debout : sa mère. « Elle a continué de vivre avec moi longtemps après la disparition de mon mari. Elle était mon pilier. Je voulais tenir le coup pour elle », confiait-elle à Paris Match. L’allée Simone, dans le jardin, prend soudain tout son sens.

Elle n’a jamais refait sa vie. En 2021, elle expliquait à Gala ne pas avoir « besoin d’un homme dans sa vie ». « Être entourée de copains, de copines, avec qui on rigole bien m’a suffi », détaillait-elle. Depuis 1995, la maison de Loulou est devenue sa maison à elle.

Son vœu le plus tendre, selon Purepeople : que Loulou l’appelle encore une fois Jacqueline, son vrai prénom, quand elle le rejoindra au paradis. Mais ici-bas, une question restait en suspens, celle que toute personne sans descendance finit par se poser. À qui reviendra tout ça ? Et derrière cette question, il y a une blessure.

Pas d’enfant, pas d’héritier : la blessure d’une vie

Décor de garden-party dans le jardin pour fêter les 100 ans prévus le 2 juillet 2028

Elle n’a jamais eu d’enfant. En 2023, elle disait que cela « reste [s]on plus grand regret ». Mais c’est en février 2024 qu’elle a révélé l’histoire terrible qui se cache derrière.

Face à Audrey Crespo-Mara dans Sept à huit, sur TF1, le 4 février 2024, elle raconte être tombée enceinte à 18 ans. « Loulou ne voulait pas d’enfant », dit-elle. « Je l’ai supplié pour qu’il change d’avis. » En vain.

« Toute ma vie, je me souviens d’un escalier noir », lâche-t-elle. Elle se souvient d’une « faiseuse d’anges », et surtout de « l’aiguille à tricoter ». L’avortement était alors illégal en France. Et il a failli très mal finir.

« Je suis rentrée à la maison, et j’ai commencé à faire une septicémie », raconte-t-elle. Le médecin de famille est appelé en urgence. « Il m’a fait un curetage sur la table de la salle à manger. »

La suite tombe comme un couperet : « C’est là que j’ai découvert que je n’aurai jamais d’enfant. » À la question du regret de sa vie, elle a simplement répondu : « J’ai eu beaucoup de chagrin. »

Ce soir-là, la journaliste présentait son livre comme « un livre en forme d’adieu ». Elle a corrigé, avec un sens de la formule intact : « C’est pas un adieu, mais ça prépare un adieu. » Préparer un adieu. Retenez ces mots, ils vont prendre tout leur sens.

10 avril 2019 : l’alerte au pied du lit

La première vraie alerte arrive un matin de printemps, dans sa chambre de La Jonchère. Le 10 avril 2019, elle chute au pied de son lit. Elle n’en parlera que l’année suivante, à Paris Match, dans le numéro du 24 septembre 2020.

« Il était environ 7h30. Mon chien, Pirate, dormait sur mon lit », raconte-t-elle. En allant vers la salle de bain, elle glisse et tombe assise, incapable de se relever. Elle s’encourage elle-même : « Lève-toi, idiote ! »

Ses jambes se coincent sous le lit, et c’est en se débattant qu’elle se casse la cheville droite. Le plus troublant, c’est qu’elle ne sent rien. « J’étais consciente, mais je n’avais mal nulle part », se souvient-elle.

C’est le chien qui donne l’alerte, sans le savoir. D’habitude, Pirate se précipite dehors dès que Jacinthe, qui l’aide à domicile, ouvre la porte. Ce matin-là, il reste près d’elle. Intriguée, Jacinthe entre et la découvre par terre.

« Si Pirate avait quitté la chambre, Jacinthe ne m’aurait pas vue. On peut dire qu’il m’a sauvée ! », résume la star. Les pompiers lui font lever les bras, toucher ses joues, sourire. Direction l’hôpital Foch.

Là, sur le brancard, elle perd connaissance. À son réveil, des visages familiers : « Autour de moi, Nicole, Claude et Muriel. » Claude Chirac lui annonce qu’elle a fait « un tout petit AVC, tout petit petit ».

À l’hôpital, on lui attribue un nom de code qui l’amuse beaucoup : « madame Fleur ». Brigitte Macron se précipite elle aussi à son chevet. Transférée ensuite à l’hôpital Stell de Rueil, elle n’en sort que le 12 juillet.

Pourquoi un tel secret ? D’après Purepeople, par peur de ne plus travailler. Mais cet épisode laisse une trace : la question n’est plus seulement « à qui la maison ? », c’est aussi comment, et où, partir le jour venu.

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« Ici, à la Jonchère, dans mon lit » : le dernier chapitre qu’elle a déjà écrit

Les combats impopulaires, elle connaît. En 1985, elle aide à importer en France le principe du Sidaction, aux côtés d’Elizabeth Taylor et Pierre Bergé. Elle reçoit alors de nombreuses lettres d’insultes. Elle ne lâche pas pour autant.

Son autre combat, c’est la fin de vie, et elle sait d’où il vient. Dans Le Parisien, en septembre 2022, elle racontait avoir accompagné sa mère, malade des intestins. « Elle me demandait sans cesse : « Fais quelque chose ! J’ai tellement mal ! » Je ne pouvais rien faire », se souvenait-elle.

Plus récemment, un autre drame l’avait marquée. « La mère de ma gouvernante est décédée. C’était impossible de voir ça », confiait-elle au même journal. Elle décrivait une femme qui « hurlait de douleur jour et nuit ». Pour elle, laisser les gens ainsi est « inhumain ».

En avril 2023, en Une de Paris Match, elle décrit sans détour la scène de sa propre fin. « Ici, à la Jonchère, dans mon lit avec mon chien Pirate à côté de moi… s’il est encore en vie ! », dit-elle.

Elle veut être entourée de tous ses proches, et elle a déjà fixé le ton. « Il faut que tout ça soit joyeux. J’ai envie de laisser une image apaisante », confie-t-elle. La mort mise en scène comme un dernier tableau de revue.

Et si la loi ne change pas à temps ? Elle a sa réponse : « Si la souffrance arrive, je contournerai la loi. » Pas question de partir à l’étranger, où cela « coûte autour de 15 000 euros ». Elle « partira ici », dit-elle, et « mourra en résistante ».

« Je laisserai un mot » : la sortie qu’elle a déjà répétée

En juin 2023, elle annonce qu’elle arrête le cinéma. Début octobre, pourtant, la revoilà à l’écran dans le téléfilm Le prochain voyage, sur France 2. Une exception qui n’en est pas une : le film parle de fin de vie.

« Quand les gens souffrent trop, il faut abréger », confie-t-elle alors au Parisien, selon Paris Match. Pour elle, « on a choisi sa vie », et on doit « pouvoir choisir sa mort ». Elle s’est même déjà renseignée sur la marche à suivre.

« Ce n’est pas difficile. On prend deux pilules, une qui endort et l’autre qui pouf, paf ! », explique-t-elle avec une désinvolture glaçante. Sa seule inquiétude concerne ceux qui vivent à ses côtés. Elle ne veut pas qu’ils soient accusés de quoi que ce soit.

D’où cette précaution, qui donne le vertige : « Je laisserai un mot : « C’est moi qui ai fait ça ». » Quelques mois plus tôt, en juillet 2023, elle assurait déjà à Gala que « tout est prêt » pour ses funérailles et que « personne n’aura à s’en occuper ».

La cérémonie aussi est réglée, jusqu’au moindre détail. Au micro de RTL, en février 2024, elle expliquait : « Je suis la même avant de mourir, j’organise tout. » Avec une consigne précise pour son attaché de presse : laisser entrer les fans à l’église, à Saint-Sulpice.

« Ils ont été là toute ma vie, pourquoi ils ne seraient pas là à la fin ? », a-t-elle lancé. Une meneuse de revue règle jusqu’à son dernier rappel. Reste un détail, et pas des moindres : le décor.

Dans Merci la vie !, elle appelle la maison sa « coquille », son « cocon au creux duquel » elle lâchera son « dernier soupir ». Elle y vivra jusqu’au bout. La vraie question, c’est ce que ces murs deviendront juste après.

Muriel à 500 mètres, la tequila et les 95 bougies

Souvenirs musicaux de l'époque de Loulou Gasté, compositeur et pygmalion

Autour d’elle, la famille de cœur s’est littéralement rapprochée. Muriel Robin et sa femme Anne Le Nen ont acheté une maison toute proche, à 500 mètres selon Purepeople. Le temps des travaux de leur villa, Line Renaud les a même hébergées chez elle.

En juillet 2023, pour ses 95 ans, elle ouvre grand les portes de La Jonchère. « Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas fêté à la maison, mon anniversaire », glisse-t-elle, rapporte Purepeople. À BFMTV, elle ajoute : « Si je ne la fais pas aujourd’hui, je ne ferai plus jamais la fête. »

Au programme, selon Le Parisien : un cocktail à la tequila pour la maîtresse des lieux, puis un spectacle de danse sur un parquet monté sur la pelouse, avec vue lointaine sur La Défense. En dessert, un gâteau géant du pâtissier Julien Alvarez. À l’entrée, un panneau de photos où figuraient sa mère, Elvis et Loulou.

Parmi les convives du dîner, Dany Boon, Pascal Obispo et Florent Pagny, selon un journaliste présent qui a relayé son toast sur X. « 95 ans, c’est miraculeux ! (…) Buvons notre santé, la mienne en particulier ! Buvons la vie, l’amitié et l’amour ! », lance-t-elle.

Ce soir-là, Muriel Robin résume l’esprit de la fête au Parisien : « J’espère que les gens ne verront pas d’indécence dans ces images, mais plutôt des signaux d’amour, on en a tous besoin. » Mais bientôt, le ton de la star va changer.

« Bientôt je ne serai plus là » : l’année où elle a commencé à tout transmettre

Novembre 2024, lors d’une soirée parisienne. Selon Le Parisien, cité par Paris Match, elle prend la parole et ne tourne pas autour du pot. « À bientôt 97 ans, j’aperçois le bout du chemin. Bientôt je ne serai plus là, mais vous, vous serez là ! »

Début 2025, ses fans s’inquiètent : elle disparaît plusieurs semaines des réseaux sociaux. Le 11 février, elle rassure tout le monde. « J’étais absente des réseaux sociaux depuis quelque temps car je me suis tapée une grippe carabinée », écrit-elle, avant d’ajouter : « Dieu qu’elle est dure cette année. »

Trois mois plus tard, le 12 mai 2025, elle arrive en fauteuil roulant au ministère de la Culture. Elle vient remettre à la ministre Rachida Dati une lettre officialisant le don de ses archives et de celles de Loulou Gasté aux Archives nationales. Muriel Robin, Dany Boon et Brigitte Macron sont là.

« Je me revois gamine de 17 ans quittant mon nord natal », dit-elle, selon Le Figaro relayé par Paris Match. Puis : « Donner mes archives me donne envie de pleurer. » Les larmes viennent, et c’est la ministre qui l’aide à les essuyer.

Dans ces cartons, des milliers de partitions et de lettres, des centaines de photos, des tenues de scène qui partiront au Centre national du costume et de la scène, à Moulins. Et une carte de vœux de Jacques Chirac, datée de 1988 : « À la plus belle, la plus grande, la plus adorable… Bonne année, poil au nez ! »

Dans sa lettre au ministère, elle explique son geste : « Une vie, une carrière, ça se construit. Pas seule, je dois tout au public. Le public a toujours été ma famille et Dieu merci il l’est encore. » Ses souvenirs de papier ont trouvé leur destination.

Elle remercie ceux qui l’ont aidée à trier, puis lâche cette phrase : « Le jour venu, grâce à vous, je partirai tranquille. » Et aussitôt, le sourire revient : « On va prendre une coupe ! À votre santé ! » Les archives sont réglées. La maison, elle, n’a pas encore livré son secret.

Six semaines, des roses et le chant des oiseaux

Un an plus tard, en 2026, Bernadette Chirac a un souci d’ascenseur chez elle. L’ancienne Première dame ne peut plus rester à son domicile. « À la suite d’un souci d’ascenseur chez elle, Bernadette est venue s’installer chez moi », raconte Line Renaud à Paris Match.

Entre les deux femmes, une amitié de plus de quatre décennies, selon Paris Match, que tout aurait dû empêcher. D’un côté, la fille d’un camionneur du Nord qui jouait de la trompette dans une fanfare le week-end. De l’autre, une héritière d’une famille aristocratique, qui a épousé Jacques Chirac le 16 mars 1956.

Le séjour devait être provisoire. Il durera six semaines. « Nous avons partagé six semaines très sympathiques, émouvantes », confie la star. Claude Chirac est là aussi, « attentive à chaque moment ».

L’ancienne Première dame tombe sous le charme du lieu. « Chaque jour, elle s’émerveillait du calme de ma maison, à quelques kilomètres seulement de Paris, elle n’en revenait pas ! », se souvient Line Renaud. « Elle aimait écouter le chant des oiseaux. »

Et ce détail, d’une poésie folle : « Elle est arrivée alors que les roses venaient d’éclore. La meilleure saison. » Les parterres de roses du jardin, ceux qui fleurissent depuis des décennies, ont accompagné ses dernières semaines.

Bernadette Chirac s’éteint le 5 juin 2026, à 93 ans, chez son amie, selon Paris Match. C’était près de sept ans après Jacques Chirac, disparu le 26 septembre 2019, que Line Renaud considérait comme un frère. « Je suis heureuse qu’elle ait pu vivre ici ses derniers instants, car je sais qu’ils ont été heureux, paisibles », dit-elle.

Lors des obsèques, le 12 juin 2026 à la basilique Sainte-Clotilde, Claude Chirac remercie publiquement son amie d’avoir accueilli sa mère dans « un petit paradis d’amour, de fleurs, et de chant des oiseaux ». La Jonchère n’est plus seulement la maison d’une star. C’est un refuge pour ceux qu’elle aime.

« Claude, c’est ma fille » : l’annonce qui a tout relancé

Le 14 octobre, son livre Les Archives de ma vie sort chez Denoël. Pour fêter ça, selon son site relayé par Paris Match, Claude Chirac est évidemment à ses côtés, avec Jean Reno, Jean-Paul Gaultier ou le producteur Thierry Suc. « Je crois que mes archives ont déjà leur petit club de lecteurs ! », s’amuse-t-elle sur Instagram. Dix jours plus tard, la star va créer la surprise.

Samedi 24 octobre, dans l’émission Tour de chant sur France Musique, elle lâche une bombe : elle envisage d’adopter Claude Chirac. « Claude, c’est ma fille », affirme-t-elle sans détour. « On en parle beaucoup avec Claude en ce moment pour que cela devienne une réalité. »

Puis : « On y pense. » Le lien remonte à Jacques Chirac lui-même : « C’est lui qui m’a appelée pour la première fois petite sœur », se souvient-elle. Une amitié de famille, devenue une histoire de famille tout court.

Elle dévoile aussi la raison profonde de ce projet. « Je l’ai connue si petite », dit-elle. « Si elle devenait ma fille maintenant qu’elle n’a plus de père, qu’elle n’a plus de mère, ce serait un grand bonheur pour moi. » La maternité dont la vie l’a privée, elle veut la vivre autrement.

Forcément, la question surgit aussitôt : une fille, même adoptive, ça hérite. La Jonchère reviendra-t-elle à Claude ? Rien, dans ce que la star a déclaré à la radio, ne permet de le dire. Et d’autres déclarations brouillent encore les pistes.

Dans Paris Match, selon des propos repris par Planet, elle avait déjà annoncé : « Claude et Muriel prendront la relève. » Ses deux filles de cœur, donc. Mais prendre la relève de quoi, exactement ? Pas forcément des murs.

« Il a assez de maisons comme ça » : l’héritier que tout le monde attendait

Le terrain vierge, sans eau ni électricité, acheté en 1948 sur les hauteurs de Rueil

Pendant des mois, un autre nom a circulé. Dany Boon, son complice de cinéma. Ensemble, ils ont tourné La Maison du bonheur en 2006, puis le triomphe Bienvenue chez les Ch’tis en 2008, La Ch’tite Famille en 2018 et Une belle course. Pour beaucoup, il était l’héritier naturel.

Un site s’est même demandé si la villa allait lui être léguée, assurant que ce choix « divise déjà l’opinion ». Paris Match évoquait aussi des rumeurs plaçant Muriel Robin, Claude Chirac ou Dany Boon sur son testament. Le récit était parfait. Trop parfait.

Elle a tranché, avec un humour qui pique. « Mon testament n’est pas encore rédigé mais, non, je ne donnerai pas la Jonchère à Dany. Il a assez de maisons comme ça », a-t-elle déclaré à Gala, propos repris par Planet. Fin du feuilleton.

Selon Planet, cela n’entame en rien leur relation quasi maternelle. Et toujours d’après ce site, Muriel Robin et Claude Chirac ne seraient pas davantage destinées à hériter des murs. Pas Dany, pas les filles de cœur. Alors qui ?

Un indice existe pourtant. Ses archives sont parties vers l’État, pour que le public, sa « famille », en profite. Et si sa maison suivait une logique semblable ? Sa décision est prise depuis longtemps.

La décision : ce qui arrivera à La Jonchère

La réponse est claire, et elle l’a répétée : à sa mort, La Jonchère sera vendue. Pas transformée en musée, pas conservée comme maison de famille. Vendue.

Et l’argent ira au Fonds de dotation Line Renaud-Loulou Gasté, avec un objectif précis : financer des programmes de recherche médicale. « À ma mort, la maison sera vendue et tout ce que je possède ira à la recherche scientifique », avait-elle déclaré à Gala en 2023.

Relisez tout ce qui précède avec cette information en tête. Le terrain conquis à la dynamite, le séquoia qu’on ne coupe pas. Le mari rongé par un cancer des os qui demandait quand ce serait fini, la mère qui suppliait qu’on fasse quelque chose.

La maison qu’elle refuse de quitter de son vivant, elle accepte de la voir partir après elle. Ce que valent ces murs ne servira ni un héritier, ni un musée, mais ceux qui cherchent à guérir. Et le fonds porte leurs deux noms, comme la propriété a porté leurs deux vies.

Les « gardiens de nos vies » : là où ira l’argent de La Jonchère

Ce fonds n’est pas une idée en l’air. Elle le préside depuis 2018, et depuis 2019, il remet chaque année un prix de 60 000 euros à un chercheur et à son équipe, pour une avancée scientifique majeure. Ceux qu’elle appelle « les gardiens de nos vies ».

Les lauréats sont choisis avec la Fondation pour la Recherche Médicale. Le premier prix, remis le 25 octobre 2019, a récompensé le Pr Guillaume Canaud, de l’hôpital Necker, pour ses travaux sur une maladie génétique rare, le syndrome de Cloves. Le 17 novembre 2025, c’était au tour du Pr Alexandre Loupy, spécialiste de la transplantation rénale, entouré de Claude Chirac, Muriel Robin et Brigitte Macron.

Ironie du destin : l’hôpital Foch, celui-là même où elle avait été prise en charge après son AVC, accueille depuis 2022 un institut portant son nom, l’institut Line-Renaud, centre de soins et de support. La boucle est bouclée.

Selon Planet, ce sont Claude Chirac et Muriel Robin qui veilleront sur les activités du fonds après elle. Voilà ce que voulait dire « prendre la relève » : non pas hériter d’une maison, mais faire vivre ce que sa vente financera.

En attendant, la porte de La Jonchère reste ouverte. Au moins jusqu’au 2 juillet 2028, et cette garden-party promise sous le cèdre de 1952 et le séquoia de Yellowstone. Une fête pour cent ans de vie, dans une maison qui, un jour, servira à en sauver d’autres.

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