Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. People

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après

Publié par Elodie le 24 Juil 2026 à 10:42
La suite après cette vidéo

La nuit dont personne ne devait parler

Le 4 août 1962, aux premières heures d’un dimanche qui ressemble à tous les dimanches d’été californien, quelqu’un a décroché un téléphone dans une petite maison de Brentwood. La ligne a sonné. Et à l’autre bout, une voix que le monde entier connaissait a répondu pour la dernière fois de sa vie.

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après

Pendant soixante-quatre ans, cette conversation a alimenté les fantasmes les plus fous de la planète. Des présidents. Des services secrets. Des complots d’État. Des hommes puissants qui auraient tout à perdre si elle avait parlé. La légende s’est construite comme ça, pierre par pierre, rumeur par rumeur.

Mais la vérité sur ce dernier week-end est plus banale — et plus glaçante — que toutes les théories réunies.

Ce que vous allez lire, c’est la reconstitution heure par heure de ses dernières quarante-huit heures. Et tout au bout, ce que les archives officielles ont fini par révéler sur ce fameux dernier appel. Accrochez-vous.

Hollywood 1962 : le monde du glamour qui vacille

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après

Pour comprendre ce qui s’est passé ce soir-là, il faut d’abord comprendre dans quel monde vivait Marilyn Monroe au début de l’été 1962. Un monde qui brillait encore, mais de cet éclat particulier des choses qui vont s’éteindre.

enfant-Arthur-Miller-Marilyn-Monroe

Hollywood traversait une crise existentielle. Les grands studios — MGM, Paramount, Columbia — voyaient leur modèle s’effondrer sous les coups de boutoir de la télévision. Les Américains restaient chez eux le soir. Les salles se vidaient. Et les stars, ces créatures que les majors avaient façonnées de toutes pièces depuis les années 30, devenaient un luxe que les comptables regardaient d’un mauvais œil.

La Twentieth Century Fox, le studio qui avait fait de Marilyn Monroe la femme la plus désirée de la planète, était au bord du gouffre. La production de Cléopâtre, avec Elizabeth Taylor, avait déjà englouti des sommes astronomiques. Chaque jour de tournage coûtait une fortune. Les actionnaires s’impatientaient.

C’est dans ce contexte qu’il faut replacer le licenciement de Marilyn Monroe du film Something’s Got to Give, en juin 1962. Officiellement : absences répétées, retards, comportement imprévisible. En réalité : la Fox cherchait un bouc émissaire pour ses propres désastres financiers. Et Marilyn, fragile, épuisée, dépendante aux médicaments, était la cible idéale.

Elle avait été renvoyée. Humiliée publiquement. Et elle le savait.

Ce licenciement était d’autant plus brutal qu’il survenait alors que Marilyn venait de livrer l’une des séquences les plus commentées du film : la scène de baignade nue dans la piscine, tournée le 23 mai 1962, avait immédiatement fait le tour des rédactions du monde entier. Les photos, publiées dans Life et Vogue, avaient démontré que la star était au sommet de son pouvoir d’attraction. La Fox la renvoyait au moment précis où elle faisait la une de la presse mondiale — le paradoxe était cruel.

Ironie supplémentaire : quelques semaines après son licenciement, la Fox entamait des négociations pour la réembaucher. Des sources internes au studio citées par des biographes indiquent qu’un accord était en cours de finalisation au moment de sa mort. Marilyn Monroe n’était pas au bout du rouleau professionnellement — elle était en train de regagner du terrain. Ce contexte rend la thèse de la capitulation définitive encore plus difficile à accepter.

marilyn monroe

Norma Jeane, l’enfant que personne n’avait voulu

Vous pensez connaître Marilyn Monroe ? L’icône blonde, la robe blanche au-dessus de la grille de métro, le souffle chaud de « Happy Birthday, Mister President » ? Attendez. Parce que sous le vernis de la star planétaire, il y avait une femme que très peu de gens avaient vraiment vue.

Norma Jeane Mortenson est née le 1er juin 1926 à Los Angeles, dans une famille qui n’en était pas vraiment une. Sa mère, Gladys Baker, souffrait de troubles mentaux sévères et fut internée alors que la petite n’avait que sept ans. Son père ? Un mystère qu’elle n’a jamais réussi à percer. Elle a grandi de famille d’accueil en famille d’accueil, avec un passage à l’orphelinat qui l’a marquée pour la vie.

Ce détail-là, il est essentiel pour comprendre la suite. Marilyn Monroe n’a jamais vraiment eu de maison. Jamais vraiment eu de famille. Alors quand elle en a construit une — ses psychiatres, ses domestiques, ses entourages de toutes sortes — elle s’y est accrochée avec une intensité que les gens normaux ont du mal à imaginer.

La transformation de Norma Jeane en Marilyn Monroe est l’une des histoires les plus fascinantes de l’industrie du spectacle. Découverte par un photographe en 1945 alors qu’elle travaillait dans une usine de munitions, elle commence une carrière de mannequin, teint ses cheveux en blond platine, change de nom — et devient, en l’espace de quelques années, la femme la plus photographiée du monde.

Mais derrière le sourire lumineux, la vraie Norma Jeane n’avait jamais disparu. Elle avait simplement appris à se cacher.

Marilyn Monroe

La piste des mariages de Marilyn illustre mieux que tout la fracture entre le personnage public et la femme privée. Mariée à 16 ans à James Dougherty pour éviter un retour à l’orphelinat, puis à la légende du baseball Joe DiMaggio en 1954 — une union qui n’a duré que neuf mois, DiMaggio ne supportant pas la sexualisation publique de sa femme — puis à l’écrivain Arthur Miller en 1956. Trois mariages, trois échecs, trois hommes qui voulaient chacun une version différente d’elle.

La femme derrière le masque : une intelligence qu’on a longtemps sous-estimée

Ce qu’on oublie trop souvent, c’est que Marilyn Monroe n’était pas la bimbo que les studios voulaient vendre. Elle a co-fondé sa propre maison de production, Marilyn Monroe Productions, en 1954 — une initiative quasi-révolutionnaire pour une actrice de l’époque, et encore plus pour une femme. Elle s’est battue contre les contrats léonins de la Fox. Elle a imposé ses conditions.

Elle lisait Dostoïevski dans sa loge. Elle a suivi des cours au fameux Actors Studio de Lee Strasberg à New York, aux côtés de Marlon Brando et James Dean, et Strasberg lui-même a dit d’elle qu’elle était l’une des actrices les plus douées qu’il ait jamais rencontrées. Ce n’était pas de la flatterie.

Ses rôles dans Bus Stop (1956) et surtout dans Some Like It Hot (1959) ont démontré une sensibilité comique et dramatique d’une rare subtilité. Dans The Misfits (1961), son dernier film achevé, elle jouait face à Clark Gable sur un scénario écrit par son ex-mari Arthur Miller — une situation humainement dévastante dont elle ne s’est jamais vraiment remise.

En 1962, elle avait 36 ans. Elle était épuisée, oui. Dépendante aux somnifères et aux anxiolytiques, oui. Mais elle planifiait aussi un retour en force. Elle venait de faire une séance photo pour le magazine Vogue qui allait la montrer dans une lumière qu’on n’avait pas vue depuis longtemps. Elle négociait de nouveaux contrats.

marilyn monroe chirurgie esthetique

Elle n’allait pas abandonner. Ce n’était pas son genre.

Le tournage de Some Like It Hot avait pourtant failli tourner au désastre, et l’anecdote est devenue légendaire à Hollywood. Marilyn aurait prononcé la réplique « Where’s the bourbon ? » — une simple phrase — plus de cinquante fois sans parvenir à la satisfaire, poussant le réalisateur Billy Wilder à la limite de la crise de nerfs. Pourtant, Wilder, interrogé des années plus tard, n’avait qu’un regret : ne pas l’avoir dirigée plus souvent. « Elle était impossible et irremplaçable », avait-il résumé — une épitaphe que beaucoup ont reprise depuis.

La création de Marilyn Monroe Productions avait elle-même déclenché une guerre ouverte avec la Fox. Le studio avait tenté de faire annuler les contrats, de bloquer ses projets, de la présenter dans la presse comme capricieuse et ingérable. Mais Marilyn avait tenu bon, s’entourant de conseillers juridiques et obtenant finalement des conditions inédites pour une actrice de l’époque : un droit de regard sur le réalisateur, le directeur de la photographie, et les rushes. En 1955, c’était proprement révolutionnaire.

Brentwood, été 62 : une maison achetée pour rester

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après

La maison du 12305 Fifth Helena Drive, à Brentwood, était la première propriété que Marilyn Monroe avait achetée de sa vie. La première maison qui lui appartenait vraiment. Elle y avait emménagé en février 1962, après des années de suites d’hôtel et d’appartements de location.

C’était une villa modeste par rapport aux standards hollywoodiens — une hacienda de style mexicain, avec un patio, une piscine, des tuiles rouges. Marilyn l’avait décorée avec soin, achetant des meubles, des objets d’art, des carreaux peints à la main rapportés du Mexique. Elle voulait que ça ressemble à quelque chose. À un foyer.

Marge-Simpson-en-Marilyn-Monroe_exact780x1040_p

Ce détail compte. Parce que le soir du 4 août 1962, quand tout s’est effondré, c’est dans cette maison que ça s’est passé. Sa maison. L’endroit qu’elle avait choisi, qu’elle avait voulu, qu’elle avait fait sien.

Et les personnes présentes ce soir-là — ou supposément présentes — sont au cœur de toutes les questions qui restent sans réponse.

La maison avait été achetée 75 000 dollars — une somme mesurée pour une star de son rang, preuve que Marilyn voulait quelque chose d’intime plutôt que d’ostentatoire. Elle avait fait graver sur un carreau de céramique à l’entrée une devise en latin : Cursum Perficio — « J’achève mon voyage ». Une inscription qu’elle avait choisie elle-même, et dont la portée symbolique, relue après sa mort, a glacé tous ceux qui l’ont découverte.

Les personnages de la nuit fatale : un triangle de dépendances

Pour reconstituer les dernières heures de Marilyn Monroe, il faut d’abord planter le décor humain. Qui étaient les gens qui gravitaient autour d’elle dans les semaines, les jours, les heures qui ont précédé sa mort ?

Le premier, et peut-être le plus important, c’est le Dr Ralph Greenson. Psychiatre de renom, installé à Beverly Hills, il était devenu bien plus que le médecin de Marilyn. Il était son confident, son ancre, son interprète du monde. Leurs séances pouvaient durer des heures. Il l’invitait à dîner en famille. Sa femme et ses enfants la connaissaient. Les collègues de Greenson trouvaient cette relation pour le moins inhabituelle — une promiscuité thérapeutique qui aurait fait tiquer n’importe quel comité d’éthique aujourd’hui.

jasmine-chiswell-sosie-marilyn-monroe-maison

La deuxième figure centrale, c’est Eunice Murray. La gouvernante. Une femme d’une soixantaine d’années, recrutée sur recommandation du Dr Greenson lui-même — ce qui, déjà, posait question. Murray était aux petits soins pour Marilyn, gérait la maison, faisait les courses. Mais ses déclarations à la police ont changé plusieurs fois dans les semaines et les années suivantes. Sur des détails capitaux. Ce qui a alimenté, légitimement, des décennies de suspicion.

Et puis il y a Ralph Roberts. Le masseur personnel de Marilyn. Un ami véritable, l’un des rares dont elle était sûre. Grand, discret, fiable — il était l’un des rares membres de son entourage à n’avoir aucun agenda caché, aucune ambition personnelle à satisfaire à travers elle.

Ces trois-là — le psychiatre envahissant, la gouvernante aux déclarations changeantes, et l’ami masseur — sont au centre de tout ce qui va suivre.

Le Dr Greenson était une figure respectée bien au-delà de Beverly Hills : auteur de travaux de référence sur la technique psychanalytique, il enseignait à l’UCLA et comptait parmi ses patients plusieurs célébrités hollywoodiennes. Ce qui rendait sa relation avec Marilyn d’autant plus scrutée par ses pairs : la fréquence de ses visites à domicile, parfois quotidiennes, et le fait qu’il lui avait recommandé Eunice Murray comme gouvernante créaient une situation où il contrôlait, de fait, deux piliers essentiels de l’existence quotidienne de sa patiente.

Eunice Murray, de son côté, n’était pas une simple employée de maison. Avant de travailler pour Marilyn, elle avait été en contact avec le cercle analytique de Greenson pendant des années. Plusieurs biographes ont souligné que sa présence dans la maison de Brentwood fonctionnait presque comme une surveillance thérapeutique déléguée — une prolongation des yeux du psychiatre dans l’intimité de la star. Ce double rôle, jamais officialisé, est l’une des configurations les plus troublantes de cette nuit du 4 août.

Vendredi 3 août : les dernières vingt-quatre heures commencent

Marilyn Monroe

Le vendredi 3 août 1962, Marilyn Monroe est dans un état que ses proches décrivent comme agité, mais pas alarmant. Elle a des hauts et des bas depuis des semaines — depuis son licenciement de la Fox, depuis la fin de sa relation avec le président, depuis des mois de procédures médicales et psychiatriques qui l’ont épuisée.

Elle a une séance avec le Dr Greenson dans la matinée. C’est devenu un rituel quotidien, ou presque. Greenson passera la voir à domicile — il le faisait souvent, une pratique qui sortirait largement du cadre thérapeutique habituel aujourd’hui, mais qui, à l’époque, semblait relever de la dévotion professionnelle.

Dans l’après-midi, elle passe quelques appels téléphoniques. Elle parle à des amis. Elle planifie des choses pour la semaine suivante. Il y a quelque chose de presque normal dans tout ça, et c’est peut-être ce qui rend la suite encore plus difficile à digérer.

Le soir, Marilyn prend ses médicaments habituels. Du chloral hydrate — un sédatif. Du Nembutal — un barbiturique puissant. Ces substances lui ont été prescrites pour l’aider à dormir. Elle en dépend depuis des années. Et les doses ont tendance à augmenter quand l’anxiété monte.

Cette nuit-là, elle dort. Le samedi matin arrive.

Ce vendredi 3 août, Marilyn appelle aussi sa demi-sœur Berniece Baker Miracle — l’une des rares membres de sa famille biologique avec qui elle entretenait un contact régulier. Selon des témoignages recueillis par des biographes, la conversation est affectueuse, ordinaire. Pas de signal d’alarme. Pas de phrase qui ressemblerait à un adieu. C’est justement cette normalité qui a torturé les proches pendant des décennies.

Marilyn-Monroe

Samedi 4 août, dans la lumière : une journée qui ressemble à un au revoir

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après

Le samedi 4 août 1962 commence comme un matin d’été californien ordinaire. Le soleil tape déjà fort sur les tuiles rouges de la maison de Brentwood. Eunice Murray est là, comme toujours, à s’affairer.

Dans la matinée, le Dr Greenson vient rendre visite à Marilyn. Les deux parlent longuement. Greenson dira plus tard qu’il l’a trouvée déprimée, préoccupée. Mais pas au point de le paniquer. Il lui suggère, avant de partir, de sortir prendre l’air, de se changer les idées.

Dans l’après-midi, une photographe, Wanda McDaniel — selon certaines sources — passe brièvement. Des enfants des voisins font trempette dans sa piscine. Marilyn semble de bonne humeur, dit-on. Elle rit. Elle plaisante.

C’est l’une des choses les plus troublantes dans ces reconstitutions : les témoins qui la voient dans les heures précédant sa mort la décrivent souvent comme relativement sereine. Pas au fond du gouffre. Pas en train de dire au revoir. Ce qui rend la thèse du suicide préparé difficile à accepter pour beaucoup de gens.

Et pourtant. Le téléphone sonne. Et Marilyn répond.

Marilyn Monroe embrasse son époux Joe Di Maggio en 1954

Cet après-midi du 4 août, Marilyn passe également du temps à trier des affaires et à répondre à du courrier, selon plusieurs récits biographiques. Des témoignages indiquent qu’elle discutait encore de ses projets professionnels à venir — signe que, dans son esprit, il y avait un lendemain. Ce détail, petit en apparence, est fondamental : il contredit l’image d’une femme ayant méthodiquement préparé sa propre disparition.

Les appels du soir : une ligne brûlante dont tout le monde parle mais que personne ne connaît

Dans l’histoire de la mort de Marilyn Monroe, le téléphone est devenu un personnage à part entière. On sait qu’elle a passé de nombreux appels ce soir-là. On sait qu’elle en a reçu. Mais pendant des décennies, le contenu exact de ces conversations — et surtout les numéros composés — a été au cœur de toutes les spéculations.

Le Dr Greenson revient en fin d’après-midi, vers 17h. Il reste plusieurs heures. C’est lui qui, selon certains récits, lui remet en mains propres un téléphone — un téléphone neuf, en fait, qu’un ami lui avait apporté peu avant. Ce détail anodin a été retourné dans tous les sens par les théoriciens du complot.

Vers 19h30, Greenson part. Il dira plus tard qu’il a demandé à Eunice Murray de rester dormir sur place cette nuit-là — ce qu’elle faisait parfois. Murray accepte. Les deux femmes sont seules dans la maison.

Et puis Marilyn commence à téléphoner. À qui ? C’est là que tout se complique. Et c’est là que la légende commence vraiment à s’emballer.

Marilyn Monroe

Parce que ce que les enquêteurs ont trouvé dans son carnet d’adresses allait contredire la légende — mais pas de la façon dont tout le monde l’imaginait.

Le FBI de J. Edgar Hoover avait ouvert un dossier sur Marilyn Monroe dès le début des années 1950 — une réalité documentée et depuis longtemps déclassifiée. Hoover, obsédé par les relations entre le monde du spectacle et la gauche américaine, s’intéressait à ses fréquentations, à ses sympathies politiques supposées, à ses connexions avec des personnalités qu’il surveillait. Sa ligne était sur écoute. Ce fait incontestable a fourni aux théoriciens du complot leur argument le plus solide : si le FBI écoutait, les bandes existent quelque part. Et si elles n’ont pas été publiées intégralement, c’est qu’elles contiennent quelque chose à cacher.

Les théories qui ont embrasé le monde : Kennedy, la CIA, et le grand complot

Dès les premiers jours après sa mort, le 5 août 1962, les rumeurs ont commencé à circuler. Et elles ne se sont jamais vraiment arrêtées. Pendant soixante-quatre ans, chaque nouvelle génération a produit ses propres théories, ses propres livres, ses propres documentaires.

La théorie la plus répandue, c’est celle du complot Kennedy. La relation de Marilyn avec John F. Kennedy, alors président des États-Unis, était un secret de polichinelle à Hollywood — mais un secret que la presse américaine, dans une culture du silence qui nous paraît aujourd’hui hallucinante, avait soigneusement protégé. Son interprétation de « Happy Birthday, Mister President » au Madison Square Garden, le 19 mai 1962, avait tout de la déclaration d’amour publique. La robe moulante en chair illusion cousue sur son corps. La voix susurrée. L’érotisme à peine voilé.

Les théoriciens ont avancé que Marilyn, écartée et craignant d’être abandonnée, aurait menacé de tout révéler. Qu’elle aurait noté dans un carnet des informations sur des affaires d’État — Cuba, la baie des Cochons, la Mafia — glanées dans ses conversations avec JFK et son frère Robert Kennedy. Et que ces révélations potentielles auraient signé son arrêt de mort.

Marilyn-Monroe_exact780x585_l

Certains ont pointé du doigt Robert Kennedy lui-même, qui aurait été à Los Angeles ce week-end-là — ce qu’il a toujours nié, et que les enquêtes ultérieures n’ont jamais pu confirmer de façon irréfutable. D’autres ont évoqué des agents du FBI, de la CIA, de la mafia — toutes ces organisations que J. Edgar Hoover, directeur du FBI, surveillait avec une attention paranoïaque.

Des témoins ont prétendu avoir vu des hommes en costumes sombres entrer et sortir de la maison. D’autres ont affirmé que le corps avait été déplacé avant l’arrivée de la police. D’autres encore ont juré que son journal intime — le fameux carnet rouge — avait disparu dans les heures suivant sa mort.

Ces récits ont une force narrative irrésistible. Ils ont une logique interne. Ils ont des méchants clairement identifiables. Et surtout, ils offrent quelque chose qu’une mort banale ne peut pas offrir : du sens. L’idée que la mort de la femme la plus célèbre du monde avait une raison à la hauteur de sa légende.

La machine à complot a trouvé un carburant supplémentaire dans la chronologie des morts liées à l’affaire. JFK lui-même assassiné en novembre 1963, Robert Kennedy abattu en juin 1968 — la proximité temporelle de ces trois disparitions a nourri chez beaucoup l’intuition d’un plan d’ensemble. Les auteurs de livres à charge, de Norman Mailer à Anthony Summers, ont construit des architectures narratives séduisantes, s’appuyant sur des témoins dont les déclarations variaient selon les éditions et les décennies.

L’une des théories les plus persistantes implique directement Peter Lawford, beau-frère de JFK et ami proche de Marilyn, qui aurait servi d’intermédiaire entre la star et les Kennedy. Lawford, qui était présent à Los Angeles ce week-end-là, a donné des versions contradictoires de ses contacts avec Marilyn dans les jours précédant sa mort. Il est mort en 1984 sans avoir jamais clarifié définitivement sa version des faits — alimentant une fois de plus le doute qui fait vivre toutes les théories.

Minuit passé : quand Eunice Murray a vu la lumière sous la porte

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après
marilyn monroe chirurgie esthetique

Il est aux alentours de minuit, dans la nuit du 4 au 5 août 1962. La maison de Brentwood est silencieuse. Eunice Murray est dans sa chambre. Et quelque chose l’inquiète — elle ne saurait pas dire exactement quoi.

Elle se lève. Elle va frapper à la porte de la chambre de Marilyn. Pas de réponse. Elle remarque que la lumière filtre encore sous la porte. Elle essaie d’ouvrir. La porte est verrouillée de l’intérieur.

À ce moment précis, les versions divergent — et elles continuent de diverger aujourd’hui. Murray a-t-elle immédiatement appelé le Dr Greenson ? A-t-elle d’abord tenté d’alerter d’autres personnes ? A-t-elle attendu — et si oui, pourquoi ? Ces questions ont obsédé les enquêteurs pendant des décennies.

Ce qu’on sait avec certitude : Greenson est arrivé à la maison, a brisé une fenêtre pour entrer dans la chambre, et a trouvé Marilyn Monroe allongée sur son lit, le téléphone encore dans la main. Ou près d’elle — les témoignages varient sur ce point aussi.

Elle ne respirait plus. Le Dr Hyman Engelberg, son médecin traitant, est appelé à son tour. Il confirme le décès.

La police de Los Angeles n’est prévenue qu’aux alentours de 4h25 du matin. Ce délai — entre la découverte du corps et l’appel aux autorités — est l’une des pierres angulaires de toutes les théories du complot. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

operations-marilyn-monroe

Dans une interview accordée à la BBC en 1985, Eunice Murray a lâché une phrase qui a relancé toutes les spéculations : elle a admis que Robert Kennedy était passé à la maison ce jour-là. Elle s’est ensuite rétractée, ou du moins nuancée, dans des déclarations ultérieures. Ce revirement tardif, à plus de vingt ans des faits, a été interprété selon les sensibilités comme une preuve de culpabilité dissimulée ou comme la confusion mémorielle d’une femme âgée. Les deux lectures coexistent encore aujourd’hui.

L’autopsie du Dr Noguchi : ce que le corps a dit

Le Dr Thomas Noguchi, médecin légiste adjoint du comté de Los Angeles, a pratiqué l’autopsie de Marilyn Monroe le 5 août 1962. Il avait 32 ans. C’était l’un des cas les plus importants de sa carrière — et il le savait.

Ses conclusions sont claires : cause de la mort, ingestion de barbituriques. Concentration létale de Nembutal — pentobarbital — dans le sang. La dose était massive. Mortelle. Le Dr Noguchi a conclu à une « probable overdose de barbituriques, probable suicide ».

Le mot « probable » a fait couler des litres d’encre. Pourquoi probable et pas certain ? Parce qu’une overdose volontaire est, par nature, difficile à distinguer formellement d’une overdose accidentelle. Parce que l’enquête psychiatrique — menée par une équipe spécialisée, la Suicide Investigation Team — a conclu que Marilyn présentait des antécédents de tentatives de suicide et des signes de dépression sévère. Mais l’absence de note laissée derrière elle a semé le doute.

Il y avait d’autres zones d’ombre dans l’autopsie. Noguchi a noté une absence de traces orales — pas de capsules dissoutes dans l’estomac, ce qui aurait été attendu pour une ingestion massive de comprimés par voie orale. Cela a alimenté les théories d’une injection, d’une administration forcée. Mais les analyses toxicologiques ont été partielles pour l’époque — certains échantillons n’ont pas été conservés correctement.

Marilyn-Monroe

Noguchi lui-même, dans ses mémoires publiés bien plus tard, a admis que l’enquête n’avait pas été conduite avec toute la rigueur qu’il aurait souhaitée. Non pas parce qu’il y avait eu complot, précise-t-il — mais parce que la pression médiatique était intense, les procédures moins rigoureuses qu’aujourd’hui, et que tout le monde voulait que ça se termine vite.

Noguchi, qui allait devenir l’un des médecins légistes les plus célèbres des États-Unis — surnommé « le médecin légiste des stars » après avoir également autopsié Robert Kennedy, Janis Joplin et Natalie Wood —, a toujours maintenu que ses conclusions sur Marilyn étaient correctes dans leur essence, même si les conditions de l’enquête laissaient à désirer. Sa carrière entière a été marquée par ce premier grand cas : une réputation bâtie sur le corps de la femme la plus photographiée du monde.

Les zones d’ombre qu’on ne peut pas ignorer

Soyons honnêtes : il existe des anomalies dans le dossier officiel de la mort de Marilyn Monroe. Des choses qui font tiquer, même les enquêteurs les plus pragmatiques.

Le délai entre la découverte du corps et l’appel à la police, déjà évoqué. Les déclarations changeantes d’Eunice Murray — qui a admis des années plus tard, dans une interview datant de 1985, avoir menti sur certains détails de cette nuit-là, sans jamais expliquer pourquoi ni sur quels points exactement. Le fait que le téléphone de Marilyn était sous écoute par le FBI — une réalité documentée, pas une théorie — et que les bandes de ces écoutes n’ont jamais été rendues publiques dans leur intégralité.

Il y a aussi la question du « carnet rouge ». Plusieurs témoins affirment avoir vu un carnet dans lequel Marilyn notait des conversations, des réflexions, des informations. Ce carnet n’a jamais été retrouvé par la police. A-t-il existé ? A-t-il disparu ? Personne ne le sait.

Marilyn Monroe et Sammy David Jr

Ces zones d’ombre sont réelles. Elles méritent d’être nommées. Mais elles ne constituent pas une preuve de meurtre. Elles prouvent surtout que l’enquête a été menée dans un chaos médiatique et institutionnel qui a rendu une reconstitution parfaite impossible.

Et maintenant, voilà ce qui est arrivé quand les enquêteurs ont vraiment regardé les relevés téléphoniques. Parce que c’est là que tout bascule.

Les archives qui brûlent depuis soixante ans

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après

Dans les semaines et les mois qui ont suivi la mort de Marilyn Monroe, plusieurs enquêtes parallèles ont tenté de reconstituer ses dernières heures de communication. Les relevés téléphoniques de sa ligne fixe. Les notes des opérateurs. Les témoignages de ceux à qui elle avait parlé.

Le DA’s Office — le bureau du procureur du district de Los Angeles — a rouvert le dossier à plusieurs reprises. En 1982, une réouverture officielle a été annoncée, après des années de pression de militants et de journalistes. Des témoins ont été réentendus. Des documents ont été exhumés.

Des journalistes et historiens spécialisés dans les archives hollywoodiennes ont également travaillé pendant des décennies à reconstituer, appel par appel, la chronologie de cette nuit du 4 août. Certains ont obtenu des relevés partiels. D’autres ont recueilli les témoignages de personnes qui avaient été au bout du fil.

artiste make up sosie célébrité

Et ce qu’ils ont trouvé — ce que les archives, les témoignages et les enquêtes successives ont progressivement révélé — est à la fois plus simple et plus déchirant que tout ce qu’on avait imaginé.

Vous attendiez la réponse depuis le début. La voilà.

Ce que les relevés d’appels ont vraiment révélé

Les relevés téléphoniques et les enquêtes menées dans les années qui ont suivi ont établi ceci : dans ses dernières heures, Marilyn Monroe a passé des appels à des gens ordinaires. Des gens de confiance. Des gens qui faisaient partie de son quotidien.

Ralph Roberts, son masseur et ami fidèle, était l’un des destinataires de ses derniers appels. Pas un agent secret. Pas un émissaire du gouvernement. Un homme qui la connaissait vraiment, qui n’avait pas d’agenda politique, qui était juste là pour elle. Roberts lui-même a parlé de ces conversations dans les années suivantes — des appels comme elle en passait souvent, une voix cherchant de la présence humaine dans la nuit.

D’autres appels ont été identifiés comme allant vers son entourage médical, vers des gens de son cercle proche. Les enquêtes et témoignages n’ont jamais établi de façon crédible et documentée qu’elle aurait eu, dans ses dernières heures de conscience, une conversation avec un président, un ministre, un agent de quelque service secret que ce soit.

Marilyn-Monroe_exact780x585_l-600x450

Le grand complot politique ? Il n’apparaît pas dans les relevés. Ce que la police et les enquêteurs ultérieurs ont trouvé à la place, c’est quelque chose de bien plus humain : une femme seule, en souffrance, qui cherchait à entendre des voix familières avant que la nuit ne tombe définitivement.

L’autopsie du Dr Noguchi a conclu à une overdose de barbituriques, « probable suicide » — classement resté officiel à ce jour, malgré les décennies de théories. C’est la vérité que les archives ont fini par confirmer. Pas de grand complot. Pas d’exécution d’État. Une mort à la fois plus simple et infiniment plus tragique.

La vérité la plus glaçante de toutes

Voilà ce que personne ne dit jamais dans les documentaires sur le complot Kennedy : le fait que Marilyn Monroe soit morte seule, dans sa maison, en appelant son masseur, est bien plus triste que si elle avait été victime d’un complot d’État.

Un complot, au moins, ça aurait voulu dire qu’elle était si puissante, si dangereuse, si importante, qu’il avait fallu l’éliminer. Ça aurait donné à sa mort une dimension épique. Une cohérence narrative avec la grandeur de sa vie.

La réalité — une femme de 36 ans, épuisée, déprimante, abandonnée par les studios, fragilisée par des années de dépendance aux médicaments, cherchant une voix humaine dans le téléphone — est d’une banalité dévastatrice. Et c’est précisément cette banalité que les théories du complot ont toujours refusé d’accepter.

tatouage marilyn-monroe-fail

Parce qu’il est plus supportable d’imaginer que Marilyn Monroe a été assassinée par des forces puissantes que d’admettre qu’elle a simplement été broyée par une industrie qui l’avait utilisée, puis jetée. Qu’elle est morte de la même chose qui tue les gens ordinaires : la solitude, l’épuisement, et les médicaments qu’on prend pour tenir.

Après le silence : ce que sa mort a changé

Marilyn Monroe : le dernier appel téléphonique de sa vie enfin révélé, 64 ans après

La mort de Marilyn Monroe, le 5 août 1962, a provoqué une onde de choc mondiale immédiate. Les kiosques à journaux ont été dévalisés. Les images de son visage ont recouvert les unes de la presse du monde entier. Des millions de gens qui ne la connaissaient pas personnellement ont pleuré.

À Hollywood, le choc a été suivi d’une révision brutale de la façon dont l’industrie traitait ses stars. Pas immédiatement — les changements ont été lents, insuffisants, souvent cosmétiques. Mais la mort de Marilyn a planté une graine : l’idée que les machines à fabriquer des rêves pouvaient broyer les gens qu’elles fabriquaient.

La Twentieth Century Fox, qui l’avait licenciée quelques semaines avant sa mort, a traversé une période de relations publiques catastrophiques. Le film Something’s Got to Give n’a jamais été achevé — mais les quelques séquences tournées avec Marilyn, notamment la scène de la piscine où elle nage nue, sont devenues des documents historiques d’une valeur inestimable.

Et puis il y a eu les enchères. Au fil des décennies, les objets ayant appartenu à Marilyn Monroe ont atteint des prix astronomiques. Sa robe « Happy Birthday, Mister President » — vendue en 1999 pour 1,26 million de dollars, puis rachetée par Ripley’s Believe It or Not — est l’un des vêtements les plus chers jamais mis en vente. En 2016, la même robe a été rachetée pour 4,8 millions de dollars. En 2022, Kim Kardashian l’a portée brièvement au Met Gala, provoquant une polémique mondiale sur la préservation du patrimoine culturel.

Cléo buste râté

La légende qu’on ne peut pas tuer

Soixante-quatre ans après sa mort, Marilyn Monroe reste l’une des femmes les plus reconnues de la planète. Son visage — les peintures sérigraphiques d’Andy Warhol, les photographies de Bert Stern, les images de Richard Avedon — est entré dans l’inconscient collectif mondial au même titre que la Joconde ou l’image de Che Guevara.

Des films lui ont été consacrés. Des livres par centaines. Des documentaires par dizaines. En 2022, le film Blonde d’Andrew Dominik, avec Ana de Armas dans le rôle-titre, a relancé le débat sur la façon dont on représente Marilyn Monroe — et sur ce qu’on lui fait dire, penser, ressentir, soixante ans après qu’elle ne peut plus répondre.

Chaque génération se réapproprie Marilyn Monroe à sa façon. Les féministes des années 70 la voyaient comme une victime du patriarcat hollywoodien. Les années 80 en ont fait une icône pop. Les années 2000 ont redécouvert son intelligence, sa combativité, sa complexité. Et aujourd’hui, en 2026, elle est à la fois un symbole de fragilité et de force — une femme qui a réussi à s’imposer dans un monde conçu pour la réduire au silence, et qui y est quand même arrivée, même si ce silence a fini par avoir raison d’elle.

Mais voilà ce que les relevés téléphoniques, les enquêtes et les archives nous rappellent : sous l’icône, il y avait une vraie femme. Une femme qui, dans ses dernières heures, n’appelait pas le président des États-Unis ni des agents secrets. Elle appelait son ami. Elle cherchait une voix familière. Elle cherchait à ne pas être seule.

C’est peut-être ça, la vérité la plus difficile à porter. Et c’est pour ça qu’on invente des complots depuis soixante-quatre ans.

Ce qui reste : la question qu’on ne peut pas résoudre

Les dossiers officiels disent : overdose de barbituriques, probable suicide. Les relevés téléphoniques disent : elle appelait des proches, pas des hommes d’État. L’autopsie dit : la dose était létale, l’ingestion massive.

Mais il reste des questions auxquelles on ne répondra probablement jamais. Était-ce intentionnel ? Un accident — une dose de trop dans un état de confusion médicamenteuse avancée ? Ou autre chose ? Le dossier reste officiellement ouvert à ces interprétations, même si le classement « probable suicide » est celui qui tient.

Eunice Murray est morte en 1994, emportant dans sa tombe des vérités qu’elle n’a jamais voulu partager entièrement. Le Dr Greenson est mort en 1979. Ralph Roberts est mort en 1999. Les derniers témoins directs ont disparu. Ce que cette nuit du 4 août a vraiment contenu s’efface avec eux, lentement mais sûrement.

Ce qui ne disparaît pas, c’est le reste. Les films. Les photographies. La robe. La voix qui chuchote « Happy Birthday ». Et quelque part dans les archives de la compagnie téléphonique de Los Angeles, les traces fantômes d’une dernière conversation entre une femme seule et les rares personnes en qui elle avait encore confiance.

Marilyn Monroe avait 36 ans. Elle avait une maison qu’elle aimait, des projets pour la semaine suivante, et un téléphone dans la main. La vie aurait pu continuer. Elle n’a pas continué.

Et c’est précisément pour ça qu’on ne cessera jamais d’en parler.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *