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Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu’elle a passé cette nuit-là

Publié par Hannah le 03 Août 2026 à 3:24

Le 5 août 1962 au matin, une gouvernante pousse une porte fermée à clé à Brentwood, Los Angeles. Elle découvre un corps sans vie, allongé sur le ventre, une main posée sur le téléphone. Marilyn Monroe a 36 ans.

Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu'elle a passé cette nuit-là

En quelques heures, la nouvelle fait le tour du monde. Les radios interrompent leurs programmes, les journaux préparent des unes spéciales, les studios hollywoodiens retiennent leur souffle. L’actrice la plus photographiée de la planète vient de mourir seule, dans une maison qu’elle venait à peine d’acheter.

Depuis 64 ans, cette image reste figée : une chambre, un flacon de barbituriques renversé, un lit défait. Mais derrière cette scène devenue mythique se cache une chronologie beaucoup plus trouble, faite de coups de fil, de silences et d’un homme qui a gardé un secret jusqu’à sa propre mort.

Une icône foudroyée, un monde sous le choc

Ce week-end d’août 1962 tombe en pleine gloire. « Something’s Got to Give », son dernier film inachevé, fait encore la une des tabloïds pour son tournage chaotique. Marilyn Monroe n’est plus seulement une actrice : elle est devenue un symbole planétaire, l’incarnation du glamour américain à l’apogée de la guerre froide.

Sa mort brutale, à seulement 36 ans, produit un effet de sidération rarement observé dans l’histoire du cinéma. En France, les journaux parlent d’un « suicide » dès les premières éditions, sans attendre les résultats de l’autopsie. Le monde entier veut savoir comment une femme aussi adulée a pu finir seule dans une chambre obscure.

Le médecin légiste Thomas Noguchi, qui pratique l’autopsie quelques heures après la découverte du corps, conclut à un « probable suicide » par overdose de barbituriques. Mais cette conclusion officielle, loin de clore le dossier, ouvre soixante ans de théories, de doutes et de révélations partielles.

Car ce qui rend cette nuit du 4 au 5 août 1962 si particulière, ce n’est pas seulement la mort d’une star. C’est l’enchaînement d’événements des heures précédentes, un ballet de visites et d’appels téléphoniques dont le dernier maillon n’a longtemps été connu que d’un cercle très restreint.

Norma Jeane : la fabrique d’une déesse fragile

Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu'elle a passé cette nuit-là

Avant Marilyn Monroe, il y a eu Norma Jeane Mortenson, née le 1er juin 1926 à Los Angeles. Une enfance placée dans plusieurs familles d’accueil, une mère internée pour troubles psychiatriques, un père absent qu’elle ne connaîtra jamais vraiment.

Cette instabilité précoce façonne une personnalité à la fois lumineuse et fragile, capable de séduire des foules entières tout en luttant contre une angoisse chronique. Les biographes s’accordent sur ce paradoxe : plus elle devient célèbre, plus elle semble intérieurement vaciller.

Mariée à 16 ans à un ouvrier, elle divorce rapidement pour se consacrer au mannequinat, puis au cinéma. Son nom de scène apparaît en 1946, façonné par la Fox pour effacer toute trace de Norma Jeane. La transformation est totale : cheveux blonds platine, silhouette sculptée, sourire calibré pour les photographes.

Ses mariages suivants avec le champion de baseball Joe DiMaggio, puis avec le dramaturge Arthur Miller, alimentent la légende autant qu’ils révèlent ses failles. Chacune de ces unions se termine dans la douleur, la jalousie ou l’incompréhension, laissant Marilyn de plus en plus isolée derrière son image publique.

Le Hollywood des studios : une pression écrasante sur son corps

Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu'elle a passé cette nuit-là

Dans le Hollywood du début des années 60, les studios possèdent littéralement leurs stars. Contrats léonins, clauses de moralité, contrôle absolu sur l’image : les actrices sont des produits qu’on façonne, qu’on pèse, qu’on surveille.

Marilyn Monroe subit cette mécanique de plein fouet. Chaque kilo pris est scruté, chaque retard sur un plateau devient un scandale relayé par la presse. Les studios exigent une perfection physique constante, sans jamais s’inquiéter de la santé mentale de celle qui la porte.

Cette pression s’accompagne d’une prescription massive de médicaments, une pratique courante à l’époque pour « gérer » les stars fatiguées ou anxieuses. Somnifères le soir, amphétamines le matin : le cocktail devient la norme pour tenir le rythme infernal des tournages.

Marilyn développe ainsi, au fil des années, une dépendance sévère aux barbituriques, prescrits sans réel contrôle par plusieurs médecins différents. Cette accumulation de traitements, croisée avec son anxiété grandissante, crée un terrain explosif que personne, dans son entourage professionnel, ne semble vouloir affronter.

Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu'elle a passé cette nuit-là

Le printemps 1962 : la dérive s’accélère

Au printemps 1962, tout semble se fissurer simultanément dans la vie de Marilyn Monroe. Le tournage de « Something’s Got to Give » pour la 20th Century Fox tourne au chaos absolu, marqué par des absences répétées de l’actrice, officiellement pour raisons de santé.

Le 19 mai, elle interrompt brièvement le tournage pour chanter son fameux « Happy Birthday, Mr. President » au Madison Square Garden, en l’honneur de John F. Kennedy. L’image reste iconique, mais son absence prolongée sur le plateau exaspère la production.

Le 8 juin 1962, la Fox franchit un cap radical : Marilyn Monroe est licenciée, remplacée par Lee Remick puis par Kim Novak. C’est un séisme professionnel pour une star au sommet, un signal que même son statut ne la protège plus.

Dans les semaines qui suivent, sa dépendance aux médicaments s’aggrave visiblement. Plusieurs proches évoquent des sautes d’humeur intenses, des nuits sans sommeil, un isolement croissant dans sa nouvelle maison de Brentwood, achetée quelques mois plus tôt à peine.

Les derniers jours : entourage, médecins et coups de fil incessants

Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu'elle a passé cette nuit-là

Début août 1962, l’entourage de Marilyn Monroe se resserre autour de quelques figures clés. Son psychiatre, le docteur Ralph Greenson, la voit presque quotidiennement. Son médecin généraliste, Hyman Engelberg, lui prescrit régulièrement des sédatifs pour l’aider à dormir.

Sa gouvernante, Eunice Murray, vit désormais chez elle en permanence, officiellement pour l’assister au quotidien. Officieusement, plusieurs témoignages ultérieurs suggèrent qu’elle surveille aussi les allées et venues de la star pour le compte du docteur Greenson.

Le samedi 4 août 1962, plusieurs personnes lui rendent visite ou l’appellent au téléphone dans le courant de la journée. Son avocat Milton Rudin passe la voir en fin d’après-midi. Le docteur Greenson lui rend également visite, inquiet de son état émotionnel.

Mais ce que le grand public ignore, c’est à qui elle a parlé en dernier ce soir-là. Car parmi tous ces échanges, un coup de fil va prendre une importance toute particulière, sans que personne ne s’en aperçoive sur le moment.

La nuit du 4 août : reconstitution heure par heure

Vers 19h, selon la reconstitution la plus communément admise, Marilyn Monroe se trouve seule dans sa chambre. Peter Lawford, acteur du « Rat Pack » et beau-frère du président Kennedy, l’appelle pour l’inviter à une soirée organisée chez lui, à Santa Monica.

Marilyn décline l’invitation. Sa voix, selon Lawford, paraît pâteuse, comme si elle avait déjà pris des médicaments. Il raccroche, inquiet, mais ne se déplace pas immédiatement pour vérifier son état.

Vers 22h, le docteur Greenson reçoit un appel de sa patiente, visiblement en détresse émotionnelle. Il lui parle longuement au téléphone avant de raccrocher, pensant l’avoir apaisée pour la nuit.

Peu après minuit, Eunice Murray remarque de la lumière sous la porte de la chambre de Marilyn, ainsi qu’un fil de téléphone qui passe sous la porte close. Inquiète, elle appelle le docteur Greenson qui revient sur place et force finalement l’entrée vers 3h30 du matin, découvrant le corps déjà sans vie.

Les versions divergent ensuite sur l’heure exacte du décès, certains éléments du dossier officiel ayant été modifiés ou perdus au fil des décennies. Overdose accidentelle, suicide prémédité, thèse d’un homicide lié aux frères Kennedy : chaque hypothèse a ses partisans, sans preuve définitive pour trancher.

Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu'elle a passé cette nuit-là

Le dernier appel : la phrase que Peter Lawford n’a jamais oubliée

Marilyn Monroe, 64 ans après sa mort : le dernier appel qu'elle a passé cette nuit-là

Une phrase, prononcée au téléphone ce soir-là, prend rétrospectivement des allures d’adieu — et un homme a porté ce silence toute sa vie. Ce n’est ni un amant célèbre, ni l’un de ses médecins, qui reçoit le tout dernier appel connu de Marilyn Monroe cette nuit-là.

C’est bien Peter Lawford, ce même acteur qui l’avait invitée quelques heures plus tôt à sa soirée. Selon plusieurs témoignages recueillis par la suite, notamment ceux rapportés par des biographes et des proches du « Rat Pack », Marilyn le rappelle une seconde fois dans la soirée.

Sa voix, cette fois, semble plus lointaine encore. Elle prononce alors une phrase que Lawford racontera avoir gardée gravée dans sa mémoire jusqu’à la fin de ses jours : « Say goodbye to Pat, say goodbye to the President, and say goodbye to yourself, because you’re a nice guy. »

Une phrase d’adieu déguisée, adressée à son épouse Pat Kennedy Lawford, au président des États-Unis, et à lui-même. Peter Lawford raconte avoir voulu se rendre immédiatement chez elle, mais avoir finalement renoncé, par crainte du scandale que représenterait sa présence sur les lieux, compte tenu de ses liens avec la Maison-Blanche.

Ce choix, celui de ne pas y aller, a hanté Peter Lawford jusqu’à sa propre mort en 1984. Plusieurs de ses proches confieront plus tard qu’il évoquait régulièrement cette nuit avec un profond sentiment de culpabilité, convaincu qu’un geste de sa part aurait peut-être pu tout changer.

Épilogue : un mythe éternel, des témoins restés silencieux

Soixante-quatre ans après sa mort, Marilyn Monroe demeure l’une des icônes les plus rentables et les plus fantasmées de l’histoire du divertissement. Ses photographies originales se négocient aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliers d’euros lors des ventes aux enchères spécialisées.

Sa robe portée lors du fameux « Happy Birthday, Mr. President » a été adjugée pour plus de 4,8 millions de dollars en 2016, un record absolu pour un vêtement de star. Son image continue d’orner affiches, tee-shirts et campagnes publicitaires dans le monde entier.

Mais derrière cette exploitation commerciale permanente subsiste un mystère jamais totalement résolu. Peter Lawford, principal détenteur du dernier témoignage direct, est resté longtemps discret sur les détails précis de cet appel, ne le racontant qu’à quelques proches avant de le confier publiquement des années plus tard.

D’autres témoins de cette nuit, comme Eunice Murray ou le docteur Greenson, ont eux aussi livré des versions parfois contradictoires au fil des décennies, changeant certains détails à chaque nouvel entretien. Cette accumulation de silences partiels et de récits mouvants a nourri, plus que toute preuve tangible, la légende éternelle de Marilyn Monroe.

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