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Marilyn Monroe : 64 ans après, ce détail de l’autopsie que personne n’a jamais pu expliquer

Publié par Elodie le 27 Juil 2026 à 10:03
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Le matin où l’Amérique s’est figée

Le 5 août 1962, à l’aube, un appel parvient au commissariat de West Los Angeles. La voix au bout du fil est celle d’un médecin. Il prononce quelques mots seulement. Et le monde bascule.

Marilyn Monroe : 64 ans après, ce détail de l'autopsie que personne n'a jamais pu expliquer

Marilyn Monroe a été retrouvée sans vie dans sa chambre, allongée sur le ventre, le combiné du téléphone encore serré dans la main. Elle a trente-six ans. La nouvelle se propage en quelques heures. Les rotatives tournent, les flashs crépitent devant la petite maison de Brentwood. Les gens pleurent dans la rue. Comme si un astre venait de s’éteindre.

La version officielle tombe rapidement : surdose de barbituriques. Un suicide. Probable. Cas classé, ou presque. Sauf qu’un détail matériel, enfoui dans le rapport d’autopsie, va continuer de hanter les enquêteurs pendant six décennies. Un détail purement médical, factuel, vérifiable. Et jamais résolu.

Mais pour comprendre ce qui s’est réellement passé cette nuit-là, il faut remonter bien plus loin. Jusqu’à une petite fille que personne ne voulait garder.

L’enfant que personne n’a réclamée

Marilyn Monroe : 64 ans après, ce détail de l'autopsie que personne n'a jamais pu expliquer

Son vrai nom, c’était Norma Jeane Mortenson. Née le 1er juin 1926, à l’hôpital général de Los Angeles. Sa mère, Gladys Pearl Baker, travaillait comme monteuse dans les studios hollywoodiens. Son père ? Un mystère. Un nom sur un certificat de naissance, jamais confirmé, jamais revendiqué.

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Gladys n’a pas pu élever sa fille bien longtemps. Diagnostiquée schizophrène paranoïaque, elle a été internée alors que Norma Jeane n’avait que sept ans. L’enfant a été confiée à des familles d’accueil. Pas une. Pas deux. Au moins une dizaine, selon les estimations les plus prudentes.

À chaque nouvelle maison, un nouveau lit, de nouvelles règles, de nouveaux visages. Et parfois, des mains qui n’auraient jamais dû se poser sur elle. Norma Jeane racontera plus tard avoir été abusée dans l’une de ces familles. Personne ne l’a crue à l’époque. Elle avait huit ans.

Elle a aussi passé du temps à l’orphelinat de Los Angeles, sur El Centro Avenue. Une bâtisse grise, austère, peuplée de gamins abandonnés. Elle y est entrée à neuf ans. Elle se souviendra toute sa vie de l’odeur du couloir et du bruit des portes qu’on fermait le soir.

Vous pensez connaître Marilyn Monroe ? Le sourire, la robe blanche soulevée par le vent, les chansons susurrées à l’oreille d’un président ? Attendez. Avant le mythe, il y a cette gosse qui dormait les poings serrés en se demandant qui viendrait la chercher le lendemain. Personne ne venait.

Le mariage comme seule issue

En 1942, Norma Jeane a seize ans. Sa tutrice de l’époque, Grace McKee Goddard, s’apprête à déménager. Emmener l’adolescente n’est pas au programme. La solution trouvée ? Le mariage. Ni plus, ni moins.

Marilyn Monroe

Le 19 juin 1942, Norma Jeane épouse James Dougherty, un ouvrier de vingt et un ans. Elle n’a même pas terminé le lycée. Le marié est un voisin, un garçon gentil, sans éclat. Elle deviendra femme au foyer avant d’avoir passé son permis.

Mais pendant que Dougherty est envoyé dans le Pacifique avec la marine marchande, quelque chose se produit. Norma Jeane travaille dans une usine d’armement à Burbank. Un photographe de l’armée, David Conover, passe un jour dans l’atelier pour un reportage sur les femmes à l’effort de guerre. Il la repère immédiatement.

Les photos sont saisissantes. Le visage rond, le regard à la fois candide et magnétique, la façon qu’elle a de fixer l’objectif comme si elle le connaissait depuis toujours. Conover lui conseille de poser pour des agences. Elle obéit. En quelques mois, son visage tapisse les couvertures de magazines.

Dougherty rentre du front. Sa femme a changé. Elle ne parle plus que de cinéma, de castings, de Hollywood. Il veut des enfants et une vie tranquille. Elle veut les projecteurs. Le divorce est prononcé en 1946. Norma Jeane Dougherty n’existe plus.

La machine à fabriquer des étoiles

Pour comprendre ce qui va suivre, il faut se représenter le Hollywood de la fin des années 1940. Un système d’une brutalité inouïe, entièrement contrôlé par une poignée de studios : la MGM, la Paramount, la Warner, la 20th Century Fox. Ce sont eux qui décident qui devient une star. Pas le public. Pas la presse. Eux.

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Les actrices signent des contrats de sept ans, renouvelables à la discrétion du studio. On leur choisit un nom, une couleur de cheveux, un passé. On leur interdit de se marier sans autorisation. On leur prescrit des pilules pour dormir, d’autres pour maigrir, d’autres encore pour supporter le rythme infernal des tournages.

C’est dans cet univers que Norma Jeane débarque en 1946. Elle signe un premier contrat avec la 20th Century Fox. Sept ans, soixante-quinze dollars par semaine. Le studio lui trouve un nom : Marilyn Monroe. Marilyn, comme l’actrice Marilyn Miller. Monroe, le nom de jeune fille de sa mère.

Les premiers rôles sont minuscules. Des figurations, des répliques qu’on compte sur les doigts d’une main. Le studio la lâche au bout d’un an. Elle rebondit chez Columbia, qui la lâche à son tour. Deux échecs en deux ans. Hollywood regorge de jolies blondes. Pourquoi celle-là plutôt qu’une autre ?

Parce que Norma Jeane — pardon, Marilyn — possède quelque chose que les autres n’ont pas. Une capacité à exister devant la caméra qui défie toute logique. Les photographes le savent avant les réalisateurs. Sur pellicule, elle irradie. Et un élément du rapport d’autopsie, purement matériel, n’a toujours reçu aucune explication satisfaisante. Mais nous y reviendrons.

Le moment où tout a basculé

Marilyn Monroe : 64 ans après, ce détail de l'autopsie que personne n'a jamais pu expliquer

En 1950, deux petits rôles changent la donne. Dans Quand la ville dort de John Huston, elle apparaît quelques minutes à peine, allongée sur un canapé. Mais ces quelques minutes suffisent. Les critiques la remarquent. Le public aussi. La Fox la rappelle.

Cléo buste râté

Puis vient Ève, le chef-d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz. Marilyn y joue une starlette écervelée au bras de George Sanders. Son temps à l’écran est infime. Mais chaque seconde est un aimant. Impossible de regarder ailleurs quand elle est dans le cadre.

La Fox comprend enfin ce qu’elle a sous la main. Le studio lui offre des rôles plus consistants. Les hommes préfèrent les blondes, en 1953, avec Jane Russell, fait exploser le box-office. Marilyn y chante « Diamonds Are a Girl’s Best Friend » dans une robe rose fuchsia, entourée de danseurs en smoking. La scène deviendra l’une des plus iconiques du cinéma américain.

En l’espace de trois ans, Norma Jeane l’orpheline est devenue la femme la plus photographiée de la planète. Les magazines s’arrachent son visage. Les hommes la désirent. Les femmes l’imitent. Le mythe Marilyn est en marche.

Mais derrière le sourire, derrière les robes moulantes et les moues savamment travaillées, il y a une femme qui ne dort plus. Qui avale des barbituriques pour trouver le sommeil et des amphétamines pour tenir debout le matin. Le système Hollywood l’a fabriquée. Il est aussi en train de la dévorer.

L’homme qui voulait éteindre la lumière

En janvier 1954, Marilyn épouse Joe DiMaggio. L’ancien champion de baseball des Yankees de New York, retraité depuis 1951, est l’un des sportifs les plus célèbres d’Amérique. Leur union fait la couverture de tous les journaux. Le sex-symbol et le héros national. Le couple parfait.

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Sauf que DiMaggio est un homme d’un autre temps. Possessif, jaloux, profondément conservateur. Il veut une épouse discrète qui lui prépare des pâtes le soir. Marilyn, elle, est en train de devenir la plus grande star du monde. Le décalage est abyssal.

La scène de la bouche de métro dans Sept ans de réflexion, tournée en septembre 1954, cristallise tout. Billy Wilder fait souffler de l’air sous la robe blanche de Marilyn, sur Lexington Avenue, devant des centaines de badauds et de photographes. DiMaggio est présent. Il regarde sa femme, jupe au vent, acclamée par une meute d’hommes en sueur. La rage est visible sur son visage.

Cette nuit-là, selon plusieurs témoins, une violente dispute éclate dans leur chambre d’hôtel. Les voisins entendent des cris. Le mariage ne survivra pas. Le divorce est prononcé en octobre 1954, après seulement neuf mois d’union.

Marilyn est libre. Mais le paradoxe est cruel : l’homme qui l’aimait le plus sincèrement — DiMaggio n’a jamais cessé de l’aimer — était aussi celui qui ne supportait pas ce qu’elle était devenue. Il ne pouvait pas posséder un mythe. Personne ne le peut.

La blonde qui voulait qu’on la prenne au sérieux

Après le divorce, Marilyn fait une chose que personne n’attend. Elle quitte Hollywood. Elle s’installe à New York et s’inscrit à l’Actors Studio, l’école de Lee Strasberg, le temple de la méthode. La blonde platine des comédies légères veut devenir une vraie actrice. Les rires fusent dans les dîners mondains de Beverly Hills.

Marilyn Monroe séductrice

Mais Strasberg, lui, ne rit pas. Il dira plus tard qu’elle était, avec Marlon Brando, le talent le plus pur qu’il ait jamais croisé. Pas la plus technique. Pas la plus disciplinée. La plus vraie. Quand Marilyn jouait, elle ne jouait pas. Elle se mettait à nu. Littéralement et métaphoriquement.

C’est à New York qu’elle rencontre Arthur Miller. Le dramaturge le plus respecté d’Amérique, l’auteur de Mort d’un commis voyageur, un intellectuel austère à lunettes, aussi éloigné de DiMaggio qu’on peut l’imaginer. Leur mariage, en juin 1956, stupéfie le pays.

Les tabloïds résument l’affaire en une formule assassine : « Le cerveau et le corps ». Miller est agacé. Marilyn est blessée. Mais elle y croit. Elle pense que cet homme-là, au moins, la verra telle qu’elle est. Pas le personnage. La femme.

Pendant un temps, ça marche. Miller lui écrit un rôle sur mesure dans Les Désaxés, un film tourné dans le désert du Nevada avec Clark Gable et Montgomery Clift. Un film sombre, poisseux, magnifique. Mais le tournage est un cauchemar. Marilyn arrive en retard de plusieurs heures chaque jour. Elle oublie ses répliques. Elle disparaît dans sa caravane pendant des heures.

Miller observe, impuissant, la femme qu’il aime se désintégrer. Il écrira dans son journal intime une phrase terrible, que Marilyn trouvera par hasard : il avoue être déçu par elle, douter de son talent, regretter parfois de l’avoir épousée. Elle lit ces mots. Quelque chose se brise en elle ce jour-là. Définitivement.

Ce que Hollywood ne voulait pas voir

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Les dernières années de Marilyn Monroe sont un long naufrage que tout le monde observe sans intervenir. Entre 1960 et 1962, les signaux d’alarme sont permanents. Elle est hospitalisée au Payne Whitney Psychiatric Clinic en février 1961, contre sa volonté. L’expérience la traumatise profondément.

C’est DiMaggio — encore lui — qui intervient pour la faire sortir. Des années après leur divorce, il reste le seul à décrocher son téléphone quand elle appelle au milieu de la nuit. Le seul qui ne lui demande rien en retour.

Son divorce avec Miller est prononcé en janvier 1961. Deux mariages, deux échecs. À trente-quatre ans, Marilyn est seule. Elle enchaîne les séances chez son psychiatre, le Dr Ralph Greenson, qu’elle voit parfois quotidiennement. Elle le considère comme un père de substitution. Une dépendance de plus dans une vie qui en compte déjà trop.

La Fox lui confie pourtant un nouveau film : Something’s Got to Give, une comédie avec Dean Martin. Le tournage commence en avril 1962. Il tourne au désastre. Marilyn est absente plus souvent qu’elle n’est présente. Le 19 mai, elle plante le plateau pour aller chanter « Happy Birthday, Mr. President » à John F. Kennedy au Madison Square Garden.

Cette scène-là, tout le monde la connaît. La robe chair incrustée de cristaux, si moulante qu’elle a dû être cousue sur elle. La voix susurrée, languissante, presque obscène. Le sourire de Kennedy au premier rang. Vingt mille personnes dans la salle. Et des millions devant leur télévision qui comprennent, sans qu’un mot soit prononcé, que quelque chose unit ces deux-là au-delà du protocole.

Les Kennedy, le secret le plus mal gardé d’Amérique

Marilyn Monroe : 64 ans après, ce détail de l'autopsie que personne n'a jamais pu expliquer
Marilyn Monroe

Les liens entre Marilyn Monroe et la famille Kennedy sont, encore en 2026, un sujet qui déchaîne les passions. Ce qui est documenté : Marilyn a été présentée à John F. Kennedy par l’intermédiaire de Peter Lawford, acteur et beau-frère du président. Des rencontres ont eu lieu. Leur nature exacte reste débattue.

Ce qui est moins débattu, c’est la proximité qui a existé entre Marilyn et Robert Kennedy, le frère du président, alors ministre de la Justice. Plusieurs témoins, dont des proches de Marilyn, ont rapporté des rencontres régulières, des appels téléphoniques fréquents, une relation qui dépassait le cadre mondain.

Mais à l’été 1962, les portes se ferment. Les Kennedy prennent leurs distances. Le numéro de téléphone privé de la Maison-Blanche que Marilyn possédait ne répond plus. Peter Lawford, l’intermédiaire, reçoit des consignes claires : couper les ponts. Marilyn appelle, encore et encore. On ne la rappelle pas.

Pour une femme dont toute l’existence avait été marquée par l’abandon — la mère internée, le père absent, les familles d’accueil qui la rendaient comme un colis — ce silence est dévastateur. Ce n’est pas un amant qui la quitte. C’est l’histoire qui se répète. Encore une fois, quelqu’un décide qu’elle n’est plus utile.

Avant cette nuit fatale du 4 août, il y a l’histoire d’une petite fille abandonnée devenue le plus grand sex-symbol du siècle. Et tout, dans cette trajectoire, menait à ce point de rupture.

Les dernières semaines : une femme au bord du gouffre

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En juin 1962, la Fox la licencie de Something’s Got to Give. Le studio annonce publiquement qu’elle est remplacée. L’humiliation est totale. Pour la première fois, Marilyn n’est plus celle qu’on supplie de venir sur le plateau. Elle est celle qu’on vire.

Pourtant, dans les semaines qui suivent, quelque chose d’étrange se produit. Marilyn semble se reprendre. Elle négocie avec la Fox, obtient d’être réintégrée dans le film avec un salaire augmenté. Elle pose pour des photos sublimes avec le photographe Bert Stern — la série dite des « Last Sitting », les dernières photos professionnelles de sa vie.

Sur ces clichés, pris en juin et juillet 1962, Marilyn est à la fois éblouissante et fragile. Le maquillage est minimal. Le regard est direct, presque provoquant. Par moments, elle sourit. Par moments, elle semble absente, comme si elle regardait à travers l’objectif vers quelque chose que personne d’autre ne peut voir.

Stern racontera plus tard qu’elle avait barré certains négatifs à l’épingle à cheveux, rayant les images qui ne lui plaisaient pas. Même à la fin, même au bord du précipice, Marilyn Monroe contrôlait son image. C’était la seule chose qu’on ne lui avait jamais prise.

Le 20 juillet 1962, elle est brièvement hospitalisée au Cedars of Lebanon Hospital. Cause officielle : une infection gynécologique. Cause probable : une détresse physique et psychologique qui ne trouve plus d’issue. Il reste deux semaines avant la fin.

Samedi 4 août 1962 : les dernières heures

Marilyn Monroe râtée

La chronologie de cette journée a été reconstituée minute par minute, interrogatoire par interrogatoire, au fil de décennies d’enquêtes. Et pourtant, elle reste trouée d’incohérences que personne n’a réussi à combler.

Le matin, Marilyn est chez elle, dans sa petite maison du 12305 Fifth Helena Drive, à Brentwood. Une maison modeste pour une star de son calibre : un seul étage, un jardin, un style hacienda mexicain. Elle l’a achetée quelques mois plus tôt. C’est la première — et la dernière — maison qu’elle possède en son nom.

Sa gouvernante, Eunice Murray, est présente. C’est le Dr Greenson, son psychiatre, qui l’a placée auprès de Marilyn. Plus qu’une gouvernante, Murray fait office de surveillante. Elle observe, rapporte, filtre les appels.

Dans l’après-midi, Greenson passe voir Marilyn. Il reste environ deux heures et demie. Ce qui se dit entre eux ce jour-là n’a jamais été rendu public avec certitude. Greenson part vers 19 heures, selon sa propre déclaration. Il dit qu’il l’a trouvée « quelque peu déprimée » mais pas en danger immédiat.

Vers 19h30, Marilyn téléphone à Peter Lawford. La conversation devient l’un des éléments les plus débattus de l’affaire. Lawford racontera que sa voix était pâteuse, lointaine, qu’elle a prononcé des paroles d’adieu. « Dis au revoir au président pour moi. Dis au revoir à toi-même, parce que tu es un gars sympa. » Inquiet, Lawford tente de la rappeler. La ligne est occupée. Puis plus de réponse.

Ce qui ne colle pas dans la chronologie officielle

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Selon Eunice Murray, elle a vu de la lumière sous la porte de la chambre de Marilyn vers minuit. Elle a frappé, n’a pas obtenu de réponse, mais ne s’est pas inquiétée outre mesure. Ce n’est que vers 3h30 du matin qu’elle aurait de nouveau remarqué la lumière et, cette fois, tenté d’ouvrir la porte. Fermée à clé.

Murray appelle alors le Dr Greenson. Le psychiatre arrive, brise une vitre pour accéder à la chambre, et trouve Marilyn allongée sur le lit, face contre le matelas, le téléphone dans la main. Il la déclare morte. Le Dr Hyman Engelberg, médecin personnel de Marilyn, est appelé à son tour. C’est lui qui contacte la police à 4h25 du matin.

Quatre heures vingt-cinq. Retenez cette heure. Car entre le moment où Murray dit avoir remarqué quelque chose d’anormal et l’appel à la police, il s’est écoulé plusieurs heures. Que s’est-il passé pendant ce temps ? Qui a appelé qui ? Et pourquoi un tel délai ?

Des années plus tard, Murray changera sa version des faits à plusieurs reprises. En 1985, lors d’une interview télévisée, elle admettra avoir menti sur l’heure de la découverte du corps. Puis elle se rétractera. Puis elle corrigera de nouveau. Un témoin dont la mémoire fluctue autant n’inspire pas la confiance.

Greenson, de son côté, emportera ses secrets dans la tombe en 1979. Il n’a jamais livré de récit complet de cette nuit-là. Le secret médical, dira-t-il. Le serment d’Hippocrate. Mais des proches rapporteront qu’il était rongé par la culpabilité jusqu’à la fin de ses jours.

Les visiteurs fantômes de Brentwood

Marilyn Monroe : 64 ans après, ce détail de l'autopsie que personne n'a jamais pu expliquer
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Au fil des décennies, des témoins ont avancé que Marilyn n’était pas seule ce soir-là. Pas seule du tout. Un voisin a déclaré avoir vu une ambulance devant la maison dans la nuit, bien avant l’appel officiel à la police. Un ambulancier, James Hall, a affirmé dans les années 1980 avoir transporté une femme blonde en détresse respiratoire depuis cette adresse.

D’autres témoins ont évoqué la présence de Robert Kennedy à Los Angeles ce week-end-là. Peter Lawford aurait organisé un dîner dans sa maison de Santa Monica. Kennedy était-il à Los Angeles le 4 août 1962 ? Des registres d’hôtel et des témoignages le placent en Californie ce jour-là, mais le sujet reste disputé.

La question n’est pas de savoir si Robert Kennedy a tué Marilyn Monroe. Aucune preuve ne soutient cette théorie. La question est de savoir pourquoi tant de gens ont menti sur leur emploi du temps cette nuit-là. Pourquoi tant de versions contradictoires. Pourquoi tant de portes refermées au nez des enquêteurs.

Le sergent Jack Clemmons, premier policier arrivé sur les lieux, a déclaré publiquement que la scène lui avait paru « mise en scène ». Le corps était trop parfaitement disposé, la chambre trop rangée pour une overdose de barbituriques, qui provoque habituellement des convulsions violentes. Mais Clemmons n’était qu’un sergent. Sa hiérarchie n’a pas donné suite à ses observations.

Les dossiers téléphoniques de Marilyn pour ses dernières semaines ont mystérieusement disparu. La compagnie General Telephone a confirmé que les relevés avaient été saisis. Par qui ? Réponse officielle : inconnue. Coïncidence troublante ? Peut-être. Ou peut-être pas.

Le légiste qui n’a pas fermé les yeux

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L’autopsie est pratiquée le 5 août 1962 par le Dr Thomas Noguchi, alors jeune médecin légiste adjoint au bureau du coroner du comté de Los Angeles. Noguchi n’a que trente-cinq ans. C’est le plus gros dossier de sa carrière. Il ne sait pas encore qu’il sera surnommé plus tard « le coroner des stars », après avoir autopsié les corps de Robert Kennedy, Sharon Tate, Natalie Wood et d’autres célébrités.

Noguchi est méticuleux. C’est un homme qui ne prend pas de raccourcis. Son rapport d’autopsie est un document de plusieurs pages, précis, clinique, détaillé. La cause du décès est établie : empoisonnement aigu aux barbituriques. Les analyses toxicologiques révèlent un taux massif de Nembutal (pentobarbital) et d’hydrate de chloral dans le sang et le foie.

Les quantités sont colossales. Suffisantes pour tuer plusieurs personnes. La conclusion officielle s’appuie sur ces chiffres : Marilyn a ingéré une dose létale de médicaments. Probable suicide. L’enquête est bouclée en quelques semaines.

Mais Noguchi, dans son rapport, note quelque chose qui ne cadre pas. Quelque chose de purement matériel, de mesurable, de vérifiable. Un détail qui, en 2026, soit soixante-quatre ans plus tard, n’a toujours reçu aucune explication satisfaisante.

Et ce détail change tout. Mais nous n’y sommes pas encore.

Le Hollywood de 1962 : une machine à broyer

Marilyn Monroe

Pour mesurer l’isolement de Marilyn dans ses derniers mois, il faut comprendre ce qu’était l’industrie du cinéma à cette époque. En 1962, le vieux système des studios est en train de mourir, mais il a encore des griffes. Les actrices restent des marchandises. Leur valeur se mesure en recettes de box-office, pas en bien-être psychologique.

La consommation de médicaments est endémique. Les studios eux-mêmes distribuent des pilules à leurs acteurs. Amphétamines pour tenir les journées de tournage de quatorze heures. Barbituriques pour dormir après. Le cycle est infernal, connu de tous, dénoncé par personne.

Judy Garland, amie proche de Marilyn, a connu le même enfer. Dès l’âge de treize ans, la MGM lui donnait des pilules pour contrôler son poids et son énergie. Garland survivra à Marilyn de sept ans avant de mourir, elle aussi, d’une overdose médicamenteuse en 1969. Le système ne tuait pas que Marilyn. Il les tuait toutes.

En 1962, il n’existe aucune structure de soutien psychologique dans les studios. Pas de cellule de crise, pas de numéro d’urgence, pas de protocole pour les actrices en détresse. Quand Marilyn craque sur le plateau de Something’s Got to Give, la Fox ne lui propose pas de l’aide. La Fox la vire. Et envoie la facture à son agent.

Voilà le contexte. Une femme fragile, bardée de médicaments, entourée de gens qui vivent de sa lumière mais ne veulent pas voir son ombre. Et une nuit d’août où tout s’arrête.

Les théories qui ont fleuri dans le silence

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Quand la justice reste muette, l’imagination prend le relais. En six décennies, les théories sur la mort de Marilyn Monroe se sont multipliées comme des branches sur un arbre malade. Certaines sont absurdes. D’autres, troublantes.

La première, la plus répandue, implique les Kennedy. Marilyn aurait menacé de révéler publiquement ses relations avec le président et son frère. Elle aurait même prévu une conférence de presse. Pour la faire taire, on l’aurait éliminée. Problème : aucune preuve matérielle ne soutient cette version. Pas de document, pas de témoin direct de cette supposée conférence de presse.

La deuxième théorie pointe le FBI et la CIA. J. Edgar Hoover, le tout-puissant directeur du FBI, collectait des dossiers sur tout le monde, y compris les Kennedy. Un dossier FBI sur Marilyn Monroe existe bel et bien — il a été partiellement déclassifié. Il montre que le FBI la surveillait. Mais surveillance ne signifie pas meurtre.

La troisième théorie, plus récente, met en cause le Dr Greenson lui-même. Certains auteurs ont avancé que le psychiatre, dépassé par la situation, aurait administré une injection fatale pour « mettre fin aux souffrances » de sa patiente. Une forme d’euthanasie non consentie. Là encore, pas de preuve formelle. Mais la question de l’injection reviendra. Et elle est liée au fameux détail de l’autopsie.

La quatrième est la plus simple : le suicide. Une femme dépressive, surdosée de médicaments, abandonnée par ceux qu’elle aimait, qui a simplement avalé trop de pilules un soir de désespoir. La version la plus banale. Et pour beaucoup, la plus crédible. Mais même celle-là se heurte à un obstacle médico-légal que personne n’a réussi à contourner.

Un rapport d’autopsie qui pose plus de questions qu’il n’en résout

Marilyn Monroe : 64 ans après, ce détail de l'autopsie que personne n'a jamais pu expliquer
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Revenons au Dr Noguchi. Le jeune légiste fait son travail avec une rigueur que ses supérieurs n’ont peut-être pas souhaitée. Il ouvre le corps. Il examine chaque organe. Il prélève des échantillons. Et il note tout.

Le foie de Marilyn présente une concentration massive de pentobarbital : 13 milligrammes pour cent. Le sang contient 4,5 milligrammes pour cent de la même substance, plus 8 milligrammes pour cent d’hydrate de chloral. Ces chiffres sont sans ambiguïté : Marilyn est morte d’un empoisonnement aux barbituriques. Là-dessus, tout le monde est d’accord.

La question n’est pas de quoi elle est morte. La question est comment ces substances sont entrées dans son corps.

Noguchi examine l’estomac. Et c’est là que le puzzle se dérègle. L’estomac est pratiquement vide. Pas de résidus de gélules. Pas de fragments de comprimés. Pas de cette bouillie caractéristique qu’on retrouve systématiquement quand quelqu’un avale des dizaines de pilules d’un coup.

Vous comprenez le problème ? Pour atteindre les concentrations retrouvées dans le sang et le foie, il aurait fallu ingérer entre quarante et cinquante comprimés de Nembutal. Quarante à cinquante. Essayez d’avaler ne serait-ce que dix cachets en même temps. Votre estomac en gardera forcément la trace. Or celui de Marilyn était quasi vide.

L’anomalie que personne n’a pu expliquer en 64 ans

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Et ce n’est pas tout. Noguchi note un autre détail, plus prosaïque mais tout aussi déroutant : il n’y avait pas de verre d’eau dans la chambre de Marilyn. Pas sur la table de nuit, pas sur le sol, nulle part. La plomberie de la maison était même en travaux ce week-end-là, ce qui rendait l’accès à l’eau courante dans la salle de bain attenante plus compliqué.

Avaler quarante à cinquante comprimés sans eau. Sans verre. Sans laisser de résidus dans l’estomac. L’équation ne tient pas. Même avec la meilleure volonté du monde, même en admettant qu’une partie des comprimés ait pu être absorbée progressivement sur plusieurs heures, les quantités en jeu auraient dû laisser des traces gastriques significatives. Le rapport de Noguchi est formel : elles ne sont pas là.

Thomas Noguchi lui-même, dans son autobiographie publiée en 1983 — Coroner —, reconnaîtra que cette absence de résidus dans l’estomac constitue une anomalie qu’il n’a jamais pu résoudre. Il a envisagé l’hypothèse d’un lavement — une administration rectale — qui expliquerait l’absence de traces dans l’estomac tout en permettant l’absorption massive de barbituriques. Mais il n’a pas pu pratiquer les examens complémentaires nécessaires pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.

Pourquoi ? Parce que les organes internes prélevés lors de l’autopsie — les intestins, notamment — ont été détruits avant que des analyses complémentaires puissent être menées. Détruits. Pas égarés. Pas archivés dans un mauvais dossier. Détruits. La décision a été prise par un responsable du bureau du coroner dont le nom figure dans les archives mais dont les motivations n’ont jamais été élucidées.

Voilà le cœur du mystère. Pas une théorie fumeuse. Pas un complot fantasmé. Un fait médico-légal, consigné noir sur blanc par le médecin qui a ouvert le corps : l’estomac de Marilyn Monroe ne contenait pas les résidus des dizaines de comprimés censés l’avoir tuée, et il n’y avait aucun verre d’eau dans sa chambre pour les avaler. Cette incohérence factuelle, documentée par le propre rapport de Noguchi, reste, soixante-quatre ans après, la seule anomalie concrète qui alimente encore les doutes les plus sérieux sur la version officielle du suicide.

Ce que Noguchi n’a jamais pu terminer

Thomas Noguchi a poursuivi une carrière brillante au bureau du coroner de Los Angeles, dont il est devenu le médecin légiste en chef en 1967. Il a autopsié Robert Kennedy en 1968, puis d’autres célébrités au fil des décennies. Mais le cas Marilyn l’a hanté toute sa vie.

Dans plusieurs interviews, il a maintenu sa conclusion officielle — empoisonnement aux barbituriques, probable suicide — tout en admettant qu’il n’avait pas pu mener l’enquête aussi loin qu’il l’aurait voulu. Les organes détruits. Les analyses complémentaires jamais réalisées. Les pressions institutionnelles qu’il n’a jamais détaillées mais auxquelles il a fait allusion.

En 1982, le procureur du district de Los Angeles a rouvert une enquête préliminaire sur la mort de Marilyn Monroe. Après plusieurs mois d’investigation, la conclusion est la même : aucune preuve suffisante pour reclasser l’affaire en homicide. Le dossier est refermé. L’anomalie de l’estomac vide est mentionnée. Mais personne ne la résout.

En 2026, Thomas Noguchi a 99 ans. Il est l’un des derniers acteurs vivants de cette nuit-là. Et le mystère qu’il a consigné dans son rapport reste entier.

Le mythe qui refuse de mourir

Joe DiMaggio n’a jamais pardonné à Hollywood. Après la mort de Marilyn, il a fait envoyer des roses rouges sur sa tombe trois fois par semaine. Pendant vingt ans. Sans interruption. Jusqu’à sa propre mort en 1999. Il n’a jamais accordé d’interview sur Marilyn. Il n’a jamais exploité leur histoire. Ses derniers mots, selon une infirmière présente, auraient été : « Je vais enfin revoir Marilyn. »

La tombe de Marilyn Monroe, au Westwood Village Memorial Park de Los Angeles, reste l’une des plus visitées au monde. Des inconnus y déposent des fleurs, des lettres, des baisers de rouge à lèvres. En 2026, soixante-quatre ans après sa mort, elle continue de fasciner.

Son image est partout. Andy Warhol l’a immortalisée dans ses sérigraphies pop art dès 1962. L’une d’entre elles, Shot Sage Blue Marilyn, s’est vendue pour 195 millions de dollars en 2022 chez Christie’s, devenant l’œuvre d’art américaine la plus chère jamais adjugée aux enchères. Son visage vaut plus cher mort que vivant. L’ironie est glaciale.

Des dizaines de biographies lui ont été consacrées. Des films. Des séries documentaires. En 2022, le film Blonde d’Andrew Dominik, avec Ana de Armas dans le rôle-titre, a relancé le débat sur la frontière entre hommage et exploitation. Peut-on faire un film sur la souffrance d’une femme en la mettant à nouveau en spectacle ? La question reste ouverte.

Mais au-delà du merchandising et des documentaires, au-delà des théories du complot et des reconstitutions, il y a un fait irréductible. Un estomac vide. Un verre absent. Et un rapport d’autopsie que personne, en soixante-quatre ans, n’a pu contredire ni compléter.

Marilyn Monroe est morte à trente-six ans. Elle voulait être prise au sérieux. Elle voulait qu’on voie la femme derrière le personnage. Soixante-quatre ans après, on débat encore de sa mort. Peut-être serait-il temps de se souvenir de sa vie.

Le mystère de cette nuit d’août 1962 ne sera probablement jamais résolu. Les témoins sont morts ou mourants. Les preuves ont été détruites, égarées, classifiées. Mais l’anomalie consignée par Thomas Noguchi, elle, ne disparaîtra pas. Elle est gravée dans un rapport officiel. Noir sur blanc. Et elle pose la seule question qui compte vraiment : si Marilyn Monroe n’a pas avalé ces pilules, alors qui — ou quoi — les a introduites dans son corps ?

Cette question-là, soixante-quatre ans n’ont pas suffi à y répondre.

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