« On ne va plus me voir » : Lio au plus mal 18 mois après la mort de son fils Diego
Il y a des voix qu’on reconnaît en une seconde. Celle-là, on l’entend depuis 1979, pétillante, insolente, increvable. Mercredi 2 septembre, sur France Inter, elle n’était plus tout à fait la même.
Plus lente. Plus fragile. Une femme fatiguée, qui pèse chaque mot comme s’il coûtait de l’énergie. Et qui, au détour d’une question sur la suite, a lâché quelque chose que personne n’avait vu venir.
Ce jour-là, cela faisait dix-huit mois, jour pour jour ou presque, que sa vie avait basculé. Dix-huit mois qu’elle tenait debout à la force du poignet, sur scène, en promo, en interview, sourire vissé et yeux brillants.
Et là, devant un micro, quelque chose a cédé. Pour comprendre la portée de ce qu’elle a dit, il faut revenir à un dimanche de mars 2025. Un dimanche après-midi, une route de campagne, et le pire cauchemar d’une mère.

Le 2 mars 2025, un dimanche qui a tout emporté
Ce week-end-là, Diego, son plus jeune fils, récupère la carte bancaire de sa mère. Il prend le volant de sa propre voiture et met le cap sur l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Paris Match a raconté ce trajet dans le détail.
Il s’arrête dans une station-service Total, à proximité de l’emprise aéroportuaire, et remplit un jerrycan d’essence. Selon plusieurs sources citées par le magazine, il s’asperge ensuite du liquide inflammable avant de l’embraser.
Son corps est découvert le dimanche après-midi, route du Noyer du Chat, tout près de l’aéroport. Il avait 21 ans. Il était le dernier d’une fratrie de six enfants.
Et voici le détail qui serre la gorge : sa disparition inquiétante avait déjà été signalée à la police. Par sa mère. Elle le cherchait quand on l’a retrouvé.
Les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance contre la personne de la police judiciaire parisienne avaient été chargés des investigations, précise Paris Match. Une nouvelle enquête a ensuite été ouverte pour éclaircir les circonstances du décès.
Dans les heures qui suivent, la nouvelle tombe partout. Une chanteuse que la France entière associe à l’insouisance, aux paillettes et aux tubes d’été venait de perdre son enfant de la façon la plus atroce qui soit. Et personne ne savait quoi lui dire.
Une story, une chanson en portugais, et puis plus rien
Le mercredi 5 mars 2025, elle sort du silence. Pas par un communiqué, pas par une interview. Par une story Instagram.
Sur les images, un montage photo où on la voit en larmes. Aucun texte explicatif, aucune formule toute faite. Juste une bande-son.
Le titre choisi s’appelle « Tristeza ». Un morceau sorti en 1996 dont le titre signifie « tristesse » en portugais, la langue de son enfance. Difficile de faire plus sobre et plus dévastateur à la fois.
Le message est passé. De nombreuses personnalités lui apportent alors publiquement leur soutien, comme l’a relevé Paris Match Belgique dans les jours qui suivent le drame.
Et là, tout le monde s’attend à la même chose : qu’elle disparaisse. Qu’elle annule tout, qu’elle se terre, qu’elle prenne des mois. C’est exactement l’inverse qui va se produire.
Dix jours après, elle remonte sur scène. Oui, dix jours.
Le samedi 15 mars 2025, la Cité des Congrès d’Anzin affiche complet pour « Les Années 80 : la tournée ». Son nom est sur l’affiche depuis des mois. Personne, absolument personne, ne l’attend.
Elle vient. Elle monte sur les planches. Et elle chante « Banana Split », « Les brunes comptent pas pour des prunes », « Fallait pas commencer », « Amoureux solitaires », raconte Paris Match.
Vêtue de couleurs vives, coupe courte teintée en brune, elle danse. Elle envoie son énergie au public comme si de rien n’était. Le public, lui, sait très bien ce qui s’est passé treize jours plus tôt.
Elle relaie ensuite une vidéo de ce moment sur son compte Instagram. Une façon de dire : je suis là, je tiens debout, regardez.
La scène comme défouloir, la scène comme béquille. Ça se raconte facilement quand on lit ça de loin, tranquillement, dans son canapé.
Sur les réseaux sociaux, la lecture a été toute autre. Et elle a été d’une violence que peu de mères endeuillées ont eu à encaisser.
« Vous ne deviez pas assez l’aimer » : la sentence des réseaux
Un mois plus tard, elle est invitée sur le plateau de C à vous, initialement pour évoquer le documentaire consacré à l’affaire Bertrand Cantat. La conversation dérive vers son retour sur scène express.
Face à Anne-Elisabeth Lemoine, elle lâche la phrase qu’elle a lue des dizaines de fois : « J’ai reçu beaucoup de témoignages qui me disaient que je ne devais pas assez aimer mon fils pour pouvoir monter sur scène », rapporte Paris Match.
Lisez-la encore une fois. On explique à une femme dont l’enfant vient de mourir dans des circonstances effroyables qu’elle ne l’aimait pas assez. Parce qu’elle a honoré une date.
Sa réponse, au bord des larmes, tient en trois mots répétés comme un mantra. « Nécessité fait loi. »
Elle précise, toujours sur le plateau de France 5 : « Je dois travailler. J’ai encore d’autres enfants, j’ai des petits enfants. » La réplique claque, mais elle dit surtout autre chose. Elle dit qu’elle n’a pas le choix.
Le coup de fil du père : « Diego ne s’est pas suicidé »
Début avril 2025, un homme prend la parole. Jean-Pierre Bellay, le père de Diego, contacte Paris Match après avoir acheté le magazine en voyant la photo de son fils en couverture.
Il explique l’avoir fait avec la fille qui l’accompagnait à Paris pour les funérailles. Puis il tient à corriger, point par point, ce qui a été écrit. « Question de priorité dans l’énergie qui reste à un papa dévasté », confie-t-il au magazine.
Sa première mise au point est médicale. Selon lui, Diego est tombé malade — il parle d’une « bouffée psychotique délirante » — début janvier 2025, en Thaïlande, et il l’a rapatrié à Bruxelles.
Il ajoute, toujours dans Paris Match, que le jeune homme n’avait jamais eu de problème psychiatrique connu auparavant, alors qu’il était suivi depuis plusieurs années par son médecin traitant.
Sa deuxième mise au point est familiale, et elle vise une rumeur qui commençait à circuler. Il affirme que Vanda — le vrai prénom de la chanteuse — et lui se sont toujours occupés de leur fils ensemble, et demande qu’on cesse de parler d’un père absent.
Et puis il y a sa troisième mise au point, la plus bouleversante. Le père conteste le mot même de suicide : selon ses propos rapportés par Paris Match, Diego n’a jamais eu de pulsion suicidaire et, lors d’une crise à Paris, « le monstre a pris le dessus dans sa tête ».

Le garçon derrière le fait divers : « un vrai génie »
Dans cette même prise de parole, le père tient à raconter qui était son fils. Pas la victime d’un fait divers. Le garçon.
Il décrit un jeune homme qui faisait des études brillantes d’ingénieur à l’EPFL, à Lausanne, où il se plaisait beaucoup. Un scientifique doublé d’un artiste, selon lui.
« C’était un vrai génie », dit-il à Paris Match, en précisant qu’il ne s’agissait pas d’un simple haut potentiel comme trop de parents en revendiquent aujourd’hui pour leur enfant.
Il évoque aussi les courriers de ses professeurs du Lycée français de Bruxelles, qui témoignaient tous du côté exceptionnel de l’élève.
Enfin, il raconte un garçon en pleine construction : il vivait chez lui depuis qu’il avait pris une année sabbatique pour voyager, faire de la musique et lancer une start-up dans la tech censée améliorer le monde.
Un jeune homme bourré de projets, donc. Et une mère qui, elle, allait passer les mois suivants à chercher comment continuer à vivre.
Avant tout ça : une gamine devenue tube planétaire à 17 ans
Pour mesurer la fatigue de cette femme, il faut savoir depuis combien de temps elle court. Née le 17 juin 1962 à Mangualde, au nord du Portugal, elle atterrit en Belgique enfant, à Charleroi, après le départ de sa mère du pays.
Sa mère fait des ménages avant de trouver du travail dans une médiathèque. C’est dans cette médiathèque que la gamine croise Jacques Duvall, qui deviendra son producteur quelques années plus tard.
À 17 ans, « Le Banana split » explose et s’écoule à plus de deux millions d’exemplaires. Sous ses airs de comptine, le titre joue à fond l’ambiguïté d’un personnage de nymphette aux paroles à double sens.
Suivent « Amoureux solitaires » à l’automne 1980, numéro 1 en France et en Italie, puis « Les brunes comptent pas pour des prunes » et « Fallait pas commencer » en 1986. Une machine à tubes.
Et déjà, la scandaleuse. En mai 1987, elle monte sur la scène de l’Olympia enceinte de six mois, ce qui déclenche une polémique en règle. Trois ans plus tard, elle raconte avoir éconduit un ministre du Budget qui lui proposait une relation intime pour traiter favorablement sa dette fiscale.
Six enfants, quatre pères, une vie amoureuse cabossée, dont une relation avec un homme condamné en 1999 pour son comportement violent et abusif envers elle et ses enfants. Cette femme-là n’a jamais eu la vie facile. Elle a juste toujours encaissé.
Le message WhatsApp envoyé à un numéro qui ne répondra jamais
Septembre 2025. Six mois après le drame, elle s’installe sur le plateau de « Quotidien » pour parler de son nouveau single. Elle en repart en ayant livré l’une des confidences les plus déchirantes de sa carrière.
Elle raconte qu’après la mort de son fils, elle a continué à lui écrire. Sur son WhatsApp. « Vous savez, au début j’ai revu des choses, puis je lui ai écrit après sa mort sur son WhatsApp », confie-t-elle, rapporte Paris Match.
Le contenu de ces messages, elle le résume en deux mots. Un pardon, et un merci.
« Je lui ai demandé pardon. Je lui ai dit que je l’aimais et je lui ai demandé pardon… Et tout d’un coup, j’ai commencé à dire merci ! Merci vraiment, pour toutes ces années, c’étaient de merveilleuses années », poursuit-elle sur le plateau.
Pour elle, il n’est pas parti. Elle assure que son enfant « est toujours là ». Et elle glisse une phrase qui explique tout ce qui va suivre : elle connaît ses chansons préférées.
L’album qu’elle enregistrait pendant qu’il mourait
Ce disque, elle avait commencé à y travailler avant le Covid. Un chantier au long cours, deux années de travail, un douzième album qui n’en finissait pas de venir au monde.
Pour le financer, elle avait fait appel à ses fans via une cagnotte participative sur KissKissBankBank. Objectif atteint en neuf jours, raconte Paris Match. Neuf jours, pour une artiste dont certains pensaient qu’elle n’était plus qu’un souvenir de radio nostalgie.
Puis le 2 mars 2025 est arrivé. Le drame s’est produit alors qu’elle était en plein enregistrement. L’album a changé de nature en une seule journée.
Il s’appelle « Geoid Party in the Sky » et il est sorti le vendredi 21 novembre 2025. Le titre n’est pas décoratif : c’est un message codé.
Sur le plateau de C à vous, elle a livré la clé elle-même. « Geoid est l’anagramme de Diego », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : « Et c’est aussi la terre en forme de patate… il adorait l’espace et il est parti in the sky j’espère. »
Et ce n’est pas le seul détail caché. Sur la pochette, la constellation dessinée est une réalisation de Diego lui-même. Son fils signe la couverture du disque qui lui rend hommage.

Louane, la chanson envoyée trop tôt
Sur ce disque, elle s’est entourée d’une bande d’artistes féminines : Louane, Hoshi, Corine, Sophie Ellis-Bextor, Jenn Ayache. Mais un titre la fait craquer plus que les autres.
Il s’appelle « Amoureuse solo » et il a été écrit par Louane. Une chanson qu’elle n’avait absolument pas commandée.
« Elle est arrivée avec cette chanson. Je ne l’ai pas contactée, je n’aurais jamais osé », raconte-t-elle sur France Inter, rapportée par Paris Match. C’est Louane qui l’a contactée via les réseaux, en voyant sa demande de financement participatif.
Le détail qui glace : la chanson a été envoyée avant le décès de Diego. Écrite sans savoir. Reçue avant que le pire n’arrive.
« Elle résonne énormément aussi avec la perte de mon enfant », dit-elle. Avant d’ajouter, en larmes : « Et elle ne s’en rendait pas compte, mais il était déjà malade et moi je l’ai entendue. »
Un documentaire, un poème d’Aragon, quatre vers avant le générique
À l’automne 2025, la télévision française lui consacre un documentaire de 52 minutes, diffusé sur France 4 puis sur France 2, et disponible sur france.tv. Le film revient sur une carrière commencée adolescente, ses engagements, sa famille.
Elle y aborde des sujets qu’elle n’avait jamais autant exposés : le viol qu’elle a subi enfant, les violences conjugales subies avec le père de ses jumelles Léa et Garance.
Et Diego, dans tout ça ? Presque absent. Comme si le sujet ne pouvait pas entrer dans un montage de 52 minutes.
Sauf à la toute fin. Juste avant les crédits, un message apparaît sur fond noir : « Lio dédie ces vers à son fils Diego, décédé le 2 mars 2025 ».
Suivent alors quelques vers de Louis Aragon, tirés de « Que la vie en vaut la peine », dont celui-ci : « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. » Le message était clair. Elle continuait. Coûte que coûte.
980 euros : le chiffre qui l’empêche de s’arrêter
En décembre 2025, elle lâche une confidence d’un tout autre genre, face à Maïtena Biraben dans l’émission « Mesdames Média » diffusée sur YouTube. Le sujet : sa retraite.
Elle a alors 63 ans, quarante ans de carrière derrière elle et plus de trois millions d’albums vendus, rappelle Paris Match. Et une phrase qui tombe comme un couperet : « Je ne peux pas prendre ma retraite. »
Elle détaille : « D’abord, je ne comprends même pas comment on calcule tout ça. En plus, j’ai commencé à travailler à 17 ans, déclarée, tout ça. »
Puis vient le montant. « Quand j’ai demandé à Info-Retraite où en est ma retraite, c’est dramatique, c’est 980 euros par mois. Donc j’espère qu’il y a un loup et que je vais le trouver. »
980 euros. Pour la femme qui a vendu « Banana Split » à plus de deux millions d’exemplaires et dont le tube a été choisi par Apple pour une campagne publicitaire mondiale au printemps 2023.
Retenez bien ce chiffre. Il explique pourquoi ce qu’elle a dit neuf mois plus tard, à la radio, est encore plus vertigineux qu’il n’y paraît.
Mai 2026 : les larmes, le sourire, et un mot qu’elle découvre sur elle-même
Le samedi 9 mai 2026, elle s’assoit face à Mohamed Bouhafsi dans « C à vous la suite ». Les yeux embués, le sourire aux lèvres, décrit Paris Match. Le grand écart permanent.
Quand le sujet de l’album arrive, les larmes montent. « Y’a pas longtemps, Diego… Diego est là. Cette chanson elle est beaucoup pour lui et je suis très heureuse de ça d’ailleurs. »
Puis elle précise quelque chose d’essentiel, pour qu’on arrête de la plaindre de travers : « C’est pas parce que je suis émue que je suis malheureuse. Je suis triste parce qu’il me manque, mais je suis heureuse. »
Sur ce même plateau, elle ajoute un combat à sa longue liste : la santé mentale des jeunes. « C’est un vrai sujet », martèle-t-elle.
Elle explique aussi ce qu’elle a découvert d’elle-même. « J’ai des enfants neurodivergents. Aujourd’hui je découvre que je suis neurodivergente, mais comme je suis une fille je me suis fort adaptée. »
Et c’est là qu’apparaît la première fissure. Elle raconte que le traumatisme a fait tomber les défenses qu’elle avait mises en place toute sa vie, dont cette hyperdyslexie qu’elle avait réussi à maîtriser. Les digues lâchaient. Personne n’a vraiment tilté.

Août 2026 : « C’était trop tard »
Fin août 2026, dans une interview accordée à Télé-Loisirs, elle va plus loin qu’elle ne l’avait jamais fait sur les circonstances de la mort de son fils.
« Je pense que Diego est mort en état psychotique », dit-elle. Elle décrit un garçon parti étudier à l’étranger avec un an d’avance, HPI, hypersensible, coupé de son groupe.
Puis le Covid, l’isolement, des expériences avec des champignons menées « toujours avec son esprit d’ingénieur ». Et un basculement : « À un moment, il a eu un délire psychotique. »
Vient alors la phrase la plus dure. « Il ne l’a pas dit et une fois qu’on s’en est aperçus, c’était trop tard. »
Elle explique aussi qu’avec une ou deux psychoses, on peut redresser la barre, mais qu’ils en étaient à plusieurs. « Pour la dernière, tout le monde l’a vu et tout le monde s’est mobilisé. Mais c’était trop tard. »
Elle raconte enfin un garçon rongé par ce qu’il apprenait : il étudiait la physique quantique et l’intelligence artificielle, et « disait que l’humanité n’était pas prête au pire de ce qui pouvait arriver avec l’IA ».
Son coup de gueule, dans ce même entretien, dépasse son cas. « Cette jeunesse est malmenée », constate-t-elle. Avant d’assener : « Quand je dis que nous n’aimons pas nos enfants, je le pense. »
Et puis, mercredi, ces cinq mots au micro de France Inter
Nous y sommes. Mercredi 2 septembre 2026, France Inter. Elle arrive physiquement fatiguée, émotionnellement éprouvée. Et cette fois, elle ne joue plus.
Elle commence par expliquer ce qui s’est brisé en elle. « À la mort de Diego, il y a quelque chose qui s’est passé en moi. Tout a explosé dans ma tête. »
Puis cette image, terrible et magnifique à la fois : « Depuis, je me récupère tout le temps par petits bouts. » Se ramasser en morceaux, tous les jours, pendant dix-huit mois.
Elle décrit ensuite très concrètement ce qui ne fonctionne plus. « Je ne peux plus me concentrer longtemps, je n’arrive plus à dealer avec le social. » Le métier d’artiste, c’est pourtant exactement ça : la concentration et le social.
Elle ajoute cette phrase qui dit toute sa contradiction : « Je veux rester tendre et là je veux être avec les gens, mais ça m’épuise. »
Et quand la question de la suite de sa carrière arrive, elle répond sans détour, sans emballage, sans service de presse. « On ne va plus me voir. »
Cinq mots. De la part de la femme qui remontait sur scène dix jours après la mort de son fils, et qui expliquait en décembre ne pas pouvoir se payer une retraite. Cinq mots qui ressemblent à une porte qui se ferme.
Elle nuance aussitôt, mais la nuance ne rassure personne : « Je fais ce que j’ai à faire là et je ne prends pas de paris sur l’avenir chantant de Lio. » Parler de soi à la troisième personne, comme d’un personnage dont on ne sait plus s’il va survivre.
Ce qui reste debout dans son agenda
Concrètement, elle a encore des rendez-vous. Elle préside le jury Révélation du Festival du cinéma américain de Deauville 2026, entourée de Noée Abita, Marion Barbeau, Manon Clavel et Sayyid El Alami.
Il y a aussi un projet de tournage avec Marie Papillon, actrice et ancienne compagne d’Angèle. Là encore, elle ne promet rien.
« Peut-être que je vais tourner le film avec Marie Papillon parce que j’adore l’histoire », a-t-elle confié sur France Inter. Avant d’ajouter, comme une question posée à elle-même : « On verra bien si j’arrive à assumer le cinéma de nouveau… »
Et puis il y a l’éléphant dans la pièce. Une date, une salle mythique, un rendez-vous annoncé dans la foulée de son album.
L’Olympia du 17 décembre, désormais suspendu à un fil
Après la sortie de « Geoid Party in the Sky », elle avait annoncé un concert à l’Olympia le 17 décembre 2026, suivi d’une tournée en 2027. Le retour triomphal, la boucle bouclée, l’hommage à son fils porté sur la plus belle scène de Paris.
Sauf que cette annonce date d’avant les confidences de mercredi. Et qu’entre-temps, celle qui devait la porter dit ne plus arriver à tenir la concentration ni le contact avec les autres.
Personne, à ce stade, n’a annoncé l’annulation de quoi que ce soit. Elle-même refuse de trancher : elle fait ce qu’elle a à faire, et elle ne parie pas sur la suite.
Reste une équation cruelle. D’un côté, une femme qui dit ne plus pouvoir. De l’autre, une pension de 980 euros par mois qui, selon ses propres mots, l’empêche de s’arrêter.
Dix-huit mois après la mort de Diego, elle avance donc au jour le jour, sans plan de carrière, sans stratégie, sans promesse. Ce qui, chez une artiste en scène depuis ses 17 ans, est une révolution silencieuse.
Ses fans, eux, ont entendu ce qu’ils redoutaient. Que la fille du « Banana split » est peut-être en train de refermer, tout doucement, la porte du studio.