« Je lui en ai voulu » : la fille d’Isabelle Huppert raconte les 12 jours de vie de son bébé Kolia
Une naissance à cinq mois et demi. Douze jours de vie. Puis un livre pour ne pas se taire. Lolita Chammah, la fille d’Isabelle Huppert, raconte la mort de son fils Kolia avec une franchise rare. Dans cette chambre d’hôpital, un geste de son mari l’a longtemps travaillée : elle dit lui en avoir voulu, et explique ce qui s’est passé.

Kolia, né à cinq mois et demi : les douze jours qui ont tout changé
En novembre 2022, Lolita Chammah met au monde son deuxième fils, Kolia. Elle n’était enceinte que de cinq mois et demi. Le bébé naît donc très prématurément.
Selon Voici, le petit garçon est aussitôt pris en charge à l’hôpital Port Royal, à Paris. Les soins s’enchaînent, mais son état se dégrade peu à peu. Il s’éteint après seulement douze jours de vie.
Une naissance à ce stade de la grossesse laisse très peu de marge. Tout se joue en quelques jours, dans un service où chaque heure pèse. Pour une mère, le temps n’a plus le même poids.
Face à un tel choc, beaucoup de familles choisissent le silence, et on le comprend. Lolita Chammah a pris l’autre chemin. En mai 2024, elle publie J’ai regardé la nuit tomber, un livre consacré à cette épreuve.
Elle n’est pas la seule à avoir mis des mots sur un tel drame : le calvaire d’une candidate de Mariés au premier regard, qui a perdu ses jumeaux prématurés, a lui aussi bouleversé. Mais ici, le récit passe aussi par la voix.
Invitée du podcast Bliss Stories, la comédienne revient en détail sur les derniers jours de son fils. Pour comprendre ce qu’elle a reproché à son mari, il faut d’abord entendre le moment où tout a basculé. Il survient bien avant la fin.
Quand les médecins annoncent que le cerveau de Kolia est touché
Au fil des jours, l’équipe médicale livre un verdict. Le cerveau du bébé est gravement endommagé. Lolita Chammah se souvient de l’instant précis où elle a compris.
« Je comprends, dans une démence, que je vais perdre mon bébé », a-t-elle confié dans le podcast. Le mot choisi dit le vertige : une réalité qui s’impose d’un coup, sans transition possible.
Kolia est alors placé en soins palliatifs. Les proches de Lolita Chammah sont autorisés à venir lui dire au revoir. Chacun peut rencontrer le nourrisson, le temps d’un adieu.
Son fils aîné, Gabriel, découvre ainsi son petit frère. Les filles de son compagnon viennent aussi, avec leurs parents. La chambre se remplit de visages, de silences et de gestes retenus.
Les adieux tiennent parfois en quelques mots, comme le dernier message de Jose Antonio Reyes à sa femme, envoyé quelques heures avant le crash. Ici, les adieux se prolongent sur plusieurs jours, et le plus dur reste à venir.
Lolita Chammah n’est pas seule. Sa mère, Isabelle Huppert, est à ses côtés. « Il y avait les infirmières, les pédiatres, il y avait ma mère », se souvient-elle, avant d’insister : « Ma mère était là ».
Puis arrive la fin. D’après les propos relayés par Voici, c’est à cet instant que son compagnon, qu’elle appelle son mari, n’a pas tenu. « Kolia est mort dans mes bras. Mais mon mari, il a quitté la chambre. Il n’a pas pu », raconte-t-elle.
Voilà donc ce qu’elle lui a reproché : ne pas être resté. « Je lui en ai voulu sur le moment », avoue-t-elle. Une colère née d’une absence, au pire instant possible.

Après la colère : ce qu’elle a compris, et ce que la chambre a gardé
Les douleurs qu’on n’ose pas dire finissent parfois par sortir, comme quand Yannick Noah a brisé le silence sur une blessure longtemps gardée pour lui. Pour Lolita Chammah, la parole est venue avec le temps, et avec elle, un autre regard sur son mari.
Car la colère n’a pas duré. « Je lui en ai voulu sur le moment et puis après plus », explique-t-elle. Elle parle de « tout le chemin du deuil et du chagrin », qu’on comprend, et affirme qu’« il faut respecter l’autre ».
La réponse tient donc en deux temps : de la rancune sur le moment, puis de l’indulgence. Chacun traverse la perte à sa façon, même quand ce n’est pas la sienne.
Un autre souvenir l’habite, plus lumineux. « D’ailleurs le soleil est rentré dans sa chambre à ce moment-là, très fort », raconte-t-elle. Pour elle, l’immense tristesse a alors laissé place à une forme d’apaisement.
Kolia a ensuite été lavé et habillé. Lolita Chammah a participé à ces derniers gestes, entourée de ses proches et des soignants. Elle a déposé près de lui quelques objets personnels, dont une petite chaîne en or qui lui appartenait.
Elle a aussi tout photographié, malgré la violence des images. « J’ai pris tout en photo, parce que j’avais besoin de me le représenter », explique-t-elle. Elle conserve ces clichés, sans les regarder chaque jour.
Ce que ce témoignage laisse derrière lui
Ces photos, Lolita Chammah les garde comme une trace de la venue au monde de son petit garçon. Le livre en est une autre, publique celle-là. Le podcast prolonge cette démarche à voix haute.
La source mentionne un épisode de Bliss Stories intitulé « Lolita Chammah – 710 grammes pour toujours ». Le titre dit déjà l’essentiel : un tout petit poids, et une trace qui reste.
Ce qui frappe, c’est la franchise sur ce que l’on tait d’ordinaire. La colère envers l’être aimé, l’envie de photographier l’insoutenable : rien n’est lissé. Le récit ne cherche ni à juger ni à enjoliver.
La présence d’Isabelle Huppert, répétée dans le récit de sa fille, rappelle aussi ce que pèse un proche debout à côté de soi. Quand la santé d’un être cher inquiète, l’entourage compte autant que les soins, comme le montre l’inquiétude autour de Christine Bravo.
Les épreuves de santé touchent aussi les familles très médiatisées, et l’hospitalisation en urgence de Véronique Sanson l’a encore rappelé. Reste à savoir ce que Lolita Chammah écrira ensuite : pour l’instant, elle a choisi de dire.
On peut en vouloir à celui qu’on aime, puis le comprendre : c’est toute la leçon de ce récit. Et si les histoires de famille vous happent, ce que personne ne soupçonnait sur les enfants d’Emmanuel Macron réserve une surprise. Quant aux drames qui gardent encore leurs zones d’ombre, ce que cache vraiment l’accident de Schumacher se lit en retenant son souffle.